Prévention des inondations : Bamako muscle son dispositif avant l’hivernage

À l’approche de l’hivernage 2026, les autorités renforcent les mesures de prévention dans le district de Bamako, particulièrement exposé aux crues urbaines. Le nouveau plan met l’accent sur le curage des réseaux d’évacuation, la gestion des urgences et la protection des populations des quartiers à risque.

Le comité interministériel de gestion des crises et catastrophes, réuni autour du Centre de coordination et de gestion des crises (CECOGEC), a validé un plan de prévention doté de 4,071 milliards de FCFA pour la saison des pluies 2026. L’objectif affiché est de limiter les risques d’inondation dans la capitale, où les débordements de caniveaux et l’occupation des lits de marigots continuent de menacer plusieurs zones habitées.
Le dispositif, élaboré sous la supervision du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, s’articule autour de quatre axes : la coordination institutionnelle, les mesures anticipatives, la gestion des urgences et la protection du système éducatif. Il prévoit des campagnes de sensibilisation dans les quartiers vulnérables, le prépositionnement de kits d’urgence, l’identification de sites d’accueil pour les éventuels sinistrés et des dispositions spécifiques pour préserver la continuité des cours pendant la saison des pluies.
Le volet urbain reste au cœur du plan. Selon les données présentées lors de la réunion, 5 des 11 marigots recensés dans Bamako ont déjà été dégagés, soit 40,6 kilomètres traités, pour un taux d’exécution de 55,54 %. Pour 2026, les services techniques annoncent le curage de 241 kilomètres de caniveaux et de 85 kilomètres de collecteurs, avec une attention particulière portée aux zones régulièrement touchées, notamment dans certaines communes du district.
Ce programme s’inscrit dans la continuité des opérations engagées l’année précédente. En 2025, 2,66 milliards de FCFA avaient été mobilisés pour les travaux de curage à Bamako, portant sur 131 kilomètres de collecteurs et 235 kilomètres de caniveaux. À cela s’ajoute un appui financier de 31,5 milliards de FCFA soutenu par la Banque mondiale pour l’assainissement urbain et la réduction des risques d’inondation.
L’enjeu reste particulièrement concret pour plusieurs quartiers de Bamako, notamment ceux installés à proximité des collecteurs naturels ou dans les zones basses, régulièrement exposés lors des fortes pluies. Les autorités cherchent ainsi à éviter la répétition des dégâts enregistrés en 2024, année durant laquelle les inondations avaient causé 75 décès et affecté près de 250 000 personnes à travers le pays.
À l’issue de la rencontre, le Premier ministre a annoncé que le comité de crise se réunira deux fois par mois avant l’entrée en phase opérationnelle du plan, afin d’assurer un suivi régulier des travaux et une meilleure réactivité pendant l’hivernage.

Hivernage 2025 : Les inondations causent une vingtaine de morts et plus de 9 000 personnes sinistrées

Le Comité Technique du Comité Interministériel de Gestion des Crises et Catastrophes, réuni le 14 août 2025 au Centre de Coordination et de Gestion des Crises (CECOGEC), a dressé un bilan actualisé de la situation des inondations au cours de l’hivernage. Au cours de la semaine du 4 au 11 août, quatre cas d’inondation, un épisode de vent violent et un cas de foudre ont été recensés.

Depuis le début de la saison des pluies, les autorités relèvent 31 cas d’inondation, 5 cas de foudre et 4 de vents violents. Ces événements ont entraîné 21 décès, 33 blessés, l’effondrement de 495 maisons, touchant au total 803 ménages, soit 9 155 personnes sinistrées.
Par comparaison, un précédent point de situation, au 31 juillet 2025, faisait état de 12 morts, 30 blessés et environ 5 307 sinistrés, répartis dans 657 ménages touchés (bilan du 31 juillet). Au 4 août, un autre bilan faisait état de 18 décès, 33 blessés, 837 effondrements d’habitations, et 6 118 sinistrés à travers les ménages touchés.
Le gouvernement malien renouvelle ses condoléances aux familles éprouvées et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. Des opérations de sauvetage, d’évacuation et de mise en sécurité des populations sinistrées sont en cours, notamment dans les régions de Koulikoro, Kidal, Nara et San. Une assistance matérielle — vivres et biens non alimentaires — est également en cours de distribution.
Dans une perspective de prévention, plusieurs actions suivantes sont en cours de déploiement. Parmi celles-ci figurent le renforcement des piquets d’intervention rapide de la Protection civile, prépositionnement de kits d’urgence, la mobilisation des brigadiers citoyens et des volontaires dans le cadre du projet « mois citoyens » et la diffusion de messages de sensibilisation via les médias et l’application numérique SOS Sécurité.
La situation météorologique, selon les prévisions régionales, reste marquée par des pluies orageuses fréquentes et intenses sur l’ensemble du territoire, sauf dans l’extrême nord (région de Taoudéni). Les niveaux des cours d’eau, notamment du Niger et du Sénégal, sont en hausse, supérieurs aux données des trois dernières années, bien que sans risque de débordement imminent. Le remplissage des retenues de Manantali et de Sélingué se poursuit normalement, accompagné de lâchers d’eau maîtrisés à Sélingué.
Ce contexte souligne la nécessité de vigilance et le respect des consignes de sécurité. Les autorités nationales appellent la population à libérer les axes d’écoulement des eaux, à éviter les zones inondées ou à risque, à ne pas s’abriter sous les arbres pendant les orages, à ne pas utiliser d’appareil électrique ou téléphones en cas d’orage et à suivre les alertes hydrométéorologiques émises.

Inondations 2025 : déjà 8 décès et 705 personnes sinistrées à l’ouverture de l’hivernage

Le 3 juillet 2025, le Comité interministériel de gestion des crises et catastrophes a dressé un premier état des lieux de la saison des pluies en cours. Malgré son lancement, le bilan est déjà alarmant, et le souvenir du déluge de 2024 renforce la vigilance.

Au cours de sa réunion au CECOGEC, ce 3 juillet, le Comité a enregistré neuf cas d’inondations dans le district de Bamako, trois impacts de foudre à Kayes, Koulikoro et Ségou, un épisode de vent violent à Kounda (Kayes) et trois effondrements à Bamako. Ces événements ont coûté la vie à huit personnes (deux à Kayes, trois à Bamako et trois à Kéniéba) et affecté 705 personnes sinistrées.
Le gouvernement a précisé que les efforts de sauvetage et d’évacuation se poursuivent et a prépositionné des stocks d’urgence par région : 250 tonnes de riz, 150 tonnes de lait, 95 tonnes de sucre, 100 cartons d’huile, 300 sacs de sel, 3 500 moustiquaires, 2 500 couvertures, 2 500 nattes plastiques, 2 000 cartons de savon et 500 kits scolaires. Ces stocks sont disponibles notamment à Tombouctou, Sikasso, Mopti, Gao et Kayes. Les opérations de curage des canaux et caniveaux sont réalisées à 81 %, et les structures sanitaires ont été renforcées pour prévenir les maladies hydriques.
Les bulletins hydrologiques indiquent que, dès début juillet, les niveaux d’eau des fleuves Niger, Sénégal et Bani dépassent les normales saisonnières, suggérant une crue plus précoce que lors des trois dernières années. Aucun débordement majeur n’est encore signalé, mais les zones marécageuses de Bamako présentent un risque accru de crues éclairs et d’inondations localisées.
La saison des pluies 2024 a été qualifiée de catastrophique. Un bilan consolidé fait état de 84 à 86 décès, de 148 à 153 blessés et de 249 000 à 350 000 sinistrés selon les sources. Les chiffres de la Banque mondiale, relayés en mars 2025, mentionnent 729 cas d’inondation, 47 306 maisons détruites, 2 915 greniers, des milliers de têtes de bétail perdues et 88 083 ménages affectés.
Le gouvernement avait alors décrété l’état de catastrophe nationale en août 2024 et lancé un plan de redressement de plus de 73 millions de dollars (43 milliards FCFA), axé sur la restauration des infrastructures, l’assainissement, la santé, l’agriculture et la relance économique.
Vigilance requise pour l’heure
La protection civile recommande à la population de maintenir les voies d’écoulement libres, d’éviter de traverser les eaux, de ne pas stationner près des berges ou sur des ponts, et de s’abriter en cas d’orage, jamais en plein air ni sous les arbres. Ces consignes visent à éviter les drames liés à la foudre et aux débordements soudains, particulièrement en zone urbaine confluente.