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Visas américains : les dossiers maliens transférés à Dakar

Depuis le 1er août, les demandes maliennes de visa américain encore recevables ne sont plus traitées à Bamako, mais à…

Depuis le 1er août, les demandes maliennes de visa américain encore recevables ne sont plus traitées à Bamako, mais à Dakar. Cette réorganisation intervient alors que la plupart des délivrances restent suspendues pour les ressortissants maliens.

Obtenir un visa américain depuis le Mali implique désormais, dans la plupart des cas, un déplacement au Sénégal. Le département d’État américain a transféré à son ambassade de Dakar les services courants de visa auparavant assurés à Bamako, dans le cadre d’une vaste réorganisation de son dispositif consulaire en Afrique.

Le transfert concerne les visas de non-immigrant, notamment pour le tourisme, les affaires, les études ou le travail temporaire, ainsi que les visas d’immigration. Les listes officielles des postes consulaires américains orientent désormais les personnes résidant au Mali vers Dakar pour ces deux grandes catégories de demandes.

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L’ambassade des États-Unis à Bamako ne ferme pas pour autant. Elle continuera d’assurer les services destinés aux citoyens américains et pourra fournir certaines prestations consulaires limitées. Les visas délivrés et encore valides ne sont pas annulés du seul fait de cette réorganisation, précise le département d’État américain.

Dakar, nouveau passage obligé

Pour les demandeurs maliens dont le dossier peut encore être examiné, la première conséquence est financière et logistique. Aux frais habituels de demande s’ajoutent désormais le transport jusqu’à Dakar, l’hébergement, les déplacements dans la capitale sénégalaise et, éventuellement, un nouveau voyage si des documents supplémentaires ou une seconde comparution sont nécessaires.

Le paiement des frais et la prise de rendez-vous doivent être effectués auprès du poste consulaire désigné. Les personnes qui avaient déjà obtenu un rendez-vous à Bamako sont invitées à consulter les instructions reçues des services consulaires, notamment par courrier électronique.

Le département d’État avertit également que les frais acquittés auprès d’un poste ne sont pas automatiquement remboursables lorsqu’aucun rendez-vous n’y avait été programmé avant le transfert. Les demandeurs doivent donc vérifier le poste compétent avant d’engager un paiement ou une démarche.

Cette centralisation ne signifie toutefois pas que la délivrance des visas aux Maliens reprend normalement. La mesure déplace le lieu de traitement des dossiers, mais elle ne supprime pas les restrictions visant actuellement les ressortissants maliens.

Une caution distincte du transfert

Le transfert des dossiers à Dakar intervient au moment où les États-Unis rendent permanent un autre dispositif : la possibilité d’imposer une caution à certains demandeurs de visas B-1 et B-2, destinés aux affaires et au tourisme.

Entrée en vigueur le 3 août, la nouvelle règle autorise les agents consulaires à exiger une garantie de 10 000, 15 000 ou 20 000 dollars. Au taux indicatif de la BCEAO, ces montants représentent environ 5,7 millions, 8,6 millions et 11,5 millions de francs CFA. Le montant de référence est fixé à 15 000 dollars, mais l’agent consulaire peut le réduire ou l’augmenter selon la situation du demandeur.

Cette somme n’est pas une augmentation ordinaire du tarif du visa. Il s’agit d’une garantie financière venant s’ajouter aux frais habituels de demande. Elle vise à s’assurer que le voyageur quittera les États-Unis avant l’expiration de la durée de séjour qui lui aura été accordée.

La caution ne doit être versée qu’après une instruction formelle d’un agent consulaire, selon la procédure officielle et au moyen de la plateforme Pay.gov. Son paiement ne garantit pas la délivrance du visa.

La somme peut être remboursée lorsque le voyageur quitte les États-Unis dans les délais, lorsqu’il n’utilise finalement pas son visa ou lorsque son admission est refusée à la frontière. Elle peut, en revanche, être confisquée en cas de dépassement de séjour ou de non-respect des conditions fixées par les autorités américaines. Ces règles figurent dans la [décision définitive publiée par le gouvernement américain.

Le Mali ne figure pas sur la liste

Contrairement à certaines informations diffusées, le Mali ne figure pas, à ce jour, parmi les pays soumis au nouveau programme permanent de caution. La liste officielle américaine comprend 50 pays, dont 30 en Afrique. Le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Nigeria, le Bénin, le Togo, la Tanzanie, l’Algérie et la Tunisie y apparaissent notamment, mais pas le Mali.

La confusion vient en partie de l’ancien programme pilote. Les ressortissants maliens avaient alors été soumis à une caution de 5 000 ou 10 000 dollars. En réaction, Bamako avait annoncé l’application d’une mesure similaire aux citoyens américains, au nom du principe de réciprocité.

La situation a depuis changé. Le Mali est désormais concerné par une restriction plus large que la caution financière à savoir une suspension presque générale de la délivrance des visas américains.

La suspension reste le principal obstacle

Depuis le 1er janvier, les États-Unis ont suspendu la délivrance des visas d’immigration et de non-immigration aux ressortissants de 19 pays, dont le Mali, en application de la proclamation présidentielle 10998.

Des exceptions sont prévues pour certaines catégories diplomatiques ou officielles, les résidents permanents des États-Unis, les binationaux présentant le passeport d’un pays non concerné par la suspension, certains demandeurs de visas spéciaux liés à un emploi au service du gouvernement américain ainsi que les participants à de grandes compétitions sportives. Une dérogation individuelle peut également être accordée lorsqu’un déplacement est considéré comme relevant de l’intérêt national des États-Unis.

Les visas valides avant l’entrée en vigueur de la suspension ne sont pas automatiquement annulés. Les ressortissants concernés peuvent également déposer une demande et programmer un entretien. Toutefois, ceux qui ne relèvent d’aucune exception restent, en principe, inéligibles à la délivrance du visa.

Pour les Maliens, le changement majeur n’est donc pas une hausse générale du prix du visa. Il réside dans l’accumulation de deux contraintes : la suspension de la plupart des délivrances et le transfert à Dakar des dossiers encore susceptibles d’être examinés.

Un demandeur malien entrant dans une catégorie autorisée devra désormais supporter le coût d’un déplacement au Sénégal, sans garantie d’obtenir le document sollicité. Quant à la caution pouvant atteindre 20 000 dollars, elle concerne bien plusieurs dizaines de nationalités, mais le Mali ne figure pas actuellement sur la liste officielle du programme.

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