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Sénégal : La fin du pouvoir partagé

Le limogeage d’Ousmane Sonko, le 22 mai 2026, suivi de la dissolution du gouvernement, a donné une dimension institutionnelle à…

Le limogeage d’Ousmane Sonko, le 22 mai 2026, suivi de la dissolution du gouvernement, a donné une dimension institutionnelle à la rupture avec Bassirou Diomaye Faye. Le Sénégal entre dans une phase délicate, marquée par la pression du Parlement, les tensions au sein du Pastef et les contraintes économiques.

Depuis leur arrivée au pouvoir en 2024, les deux hommes incarnaient une architecture politique rare. Diomaye détenait la légitimité présidentielle issue des urnes, Sonko conservait la légitimité militante, populaire et partisane qui avait porté le Pastef. Cette répartition pouvait tenir tant que le duo parlait d’une même voix. Elle devenait difficile dès lors que les arbitrages sur la dette, les discussions avec le FMI, les subventions, le coût de la vie et le rythme des réformes faisaient apparaître deux centres de décision.

La rupture ne concerne donc pas seulement un Premier ministre écarté. Elle emporte le gouvernement sortant, chargé d’expédier les affaires courantes, et ouvre une recomposition plus large. Le 24 mai, la démission d’El Malick Ndiaye de la présidence de l’Assemblée nationale a déplacé la crise vers le Parlement. La séance annoncée pour examiner la situation parlementaire de Sonko et élire un nouveau Président de l’institution pourrait lui offrir une autre base de pouvoir, moins dépendante du palais et davantage adossée à la majorité.

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Les répliques se lisent aussi dans l’appareil public. Mouhamed Abdallah Ly, Elhadj Ndane Diagne et Khadija Mahécor Diouf ont annoncé leur départ de fonctions publiques, signe que la fracture atteint les cercles proches du Pastef. À l’UCAD, des étudiants ont même salué le limogeage de Sonko, l’accusant d’avoir endossé, une fois au pouvoir, une réponse sécuritaire qu’il dénonçait lorsqu’il était opposant.

L’histoire sénégalaise donne du relief au moment actuel. De la crise Senghor – Mamadou Dia aux ruptures Abdoulaye Wade – Idrissa Seck, Abdoulaye Wade – Macky Sall ou Macky Sall – Aminata Touré, la Primature a souvent servi de variable d’ajustement présidentielle. Macky Sall l’avait supprimée en 2019, avant de la rétablir en 2021.

La nouveauté tient au fait que Diomaye et Sonko viennent du même récit politique. Leur rupture intervient dans un pays habitué aux alternances pacifiques, mais sensible aux blocages institutionnels lorsque la majorité se fissure. Elle met aussi à l’épreuve la capacité du nouveau pouvoir à gouverner sans transformer ses divergences internes en crise ouverte et durable. Sans compromis clair, la rivalité pourrait dépasser le duel personnel et devenir une crise de coalition au sommet de l’État.

 

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