Les BRICS ont renouvelé leur soutien aux revendications africaines pour une représentation accrue dans les institutions mondiales. La déclaration adoptée à New Delhi associe cette réforme aux monnaies nationales, au financement du développement et à la coopération économique.
La place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale figure parmi les principaux engagements de la déclaration finale du 18ème sommet des BRICS, tenu les 12 et 13 septembre.
Le texte appelle à une réforme de l’Organisation des Nations unies et de son Conseil de sécurité, afin de les rendre plus représentatifs et efficaces. Il reconnaît les « aspirations légitimes » des pays africains, conformément au Consensus d’Ezulwini et à la Déclaration de Syrte.
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Cette position réclame au moins deux sièges permanents dotés des mêmes prérogatives que les membres actuels, ainsi que cinq sièges non permanents. L’Afrique dispose de trois sièges élus, mais est absente de la catégorie permanente, réservée à cinq États.
Le document reprend une demande ancienne sans désigner les pays appelés à représenter le continent. Ce choix appartient aux dirigeants africains, tandis que toute modification du Conseil exige une réforme de la Charte des Nations unies.
Les BRICS ont également rappelé la portée historique de la traite transatlantique et de l’esclavage racialisé des Africains, qualifiés de crimes les plus graves contre l’humanité. Cette reconnaissance rejoint les demandes africaines en faveur de la justice historique, de la mémoire et des réparations.
Financements en monnaies locales
Sur le terrain économique, le groupe souhaite développer l’utilisation des monnaies nationales dans le commerce et les investissements, ainsi que des systèmes de paiement transfrontaliers. La déclaration ne crée pas de monnaie commune, mais privilégie une évolution progressive des mécanismes existants.
La Nouvelle Banque de développement est appelée à accroître ses financements, notamment en monnaies locales, et à mobiliser davantage de capitaux privés. Pour les économies africaines, cette orientation peut diversifier les ressources disponibles et réduire certains risques liés aux emprunts libellés en devises étrangères.
Énergie, agriculture, sécurité alimentaire, gestion de l’eau et infrastructures figurent parmi les autres domaines de coopération retenus. L’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Éthiopie, membres africains du groupe, pourront porter ces priorités dans les futurs programmes.
La portée concrète de la déclaration dépendra des financements engagés, des projets approuvés et de la capacité des membres à transformer leur consensus politique en décisions applicables. Pour l’Afrique, New Delhi fournit surtout un appui diplomatique supplémentaire à une réforme réclamée depuis deux décennies.




