L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé le 7 août à La Mecque un accord de défense mutuelle prévoyant qu’une attaque armée contre l’un des trois signataires serait considérée comme une attaque contre l’ensemble des signataires. Ce pacte intervient dans un Moyen-Orient marqué par un conflit impliquant l’Iran et des menaces pesant sur les infrastructures énergétiques régionales.
Baptisé « Mecca Joint Defence Agreement », l’accord a été signé par le Prince héritier Mohammed Ben Salmane, le Président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif. Il crée un cadre de défense collective dont les modalités opérationnelles restent à préciser, avec un Comité ministériel et un Secrétariat basé en Arabie saoudite.
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a présenté le mécanisme comme techniquement comparable à l’Article 5 de l’OTAN. La réponse à une attaque dépendra toutefois de consultations entre les partenaires pour déterminer la nature et le niveau du soutien. Ankara assure que l’accord ne vise aucun pays et évoque son ouverture à d’autres États, notamment l’Égypte.
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Portée incertaine
La coopération militaire entre Riyad et Islamabad précède ce nouveau pacte. Selon des sources sécuritaires et gouvernementales, le Pakistan a déjà déployé environ 8 000 soldats, un escadron d’avions de combat et un système de défense aérienne en Arabie saoudite. Et la Turquie a renforcé ses relations militaires et ses ventes d’armements au Royaume.
Le 9 août, les Houthis du Yémen ont revendiqué une attaque de drone contre la raffinerie de Jazan, appartenant à Saudi Aramco et dotée d’une capacité de traitement de 400 000 barils de brut par jour. Le ministère saoudien de l’Énergie a confirmé qu’un incendie avait été maîtrisé sans victimes, sans en préciser officiellement l’origine. Ankara et Islamabad n’ont annoncé aucune intervention, laissant ouverte la portée concrète de la solidarité prévue par le Pacte.
L’Iran a réagi officiellement le lendemain avec prudence. Téhéran dit ne pas considérer l’accord comme dirigé contre lui et y voit une volonté des États de la région de compter sur leurs propres capacités de sécurité.
Le 11 août, l’Inde a indiqué examiner les conséquences du Pacte pour sa sécurité nationale et la stabilité régionale. Le dispositif réunit l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, seul État à majorité musulmane doté de l’arme nucléaire. Son poids réel dépendra de mécanismes militaires adoptés, de son éventuel élargissement et de leur mise en œuvre lors d’une prochaine crise.




