Environnement : Le Mali à l’épreuve du climat

Célébrée tous les 5 juin, la Journée mondiale de l’Environnement est placée cette année sous le signe de l’urgence climatique et de l’action. Plus qu’un rappel de l’obligation d’agir, elle invite à poser des actes concrets pour un avenir moins compromis. Au Mali, l’ampleur des défis contraste encore avec le niveau des réponses.

« Inspiré par la nature. Pour le climat. Pour notre avenir », tel est le thème de la Journée mondiale de l’environnement 2026, avec pour mot d’ordre « Maintenant pour le climat ». Il souligne l’urgence des actions à entreprendre et le rôle central de la nature dans les réponses aux dérèglements climatiques.

Pour le Mali, ce thème renvoie à la nécessité de solutions concrètes pour renforcer la résilience des communautés. Il concerne directement la gestion de l’eau, la protection des terres, l’adaptation agricole, la sauvegarde des pâturages et la prévention des tensions autour des ressources naturelles.

Solutions locales

Le Mali est l’un des pays les plus vulnérables au changement climatique. Entre 1970 et 2020, il a connu au moins 40 chocs climatiques majeurs, selon des données reprises dans une publication de Global Voices sur la crise climatique et la paix au Mali. Chaque année, la sécheresse affecte environ 400 000 personnes et réduit les bénéfices agricoles d’environ 9,5 millions de dollars, d’après la Banque mondiale.

Ces dérèglements constituent aussi des facteurs de fragilisation sociale. La dégradation des pâturages peut pousser des agriculteurs à étendre leurs cultures vers des zones de transhumance, alimentant des tensions avec les éleveurs. Les aléas climatiques réduisent également les moyens de subsistance des communautés et favorisent les déplacements, qui touchent particulièrement les jeunes et les femmes. Selon une étude de l’Organisation internationale pour les migrations, publiée en avril 2026, les migrations apparaissent alors comme des stratégies d’adaptation face à la baisse de la productivité, à l’insécurité alimentaire et à la dégradation de l’environnement.

Pourtant, des cadres locaux de réponse existent. Les savoir-faire ancestraux, la gestion communautaire des ressources naturelles, les pratiques d’adaptation agricole, la restauration des sols, la protection des points d’eau et l’usage de techniques innovantes peuvent contribuer à réduire les vulnérabilités.

L’innovation peut aussi être nourrie par la sagesse locale. Dans leurs modes de vie, les communautés trouvent déjà des moyens de répondre aux défis nouveaux. Mais l’efficacité de ces réponses dépend du financement, de l’encadrement technique, de la coordination entre acteurs et de leur capacité à passer de l’expérience locale à une action durable.