Auteur/autrice : fatoumata Maguiraga
Bilan humanitaire 2025 : Plus de 2 millions de personnes assistées par le CICR et la Croix-Rouge malienne
Le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge au Mali a présenté le bilan de ses activités pour l’année 2025 lors d’un café de presse organisé le 17 février 2026 au siège de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Bamako. Au total 2,3 millions de personnes ont été touchées en 2025.
Face aux journalistes, le chef de délégation du CICR au Mali, Nicolas Lambert, et le directeur général de la Croix-Rouge Malienne, Nouhoum Maïga ont détaillé les réalisations de l’année écoulée et présenté les perspectives opérationnelles pour 2026.
Selon les chiffres communiqués, les actions du CICR ont permis de toucher environ 1 100 000 personnes en 2025, malgré une baisse de 15 % du budget. Les interventions ont concerné plusieurs secteurs clés, notamment la protection des personnes affectées par les conflits, la sécurité alimentaire, la santé, l’accès à l’eau et la prévention.
Dans le domaine de la protection, 83 visites ont été effectuées dans 13 lieux de détention afin de suivre les conditions de détention et le traitement des détenus. Le rétablissement des liens familiaux est resté un axe fort : 22 222 appels téléphoniques ont été facilités entre personnes séparées, 641 messages Croix-Rouge échangés et huit familles réunifiées, dont des enfants.
Sur le volet sécurité alimentaire et économique, les équipes ont conduit des réponses d’urgence ciblées au profit de 22 970 ménages via une assistance alimentaire, tandis que 10 310 ménages ont reçu des biens ménagers essentiels. En parallèle, 11 808 ménages ont bénéficié d’un appui en semences, outils et intrants agricoles pour renforcer leurs moyens de subsistance.
Dans le secteur de la santé, plus de 24 000 patients ont été pris en charge, dont 13 784 blessés et cas urgents nécessitant des soins d’urgence ou chirurgicaux. Trente centres de santé ont également reçu un soutien, couvrant plus de 221 000 personnes à travers des programmes de santé communautaire.
L’accès à l’eau et l’habitat figurent aussi parmi les priorités. Au total, 44 ouvrages hydrauliques ont été réalisés ou réhabilités, au bénéfice de 162 400 personnes. La solarisation de 42 infrastructures a été assurée pour garantir la durabilité et la continuité des services. Enfin, 17 sessions de formation en droit des conflits armés ont été organisées au profit de 214 militaires.
Des besoins persistants et une priorisation en 2026
Évoquant les perspectives, Nicolas Lambert a annoncé un budget prévisionnel de 33 milliards de FCFA pour 2026. Il a souligné que les besoins humanitaires restent élevés, avec une possible évolution de la cartographie des zones d’intervention. Toutefois, la stratégie restera concentrée principalement sur le centre et le nord du pays, avec une logique de priorisation des actions.
De son côté, la Croix-Rouge Malienne a présenté un bilan également soutenu. En 2025, près de 13 milliards de FCFA ont été mobilisés pour ses opérations, avec plus de 1,2 million de bénéficiaires atteints dans différents domaines.
Dans le domaine de la santé et du bien-être social, 938 251 personnes ont été touchées à travers des interventions en santé maternelle et infantile, la prévention des épidémies et le soutien psychosocial.
En gestion des catastrophes, 613 personnes ont été formées aux premiers secours et au dépistage, tandis que 116 074 personnes ont reçu une assistance d’urgence. En outre, 210 membres d’équipes d’intervention et volontaires ont été formés à la préparation et à la réponse aux urgences ainsi qu’aux activités génératrices de revenus.
Sur le plan de la sécurité alimentaire et des moyens d’existence, 3 830 bénéficiaires ont reçu des appuis via des formations agricoles, des dotations et des distributions alimentaires ou monétaires. Des transferts en cash d’un montant global de 807 698 000 FCFA ont été distribués à 11 887 ménages.
Les actions de protection et de cohésion sociale ont concerné plus de 62 000 personnes, notamment des migrants, déplacés internes et communautés hôtes. Des campagnes de sensibilisation ont touché près de 40 000 personnes sur les droits des migrants et les violences basées sur le genre.
Enfin, les programmes environnementaux et d’assainissement ont permis de sensibiliser plus de 68 000 personnes, d’organiser des journées de salubrité, de planter 2 000 plants et d’aménager deux périmètres maraîchers.
Remaniement : le ministère des Réformes reste, les questions aussi
Malgré la prolongation en 2025 de la transition pour 5 ans renouvelables et l’absence d’échéances électorales immédiates, le ministère délégué auprès du Premier ministre, chargé des réformes politiques et du soutien au processus électoral, a été maintenu lors du remaniement du 12 février 2026. Un choix qui suscite plusieurs interrogations.
UA : Conakry désignée siège du Centre africain de développement minier
La Guinée a été officiellement choisie pour abriter le siège du Centre africain de développement minier (CADM), à l’issue du 39ᵉ Sommet de l’Union africaine tenu les 14 et 15 février 2026 à Addis-Abeba. Cette décision confère à Conakry un rôle stratégique dans la gouvernance du secteur extractif continental.
Créé dans le cadre de la Vision minière africaine adoptée en 2009, le CADM accompagne les États dans l’élaboration de politiques minières favorisant la transformation locale et la création de valeur. Le secteur minier représente environ 10 % du PIB africain et plus de 40 % des recettes d’exportation de plusieurs pays du continent. L’Afrique détient près de 30 % des réserves mondiales de minerais critiques, notamment le cobalt, le manganèse, la bauxite et le lithium.
Le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, a indiqué que son pays assumera pleinement ses responsabilités financières et techniques pour assurer le fonctionnement du Centre. La commissaire de l’UA chargée du Développement économique a salué une étape majeure pour renforcer l’expertise africaine face à la compétition mondiale autour des ressources stratégiques.
Premier producteur mondial de bauxite et détenteur d’importantes réserves de fer et d’or, la Guinée consolide ainsi sa position dans la chaîne de valeur minière africaine. Cette désignation intervient alors que la demande mondiale en minerais critiques, essentiels à la transition énergétique et aux technologies numériques, connaît une forte progression.
Marchés urbains : un apport important à l’économie en Afrique
Les marchés en Afrique contribuent au développement socioéconomique des villes. Ils permettent aux acteurs d’accéder à des revenus réguliers et aux consommateurs d’avoir accès à des produits. Cependant, l’existence de ces marchés influence négativement l’économie, l’environnement et la société. Entre la gestion des déchets, le caractère informel de l’activité et la qualité des produits, les marchés urbains en Afrique doivent relever de nombreux défis pour améliorer leur contribution au développement urbain.
Marchés en flammes : économie fragile et gouvernance en question
Dans la nuit du 15 au 16 février 2026, un violent incendie a ravagé une grande partie du marché Dossolo Traoré, dit Sougouni-Coura, en commune II du district de Bamako. Ce nouveau sinistre, survenu à la veille du mois de Ramadan, relance avec acuité la question de la sécurisation et de l’organisation des marchés, maillons essentiels mais vulnérables de l’économie urbaine.
Au lendemain de ce sinistre, le spectacle était celui d’un champ de ruines. Des hangars tordus, des étals réduits en cendres, des marchandises calcinées : vêtements, denrées alimentaires, produits cosmétiques, ustensiles de cuisine. Plusieurs commerçants ont tout perdu. Selon les premières estimations du Collectif national des acteurs des marchés du Mali (CNAM-Mali), près de 80 % de la zone centrale aurait été touchée. Aucune perte en vie humaine n’a été signalée, mais l’impact économique est considérable.
Sougouni-Coura n’est pas un marché périphérique. Avec une superficie estimée à 300 000 m² et un rôle stratégique dans l’approvisionnement de Bamako, il alimente une partie importante des circuits de distribution de la capitale. Sa vulnérabilité dépasse donc les seuls commerçants sinistrés : elle concerne l’ensemble de la chaîne commerciale urbaine.
Ce nouvel incendie n’est pas un cas isolé. Le Grand Marché de Bamako a connu plusieurs sinistres majeurs ces dernières années : décembre 2017 (avec un décès), juin 2018, puis mars 2025. En moins d’une décennie, les feux à répétition dessinent une tendance préoccupante. La question n’est plus celle d’un accident ponctuel, mais d’un problème structurel. Ces sinistres présentent des caractéristiques communes : déclenchement nocturne, propagation rapide dans des structures majoritairement en matériaux légers, et difficultés d’accès pour les secours. Dans la plupart des cas, les incendies surviennent à des périodes de forte activité commerciale, notamment à l’approche de grands événements religieux, lorsque les stocks sont reconstitués et les installations électriques davantage sollicitées.
Causes évitables
Selon les premiers témoignages, l’incendie de Sougouni-Coura serait parti d’un court-circuit aux environs de 23 heures, favorisé par un vent nocturne. Les équipes de la protection civile ont été confrontées à un obstacle récurrent à savoir l’inaccessibilité du site. Allées encombrées, étals débordant sur les passages, absence de couloirs de secours clairement dégagés. Les véhicules d’intervention ont eu du mal à progresser.
Abdoulaye Cissé, du CNAM-Mali, estime que « cette catastrophe pouvait être prévenue ». Il pointe la prolifération des branchements électriques anarchiques. Dans certaines zones, plusieurs commerçants se raccordent sur un même compteur, parfois contre le paiement informel d’environ 10 000 FCFA par mois. Des réfrigérateurs et congélateurs supplémentaires sont installés, notamment en période de forte demande. Un seul compteur peut alimenter plusieurs appareils, sans dispositif de sécurité adapté.
La veille du Ramadan constitue un facteur aggravant. Avec le mois de jeûne, les stocks augmentent, les chambres froides tournent davantage, l’activité nocturne s’intensifie. La combinaison surcharge électrique – promiscuité – absence de dispositifs anti-incendie crée un terrain propice aux sinistres.
Dans plusieurs marchés de la sous-région, notamment à Dakar ou à Abidjan, des réaménagements récents ont intégré des dispositifs obligatoires tels que des extincteurs normalisés, des issues de secours matérialisées et des bornes incendie raccordées au réseau hydraulique urbain. À Bamako, ces standards restent encore marginaux dans la majorité des sites commerciaux traditionnels.
Pourtant, le problème dépasse la seule électricité. Beaucoup de marchés de Bamako ne disposent ni d’extincteurs fonctionnels en nombre suffisant, ni de bornes incendie accessibles, ni de bacs à sable. Les plans d’aménagement sont souvent inexistants ou non respectés. Les couloirs d’évacuation sont progressivement occupés par des installations nouvelles, parfois tolérées par les autorités locales.
Un état des lieux réalisé à la suite du procès-verbal de négociations du 27 juillet 2021 entre le gouvernement et les organisations professionnelles révélait déjà que, sur 110 marchés inspectés dans 11 capitales régionales et le district de Bamako, la majorité ne disposait pas de plans d’aménagement approuvés, ni de délimitation claire. Plusieurs faisaient l’objet de litiges fonciers. Sougouni-Coura, bien qu’aménagé et doté d’un titre foncier, reste « fortement occupé ».
L’inventaire foncier avait également mis en évidence l’absence de bornage clair et la présence d’extensions non autorisées dans plusieurs marchés du district. Cette occupation progressive des espaces initialement prévus pour la circulation ou les équipements de sécurité réduit considérablement la capacité d’intervention en cas d’urgence.
Une économie sous-protection
Selon les données disponibles, le commerce constitue l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois en milieu urbain. Il concentre une part importante de la valeur ajoutée du secteur informel, qui domine largement l’activité économique nationale.
Les incendies frappent un secteur déjà fragile. Selon les données de l’Enquête régionale intégrée sur l’emploi et le secteur informel (ERI-ESI), le commerce constitue l’activité dominante du secteur informel au Mali. L’emploi informel représente plus de 90 % des unités économiques privées. La majorité des commerçants ne tient pas de comptabilité formelle et ne dispose ni d’assurance ni de couverture adaptée.
Cela explique la difficulté à établir des bilans précis après chaque sinistre. Entre magasins de stockage et boutiques de détail récemment ravitaillées en vue du Ramadan, les pertes sont difficilement quantifiables. Faute de traçabilité et de documents comptables, toute évaluation reste approximative.
Les marchés constituent pourtant un pilier de l’économie urbaine. Ils structurent l’approvisionnement alimentaire, génèrent des milliers d’emplois directs et indirects et participent à la stabilité sociale. Leur vulnérabilité expose donc non seulement des commerçants individuels, mais aussi l’équilibre économique de quartiers entiers.
Dédommagement
Pour l’heure, aucun bilan financier consolidé n’a été communiqué. Les commerçants sinistrés se sont réunis le 17 février pour discuter des démarches à entreprendre. Beaucoup n’espèrent pas un dédommagement intégral, mais au moins un appui pour redémarrer leurs activités.
Les organisations professionnelles évoquent la nécessité d’un fonds de soutien d’urgence destiné aux acteurs sinistrés. Une telle mesure permettrait d’éviter l’effondrement d’activités familiales qui constituent souvent l’unique source de revenu de ménages entiers.
Le mois de Ramadan accentue la gravité de la situation. Pour de nombreuses familles, cette période représente un pic de revenus. L’incendie prive brutalement des dizaines de ménages de leur principale source de subsistance. En ce mois de jeûne, les marchés enregistrent traditionnellement une hausse significative des transactions. La destruction des stocks à cette période a donc un effet multiplicateur sur les pertes économiques, bien au-delà des seules infrastructures détruites.
L’absence d’assurance structurée rend toute indemnisation systémique difficile. Les pertes sont assumées individuellement ou, dans certains cas, partiellement compensées par des aides publiques ponctuelles ou des élans de solidarité.
Le déficit de formalisation réduit l’accès au crédit et aux produits d’assurance. En cas de catastrophe, les pertes sont assumées individuellement, en l’absence de mécanismes de mutualisation des risques.
Rebâtir
La répétition des incendies pose la question de la reconstruction sur des bases nouvelles. Plusieurs capitales ouest-africaines ont engagé, après des sinistres similaires, des programmes de modernisation : redéfinition des allées, installation d’extincteurs obligatoires, contrôle des branchements électriques, création de couloirs de secours permanents.
À Bamako, la réorganisation des marchés supposerait une combinaison de mesures comme l’audit des installations électriques, le contrôle régulier, l’interdiction des branchements multiples non conformes, la matérialisation d’issues de secours, des bornes d’eau fonctionnelles, la sensibilisation des commerçants aux risques incendie.
La modernisation implique également une clarification foncière et une gestion concertée associant collectivités locales et organisations professionnelles. Le CNAM-Mali plaide depuis plusieurs années pour une implication intense des acteurs dans la gouvernance des marchés.
Outre la reconstruction matérielle, il s’agit d’engager une transformation structurelle. Un marché moderne ne se limite pas à des hangars reconstruits, il suppose une planification, des normes de sécurité, un minimum de formalisation et des mécanismes de protection contre les risques.
Les incendies répétés rappellent que les marchés, socles de l’économie urbaine, évoluent dans une fragilité persistante. Tant que les causes structurelles – désordre spatial, branchements anarchiques, absence d’équipements de sécurité et informalité massive – ne seront pas traitées de manière cohérente, le risque demeurera.
L’incendie de Sougouni-Coura révèle les limites actuelles de l’organisation des marchés urbains. La remise en état du site implique une révision des dispositifs de sécurité et des modalités de gestion.
Coupes CAF : le Stade malien en quarts, Djoliba sauve l’honneur
Le samedi 14 février, le Stade malien a perdu 1-0 contre le Simba SC en Ligue des champions de la CAF, mais reste leader de son groupe et rejoint les quarts de finale. Le lendemain, dimanche 15 février, le Djoliba AC a écrasé le FC San Pedro 4-0 en Coupe de la Confédération, offrant une note d’espoir à ses supporters.
39e sommet de l’UA : sécurité et eau au cœur des priorités
Réunis les 14 et 15 février 2026 à Addis-Abeba, les chefs d’État africains ont défini les grandes orientations politiques du continent. Au terme du 39e Sommet de l’Union africaine, la stabilité institutionnelle, la lutte contre l’insécurité et l’accès durable à l’eau se sont imposés comme des priorités majeures.
Médina Coura : Des dégâts matériels après un incendie
Un violent incendie a ravagé une partie du marché de « Sougouni-coura », à Médina Coura, en commune II du district de Bamako dans la nuit du 15 au 16 février 2026. Si aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée, les dégâts matériels sont considérables et de nombreux commerçants ont tout perdu.
Le sinistre s’est déclaré peu après minuit dans ce marché très fréquenté du district de Bamako. Alertés aux environs de 00h30, les sapeurs-pompiers sont intervenus rapidement pour contenir les flammes et empêcher leur propagation vers d’autres zones commerciales. Leur intervention a permis d’éviter un embrasement plus large dans ce secteur dense où les installations sont souvent rapprochées.
Plusieurs boutiques et étals ont été entièrement détruits. Des stocks de marchandises, constitués pour certains à crédit ou en prévision des prochaines semaines d’activité, sont partis en fumée. Au lever du jour, commerçants et riverains constataient l’ampleur des pertes, entre désolation et inquiétude pour la reprise des activités.
Les circonstances précises de l’incendie restaient à établir. Une enquête a été ouverte afin d’en éclaircir les causes.
Le marché de Médina Coura constitue un espace économique vital pour de nombreuses familles. Il regroupe des vendeurs de produits alimentaires, d’articles divers et de biens de consommation courante, contribuant fortement à l’économie informelle de la capitale. La destruction de plusieurs points de vente représente un coup dur pour ces acteurs déjà confrontés à un environnement économique contraint.
Cet incendie relance par ailleurs les interrogations sur les conditions de sécurité dans les marchés urbains. Promiscuité des installations, branchements électriques précaires et absence d’équipements anti-incendie adaptés sont régulièrement pointés du doigt lors de précédents sinistres.
En attendant les conclusions de l’enquête, l’heure est au constat et à la solidarité. Pour les commerçants sinistrés, l’enjeu est désormais de pouvoir se relever rapidement afin de préserver leur activité et les revenus qui en dépendent.
Fatoumata Keïta et Fatoumata Yaranangoré : Deux femmes à la rencontre de leur destin
Dans leurs ouvrages autobiographiques, Fatoumata Keïta et Fatoumata Yaranangoré retracent un parcours de résistance face aux attentes sociales. Deux récits qui placent l’éducation au cœur de l’émancipation.
Traité nucléaire : Un monde désormais sans cadre contraignant
Depuis l’expiration du traité New START, aucun accord juridiquement contraignant ne limite plus les arsenaux nucléaires stratégiques des États-Unis et de la Russie. Cette situation intervient alors que plusieurs États dotés de l’arme nucléaire sont engagés dans des tensions ou des conflits persistants.
La fin du traité New START met un terme au dernier accord bilatéral encadrant les forces nucléaires stratégiques américaines et russes. Entré en vigueur en 2011, cet accord s’inscrivait dans l’architecture de contrôle des armements développée depuis la fin de la Guerre froide, dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire. New START fixait des limites précises au nombre d’ogives nucléaires stratégiques déployées ainsi qu’au nombre de vecteurs autorisés, incluant les missiles balistiques intercontinentaux, les missiles lancés depuis des sous-marins et les bombardiers lourds, selon des règles de comptage définies. Il prévoyait des échanges de données et des inspections sur site.
À ce jour, aucun dispositif juridiquement contraignant n’est venu remplacer ces mécanismes. À la suite de l’expiration du traité, la Russie a indiqué que les obligations qui en découlaient ne s’appliquaient plus. Les États-Unis et la Russie ont toutefois maintenu des échanges, par le biais de canaux de communication militaire et stratégique, et la question d’une éventuelle poursuite de l’observation de certains paramètres a fait l’objet de discussions. Les Nations unies ont relevé l’absence de cadre formel de contrôle des armements entre les deux principales puissances nucléaires.
Selon les estimations internationales les plus récentes, neuf États possèdent des armes nucléaires, les États-Unis et la Russie concentrant l’essentiel des ogives mondiales sur un total estimé à plus de douze mille, dans un contexte international marqué par plusieurs foyers de tension.
La guerre en Ukraine se poursuit entre la Russie et un pays soutenu par plusieurs puissances nucléaires occidentales. En Asie du Sud, l’Inde et le Pakistan restent engagés dans une rivalité militaire durable, tandis qu’en Asie de l’Est, la Corée du Nord développe ses capacités balistiques et la Chine modernise son arsenal stratégique.
Au Moyen-Orient, le programme nucléaire iranien reste au cœur de l’actualité internationale. L’Iran poursuit l’enrichissement de l’uranium à des niveaux élevés tout en participant à des discussions diplomatiques d’encadrement, dans un contexte régional tendu.
Dans ce contexte, l’expiration du traité New START laisse les relations nucléaires stratégiques entre grandes puissances sans cadre juridiquement contraignant commun. Elles reposent désormais sur des engagements unilatéraux et des contacts bilatéraux, dans un environnement international marqué par des crises et rivalités multiples.
Alerti : une réponse technologique face à la récurrence des inondations au Mali
Les inondations ne sont plus des événements exceptionnels au Mali. Ces dernières années, notamment lors des saisons hivernales 2023 et 2024, de fortes pluies ont provoqué la montée rapide du fleuve Niger et la saturation des caniveaux urbains, en particulier à Bamako, Ségou et Mopti.
Des quartiers entiers ont été submergés après quelques heures de précipitations intenses, révélant la fragilité des infrastructures de drainage et l’urbanisation souvent anarchique des zones inondables. Les bilans publiés par les autorités ont fait état de pertes en vies humaines, de milliers de sinistrés et de dégâts matériels considérables, notamment sur les habitations précaires.
Ces épisodes répétés mettent en lumière une difficulté structurelle entre autres l’anticipation. Si la Protection civile intervient régulièrement en urgence, les alertes arrivent souvent tardivement, lorsque l’eau a déjà envahi les habitations. Le problème n’est donc pas uniquement l’intensité des pluies, mais aussi l’absence de dispositifs locaux capables de signaler rapidement une montée anormale des eaux dans les quartiers à risque.
C’est en réfléchissant à tout ce qui vient d’être dit qu’a été conçu Alerti, un système d’alerte précoce imaginé par de jeunes Maliens. Il s’agit d’un capteur installé sous forme de poteau, semblable à un poteau électrique, placé dans des zones exposées aux crues ou aux accumulations d’eau. Le dispositif surveille en temps réel l’état de l’eau en période de pluie. Lorsque le niveau atteint un seuil critique, une alerte est transmise immédiatement à la Protection civile afin de déclencher des mesures d’urgence.
L’intérêt d’un tel système réside dans la rapidité de transmission de l’information. Dans une situation théorique où quelques dizaines de minutes peuvent aggraver une situation, disposer d’un signal automatisé peut améliorer la coordination des secours. Toutefois, l’efficacité d’Alerti dépendra de son déploiement à grande échelle, de sa maintenance et de son intégration dans un réseau d’intervention déjà contraint par des moyens limités.
Le projet a obtenu le 2ᵉ prix au Orange Summer Challenge 2025, ce qui lui a offert une visibilité accrue. Mais au-delà de la distinction, une grande question demeure : comment intégrer durablement ce type d’innovation dans une politique globale de prévention des risques, combinant aménagement urbain, sensibilisation des populations et planification climatique ?
IBRAHIM BABY
Dr Guida Landouré : « L’épilepsie touche 14 à 15‰ de la population au Mali »
Le 9 février est la Journée internationale de l’épilepsie. Cette maladie touche environ 50 millions de personnes à travers le monde et le Mali fait partie des zones les plus touchées, avec une prévalence de 14 à 15‰. Le Dr Guida Landouré, neurologue au CHU du Point G, nous fait un état des lieux.
Qu’est-ce que l’épilepsie ?
L’épilepsie est caractérisée par une répétition de crises. On appelle crise épileptique des symptômes neurologiques qui peuvent être des manifestations motrices ou sensitives non provoquées et durant quelques secondes ou minutes. Elles sont dues à une irritation des neurones au niveau du cerveau. On parle d’épilepsie lorsque deux crises, espacées de 24 heures, surviennent, ou lorsqu’une crise survient avec une probabilité de 60% d’une nouvelle crise dans les 10 ans qui suivent, comme dans la population générale, ou en présence d’un syndrome épileptique (Manifestation spécifique).
Comment diagnostiquer la maladie ?
Lorsqu’on est face à une crise épileptique, il est nécessaire d’effectuer des examens complémentaires. Le plus simple est l’électroencéphalogramme (EEG), qui permet d’enregistrer les activités du cerveau pour détecter une activité anormale, confirmant ainsi le diagnostic. On peut aussi recourir à des examens plus poussés comme le scanner ou l’IRM. Il faut retenir que le diagnostic de l’épilepsie est clinique. Selon le type de crise, des traitements adaptés sont disponibles.
Quelle est l’ampleur de la maladie au Mali ?
Environ 50 millions de personnes souffrent de cette maladie dans le monde. Depuis 10 ans, ce chiffre pourrait être encore plus élevé, car 80% des cas se trouvent dans les pays en développement. Au Mali, la prévalence est de 14 à 15‰, parmi les plus élevées au monde. Cette situation peut s’expliquer par le fait que le paludisme est endémique : pour les patients souffrant de neuro-paludisme, cela peut entraîner secondairement l’épilepsie. De plus, la propagation de diverses infections mal soignées et des comportements tels que le non-port de casque ou de ceinture peuvent, en cas d’accident, provoquer un traumatisme crânien.
Le traitement est-il accessible ?
Il existe des molécules abordables, même si elles peuvent avoir des effets secondaires. Cependant, les nouvelles molécules, qui sont chères et difficiles d’accès, peuvent devenir coûteuses, car il s’agit d’un traitement de longue durée. En revanche, les anciennes molécules restent accessibles pour les foyers à revenus moyens.
Existe-t-il des moyens de prévenir la maladie ?
Il est crucial d’encourager les parents à soigner leurs enfants à temps afin d’éviter des lésions. Les motocyclistes et automobilistes doivent également porter des casques et des ceintures. Pour les cas génétiques, il est conseillé d’éviter les mariages consanguins en présence de cas d’épilepsie dans la famille.
Enfants soldats : Une menace qui persiste
À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’utilisation des enfants soldats, le 12 février, la situation au Mali reste marquée par une progression documentée des cas de recrutement d’enfants par des acteurs armés. Les derniers rapports des Nations unies montrent à la fois une aggravation des chiffres, mais aussi des efforts de prévention et de réintégration qui peinent encore à inverser la tendance.
Kalan : une application innovante pour un apprentissage efficace
La plateforme éducative Kalan a été lancée ce 6 février 2026. Née d’une volonté de rendre l’apprentissage accessible aux élèves et étudiants, la plateforme ambitionne d’établir un pont durable entre enseignants et apprenants. Initiée par Fatoumata Yaranangoré, une entrepreneure malienne, et son associé Aly Bocoum, Kalan se veut un outil innovant au service d’un enseignement de qualité.
« Libération des intelligences » : Mamadou N’Diaye plaide pour une refondation des repères africains
La présentation officielle de l’ouvrage « Libération des intelligences, une chance pour l’Afrique et pour le monde », de Mamadou N’Diaye, s’est tenue le 7 février 2026 au Mémorial Modibo Keita. Cette cérémonie s’est déroulée en présence de l’auteur et de plusieurs personnalités politiques et intellectuelles maliennes, venues saluer une contribution présentée comme une invitation à repenser les bases de la pensée et de l’action sur le continent.
Plan de réponse humanitaire 2026 : les autorités maliennes et les partenaires humanitaires fixent le cadre
Le Plan de réponse humanitaire 2026 a été présenté le 5 février 2026 à Bamako. Il encadre l’assistance humanitaire pour l’année en cours dans un contexte marqué par des besoins élevés et des contraintes de financement persistantes.
« Les lieux du sacré » : Un recours aux sources sans nostalgie
Le plasticien malien Ibrahim Bemba Kébé expose Les lieux du sacré jusqu’au 30 mars 2026 à l’Institut français du Mali. À travers cette exposition, il interroge la persistance du sacré dans les sociétés contemporaines, entre héritages symboliques et réalités actuelles. Entretien.
Les lieux du sacré est le titre de votre nouvelle exposition. De quoi s’agit-il ?
Cette exposition est une réflexion sur les espaces, visibles ou invisibles, où le sacré continue d’exister aujourd’hui. Il ne s’agit pas seulement de lieux physiques, mais aussi de corps, de gestes, de silences, de mémoires et de rituels. À travers la peinture, la sculpture et l’installation, je propose une traversée entre traditions anciennes et présent, en montrant que le sacré se transforme et se déplace sans disparaître.
Y a-t-il un lien avec les crises que traverse le Mali ?
Oui, ce lien est réel. En période de crise, les sociétés cherchent des repères profonds. Mon travail n’apporte pas une réponse politique, mais une réflexion sur la fragilisation et parfois le détournement de nos repères symboliques et spirituels. Le sacré devient alors un espace de résistance intérieure et de reconstruction.
Votre démarche invite-t-elle au silence et à la méditation ?
Absolument. Nous vivons dans une saturation permanente de paroles et d’images. J’essaie de proposer des œuvres qui offrent un temps de pause, qui ne s’imposent pas par le discours mais qui invitent à ressentir, à contempler et à se recentrer.
Faites-vous référence au sacré traditionnel africain ?
Oui, mais sans nostalgie. Je m’inspire des cosmogonies africaines, des rituels et des objets sacrés, tout en les mettant en dialogue avec des éléments contemporains. L’enjeu n’est pas de figer les traditions, mais de montrer qu’elles sont vivantes et capables de dialoguer avec le présent.
Après Bamako, quelles seront les prochaines étapes ?
L’exposition est appelée à voyager, avec des résidences et des expositions prévues à l’international. Bamako reste toutefois une étape-clé, car c’est ici que ce travail trouve tout son sens.
Quel bilan faites-vous de l’année de la Culture ?
Elle a remis la Culture au centre du débat public. Mais les besoins en structuration, en soutien durable aux artistes et en plateformes professionnelles demeurent importants.
Quels sont vos projets à venir ?
Je poursuis mes recherches sur le corps, le rituel et la mémoire à travers la peinture, la sculpture et l’installation, avec des résidences et expositions prévues en Afrique de l’Ouest et à l’international, tout en restant engagé auprès de la scène artistique malienne.
Émission de titres publics 2026 : Le Mali vise 1 450 milliards FCFA sur le marché financier régional
La Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique a procédé, le 5 février 2026 à Bamako, au lancement officiel du calendrier d’émission des titres publics pour l’exercice 2026. Les autorités financières annoncent un programme ambitieux de mobilisation de ressources, dans un contexte de stabilité macroéconomique jugé encourageant.
AGOA : Une prolongation sous conditions
Les États-Unis ont reconduit le 3 février 2026 l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), mais pour une durée limitée à un an, confirmant le caractère transitoire de la décision. Le programme permet actuellement à près de 30 pays africains d’exporter vers le marché américain plusieurs milliers de produits en franchise de droits de douane.
Cette reconduction courte reflète les débats en cours à Washington sur l’avenir de l’AGOA. Longtemps présenté comme un pilier des relations commerciales entre les États-Unis et l’Afrique, le dispositif est désormais évalué à l’aune de ses retombées directes pour l’économie américaine. Plusieurs responsables estiment que le programme doit davantage favoriser les investissements américains, la création d’emplois aux États-Unis et une meilleure intégration des entreprises américaines dans les chaînes de valeur liées au continent.
À l’inverse, d’autres courants défendent l’AGOA comme un instrument stratégique de partenariat, utile à la diversification des économies africaines et au maintien de l’influence américaine face à une concurrence internationale intense. Le débat reste donc entier entre ceux qui voient l’AGOA comme un système à prolonger et à adapter et ceux qui y voient un programme ponctuel, appelé à évoluer vers des accords commerciaux plus ciblés et conditionnés aux intérêts économiques américains.




















