Washington et Téhéran avancent vers une désescalade majeure, mais encore fragile. Selon des responsables américains, un mémorandum d’entente a été signé électroniquement avant son annonce publique le lundi 15 juin 2026. La signature officielle ouvrant la voie à une paix durable est attendue ce vendredi 19 juin en Suisse, avant une possible publication du texte.
Présenté par Donald Trump comme un accord déjà conclu, le document doit encadrer la fin des hostilités entre les États-Unis et l’Iran, après près de quatre mois de conflit ouvert et de fortes perturbations dans le Golfe. Côté américain, le texte a été signé par le Président Trump et son Vice-Président JD Vance. Côté iranien, il l’a été par le Président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Le texte ouvre une période de négociations de soixante jours. Elles doivent porter sur le programme nucléaire iranien, la levée éventuelle de sanctions, la reconstruction des infrastructures touchées et les garanties demandées par Washington à Téhéran.
Ouverture
Le Détroit d’Ormuz est au centre du dispositif. Trump affirme que le passage, essentiel au commerce mondial du pétrole, sera totalement rouvert d’ici vendredi. Des responsables américains parlent toutefois d’une reprise graduelle du trafic, avec des détails techniques encore à régler. Washington dit aussi attendre un passage durablement libre et sans péage, alors que des discussions restent nécessaires sur les modalités de navigation.
Le dossier a provoqué des échanges tendus avec les Européens. Réunis au sommet du G7 à Évian, plusieurs dirigeants ont demandé des garanties écrites sur l’accord, notamment sur Ormuz et le nucléaire iranien. Trump a écarté à ce stade l’idée d’une mission navale franco-britannique pour sécuriser le Détroit, préférant garder la main sur le processus.
Le volet libanais est l’autre point sensible. L’Iran affirme que l’arrêt des combats au Liban fait partie du mémorandum. Les États-Unis nuancent, indiquant qu’un retrait israélien ne constitue pas une condition directe de l’accord. Cette divergence place Israël dans une position délicate.
Pour Benyamin Netanyahu, l’accord apparaît comme un revers. Le Premier ministre israélien avait misé sur la pression militaire pour affaiblir le régime iranien, considéré comme la principale menace régionale. Or Washington privilégie désormais la désescalade, au risque d’alimenter la méfiance entre les deux alliés.
À quelques mois d’élections prévues d’ici fin octobre en Israël, cette évolution complique aussi la position politique de Netanyahu, déjà fragilisé par les critiques internes et par les incertitudes sur la solidité du soutien américain à venir.

