Économie




Riz local : 26 030 tonnes pour amortir la soudure

Le rachat public de 26 030 tonnes de riz local doit débloquer des stocks invendus et soutenir la trésorerie de…

Le rachat public de 26 030 tonnes de riz local doit débloquer des stocks invendus et soutenir la trésorerie de la filière. Son effet sur les prix dépendra toutefois des quantités réellement collectées, du coût de l’opération et du tarif appliqué aux ménages.

Décidée le 23 avril 2026, l’opération est confiée à l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM), qui doit recevoir une subvention de l’État pour acheter puis commercialiser le stock détenu par l’Interprofession de la Filière Riz. Le gouvernement poursuit trois objectifs économiques, à savoir soutenir la production nationale, préserver le pouvoir d’achat et stabiliser le marché pendant la période de soudure.

Selon Seydou Keïta, Secrétaire exécutif de l’Interprofession, les livraisons avaient commencé en juillet dans plusieurs zones de production, avec une priorité accordée à Ségou. Il évoque un prix négocié de 400 francs CFA le kilogramme. Si les 26 030 tonnes sont toutes acquises à ce tarif, la valeur brute du rachat atteindrait environ 10,4 milliards de francs CFA, sans compter le transport, le stockage, le conditionnement et une éventuelle subvention à la revente.

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Pour les détenteurs des stocks, l’enjeu dépasse l’écoulement d’une récolte. L’argent attendu doit permettre de rembourser des crédits, payer des travailleurs saisonniers, libérer les magasins et préparer la campagne suivante. L’impact sur les producteurs dépendra néanmoins de la répartition réelle des volumes entre exploitants, coopératives, transformateurs et commerçants, ainsi que des délais de paiement.

Équilibre

L’intervention arrive après une campagne relativement abondante. Un rapport agricole publié en avril estime la production malienne de 2025 – 2026 à 1,92 million de tonnes de riz usiné, pour une consommation de 2,35 millions et des importations évaluées à 500 000 tonnes. Les prix à la production et au détail avaient reculé en février 2026 par rapport à février 2025 sous l’effet d’une offre plus importante.

Ces 26 030 tonnes ne peuvent donc transformer seules le marché national. Elles peuvent cependant limiter une remontée saisonnière des prix si elles sont libérées rapidement dans les zones déficitaires et à un tarif inférieur à celui du commerce.

Le principal manque est le bilan de l’OPAM. Le tonnage réceptionné, les montants payés, les points de vente, le prix final et le coût budgétaire n’ont pas encore été publiés. L’opération sera réellement jugée sur deux résultats, notamment l’argent effectivement reçu par la filière et les économies constatées dans le panier des ménages.

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