Carte biométrique : AODI veut simplifier le parcours des patients

Se faire soigner commence souvent par une longue attente. Dossiers papier, files interminables et informations médicales dispersées compliquent le parcours des patients. La startup malienne AODI propose une réponse numérique fondée sur une carte biométrique de santé.

Il est 7 heures lorsque Fadiga franchit les portes d’un hôpital de Bamako, poussée par de violentes douleurs abdominales. Elle n’en ressort qu’à 20 heures. « Entre-temps, je me tordais de douleur et je pleurais », confie-t-elle. Autour d’elle, les patients affluent et l’attente se prolonge.
Cette scène illustre les difficultés d’un système de santé encore faiblement numérisé. Le dossier papier reste courant et peut compliquer le suivi des malades entre plusieurs structures. Publié en 2023 dans le cadre du projet SanDi, un rapport de chercheurs de l’Université de Sherbrooke relève aussi les limites du cadre juridique malien concernant la vie privée, la collecte et la sécurité des données médicales.
Innovation
C’est en observant des situations comme celle de Fadiga qu’AODI, fondée par Astou Oumar Diallo, a conçu son premier projet. La carte donnerait accès, grâce à un identifiant biométrique et à la technologie NFC, à un dossier médical numérique regroupant antécédents, allergies, résultats d’examens et observations des soignants. Présentée devant un lecteur compatible, elle permettrait d’identifier rapidement le patient et de retrouver ses informations. Elle ne suffit toutefois pas, à elle seule, à assurer une consultation à distance.
Chaque utilisateur disposerait d’un identifiant de santé personnel et portable. Le dispositif pourrait simplifier la vérification des droits des assurés et éviter la reconstitution du dossier à chaque passage. Il ne supprimerait pas toutes les files d’attente, mais réduirait le temps consacré à l’identification et à la recherche des informations.
L’ensemble serait piloté par un logiciel également nommé AODI. Chaque hôpital ou Centre de santé communautaire disposerait d’un accès distinct. La startup annonce des serveurs sécurisés et des partenariats techniques, mais plusieurs garanties devront être précisées : lieu d’hébergement, chiffrement, sauvegarde, traçabilité des consultations, consentement du patient et règles de partage des données. De simples identifiants et mots de passe ne suffisent pas à préserver le secret médical.
Pour des patients comme Fadiga, chaque heure perdue compte. La carte ouvre une piste pour fluidifier le parcours de soins, mais son utilité devra être démontrée par des essais en conditions réelles, l’adhésion des structures sanitaires et une protection rigoureuse des données sensibles.
Ibrahim Baby

Carte nationale biométrique : le ministère de la Sécurité dénonce un faux site

Hier mardi, un lien a largement circulé sur les réseaux sociaux présenté comme celui du site sur lequel les informations doivent être renseignées pour valider la carte biométrique. La nouvelle a eu plus de crédibilité d’autant plus que le nom de du site a été mentionné dans un élément télévisé de la chaîne nationale lors du lancement de la production de la carte le 8 novembre dernier. Dans un communiqué rendu public hier, le ministère de la Sécurité et de la Protection civile, chargée de veiller au processus de confection de la nouvelle carte, dément « l’obtention de la carte nationale d’identité biométrique » via le lien. « Aussi, ajout-il, ces agissements s’apparentent également à une tentative de sabordement du nouveau système de production de la Carte sécurisée, fiable et infalsifiable, acquis par le Gouvernement malien pour les besoins nationaux ».

Certains internautes avertissaient déjà mardi, que le sceau de la république affiché sur le site n’était pas celui qui est officiel et que la plateforme ne permettait pas de valider des informations mais plutôt de recenser des renseignements.

« Toute communication se rapportant à la nouvelle carte se fera au moment opportun à travers les canaux officiels de publication et de diffusion », avise le ministère. En outre, il rassure que des mesures seront prises contre les auteurs de l’acte. Une première disposition semble déjà avoir été prise avec la suspension du lien qui n’est plus accessible ce mercredi.