Afrobasket féminin 2025 : Le Mali retrouve le Soudan du Sud en demi-finale ce samedi  

Après un parcours sans faute, les Aigles Dames du Mali se sont qualifiées pour les demi-finales de la 29ᵉ édition de l’Afrobasket féminin, organisée à Abidjan (Côte d’Ivoire). En quart de finale ce jeudi 31 juillet, les Maliennes ont dominé le Mozambique sur le score net de 86 à 68, confirmant leur statut de prétendantes sérieuses au titre.

Menées par une Djeneba N’Diaye inspirée (élue joueuse du match avec 12 points), les Maliennes ont imposé leur intensité et leur collectif face à une équipe du Mozambique qui n’a résisté que par séquences. Le Mali avait déjà affiché sa solidité en phase de groupes avec 2 victoires, dont un succès marquant contre le Cameroun (75-49) et une victoire disputée face au Soudan du Sud (55-53).
Grâce à ce résultat, le Mali affrontera en demi-finale le Soudan du Sud, véritable révélation du tournoi, qui a signé l’exploit d’éliminer successivement l’Égypte en huitièmes (75-65), puis l’Ouganda en quart de finale par la plus courte des marges (69-68). Cette confrontation Mali-Soudan du Sud revêt un parfum de revanche après leur duel très serré en poule.
La demi-finale Mali vs Soudan du Sud se jouera au Palais des Sports de Treichville, à Abidjan, ce samedi 2 août 2025. Les Aigles Dames auront l’occasion d’accéder à une nouvelle finale continentale et de confirmer la montée en puissance du basket féminin malien.
Le rendez-vous est pris pour un choc entre deux équipes ambitieuses, avec à la clé une place en finale de l’Afrobasket féminin 2025.

Afrobasket féminin 2025 : Le Mali en quart de finale face au Mozambique, un défi décisif

Les Aigles Dames du Mali ont brillamment validé leur ticket pour les quarts de finale de la 29ᵉ édition de l’Afrobasket féminin, organisée à Abidjan (Côte d’Ivoire) depuis fin juillet 2025. Avec deux victoires lors de la phase de groupes, elles ont terminé en tête du groupe B, devant le Cameroun et le Soudan du Sud, affichant une belle régularité et un collectif soudé.

 

Le début du parcours malien a été marqué par un match tendu, remporté de justesse 55-53 face au Soudan du Sud, adversaire coriace et prometteur du tournoi. La capitaine Djeneba N’Diaye et ses coéquipières ont ensuite confirmé leur solidité face au Cameroun en infligeant un large revers (75-49), montrant ainsi un équilibre entre défense et attaque.

 

Ce jeudi 31 juillet, le Mali affrontera le Mozambique en quart de finale, une étape cruciale qui pourrait ouvrir la voie vers le dernier carré. Le Mozambique a réussi à se qualifier en dominant largement la Guinée (91-38), mais le match s’annonce disputé. Les Mozambicaines sont réputées pour leur jeu physique et leur expérience sur la scène continentale.

 

Si les Aigles Dames s’imposent, elles retrouveront le Soudan du Sud, qui s’est imposé de justesse (69-68) contre l’Ouganda lors des huitièmes de finale, confirmant son statut d’équipe surprise du tournoi. Cette possible revanche promet une confrontation intense, avec en jeu une place en demi-finale.

 

Le basket féminin malien montre ainsi un net regain de compétitivité, porté par un groupe jeune mais talentueux, notamment grâce aux performances remarquées d’Alima Dembélé et Sika Koné. Leurs qualités individuelles alliées à une cohésion collective solide font du Mali une des équipes à suivre pour les phases finales.

 

Le Mali a ainsi une belle carte à jouer et un objectif clair visant à poursuivre l’aventure au-delà des quarts de finale pour renouer avec les grandes performances continentales et honorer ses ambitions.

Renforcement de l’engagement citoyen : Le NIMD réunit les acteurs nationaux

Les 24 et 25 juillet 2025, le Centre International de Conférence de Bamako (CICB) a accueilli une session nationale de dialogue multi-acteurs organisée par l’Institut néerlandais pour la démocratie multipartite (NIMD). L’objectif était de renforcer l’engagement citoyen dans la vie publique et de favoriser la refondation au Mali à travers la validation collective d’actions concrètes et inclusives.

Après les étapes régionales de Bamako et Kayes, cette session nationale vient clore un processus de consultation autour des résultats d’études menées par le programme PREDIRE (Programme de Recherche et de Dialogue pour la Refondation), financé par l’Union européenne. Ce programme du NIMD vise à contribuer à la gouvernance démocratique en valorisant la recherche, le dialogue et l’inclusion comme leviers de refondation.
Durant deux jours, une trentaine d’acteurs issus du monde universitaire, des collectivités territoriales, de la société civile, et des institutions étatiques ainsi que des membres de la Commission scientifique du PREDIRE, ont partagé leurs perspectives sur les enjeux cruciaux de la participation citoyenne.
Dès l’ouverture de la session, les allocutions ont souligné l’importance de créer un espace d’expression libre et constructif, permettant l’émergence de solutions adaptées au contexte malien. Mahamadou Cissé, chargé de programme au NIMD, a rappelé que la rencontre visait à « mettre ensemble les résultats des phases régionales afin d’établir une feuille de route pour la mise en œuvre des priorités identifiées ».
L’initiative du NIMD s’inscrit pleinement dans les orientations du Cadre stratégique de la refondation de l’État (CSRE 2022–2031), piloté par le Comité indépendant de suivi-évaluation des recommandations des Assises nationales de la Refondation (CINSERE-ANR). La session nationale du dialogue multi-acteurs représente ainsi un jalon important dans le renforcement de la concertation entre les différentes sphères de la vie publique au Mali.
Des Défis Structurels Bien Identifiés
Le diagnostic posé par les chercheurs et les participants met en lumière plusieurs défis récurrents, dont notamment un déficit de culture démocratique, une méfiance persistante entre citoyens et autorités, une faible application des textes, des niveaux insuffisants d’information et de formation civique, sans oublier le besoin urgent de changement de mentalités.
Ces constats ont été enrichis par deux études menées respectivement par Point Sud et l’Institut des Sciences Humaines (ISH), portant sur les thématiques « Démocratie et Participation Politique : Quels Leviers pour Renforcer l’Engagement Citoyen ? » et « Dynamique de Refondation au Mali : Garantir la Participation Citoyenne et l’Inclusivité Sociale ».
Les résultats montrent une exigence croissante d’éducation à la citoyenneté, de revitalisation des espaces de socialisation et de promotion d’une gouvernance locale plus ouverte et accessible.
Des recommandations tournées vers l’action
La méthode participative adoptée durant la session s’est traduite par des travaux en deux groupes mixtes, réunissant chercheurs, acteurs locaux et nationaux, représentants institutionnels et partenaires techniques du NIMD. Ces deux groupes ont affiné les propositions issues des dialogues régionaux et formulé des recommandations qui nourriront un document stratégique destiné aux décideurs politiques.
« L’objectif est d’élaborer un document stratégique pour indiquer les actions prioritaires en matière de participation politique, d’engagement citoyen et de refondation. Cela permettra sans aucun doute aux décideurs d’être proactifs face aux défis », a souligné Mohamed Lamine Ouattara, enseignant-chercheur à l’Université Kurukanfuga de Bamako et membre de la Commission scientifique du PREDIRE.
Des actions concrètes ont été proposées. Parmi elles figurent la création de cadres de dialogue au niveau local entre citoyens, élus et société civile ; la production de contenus pédagogiques ludiques (bandes dessinées, vidéos, sketchs en langues locales) pour renforcer l’éducation civique ; et l’introduction d’élections simulées dans les écoles et universités pour familiariser les jeunes à la vie démocratique.
Mohamed Kenouvi

Baccalauréat 2025 : le taux de réussite stagne à 27 %

Le ministère de l’Éducation nationale du Mali a rendu publics, le 25 juillet 2025, les résultats officiels du baccalauréat session de juin. Sur 157 821 candidats inscrits, 43 363 ont été déclarés admis, portant le taux de réussite national à 27,48 %. Ce résultat reste pratiquement identique à celui de l’année précédente, où il s’élevait à 27,42 %.

Cette stabilité confirme une tendance de fond : malgré les efforts engagés ces dernières années, notamment l’organisation des États généraux de l’éducation, les performances globales à l’examen de fin d’études secondaires ne montrent pas de progrès significatif.

Les États généraux de l’éducation, organisés à Bamako en janvier 2024, avaient pour objectif de redéfinir les priorités et les mécanismes du système éducatif malien. Neuf piliers stratégiques avaient été définis, incluant la professionnalisation du corps enseignant, la révision des curricula, l’intégration des langues nationales, l’inclusion scolaire, ainsi que la sécurisation des établissements. Ces recommandations s’inscrivaient dans le cadre plus large du PRODEC 2 et des Assises nationales de la refondation.

À ce jour, aucun indicateur national ne permet d’établir une amélioration sensible sur le terrain. Les syndicats d’enseignants comme plusieurs établissements d’enseignement privé signalent que les conditions d’apprentissage demeurent inchangées dans de nombreuses régions.

Sur le plan statistique, la situation éducative au Mali reste préoccupante. Selon les données consolidées du secteur, près de 60 % de la population n’a jamais été scolarisée, un taux qui dépasse 64 % en milieu rural. L’analphabétisme affecte également 61 % des femmes, ce qui limite largement l’accès à l’enseignement supérieur et à la formation professionnelle.

Comparativement à d’autres pays de la région, les écarts sont marqués. Le Bénin, par exemple, a enregistré un taux d’admissibilité de 73,02 % en 2025. En Côte d’Ivoire, le taux de réussite au baccalauréat cette année est de 36,73 %. Le Sénégal affichait déjà 56,6 % en 2024. Ces données confirment que le Mali reste, à l’échelle ouest-africaine, l’un des pays où l’accès à l’enseignement supérieur demeure le plus faible après l’enseignement secondaire.

Le suivi-évaluation des recommandations issues des États généraux de l’éducation n’a pas encore permis de mesurer l’état de leur mise en œuvre. Le tableau de bord national des statistiques enseignantes, élaboré en partenariat avec l’UNESCO, reste en cours de déploiement.

Les autorités n’ont pour l’instant annoncé aucun ajustement spécifique à la politique d’évaluation ou au dispositif de préparation du baccalauréat pour 2026.

Environnement : la CIJ affirme que l’inaction climatique peut constituer un acte illicite international

Le 23 juillet 2025, la Cour internationale de justice a publié un avis consultatif unanime affirmant que l’inaction face au changement climatique peut relever du droit international. Si ces avis ne sont pas juridiquement contraignants, ils façonnent désormais un nouveau cadre juridique potentiellement mobilisable par les tribunaux ou les institutions onusiennes.

La Cour rappelle que les traités climatiques mondiaux, dont la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21, Protocole de Kyoto, Accord de Paris), ne se substituent pas à d’autres instruments juridiques internationaux. Elle opère une harmonisation entre plusieurs régimes légaux, notamment le droit de la mer, la lutte contre la désertification, le droit à un environnement sain, et les principes coutumiers tels que la responsabilité différenciée ou le principe de précaution.
La CIJ précise qu’il revient aux États d’agir avec diligence raisonnable, non seulement en élaborant et en mettant à jour des plans nationaux de réduction des émissions (CDN), mais aussi en régulant les acteurs privés responsables de la pollution et en finançant les pays les plus vulnérables pour l’adaptation au climat. L’argument selon lequel ces CDN relèveraient d’une discrétion totale des États a été rejeté par la Cour qui considère que les obligations sont plus strictes.
La décision envisage également des réparations pour les dommages causés par le changement climatique. Les États puissants pourraient être tenus responsables, y compris financièrement, si leur rôle dans la production ou le financement de combustibles fossiles est établi comme causalité directe des dommages subis par d’autres nations. Bien que non contraignant, cet avis structure un cadre légal susceptible d’inspirer des recours devant les tribunaux internationaux ou nationaux.
Cette juridiction constitue déjà la cinquième instance internationale à formuler une position claire sur le droit à un climat viable, après la Cour interaméricaine des droits de l’homme et le Tribunal international du droit de la mer. Elle renforce la logique de responsabilité juridique des États, y compris ceux non signataires de l’Accord de Paris.

Nigeria : au moins 652 enfants morts de malnutrition au premier semestre 2025

Le Nigeria traverse une crise alimentaire sans précédent. Entre janvier et juin 2025, au moins 652 enfants sont décédés de malnutrition dans l’État de Katsina, au nord du pays, selon Médecins Sans Frontières (MSF). Le nombre de cas sévères a augmenté de 208 % par rapport à la même période en 2024, tandis que 70 000 enfants ont reçu des soins nutritionnels, dont presque 10 000 en état critique.

Le rapport de MSF pointe du doigt des réductions drastiques du financement international, notamment de la part des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Union européenne, comme l’une des causes principales de cette mortalité accrue. Ces baisses ont gravement compromis l’accès aux traitements essentiels dans les régions les plus fragilisées.
Sur l’ensemble du Nigeria, l’agence des Nations unies pour l’alimentation (WFP) signale que près de 31 millions de personnes sont exposées à l’insécurité alimentaire aiguë, un chiffre équivalent à la population du Texas. À cause des réductions de budget, plus de 1,3 million de personnes risquent bientôt de perdre l’accès à l’aide alimentaire, 150 centres nutritionnels dans l’État de Borno pourraient fermer, 300 000 enfants pourraient souffrir de malnutrition sévère, et 700 000 déplacés internes pourraient se retrouver sans assistance vitale.
Au premier semestre de 2025, WFP a tout de même fourni une aide de secours à 1,3 million de personnes au nord du pays, en coordination avec les ONG locales et l’UNICEF. Mais la suspension prévue des programmes dans les zones de conflit menace désormais ces populations.
Le plan humanitaire national de 2025 estimait que 2,55 millions d’enfants de moins de cinq ans souffriraient de malnutrition aiguë, nécessitant des interventions urgentes. Dans les régions du nord-est et du nord-ouest, on recense 5,44 millions d’enfants en état de malnutrition selon les projections IPC-AMN couvrant fin mai 2024 à avril 2025.
Au-delà des chiffres, les causes de cette crise sont multiples. L’inflation record ainsi que les fluctuations monétaires alimentent l’impossibilité d’acheter des aliments de base. Les violences de Boko Haram et le banditisme continuent de déplacer des populations dans le nord, fragilisant l’approvisionnement agricole local. Le climat extrême, entre sécheresses et inondations comme celles de Mokwa (mai 2025), a également dévasté les cultures et les moyens de subsistance.

France: Un ancien agent de la DGSE placé en détention pour avoir organisé des viols en Afrique  

Un siège judiciaire de Strasbourg a été saisi le 25 juillet 2025 d’un dossier hors du commun. Un ex-agent de la DGSE a été mis en examen pour traites d’enfants aggravées, viols et agressions sexuelles sur mineurs, et production de contenu pornographique mettant en scène des enfants. Il a été placé en détention provisoire pour ces accusations gravissimes.

L’homme, âgé d’une cinquantaine d’années, vivait à Strasbourg depuis plusieurs mois. Selon les enquêteurs, il aurait organisé à distance des viols d’enfants en Afrique de l’Est, notamment au Kenya. Il est soupçonné d’avoir financé ces actes, filmé les scènes puis diffusé ces vidéos à des fins personnelles, ce dernier élément qualifié de pédopornographique.
Le parquet de Strasbourg indique que la mise en cause a été présentée à un juge d’instruction à l’issue de sa garde à vue, menant à une incarcération assortie de contrôle judiciaire. Les charges sont formelles : détention et diffusion de contenu pédopornographique, exploitation sexuelle de mineurs et traite des êtres humains aggravée.
Les publications citoyennes et les ONG françaises spécialisées dans la lutte contre la pédopornographie numérique ont joué un rôle décisif en alertant les autorités. Une fondation américaine aurait signalé des échanges en ligne suspectés dès début 2025, ce qui a incité les enquêteurs à lancer des vérifications approfondies sur les réseaux utilisés et les voyages en Afrique suivis par l’accusé.
Les médias mentionnent que l’ancien agent menait fréquemment des déplacements professionnels au Kenya, où certains abus auraient été perpétrés. Des enregistrements vidéo capturés lors de ces missions serviraient de preuve principale, selon le parquet. Les détails précis restent confidentiels, notamment ceux liés à son ancienneté et à la nature de ses précédentes missions au sein de la DGSE.
L’affaire est actuellement qualifiée de crime organisé à dimension internationale. Plusieurs pistes sont à l’étude, y compris la recherche de complicités potentielles sur place. Les investigations menées par la justice française pourraient durer plusieurs mois. Aucune audience publique n’a encore été programmée mais l’enquête suit son cours avec des analyses techniques et judiciaires en tandem.

Alino Faso retrouvé mort à Abidjan : les accusations ivoiriennes dévoilées 

L’activiste burkinabè Alain Christophe Traoré, connu sous le pseudonyme Alino Faso, a été retrouvé pendu dans sa cellule à l’École de gendarmerie d’Abidjan le jeudi 24 juillet 2025 à 7 h 30. Le procureur a précisé que l’examen médico-légal concluait à un suicide après une tentative d’auto-mutilation du poignet avec une lame.

Alino Faso avait été arrêté en Côte d’Ivoire le 10 janvier 2025. Les autorités l’ont visé pour des motifs précis : intelligence avec un État étranger susceptible de compromettre la stabilité militaire ou diplomatique de la Côte d’Ivoire, complot contre l’autorité de l’État, espionnage et diffusion de fausses informations visant à atteindre le moral de la population et la défense nationale.
Le porte-parole du gouvernement ivoirien avait déclaré en janvier que son arrestation s’était déroulée « en bonne et due forme », sans mettre en cause sa disparition. Aucune charge n’a été rendue publique pendant les mois de détention qui ont suivi.
La révélation du décès le 27 juillet 2025, soit trois jours après les faits, a suscité scepticisme au Burkina Faso. Ni la famille, ni l’ambassade burkinabè n’a reçu d’informations officielles avant la diffusion du communiqué du procureur. Plusieurs acteurs de la société civile et internautes demandent à présent une autopsie indépendante et une enquête impartiale pour vérifier les circonstances de cette mort.
En Côte d’Ivoire, Alino Faso était considéré comme un soutien actif au régime militaire du Burkina Faso. Son influence médiatique reposait notamment sur son appartenance supposée aux “Bataillons d’intervention rapide de la communication (BIR‑C)”, un groupe de cyberactivistes liés aux autorités burkinabè. Il était aussi suspecté d’avoir noué un contact avec un activiste influent des États-Unis pour propager des messages très virulents à l’encontre d’Abidjan.
Installé à Abidjan depuis 2021, il avait ouvert un restaurant communautaire et menait des actions sociales en faveur des déplacés internes du Burkina Faso. Il organisait aussi des événements pour soutenir les autorités de son pays traçant sa propre narration politique au sein de la diaspora.
Au-delà du décès d’un individu, cette affaire interroge sur l’encadrement juridique des influenceurs et activistes ouest‑africains engagés politiquement à l’étranger. Alors que certains États africains mettent en place des mécanismes de médiation et de suivi pour leurs ressortissants en difficulté, le Burkina Faso est resté discret jusqu’à l’annonce publique du décès, ce qui a nourri un sentiment d’abandon ou de postérité.

Action Anticipatoire : la Croix-Rouge malienne engage le dialogue national  

À l’initiative de la Croix-Rouge malienne, la première édition de la plateforme de dialogue national sur l’Action Anticipatoire (AA) s’est ouverte ce mercredi 23 juillet au Centre international de conférences de Bamako. Placée sous le thème « Institutionnaliser l’action anticipatoire au Mali : vers un cadre national durable et inclusif », cette rencontre de trois jours vise à renforcer la résilience des communautés face aux catastrophes climatiques et humanitaires.

Dans une salle remplie de représentants des services de l’État, d’organisations humanitaires, d’experts techniques et de partenaires financiers, l’heure était à l’unité autour d’une ambition d’agir avant que la crise ne frappe.
Coorganisée avec la Plateforme Nationale de Réduction des Risques de Catastrophes (PNRRC), la rencontre marque un tournant vers l’institutionnalisation des Actions Anticipatoires (AA) dans les politiques nationales.
La représentante de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), Dorien Dolman, a souligné que cette approche « constitue aujourd’hui une réponse concrète et innovante pour réduire les impacts des catastrophes avant même qu’elles ne surviennent, tout en renforçant la résilience des communautés vulnérables ». Selon elle, entre 2022 et 2024, 7,7 millions de personnes ont été protégées dans le monde grâce à un investissement global de 17,8 millions de francs suisses.
« L’organisation de cette plateforme constitue un moment charnière dans l’histoire de l’action humanitaire anticipatoire au Mali », a affirmé le Secrétaire général de la Croix-Rouge malienne, Nouhoum Maïga. Depuis 2016, la Croix-Rouge malienne mène des actions pilotes de « Forecast-based Financing » (FBF) pour anticiper notamment les inondations, à travers l’élaboration de déclencheurs et l’activation de plans d’actions précoces en coordination avec la Direction Nationale de l’Hydraulique.
Institutionnaliser pour mieux protéger
Pour le Colonel Cheick Fatamady Koné, représentant du Directeur Général de la Protection Civile, l’enjeu est clair : « La mise en œuvre des Actions Anticipatoires n’est plus une option, mais une nécessité stratégique. Ces approches permettent d’agir en amont des crises à partir d’indicateurs prévisionnels fiables, afin de réduire les impacts humanitaires, matériels et économiques des catastrophes. » En 2024, a-t-il rappelé, le Mali a enregistré 95 décès et 154 blessés liés aux aléas climatiques, sans compter les lourdes pertes agricoles et infrastructurelles qui freinent le développement.
Durant ces trois jours, du 23 au 25 juillet, participants et experts vont plancher sur l’intégration des AA dans la stratégie nationale de réduction des risques, les systèmes d’alerte précoce, les données et déclencheurs, ainsi que sur des thématiques comme la digitalisation ou le financement anticipatif.
Des sessions parallèles aborderont notamment l’intégration des AA dans les politiques publiques, l’engagement communautaire ou la limite entre prévention et anticipation.
Des acquis divers
Parmi les acquis déjà enregistrés figurent la mise en place d’un Groupe Technique de Travail sur les AA, l’adoption d’une feuille de route nationale, la cartographie des zones de vulnérabilité, la co-création de prototypes de messages d’alerte et l’élaboration d’un premier jet du plan national AA inondations.
« Ces avancées structurantes posent les jalons d’un système anticipatif efficace et intégré », a salué le Colonel Koné, en rappelant l’engagement des plus hautes autorités, notamment du Président de la Transition, le Général Assimi Goïta, à placer la gestion des risques et des catastrophes au cœur des politiques publiques.
La FICR en soutien
La FICR, par la voix de Mme Dolman, a réaffirmé son engagement à soutenir la Croix-Rouge malienne dans l’intégration juridique et stratégique des AA, ainsi que la mobilisation des ressources pour leur mise en œuvre effective. Elle a aussi salué le rôle moteur de la Croix-Rouge malienne, « un exemple particulièrement inspirant dans la région », qui a su activer ses plans anticipatoires là où d’autres pays ont échoué faute de coordination.
En ouvrant les travaux de cette première édition de la plateforme de dialogue national sur l’action anticipatoire, le représentant du Directeur Général de la Protection Civile a appelé à « des échanges ouverts, francs et constructifs » pour transformer l’anticipation en un pilier de la protection civile malienne.
« L’espoir des communautés vulnérables repose sur notre capacité à innover, à coopérer et à agir à temps », a-t-il insisté.
Mohamed Kenouvi

Mali/États‑Unis : Stevens plaide pour un partenariat global

En visite à Bamako les lundi 21 et mardi 22 juillet, William B. Stevens, sous‑secrétaire adjoint américain pour l’Afrique de l’Ouest, a multiplié les interventions soulignant la dimension sécuritaire, sanitaire et économique du partenariat entre les États‑Unis et le Mali.

À son arrivée, Stevens a rencontré plusieurs acteurs maliens pour une session d’échanges qu’il a lui‑même qualifiée de franche et amicale, axée sur la lutte contre le terrorisme : « Nous croyons que les États‑Unis et le Mali partagent un intérêt pour combattre le terrorisme ici au Sahel », a‑t‑il déclaré, précisant que les sanctions financières ciblées constituent un moyen de tarir les flux financiers des groupes jihadistes.
Outre la sécurité, Stevens a mis l’accent sur la coopération sanitaire, évoquant sa visite à l’Institut national de santé (NIH) de Point G, qu’il décrit comme un exemple de partenariat transformateur. Il a salué les chercheurs maliens aux avant-postes des essais vaccinaux contre le paludisme et d’autres maladies infectieuses, soulignant les bénéfices concrets pour la région.
Sur le volet économique, Stevens a fait valoir que l’ouverture du Mali au commerce et aux investissements américains dépend largement de l’amélioration du climat des affaires. « Quand le Mali ouvre ses portes, les investisseurs suivront », a‑t‑il affirmé, insistant sur le rôle déclencheur de la coopération commerciale.
Cette visite de Stevens intervient deux semaines après celle de Rudy Atallah, Directeur adjoint principal de la lutte contre le terrorisme au Conseil de sécurité nationale américaine, qui avait rencontré le 9 juillet à Bamako les ministres en charge des Affaires étrangères et de la Sécurité. L’enchaînement de ces rencontres traduit une volonté claire de renforcer le partenariat bilatéral dans un contexte d’intensification des attaques au Mali.
Cet envoi de hauts responsables confirme que Washington mise sur une approche globale du Sahel, mêlant mesures sécuritaires, soutien à la santé publique et stimulation des échanges économiques. L’objectif affiché est de bâtir un partenariat pragmatique, respectueux de la souveraineté malienne, et porteur de stabilité durable.

Lutte contre l’insécurité : l’armée saisit un important lot de matériel attribué au FLA

Les forces armées maliennes ont annoncé, mardi, la saisie d’un important lot de matériel logistique présenté comme destiné au Front de Libération de l’Azawad (FLA), un groupe armé opérant dans le nord du pays. Selon un communiqué de l’État-major général, la cargaison, interceptée grâce à une opération de renseignement, comprenait notamment des équipements militaires et des effets vestimentaires.

D’après le communiqué, le lot se compose de « vingt canots pneumatiques équipés d’appareils de gonflage, quatre mille turbans, 3 280 paires de rangers, quatre mille treillis et cent tenues de couleur kaki ». À cela s’ajoutent « 4 040 macarons, 1 040 écussons, ainsi que vingt-cinq cartons de chandails ». L’armée précise que le matériel a été « fabriqué dans un pays d’Asie » et convoyé « par un État voisin », sans donner d’indication supplémentaire sur les itinéraires empruntés.
L’opération aurait été menée grâce à la coopération entre « les services de renseignement des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) », avec le concours d’un « pays partenaire » dont l’identité n’a pas été divulguée. Selon les images diffusées par l’armée malienne, certains éléments du matériel portent des insignes et inscriptions associés au FLA, qualifié de groupe terroriste par les autorités de Bamako.
Une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les responsabilités et identifier les circuits de financement et de livraison de ces équipements. Le FLA, apparu après la dénonciation de l’accord d’Alger par le gouvernement malien en 2024, revendique des attaques dans le nord du Mali et des actions contre les forces gouvernementales.
Les autorités maliennes n’ont pas précisé la date exacte de la saisie ni le lieu où le matériel a été intercepté. L’armée a toutefois souligné que cette opération s’inscrit « dans le cadre des efforts en cours pour sécuriser les zones frontalières et perturber les approvisionnements des groupes armés actifs dans la région ».
Le Mali est confronté depuis plus d’une décennie à une insurrection armée menée par divers groupes jihadistes et séparatistes, malgré plusieurs initiatives nationales et internationales visant à stabiliser le pays.

Algérie–Mali : Tebboune propose une médiation sous conditions

Le président algérien a affirmé que son pays était prêt à faciliter un dialogue entre Bamako et les rebelles du nord si les autorités maliennes en faisaient la demande. Il a en parallèle réitéré son opposition à toute présence de mercenaires à la frontière. Ces déclarations interviennent alors que le Mali a rompu l’accord d’Alger de 2015 et relancé les hostilités contre les groupes armés du nord, qu’il accuse de terrorisme.

Dans un climat de violence renouvelée dans le nord malien, le président Abdelmadjid Tebboune a clarifié la position de son pays, en mélangeant fermeté et ouverture. « Nous ne voulons pas de mercenaires à nos frontières », a-t-il lancé le 18 juillet, visant directement la présence de Wagner et d’Africa Corps aux côtés des forces maliennes. Et d’ajouter : « Nous sommes prêts à faciliter un dialogue entre Bamako et les rebelles, mais à condition que les autorités maliennes en fassent la demande ».
Ces mots résonnent alors que l’armée malienne affronte depuis des mois les ex‑signataires de l’accord d’Alger, désormais regroupés au sein du Front de libération de l’Azawad (FLA). Ces anciens partenaires du processus de paix sont aujourd’hui qualifiés de « terroristes » par Bamako, qui a engagé des poursuites judiciaires contre leurs responsables. Cette évolution intervient après la dénonciation, en janvier 2024, de l’accord de paix et de réconciliation issu du processus d’Alger, que Bamako jugeait « inapplicable » et « instrumentalisé ».
Signé en 2015 sous l’égide de l’Algérie et soutenu par la communauté internationale, l’accord visait à stabiliser durablement le septentrion malien grâce à une décentralisation, une meilleure représentation des populations et la réintégration des combattants. Pendant des années, il a permis d’éviter une guerre ouverte, mais n’a jamais été pleinement appliqué.
Depuis sa dénonciation par Bamako, les hostilités se sont intensifiées. Aux Nations unies comme à l’Organisation de la coopération islamique, des diplomates maliens ont accusé Alger d’abriter et de soutenir des responsables qu’ils considèrent aujourd’hui comme « terroristes ». Ces accusations ont été accompagnées d’une série d’incidents, dont l’abattage par l’armée algérienne d’un drone malien à la frontière en avril 2025, que Bamako a qualifié de « provocation ». Alger, de son côté, affirme qu’il s’agissait d’une réponse légitime à une violation de son espace aérien.
Dialogue conditionné, frontières sanctuarisées
Pour l’Algérie, la ligne reste inchangée en indiquant ne tolérer aucune intrusion de mercenaires, mais un dialogue reste possible si le Mali le sollicite. « La solution est politique, pas militaire, mais elle doit être décidée par les Maliens », répète Tebboune, rappelant la doctrine algérienne de non‑ingérence. Dans un communiqué d’avril 2025, Alger estime que le recours aux sociétés militaires étrangères était une erreur stratégique.
Sur le terrain, la multiplication des incidents — drones abattus, échanges d’accusations diplomatiques — illustre la détérioration des relations. Pourtant, les deux pays affirment être favorables au dialogue. Selon Tebboune, « la seule voie de sortie est celle d’une réconciliation entre frères, et l’Algérie peut aider, si elle est appelée à le faire ».
Méfiance persistante et avenir incertain
Dans cette relation ambiguë, Bamako se montre méfiant envers un voisin perçu tantôt comme partenaire, tantôt comme rival, tandis qu’Alger défend sa posture d’intermédiaire légitime dans la crise malienne. Pour les autorités maliennes, maintenir leur autonomie et leur stratégie sécuritaire actuelle est devenu une priorité pour assurer son intégrité territoriale. Pour l’Algérie, éviter la contagion des conflits à ses frontières est un impératif vital.
Le dilemme est désormais posé entre renouer le fil du dialogue sur la base de l’accord d’Alger, ou continuer à miser sur une solution militaire. La main algérienne reste tendue, mais la méfiance grandit des deux côtés, dans une région où la stabilité apparaît chaque jour plus fragile.

Sénégal : restitution de la dernière base militaire française à Ouakam

Ce jeudi 18 juillet 2025, la France a officiellement remis au Sénégal le Camp Geille, situé dans le quartier de Ouakam à Dakar. Cette restitution marque la fin de la présence militaire permanente française au Sénégal, initiée en 1960 à la suite de l’indépendance du pays.

La cérémonie s’est déroulée en présence du chef d’état-major général des armées sénégalaises, le général Mbaye Cissé, et du commandant des forces françaises au Sénégal, le général Pascal Ianni. Le Camp Geille abritait les Éléments français au Sénégal (EFS), dernière structure militaire française encore active dans le pays.

Depuis mars 2025, plusieurs sites militaires français ont été restitués aux autorités sénégalaises. Il s’agit notamment du camp Maréchal, du quartier Contre-Amiral Protet, de la station interarmées de communications de Rufisque et du camp Saint-Exupéry. La restitution du Camp Geille complète ce processus.

La coopération militaire entre la France et le Sénégal a débuté en 1960, à travers un accord bilatéral prévoyant le stationnement de troupes françaises sur le territoire sénégalais. Cette coopération s’est poursuivie à travers les Forces françaises du Cap-Vert (FFCV), puis les Éléments français au Sénégal (EFS) créés en 2011. Ces structures avaient pour missions la formation, l’appui logistique et le soutien aux opérations extérieures dans la région.

Le retrait des forces françaises du Sénégal s’inscrit dans un contexte de révision générale du dispositif militaire français en Afrique de l’Ouest. Depuis 2022, la France s’est retirée de plusieurs pays de la région, notamment le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad et la Côte d’Ivoire.

La décision de mettre fin à la présence militaire permanente française au Sénégal fait suite à l’annonce du président Bassirou Diomaye Faye, élu en mars 2024, de fermer toutes les bases militaires étrangères d’ici fin 2025.

La restitution du Camp Geille a pour effet la fin du stationnement permanent de troupes françaises au Sénégal. Cependant, les autorités françaises et sénégalaises ont indiqué que la coopération militaire entre les deux pays se poursuivra sous une autre forme. Des discussions sont en cours pour établir un nouveau cadre juridique fondé sur l’accord de défense signé en 2012 entre les deux États.

La France conserve une présence militaire sur le continent africain, notamment à Djibouti. Aucune autre base française n’est actuellement active en Afrique de l’Ouest à la date de juillet 2025.

Fonds de soutien patriotique : 24 milliards de FCFA alloués au secteur de l’électricité

Le gouvernement malien a procédé, le mercredi 16 juillet 2025, à la remise officielle d’une enveloppe de 24 milliards de francs CFA au ministère de l’Énergie et de l’Eau. Ce financement provient du Fonds de Soutien aux Infrastructures de Base et de Développement Social, récemment institué, et vise à renforcer l’approvisionnement en électricité.

Cette décision fait suite à la première réunion du Comité de pilotage du Fonds, présidée le 14 juillet 2025 par le Chef de l’État, le Général de division Assimi Goïta, Président de la Transition. Elle marque la première opération concrète de décaissement dans le cadre de ce mécanisme.
Créé par l’ordonnance n°2025-008/PT-RM du 7 février 2025, ce Fonds a pour mission de soutenir les interventions de l’État dans les secteurs jugés prioritaires, en cas de besoin ou d’urgence. Conformément à son article 2, il contribue au financement de projets d’intérêt national, notamment dans les domaines des infrastructures et des services sociaux de base.
Le Fonds est alimenté par des prélèvements sur les recharges téléphoniques et les transactions financières effectuées via mobile money, conformément aux décrets d’application adoptés en juin 2025. Lors de la réunion du Comité de pilotage, le montant total collecté s’élevait à 34 723 704 013 FCFA.
Les 24 milliards remis au ministère de l’Énergie et de l’Eau sont destinés à la maintenance des équipements de production, à l’achat d’hydrocarbures pour les centrales, ainsi qu’au renforcement des capacités de production électrique. Ces actions s’inscrivent dans la continuité du Plan unique d’amélioration de la desserte en électricité, lancé en amont, notamment pendant le mois de Ramadan.
L’objectif affiché est de contribuer à une amélioration progressive de la fourniture d’électricité, tant en milieu urbain que rural, conformément aux normes techniques en vigueur. Le gouvernement souligne que les fonds seront utilisés de manière ciblée et traçable, en tenant compte des priorités définies.
Le Fonds est logé à la Présidence de la République et géré sous la supervision du Comité de pilotage, conformément aux décrets n°2025-0409/PT-RM, n°2025-0410/PT-RM et n°2025-0411/PT-RM publiés au Journal officiel en juin 2025. Ces textes définissent le cadre institutionnel, les règles de gestion, ainsi que les modalités de contrôle et de reddition de comptes.
D’après les autorités, d’autres secteurs sociaux pourront bénéficier à l’avenir des ressources mobilisées à travers ce dispositif, en fonction des disponibilités financières et des besoins identifiés.

Trafic de drogue : 4,2 kg de cocaïne saisie à l’aéroport de Bamako

Dans la nuit du 12 au 13 juillet 2025, la Cellule Aéroportuaire Anti‑Trafics (CAAT) de l’Office Central des Stupéfiants (OCS) a saisi 4,2 kg de cocaïne dissimulés dans deux valises au départ de l’aéroport international Modibo‑Keïta. La passagère, une Malienne de 39 ans, était en partance pour Casablanca.

La drogue, soigneusement cachée dans un double fond, a été détectée avant l’enregistrement. La suspecte, M.C., a affirmé que ces bagages ne lui appartenaient pas et les attribuait à une autre femme résidant à Bacodjicoroni, sans en préciser l’identité. Selon l’OCS, son accent « étranger » laisse présumer des liens avec un réseau au‑delà des frontières.

Cette saisie s’inscrit dans une vague récente d’interceptions menées par l’OCS. Un communiqué du 26 juin 2025 indique que près de 128 tonnes de stupéfiants et de médicaments illicites ont été détruites entre juin 2024 et juin 2025, dont 76,6 tonnes à Bamako. Sur cette période, plus d’une tonne de cannabis et environ 18 kg de cocaïne auraient été saisis, confirmant un trafic important.

Les bilans antérieurs confirment cette tendance : en 2023, l’OCS a saisi 26,6 kg de cocaïne, 36,9 tonnes de cannabis et environ 6 tonnes de médicaments contrefaits, pour un total de 45 tonnes d’ensemble et 543 interpellations. En 2024, les autorités ont détruit plus d’une tonne de cannabis, avec des saisies régulières notamment dans les régions de Bamako, Kayes et Sikasso, comme le soulignait Maliweb en juin 2025.

Ces données établissent un constat clair : le trafic, aux méthodes de plus en plus sophistiquées (mules, cachettes, conteneurs), se renforce. L’enquête est en cours pour remonter la filière et identifier les commanditaires. L’OCS salue la vigilance de la CAAT et appelle à soutenir les efforts de lutte contre le trafic.

 

AES : à Niamey, les droits des femmes en quête de réalité

Les ministres de la Promotion de la femme et du genre du Mali, du Burkina Faso et du Niger se retrouvent les 17 et 18 juillet 2025 à Niamey, après la réunion préparatoire des experts les 13 et 14 juillet. Cette rencontre vise à harmoniser les législations et à élaborer un mécanisme régional pour faire respecter les droits des femmes dans l’espace AES.

Les trois pays du Sahel arrivent à cette réunion avec des textes ambitieux mais des résultats inégaux. Au Mali, la loi n° 2015‑052 impose depuis dix ans un quota minimum de 30 % de femmes dans les fonctions électives et nominatives, mais le gouvernement en place ne compte que 18 % de femmes et leur présence reste faible dans les instances locales.

Au Burkina Faso, une loi cadre adoptée en 2009 fixe le même seuil, mais la représentation parlementaire plafonne à environ 18 % et la participation ministérielle peine à dépasser 20 %.

Au Niger, la loi de 2020 prévoyait 25 % de femmes sur les listes électorales, mais seules 15 % siègeaient au Parlement, tandis que plus de 70 % des filles y sont toujours mariées avant 18 ans et que l’accès à l’éducation secondaire demeure très limité.

Les ministres sont attendus pour valider une feuille de route et un mécanisme de suivi communs, en ciblant notamment la lutte contre les mariages précoces, les violences basées sur le genre, l’éducation des filles et la mise en œuvre effective des quotas. Pour l’AES, ce rendez-vous est présenté comme une étape vers une intégration plus concrète de la dimension genre dans ses politiques de souveraineté et de développement.

Cameroun : Paul Biya brigue un huitième mandat après quarante ans de pouvoir

Le président camerounais Paul Biya a officiellement annoncé, ce samedi 12 juillet 2025, sa candidature pour un huitième mandat à la tête de l’État. À 92 ans, et après plus de quarante années passées au pouvoir, le doyen des chefs d’État en exercice dans le monde entend prolonger son règne, entamé le 6 novembre 1982.

Dans un bref message télévisé depuis le palais présidentiel d’Etoudi, à Yaoundé, Paul Biya a affirmé sa « disponibilité à continuer de servir le Cameroun » et a présenté sa candidature comme « une réponse aux attentes du peuple face aux défis sécuritaires, économiques et sociaux actuels ». Cette déclaration met fin à plusieurs semaines de spéculations sur son avenir politique et confirme sa volonté de rester à la tête du pays, malgré son âge avancé et des problèmes de santé récurrents.
Depuis son accession au pouvoir, Paul Biya a remporté toutes les élections présidentielles, avec des scores oscillant entre 70 et 90 %, et a toujours su tirer profit d’une opposition divisée et fragmentée. Déjà en 2018, il avait été réélu sans difficulté, profitant de la multiplication des candidatures et de l’incapacité de ses adversaires à s’unir. En 2025, le scénario semble se répéter. Plusieurs figures de l’opposition ont d’ores et déjà annoncé leur intention de se présenter, sans stratégie commune, ce qui devrait encore favoriser la victoire du président sortant.
Paul Biya détient aujourd’hui le record de longévité au pouvoir au Cameroun et figure parmi les dirigeants les plus anciens au monde. Son nouveau pari électoral, dans un contexte marqué par les tensions dans les régions anglophones et une économie fragile, conforte l’image d’un dirigeant qui ne semble pas envisager de céder la place, préférant incarner la stabilité face à l’incertitude.
La prochaine élection présidentielle est prévue pour octobre 2025. Sauf surprise majeure, elle devrait une nouvelle fois se jouer entre un chef d’État qui contrôle solidement les institutions et une opposition dispersée, offrant peu de chances à l’alternance.

UEMOA en crise : la présidence burkinabè contestée, les ministres de l’AES quittent la session

À Lomé, ce 11 juillet 2025, la 2ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a été marquée par le départ des délégations du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Les trois pays, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont quitté la salle pour protester contre le refus d’entériner la présidence tournante du Conseil en faveur du Burkina Faso.

Selon l’article 11 du Traité de l’UEMOA, cette présidence, assurée pour une durée de deux ans, revient successivement aux ministres des Finances des États membres dans l’ordre établi. Depuis la création de l’Union en 1994, ce principe a toujours été respecté, mais cette fois, un désaccord est survenu.
Selon les informations disponibles, certains pays se sont opposés à la désignation du ministre burkinabè, invoquant la situation politique actuelle au Burkina Faso. Faute de consensus, les délégations sahéliennes ont quitté la session et dénoncé publiquement ce qu’elles considèrent comme une remise en cause de leur souveraineté et du respect des textes fondateurs de l’Union.
Cet épisode intervient dans un climat déjà tendu entre les pays sahéliens et certains de leurs partenaires de la sous‑région. Depuis leur retrait officiel de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) entériné en janvier 2025, le Burkina Faso, le Mali et le Niger, désormais unis au sein de la Confédération AES, multiplient les gestes de défiance envers les institutions régionales.
Parallèlement, le débat sur l’avenir monétaire de ces pays prend de l’ampleur. Des dirigeants sahéliens ont récemment évoqué la possibilité de créer une monnaie commune propre à l’AES. Le président burkinabè Ibrahim Traoré a déclaré fin mai que « la souveraineté passe aussi par la monnaie », sans toutefois annoncer de calendrier précis. Du côté du Niger, le général Abdourahamane Tiani a confirmé début juin que des réflexions étaient en cours pour évaluer la faisabilité d’une devise et d’une banque centrale propres à l’AES.
Actuellement, les huit pays de l’UEMOA partagent le franc CFA, arrimé à l’euro à un taux fixe de 655,957 XOF pour un euro. Depuis la réforme actée en 2019 et ratifiée en 2021, les États membres ne sont plus tenus de déposer 50 % de leurs réserves de change auprès du Trésor français. En revanche, la parité fixe et la garantie de convertibilité du franc CFA restent en vigueur.
Le projet de monnaie unique de la CEDEAO, baptisé « Eco », reste officiellement en chantier, avec une mise en œuvre désormais annoncée pour 2027, sous réserve que les critères de convergence soient respectés par les États membres.
Pour l’heure, aucune procédure formelle de retrait de l’UEMOA n’a été initiée par le Burkina Faso, le Mali ou le Niger, même si leurs responsables continuent de dénoncer des pratiques jugées contraires à l’esprit d’intégration et d’équité de l’Union. Le départ des ministres sahéliens de la session de Lomé illustre la profondeur des divisions, mais la situation reste ouverte à des négociations dans les semaines à venir.

8ᵉ session ordinaire de l’ALG : les Chefs d’État fixent le cap pour une réorganisation d’ici fin 2025

Les Chefs d’État du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont participé, ce vendredi 11 juillet, par visioconférence à la 8ᵉ session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Autorité de Développement Intégré du Liptako-Gourma. Ils ont décidé de réorganiser l’institution pour l’adapter aux objectifs de la Confédération des États du Sahel avant le 31 décembre prochain.

La session, présidée par le Général Abdourahamane Tiani, Chef de l’État du Niger, a permis d’évaluer les activités en cours et d’arrêter une série de mesures pour clarifier le rôle de l’ALG dans le nouvel espace confédéral. Les Chefs d’État ont convenu de maintenir le siège à Ouagadougou, de nommer un administrateur provisoire, de procéder à un audit et de transférer progressivement les missions de l’organisation vers une nouvelle structure, tout en veillant à ce que la réorganisation soit finalisée avant la fin de l’année.
Créée en 1970, l’ALG a pour mandat de promouvoir le développement intégré dans le Liptako-Gourma, une région de plus de 370 000 kilomètres carrés. Depuis sa mise en œuvre, elle a conduit plusieurs programmes structurants dans l’hydraulique, l’environnement, les infrastructures et la promotion économique. Elle a, par exemple, contribué à la réalisation de 140 marchés à bétail équipés, à la plantation de 500 hectares d’arbres dans des zones dégradées, à la mise en place de 18 centres de transformation de produits locaux et à la formation de 1 200 comités locaux de gestion des ressources naturelles. Elle a également participé à la réhabilitation de plus de 2 500 kilomètres de diguettes antiérosives pour lutter contre l’érosion des sols et à l’électrification de 35 centres de santé ruraux grâce à des installations solaires.
Les dirigeants ont indiqué que les ministres sectoriels et les experts techniques sont chargés d’élaborer les textes juridiques et les modalités de fonctionnement de la future structure. Ils ont aussi demandé de garantir la continuité des services pendant la période de transition et d’associer les communautés locales au processus de réorganisation.
La session s’est conclue sur un engagement renouvelé à renforcer la coopération régionale, à mutualiser les ressources et à mener à bien la feuille de route définie dans les délais impartis.

La révision de la Charte de la Transition promulguée : les responsables de la Transition désormais éligibles

La nouvelle loi portant révision de la Charte de la Transition a été promulguée, le 8 juillet, par le Président Assimi Goïta et rendue publique le 10 juillet. Le texte, adopté par le Conseil national de Transition (CNT) le 3 juillet, enterre l’interdiction faite aux autorités de la Transition d’être candidats aux prochaines élections, une disposition qui figurait dans la Charte adoptée en 2022.

Le texte promulgué est issu du projet de loi adopté en Conseil des ministres le 12 juin 2025, puis transmis et adopté sans amendement par le CNT le 3 juillet. Il consacre plusieurs modifications substantielles de la Charte, qui complète la Constitution du 22 juillet 2023. Le préambule révisé évoque désormais explicitement les « recommandations des Forces vives de la Nation » issues des consultations d’avril 2025 et insiste sur le caractère « patriotique » des évènements du 18 août 2020.

Dans son article 4 nouveau, la durée de la Transition est fixée à cinq ans renouvelables « autant de fois que nécessaire » à partir de la promulgation, jusqu’à la pacification du pays. Cette durée peut toutefois être écourtée dès que les conditions d’organisation d’élections « transparentes et apaisées » sont réunies. Selon les nouvelles dispositions, le Président de la Transition conserve ses prérogatives définies par la Charte et la Constitution.

La principale évolution par rapport à la Charte de 2022 se trouve dans les articles 9, 12 et 13 nouveaux, qui stipulent désormais clairement que le Président de la Transition, les membres du gouvernement et les membres du Conseil national de Transition (organe législatif) « sont éligibles » à l’élection présidentielle et aux élections générales qui marqueront la fin de la Transition. Cette éligibilité était explicitement exclue dans la version précédente de la Charte, qui précisait que les responsables de la Transition ne pouvaient pas se présenter aux scrutins organisés pour clore la période transitoire. Le texte de 2022 visait alors à éviter tout conflit d’intérêts et à garantir l’impartialité des institutions de Transition.

Les autres modifications portent sur la réaffirmation des valeurs de patriotisme, de probité, de mérite, d’intégrité et de réconciliation dans la conduite de la Transition (article 1 nouveau) ainsi que sur la confirmation des missions de sécurisation, de refondation institutionnelle, de réforme éducative, de bonne gouvernance, et de mise en œuvre des recommandations des Assises nationales et des consultations populaires.

La nouvelle Charte précise enfin que la Transition prendra fin avec l’élection présidentielle, la prestation de serment et la passation de pouvoir au président élu. Elle stipule que, en cas de contradiction entre la Charte et la Constitution de juillet 2023, c’est la Constitution qui prévaut.

Le CNT, qui a adopté la loi à la quasi‑unanimité le 3 juillet, avait justifié cette révision par la nécessité d’adapter la Transition à la situation sécuritaire persistante et aux recommandations issues des consultations populaires d’avril 2025.

Cette promulgation ouvre donc la voie à la participation du Président de la Transition, de ses ministres et des membres du CNT aux élections à venir, ce qui constitue une rupture avec l’esprit initial de la Charte de 2022, laquelle interdisait cette possibilité. Elle prolonge également, de manière potentiellement indéfinie, la durée de la Transition tant que la « pacification » du pays ne sera pas jugée acquise.