L’atelier, ouvert sous la présidence du Directeur général de l’INSTAT, Dr Arouna Sougané, avait pour objet de présenter les résultats des premier et deuxième passages de l’Enquête modulaire et permanente auprès des ménages (EMOP), les rapports sur le genre ainsi que ceux de la septième édition de l’Enquête démographique et de santé du Mali (EDSM).
L’INSTAT produit régulièrement des données essentielles à une meilleure compréhension des réalités du Mali. Elles permettent d’identifier les difficultés auxquelles font face les populations et d’éclairer les prises de décision. Mais ces données ne peuvent avoir un impact réel que si elles sont mieux connues et valorisées par les universitaires, chercheurs, administrations, acteurs du secteur privé ou encore les médias. D’où la pertinence de cet atelier visant à « mieux faire connaître les productions de l’INSTAT et identifier, avec les utilisateurs, les besoins d’accompagnement nécessaires à leur utilisation optimale », a souligné Dr Sougané.
Progrès et défis persistants
Axés sur les conditions socio-économiques des populations, les résultats de l’EMOP au premier trimestre 2026 « montrent des progrès dans l’accès à certains services essentiels, mais révèlent la persistance de fortes disparités selon le milieu de résidence, le sexe, l’âge et la région ».
Dans le domaine de l’éducation, le taux brut de scolarisation, qui prend en compte l’ensemble des enfants scolarisés indépendamment de leur âge, est estimé à 81,8 % au Fondamental I. Le taux net, qui concerne les enfants de 7 à 12 ans effectivement scolarisés à ce niveau, s’établit à 66 %.
Au Fondamental II, le taux brut de scolarisation est estimé à 58,1 % et le taux net à 36,5 %. Dans l’ensemble, la proportion des enfants hors du système scolaire atteint 27,2 % au Fondamental I et 34,7 % au Fondamental II. Ces chiffres illustrent les efforts qui restent à fournir pour atteindre l’Objectif de développement durable 4 (ODD 4), qui vise notamment à garantir l’accès de tous à une éducation de qualité.
Quant au taux d’alphabétisation de la population âgée de 15 ans ou plus, il s’établit à 36,5 %.
En matière de santé, si le taux de morbidité recule de 6,7 points entre les deux passages de l’enquête, la situation des enfants de moins de 5 ans reste préoccupante, avec un taux de 24,5 %.
Des écarts persistants entre hommes et femmes
Dans l’EMOP 2025, l’analyse consacrée au genre met en évidence des « écarts persistants qui conditionnent l’accès aux opportunités économiques ».
Parmi la population âgée de 15 ans ou plus, la proportion de personnes sans instruction atteint 65,5 % chez les femmes, contre 52,5 % chez les hommes.
Quant au travail domestique non rémunéré, les femmes y consacrent en moyenne 4,1 heures par jour, contre 0,5 heure pour les hommes.
Ces réalités constituent autant de facteurs de vulnérabilité qui freinent l’égalité des chances entre les femmes et les hommes et pèsent sur un développement équilibré de la société.
Les échanges entre l’INSTAT et les participants ont permis de clarifier certaines notions et de réaffirmer l’importance des données statistiques dans la conception des politiques publiques et l’amélioration des conditions de vie des populations.