L’Assemblée mondiale de la santé se tient à Genève du 18 au 23 mai 2026. Le retrait américain, les coupes budgétaires, Ébola et le hantavirus marquent fortement cette session consacrée aux priorités mondiales.
La soixante-dix-neuvième Assemblée mondiale de la santé réunit les États membres dans un contexte institutionnel délicat pour l’Organisation mondiale de la santé. L’agenda officiel couvre les finances, l’accord pandémique, la réforme de la réponse aux urgences, la résistance antimicrobienne, l’immunisation, la santé mentale, les maladies transmissibles, les maladies non transmissibles, ainsi que les liens entre climat, qualité de l’air, énergie et santé. Ces dossiers prennent un relief particulier depuis le retrait des États-Unis, formalisé en janvier 2026, qui prive l’organisation d’un contributeur majeur.
La contrainte se traduit déjà dans les moyens humains. Selon des documents cités par Reuters, l’OMS prévoit une réduction de 2 371 postes d’ici juin 2026, sous l’effet combiné des coupes, des départs et des restructurations. Cette réorganisation intervient alors que l’institution reste sollicitée pour l’alerte, l’appui technique, la coordination transfrontalière et l’accompagnement de pays dont les systèmes de santé s’appuient sur ses protocoles, ses formations et ses données.
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L’urgence la plus visible vient d’Afrique centrale. Le 16 mai, l’OMS a classé l’épidémie d’Ébola Bundibugyo en République démocratique du Congo et en Ouganda comme une urgence de santé publique de portée internationale. La base officielle retenue par l’OMS faisait état au 16 mai de 8 cas confirmés en RDC, 246 cas suspects et 80 décès suspects en Ituri, ainsi que deux cas confirmés à Kampala chez des personnes venues de RDC.
La souche Bundibugyo complique la riposte, faute de vaccin ou de traitement spécifique approuvé comparable aux outils disponibles contre Ébola-Zaïre. Les priorités restent la recherche des contacts, l’isolement, la protection des soignants, les enterrements sécurisés et l’information communautaire.
Le hantavirus lié au navire MV Hondius illustre un autre enjeu, celui de la mobilité internationale. Il n’est pas clairement listé comme point central officiel de l’ordre du jour, mais l’ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies) recensait au 15 mai onze cas, dont huit confirmés, deux probables et un inconclusif. Entre foyers locaux, voyages et financement durable, l’Assemblée interroge la capacité collective à contenir rapidement les menaces émergentes. Pour les délégations, l’enjeu consiste à préserver une coordination opérationnelle malgré des ressources resserrées et les attentes croissantes des populations exposées aux crises sanitaires partout dans le monde.




