Société




Vacances scolaires : Travailler pour préparer l’avenir

À Bamako, certains élèves profitent des vacances scolaires pour exercer de petits métiers. Ils cherchent à préparer la rentrée, gagner…

À Bamako, certains élèves profitent des vacances scolaires pour exercer de petits métiers. Ils cherchent à préparer la rentrée, gagner en autonomie, acquérir une expérience ou découvrir un secteur professionnel. Ces activités peuvent être formatrices, à condition de rester encadrées, sûres et compatibles avec les études.

Le matin, au bord d’une rue animée, Adjara Keïta, 16 ans, installe ses pastels, des beignets farcis, avant l’arrivée des premiers clients. Chaque vente lui permet d’économiser et de se rapprocher de son projet : ouvrir un restaurant. « Ce travail me procure un peu d’argent, mais il m’apprend aussi à servir les clients et à gérer mes dépenses », explique-t-elle.

À quelques rues de là, Issa Doumbia, 18 ans, commence sa journée dans un atelier de menuiserie. Après son échec au baccalauréat, il prévoit de travailler deux mois, puis de consacrer le dernier mois des vacances aux révisions. Ses économies serviront à acheter des ouvrages. Pour lui, l’atelier représente un moyen de financer une seconde préparation sans abandonner son objectif scolaire.

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À midi, Assitan Cissé, 17 ans, accueille les clients d’un cybercafé. Passionnée d’informatique, elle apprend à utiliser les logiciels, imprimer des documents et répondre aux demandes. Le salaire est modeste, mais elle estime que les connaissances acquises l’aideront à poursuivre des études scientifiques.

Dans les ateliers, les employeurs observent cette volonté d’apprendre. Menuisier depuis vingt ans, Issiaka Diarra accueille chaque année au moins six élèves. Il leur transmet les gestes du métier et les règles de sécurité. L’usage des machines, des outils tranchants, des colles et l’exposition à la poussière exigent toutefois une surveillance constante et des équipements adaptés.

Un équilibre nécessaire

Au Mali, l’âge minimum général d’admission à l’emploi est fixé à 15 ans. Des travaux légers peuvent être autorisés entre 13 et 14 ans, sous supervision, avec des horaires limités qui ne doivent pas perturber la scolarité. Les travaux dangereux sont interdits aux moins de 18 ans. L’OIT rappelle qu’un travail occasionnel n’est pas automatiquement du travail des enfants : tout dépend de l’âge, de la durée, des risques et de ses effets sur l’éducation et sur la santé physique.

En fin d’après-midi, chacun compte sa recette, range ses outils ou ferme sa session informatique. Pour l’enseignante Aminata Coulibaly, ces expériences développent le sens des responsabilités, mais ne doivent remplacer ni les révisions ni le repos. Une journée de travail peut permettre d’apprendre beaucoup, à condition qu’elle prépare l’avenir sans compromettre l’école.

Salimata Wagué

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