Prix à la consommation : La crainte d’une flambée

L’Institut national de la statistique (INSTAT) a publié son Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) pour août 2026. Selon l’Institut, les prix à la consommation des ménages au Mali ont augmenté de 0,3% par rapport à juillet. Sur un an, la hausse atteint 3,3%, une évolution préoccupante dans le contexte d’une campagne agricole mitigée.

Cette évolution pèse sur les dépenses alimentaires, qui occupent une place importante dans le budget des ménages. La hausse de plusieurs produits de consommation courante est perceptible sur les marchés. Par rapport à mai 2026, les prix ont progressé de 2,3%. Par rapport à août 2025, le niveau général des prix, hors produits frais et énergie, a augmenté de 1,3%.

Selon l’INSTAT, l’augmentation mensuelle provient principalement des « produits alimentaires et boissons non alcoolisées », en hausse de 0,6%. Les prix des tubercules, plantains et bananes à cuire ont progressé de 5,6%, le lait cru entier de 6,9%, les légumes-fruits frais ou réfrigérés de 4% et la viande fraîche, réfrigérée ou congelée de 1,5%. Selon la provenance, les produits locaux et importés ont renchéri respectivement de 0,4% et 0,1%. Sur un an, ces hausses atteignent 4% pour les produits locaux et 1,9% pour ceux importés. La progression est donc plus forte pour les produits locaux qu’importés.

Prévenir les pénuries

« Les prix ont brusquement grimpé en raison de la sécheresse enregistrée dans certaines zones de Koutiala et San », explique Bakary Diarra, membre de la Coordination nationale des organisations paysannes (CNOP) à Sikasso. Selon lui, les difficultés de la campagne ont entraîné l’écoulement rapide des anciens stocks, provoquant cette hausse, notamment pour le maïs, dont le kilogramme est passé de 125 à 175 francs CFA. La pomme de terre locale n’étant pas disponible, le kilogramme de pomme de terre importée est passé de 600 à 900 francs CFA.

Une baisse pourrait être observée en novembre avec l’arrivée des nouvelles récoltes. Mais « pour combien de temps ? », s’interroge M. Diarra. Compte tenu de l’insuffisance de la production dans certaines zones, la situation reste inquiétante, surtout avec les risques de spéculation sur les marchés.

Dans ce contexte, plusieurs producteurs pourraient hésiter à vendre immédiatement leurs récoltes, un réflexe courant lorsque l’offre s’annonce limitée et que les prix augmentent. Pour prévenir une pénurie généralisée, l’État doit anticiper et prendre des mesures adaptées, suggère M. Diarra.

 

Chiffres :

Hausse générale entre août 2025 et août 2026 : 3,3%

Hausse des produits locaux sur un an : 4%

Hausse des produits importés sur un an : 1,9%

Humanitaire : MSF alerte sur l’isolement des communautés frontalières au Mali

Dans les zones frontalières, la tension sécuritaire complique l’accès aux soins, à l’eau potable et aux services de base pour les populations locales et déplacées, selon Médecins Sans Frontières. L’organisation indique adapter ses activités face à des besoins croissants, alors que l’insécurité limite la présence des acteurs humanitaires.

Près de la frontière mauritanienne, le cercle de Nampala fait face depuis plus de deux ans à d’importants défis sécuritaires. Selon MSF, les opérations menées par l’armée malienne et ses partenaires, ainsi que les activités de groupes armés, ont perturbé les interventions humanitaires et poussé des civils à se déplacer vers le centre-ville de Nampala ou à chercher refuge en Mauritanie.
L’organisation avait suspendu ses activités en novembre 2024 après des violences contre ses équipes, avant de les relancer en mars 2025. Elle intervient aujourd’hui au centre de santé communautaire de Nampala, où elle soigne les personnes déplacées et les communautés hôtes, et mène aussi des activités dans les villages de Toulé et Touladji.
À Touladji, un éleveur cité par MSF dit avoir parcouru 25 kilomètres en charrette pour faire soigner sa femme. « Nous sommes partis à 5 heures du matin et sommes arrivés épuisés à 10 heures », rapporte-t-il, en soulignant l’absence de site de soins communautaire dans son village.
Koro face à l’afflux de réfugiés
Dans le cercle de Koro, près de la frontière burkinabè, les besoins ont aussi augmenté après des attaques contre plusieurs villages. MSF indique que plus de 7 000 réfugiés fuyant les violences au Burkina Faso sont arrivés à Koro en mai, s’ajoutant aux près de 68 000 réfugiés déjà enregistrés par le HCR.
MSF prend en charge les réfugiés burkinabè au centre de santé communautaire et à l’hôpital de Koro, tout en organisant des cliniques mobiles en périphérie. Ses équipes interviennent aussi dans des villages enclavés comme Diougani, Diankabou et Baye, où l’accès reste difficile en raison de l’insécurité. Après des attaques contre plusieurs villages de Bankass le 6 mai, l’organisation dit avoir pris en charge une vingtaine de blessés à l’hôpital de Bankass.
Entre janvier et avril, plus de 37 400 consultations ont été réalisées par les équipes de MSF dans la région. L’organisation relève toutefois que les ressources humanitaires restent insuffisantes face à l’ampleur des besoins, alors que plusieurs acteurs ont réduit ou interrompu leurs activités en raison de l’insécurité et de la baisse des financements.
Koutiala, des villages frontaliers sous contrainte
La pression sécuritaire touche également des zones du sud du pays jusque-là relativement préservées. À Tiéré, dans le cercle de Molobala, région de Koutiala, MSF soutient un centre de santé local pour offrir des soins aux habitants confrontés à des difficultés d’accès aux structures médicales.
« L’ambulance du district ne vient plus à Tiéré à cause de l’insécurité », explique Ousmane Dao, assistant au coordinateur MSF. Selon lui, cette situation complique le transfert des malades vers l’hôpital de Koutiala.
Les habitants subissent aussi les effets économiques de l’insécurité. Djénéba Keïta, habitante de Tiéré, affirme que les populations ne viennent plus au marché du village par peur et que les marchandises se font plus rares. « Nous souffrons ici. Il nous est difficile d’avoir suffisamment à manger », dit-elle, selon MSF.
Pour répondre aux besoins, MSF mène des activités dans plusieurs villages frontaliers, notamment Tiéré, Sanguéla, Molobala et Sougoumba. L’organisation a aussi élargi ses interventions à la prise en charge des enfants de moins de 15 ans, des femmes enceintes et des victimes de violences, notamment sexuelles.
L’accès à l’eau potable reste difficile dans plusieurs zones isolées. MSF indique avoir fourni près de 19 millions de litres d’eau aux réfugiés de Koro en 2025 et réhabilité cinq forages dans les communautés enclavées de Nampala et de Koutiala.
À Sougoumba, dans la région de Koutiala, MSF cite le témoignage de Djénébou Berthé, dont le village a bénéficié de la réhabilitation d’un forage en avril. « Avant, nos puits se tarissaient et l’eau n’était pas de bonne qualité. Cela nous rendait malades », explique-t-elle. Elle ajoute que l’accès à l’eau potable a amélioré la santé et les tâches ménagères.
La baisse des financements et l’insécurité réduisent la présence humanitaire dans plusieurs zones. Selon OCHA, 753 incidents ont visé des humanitaires au Mali en 2025, soit une hausse de 40 % par rapport à 2024. Plus de 5 millions de personnes auraient besoin d’une assistance dans le pays.
MSF estime que l’escalade récente des violences, marquée notamment par les attaques de groupes armés contre plusieurs villes le 25 avril, expose davantage les populations civiles. L’organisation appelle à garantir un accès humanitaire sûr et durable aux communautés les plus exposées.

Koutiala : Fin de course pour des voleurs de bétail

Le Commissariat de Police de Koutiala, sous la houlette du Commissaire Divisionnaire de Police Fousseynou DIAKITÉ, a procédé à l’interpellation, entre le 31 août et le 15 septembre, d’un présumé voleur et de son complice dans une affaire de vol de bétails.

 

La lutte contre l’insécurité, notamment le vol de bétail est une préoccupation majeure des autorités en charge de la sécurité. Particulièrement dans les zones de provenance des animaux. Ces vols récurrents sont aussi l’une des causes de l’augmentation du coût d’acquisition de ces animaux. Ce qui contribue au renchérissement du prix de la viande.

C’est au cours d’une mission de patrouille menée par une équipe de la brigade de recherches policières que le suspect, en possession d’un troupeau de sept (07) moutons  a été arrêté dans le quartier de Médina Coura. Soumis à un interrogatoire, le mis en cause n’a pas tardé à faire son mea-culpa en affirmant avoir dérobé ces animaux sous la pluie, à proximité du cimetière, tout en dénonçant son complice. Tous deux, identifiés par les initiales M.D. (32 ans) et B.C. (46 ans), ont été déférés devant la justice. L’enquête se poursuit selon les sources sécuritaires afin de déterminer d’éventuelles complicités et de vérifier leur implication dans d’autres affaires similaires. À travers cette opération, la Police régionale de Koutiala réaffirme son engagement constant à assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, conformément aux orientations du ministre de la Sécurité et de la Protection Civile.

Le Commissaire de police Fousseynou DIAKITÉ a tenu à féliciter ses équipes pour leur travail et a invité la population à faire preuve de vigilance et à renforcer sa collaboration avec les Forces de l’ordre, condition sine qua none pour une lutte efficace contre la criminalité sous toutes ses formes.

Joseph Amara DEMBELE