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Dr Seydou Diallo : « Nous avons dépassé le seuil de 70% de dépistage »

Chef du service de santé mère-enfant à l’Office national de la santé de la reproduction (ONASR), le Dr Seydou Diallo…

Chef du service de santé mère-enfant à l’Office national de la santé de la reproduction (ONASR), le Dr Seydou Diallo revient sur les efforts engagés dans le dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus. Il évoque la progression du recours au dépistage, les difficultés persistantes dans certaines zones et le dispositif de prise en charge mis en place au CHU du Point G. Propos recueillis par Mohamed Kenouvi

Quel bilan l’ONASR dresse-t-il aujourd’hui du dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus ?
Le bilan que nous dressons aujourd’hui est vraiment élogieux. Avec l’opérationnalisation de l’ONASR en 2022, nous avons commencé à organiser régulièrement, chaque année, Octobre Rose, consacré au dépistage du cancer du sein, que nous avons associé au dépistage du cancer du col de l’utérus.
En outre, le dépistage est intégré à la campagne de planification familiale, désormais couplée au dépistage des cancers du col de l’utérus et du sein. Il y a également le programme « Week-end 70 », qui permet d’effectuer le dépistage de routine.
Avant l’opérationnalisation de l’ONASR, le taux de dépistage au Mali était inférieur à 5%.Aujourd’hui, nous avons dépassé le seuil de 70%.
Cette multiplication des campagnes a-t-elle permis de faire reculer les diagnostics tardifs ?
La sensibilisation commence à porter ses fruits. Auparavant, les cancers étaient détectés beaucoup plus tardivement. Aujourd’hui, avec l’augmentation du dépistage, nous constatons que les femmes arrivent moins souvent à des stades avancés, notamment dans le cas du cancer du col de l’utérus. On ne peut pas inverser la tendance d’un seul coup. Cela se fera progressivement, grâce à la sensibilisation et au dépistage précoce.
Les difficultés demeurent surtout dans certaines zones humanitaires, où la situation sécuritaire complique l’accès des services de santé aux populations. Malgré cela, des campagnes de sensibilisation et de dépistage y sont également organisées.
Qu’en est-il de l’orientation et du suivi des femmes après le dépistage ?
Aujourd’hui, il y a moins de difficultés en matière d’orientation. Les femmes chez lesquelles un cancer est confirmé sont orientées vers le CHU du Point G, où existe une chaîne de prise en charge allant du bilan à la chimiothérapie et à la radiothérapie.
Un partenariat entre l’État malien et Médecins sans frontières permet aux femmes intégrées dans cette cohorte de bénéficier d’une prise en charge gratuite. Cela concerne le bilan diagnostique, le bilan thérapeutique, la chimiothérapie, la radiothérapie et même l’hormonothérapie.
Auparavant, nous ne disposions pas de cette orientation claire et toute la prise en charge était à la charge de la patiente. Aujourd’hui, il faut reconnaître qu’il y a eu une avancée significative.
Comment assurer la continuité entre le dépistage, la confirmation du diagnostic et le traitement ?
Pour le cancer du col de l’utérus, nous effectuons notamment le dépistage à l’aide des tests IVA/IVL dans nos structures. Pour le cancer du sein, nous encourageons les femmes à pratiquer régulièrement l’autopalpation, notamment après les menstruations, afin de rechercher une asymétrie, une grosseur anormale, une plaie ou une boule.
Lorsqu’on veut aller plus loin, la mammographie permet de dépister le cancer du sein. Après le dépistage, la biopsie et l’examen anatomopathologique permettent de confirmer la présence de cellules cancéreuses.
Une fois le diagnostic confirmé, les femmes sont orientées vers le CHU du Point G et intégrées dans la cohorte. À partir de là, la prise en charge devient gratuite, du bilan aux traitements.
C’est cette chaîne qui permet aujourd’hui d’améliorer la continuité entre le dépistage, le diagnostic et la prise en charge.
Propos recueillis par Mohamed Kenouvi

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