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Mame Diarra Diop : « Le journalisme mène à tout, à condition d’en sortir »

Mame Diarra Diop est journaliste, auteure du livre "Mali: Chroniques d'une journaliste citoyenne du monde", publié aux Éditions La Sahélienne.…

Mame Diarra Diop est journaliste, auteure du livre « Mali: Chroniques d’une journaliste citoyenne du monde », publié aux Éditions La Sahélienne. Elle revient sur un parcours qui traverse la presse écrite, la radio, la télévision, le numérique et le journalisme institutionnel. Ancienne de RFI, du Journal du Mali et de Mikado FM, elle y interroge la désinformation, la place des femmes, la formation et l’avenir de la presse malienne.

Votre livre est né après le départ de la MINUSMA en fin 2023 et lors d’un séjour à Washington. Cette distance a-t-elle changé votre regard ?

Effectivement, ce livre a pris forme dans un moment de recul. J’ai quitté Bamako en octobre 2024 pour un fellowship de recherche à Washington et c’est là que j’ai eu l’idée d’écrire ces chroniques. La distance aide à ne pas subir l’urgence du quotidien, à regarder le Mali de loin et à analyser les événements avec plus d’objectivité, dans cette exigence de neutralité qui doit guider tout journaliste.

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Vous avez traversé plusieurs médias. Quelle expérience vous a le plus marquée ?

J’ai commencé par la presse écrite à Paris, puis la radio, la télévision, le digital et Mikado FM. La presse écrite m’a formée, la radio m’a perfectionnée. J’ai moins aimé la télévision, à cause du stress de l’image. À Mikado FM, nous parlions à des communautés reculées, en plusieurs langues. Il fallait éviter les clichés, rester factuel et restituer leurs réalités sans simplification.

Qu’est-ce qui menace le plus le journalisme malien aujourd’hui ?

Le journalisme au Sahel est confronté à l’insécurité, aux pressions politiques, au manque de moyens, aux réseaux sociaux, à la désinformation et à la perte de confiance. Des journalistes sont menacés, emprisonnés ou disparaissent. D’autres s’autocensurent. La question est donc de savoir comment continuer à produire un journalisme de qualité dans un contexte aussi volatile.

Pourquoi ce chapitre sur les femmes dans la presse ?

J’ai toujours voulu que les femmes gagnent en visibilité. Pour moi, il n’y a pas de femmes journalistes ou d’hommes journalistes, il y a des journalistes. À APPEL-Mali, j’ai initié des formations pour que mes consœurs s’affirment, occupent des postes de responsabilité et créent leurs propres médias. J’aimerais voir demain une femme à la tête de la Maison de la presse du Mali.

Quelle priorité pour les jeunes journalistes ?

La formation. Il faut maîtriser l’écriture, le numérique, l’intelligence artificielle et les langues qui ouvrent aux couvertures internationales. Il faut aussi rester curieux, sortir de sa zone de confort et comprendre que le journalisme mène à tout, à condition qu’on veuille bien en sortir.

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