Sécurité routière : l’Afrique cherche une réponse coordonnée

L’Afrique reste la région du monde la plus exposée aux décès routiers. Les dernières données continentales estiment à plus de…

L’Afrique reste la région du monde la plus exposée aux décès routiers. Les dernières données continentales estiment à plus de 259 000 le nombre de morts sur les routes en 2021, soit près du quart du bilan mondial, alors que le continent possède une part limitée du parc automobile.

Cette mortalité frappe d’abord les usagers les plus vulnérables. Piétons, motocyclistes et cyclistes représentent plus de la moitié des décès recensés. Les piétons comptent à eux seuls près d’un tiers des victimes, dans des villes où trottoirs, passages protégés, éclairage et transports collectifs restent souvent insuffisants.

Les causes se répètent d’un pays à l’autre. Vitesse, surcharge, fatigue des chauffeurs, non-respect du code, faiblesse des contrôles, importation de véhicules vétustes, routes dégradées et absence d’aires de repos rendent les déplacements dangereux, surtout sur les grands corridors régionaux.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



En Afrique de l’Ouest, ces facteurs pèsent sur les axes interétatiques comme Bamako-Dakar, où transport de passagers, camions, deux-roues et véhicules particuliers partagent des routes très sollicitées. Au Sénégal, l’Agence nationale de sécurité routière évoque en moyenne 5 200 accidents par an, 745 décès et 8 500 blessés graves, pour un coût économique estimé à 163 milliards de francs CFA.

Réponses communes

La réponse ne peut plus rester seulement nationale. Les États cherchent à harmoniser les règles, les sanctions, les contrôles et la collecte de données. La CEDEAO travaille sur la gouvernance des transports, tandis que l’Union africaine a soutenu la création, en 2018, de l’Observatoire africain de la sécurité routière.

Cet observatoire vise à améliorer la qualité des statistiques, longtemps fragilisées par les écarts entre bilans officiels, données policières, données hospitalières et estimations internationales. Selon le SSATP, moins de la moitié des pays africains disposent de bases nationales opérationnelles sur les accidents, et seuls 23 utilisent la définition internationale de la mortalité à 30 jours.

Des réponses nationales se structurent aussi. Le Burkina Faso a validé une stratégie 2026-2030, avec l’objectif de réduire d’au moins 50 % les décès routiers d’ici 2030, après une moyenne annuelle de 23 107 accidents, 14 867 blessés et 1 091 morts entre 2020 et 2024.

La sécurité routière devient ainsi un chantier africain commun. Elle exige des données fiables, des routes mieux conçues, des véhicules contrôlés, des conducteurs formés et des sanctions appliquées avec constance.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP