Succession d’António Guterres : L’Afrique sans position commune

La désignation du prochain Secrétaire général des Nations unies se poursuit en 2026 dans un contexte de candidatures multiples. Des documents officiels confirment l’absence de position commune africaine autour de la candidature de Macky Sall, tandis que d’autres profils structurent la compétition.

Le processus a été lancé fin novembre 2025 par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité, avec des auditions publiques prévues à partir d’avril 2026. Le Secrétaire général sortant, António Guterres, doit achever son mandat le 31 décembre 2026 et son successeur entrera en fonction le 1er janvier 2027. La procédure prévoit la soumission de lettres de candidature et de déclarations de vision, ainsi que des auditions interactives publiques avant les consultations du Conseil de sécurité.

Selon une note de la Commission de l’Union africaine datée du 27 mars 2026, une vingtaine d’États membres ont rompu la procédure de silence engagée pour soutenir la candidature de Macky Sall, empêchant l’adoption d’une position commune. Le même jour, la mission permanente du Sénégal auprès de l’Union africaine a indiqué que Dakar n’avait « à aucun stade » endossé cette candidature et ne pouvait être considérée comme partie prenante à l’initiative.

Au total, cinq candidatures ont été enregistrées depuis l’ouverture du processus, dont une s’est retirée. Michelle Bachelet, Chilienne, ancienne cheffe d’État et ex Haute-commissaire aux droits de l’Homme, poursuit sa candidature malgré le retrait du soutien de son pays, avec l’appui d’autres États. Rafael Grossi, diplomate argentin et actuel Directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique, s’appuie sur une expérience technique dans les dossiers de sécurité nucléaire. Rebeca Grynspan, économiste costaricienne et ancienne Vice-présidente, incarne un profil orienté vers les enjeux économiques et de développement. Macky Sall, ancien Président du Sénégal, est présenté par le Burundi sans soutien officiel de son pays.

La situation de Michelle Bachelet et de Macky Sall met en évidence deux configurations distinctes, l’une marquée par le retrait du soutien du pays d’origine, compensé par d’autres appuis étatiques et par une expérience au sein du système des Nations unies, notamment à la tête du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme, l’autre par l’absence d’endossement national et de position continentale formalisée.

La désignation finale dépendra d’une recommandation du Conseil de sécurité, soumise à l’absence de veto d’un membre permanent, puis d’une validation par l’Assemblée générale. Si l’équilibre régional est régulièrement évoqué sans constituer une règle formelle, plusieurs initiatives plaident également pour l’élection d’une femme à la tête de l’Organisation.

Sénégal : Sonko décide de porter plainte suite à son arrestation violente

Le leader du Pastef a été extrait de force de sa voiture et embarqué dans un fourgon blindé de la Police qui l’a ramené à sa résidence de la cité Keur Gorgui. L’incident s’est produit, alors que son cortège revenait du tribunal après le renvoi de son procès en diffamation contre le ministre Mame Mbaye Niang, ce 16 février 2023.

 

« Je suis malgré moi sous résidence surveillée », a déclaré l’opposant Ousmane Sonko dans une déclaration faite jeudi 16 février sur sa page Facebook dans laquelle il déplore les incidents de ce jeudi 16 février sur la corniche, à Dakar.

Ousmane Sonko dénonce par-là la violation de sa liberté de mouvement. « On me bloque chez moi de manière tout à fait illégale parce qu’aucun juge n’a décerné une ordonnance pour que je sois sous résidence surveillée », déplore-t-il.

« Au moment où je vous parle, ajoute-t-il, je devais être à l’ambassade des Etats-Unis au Sénégal pour célébrer avec eux (les Américains) leur fête d’indépendance. On me refuse tout déplacement hors de mon domicile barricadé par des chars de combat et des centaines de policiers »

« Les forces de défense et de sécurité ont exercé une violence inédite, inouïe et gratuite contre ma personne et ma voiture. Le monde entier a vu des forces de l’ordre casser la vitre de ma voiture, forcer les serrures pour m’extraire de force et me conduire chez moi à bord d’un de leur fourgon blindé. Une attitude que rien ne justifie. Avec tout le dispositif qu’ils avaient, ils pouvaient escorter notre cortège sans grabuges ».

L’opposant au président Macki Sall, a ensuite indiqué que dès ce 17 février, ses avocats déposeront des plaintes contre « tous les acteurs qui sont mêlés à ces exactions qu’on a subies hier à commencer par le ministre de l’intérieur, les généraux et chefs de la police qui sont les donneurs d’ordre, les commandants et commissaires », a-t-il poursuivi.

Ousmane Sonko accuse le président Macky Sall de vouloir conduire le pays vers une situation désastreuse. Appelant le peuple sénégalais et la communauté internationale à faire barrage à la tentative de confiscation du pouvoir, à travers un troisième mandat.

Outré par l’exfiltration brutale de Ousmane Sonko de son véhicule, le secrétaire général de Pastef prévient : « Nous n’accepterons plus que le président Ousmane Sonko soit traité comme il l’a été aujourd’hui. La Bip n’avait pas à s’immiscer dans un dispositif sécuritaire dont elle ne faisait pas partie », s’est emporté Bassirou Diomaye Faye.

Au même moment, la date de la prochaine élection présidentielle a été annoncée dans  un communiqué . L’échéance est fixée au dimanche 25 février 2024, par décret n°2023-339 en date de ce 16 février 2023.

Une information transmise par le ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Diome.