Bamako : le leadership féminin mobilisé pour la paix et la sécurité

Le forum régional consacré au leadership des femmes pour la paix dans les régions frontalières du Sahel et des pays côtiers s’est ouvert mercredi 26 août à Bamako. Prévue jusqu’au 28 août 2026, la rencontre vise à renforcer la participation des femmes à la prévention des conflits, à la médiation et à la consolidation de la paix.

La rencontre rassemble des représentantes d’organisations féminines œuvrant pour la paix, des femmes médiatrices, des autorités nationales, des institutions régionales et sous-régionales ainsi que des agences des Nations unies. Des acteurs de la défense et de la sécurité, des chercheurs, des leaders communautaires et religieux et des organisations de jeunesse prennent également part aux travaux. Aux côtés du Mali, six pays sont représentés : le Burkina Faso, le Niger, le Bénin, le Tchad, la Mauritanie et la Côte d’Ivoire.
Cette mobilisation intervient dans un contexte humanitaire particulièrement préoccupant. En avril 2026, près de 20 millions de personnes étaient déplacées de force ou apatrides en Afrique de l’Ouest et du Centre, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Dans cette région, les femmes et les enfants représentent 80 % des réfugiés et demandeurs d’asile.
Face à cette situation, les femmes apparaissent à la fois comme des personnes particulièrement exposées aux conséquences des crises et comme des actrices indispensables de la paix. Elles préviennent les tensions, transmettent les alertes, facilitent l’accès aux services essentiels et contribuent à reconstruire le lien social dans des localités parfois difficiles d’accès pour les institutions.
Plus de vingt-cinq ans après l’adoption de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité, les violences liées aux conflits restent préoccupantes, a rappelé la Coordonnatrice résidente et humanitaire des Nations unies au Mali, Hanaa Singer-Hamdy. À l’échelle mondiale, les Nations unies ont vérifié plus de 4 600 cas de violences sexuelles liées aux conflits en 2024, soit une hausse de 87 % par rapport à 2022.
Les femmes continuent ainsi de témoigner des violences et des déplacements qu’elles subissent, tout en demeurant faiblement représentées dans les espaces où se prennent les décisions et où se négocient les accords de paix.
Les interventions ont fait ressortir quatre priorités : garantir la participation des femmes à toutes les étapes des processus de paix, renforcer la protection des médiatrices et défenseuses de la paix, faciliter l’accès des organisations féminines à des financements souples et directement accessibles et instaurer un mécanisme de suivi précisant, pour chaque recommandation, les responsabilités, les moyens et les délais de mise en œuvre.
La ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Diarra Djénéba Sanogo, a expliqué que la rencontre avec l’Envoyée spéciale du président de la Commission de l’Union africaine pour les Femmes, la Paix et la Sécurité, l’ambassadrice Liberata Mulamula, devait contribuer à accélérer la mise en œuvre de cet agenda dans la région.
Elle a insisté sur la nécessité de mieux faire entendre la voix des femmes, particulièrement celles vivant dans les communautés transfrontalières, et de renforcer leur présence dans les mécanismes de prévention, de médiation et de règlement des conflits.
Selon la ministre, la participation des femmes aux processus de paix répond à une exigence d’équité, mais constitue également une nécessité et une possibilité supplémentaire de construire une paix durable, inclusive et mieux ancrée dans les réalités locales.
Une attention particulière est accordée aux défis sécuritaires et aux nouvelles dynamiques dans l’espace de l’Alliance des États du Sahel. La promotion des femmes, l’égalité entre les sexes et l’accès aux droits fondamentaux sont présentés comme des leviers permettant de consolider leur leadership et de renforcer la stabilité régionale.
Diarra Djénéba Sanogo a appelé à une convergence des initiatives régionales, conformément aux orientations de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Les recommandations attendues doivent permettre de préciser les prochaines étapes de l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité », d’améliorer la coordination régionale et de favoriser une participation plus effective des femmes aux décisions touchant à la paix.
Plusieurs personnalités ont assisté à l’ouverture des travaux, dont le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, la Coordonnatrice résidente et humanitaire des Nations unies au Mali, Hanaa Singer-Hamdy, et l’ambassadeur du Royaume des Pays-Bas au Mali, Erik de Feijter.
Joseph Amara Dembélé

Coopération des médias sino-africains : un 6ème forum axé sur la promotion de la modernisation

Le 6ème forum sur la coopération des médias sino-africains et du dialogue de haut niveau des Think tanks de Chine et d’Afrique s’est achevé ce jeudi 22 août à Pékin. « S’associer pour promouvoir la modernisation » était le thème choisi pour ce forum auquel ont pris part durant 3 jours plusieurs délégations africaines dont celle du Mali.

Différents thèmes ont été ont été abordés lors du forum parmi lesquels le partage de contenus, la formation, l’éducation, la technologie, l’innovation, le développement durable, les défis et opportunités.

Christiane Monsour Matondo-Yanrou, représentante du président de la Commission de l’Union africaine, s’est réjoui de la « collaboration existante déjà entre l’Afrique et la Chine dans le domaine de la communication et des médias par l’intermédiaire de plusieurs entités audiovisuelles ».

Pour sa part, Shulei Li, chef du département de publicité du Comité central du parti communiste chinois, a exprimé sa satisfaction de voir se tenir ce sommet qui donnera plus d’occasions aux pays africains d’amorcer leur développement.

Le  Mali a été bien représenté par une délégation du ministère de la Communication et de l’Economie numérique lors de ce forum à Pékin qui a accueilli plusieurs acteurs des médias, autorités politiques et administratives africains. Cette 6ème édition  a été rythmée par des conférences, des ateliers et des tables rondes .

Lors de son intervention, le représentant du ministre de la Communication du Mali, Mohamed Ag Albachar, a évoqué les liens fraternels qui unissent le Mali et la Chine depuis longtemps et a souligné la progression de notre pays notamment dans le domaine des médias et dans la construction des stations de diffusion.

En marge du forum, la délégation malienne a eu une rencontre avec le ministre chinois de l’Administration, de la Télévision et de la Radio. Les échanges  ont tourné autour  des « sujets d’intérêt commun ». Elle a également  participé aux différents panels tels que la promotion de l’autonomisation du numérique, l’avancement vers un nouveau niveau d’échanges entre les civilisations chinoises et africaines, entre autres.

Ce forum de Pékin qui a réuni plusieurs professionnels venus cette année de 45 pays africains et des organes de presse établis à travers toute la Chine a permis de découvrir les avancées technologiques dans le domaine des médias et de renforcer les échanges entre la Chine et l’Afrique.

Fatouma Cissé (Stagiaire)