Du 1er au 30 septembre 2026, le Mali organise la première édition du Mois du tourisme, pour stimuler les déplacements à l’intérieur du pays. L’objectif économique est d’accroître la fréquentation des hôtels, restaurants, agences de voyages, transporteurs et artisans et les autres activités liées au tourisme.
« Tourisme interne, vecteur de promotion de l’économie locale et de renforcement du patriotisme » est le thème retenu par le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme. Pour Yamadou Diallo, Secrétaire général de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière du Mali, cette initiative prolonge les efforts engagés pour relancer un secteur affaibli depuis plus d’une décennie.
Les chiffres montrent l’ampleur du recul. En 2019, le Mali avait enregistré 217 050 arrivées de visiteurs, selon les statistiques nationales. À son apogée, le pays accueillait entre 200 000 et 300 000 touristes par an et engrangeait environ 120 milliards de francs CFA de recettes, selon Mali Tourisme. La contribution du secteur au PIB, autrefois proche de 3%, tourne aujourd’hui autour de 1%, selon le ministre Mamou Daffé.
Consommer localement
Le tourisme intérieur apparaît dès lors comme un moyen de remettre en mouvement une chaîne économique touchée par la baisse de la clientèle étrangère. Le Bamako City Tour 2026, organisé du 18 juillet au 27 septembre, propose des circuits dans la capitale et ses environs. Le programme « Les Maliens visitent le Mali » prévoit également des déplacements à l’intérieur du pays.
Selon Yamadou Diallo, cette clientèle peut « combler le déficit de l’arrivée des étrangers ». Les professionnels de l’hébergement comptent proposer des tarifs préférentiels pour attirer davantage les familles et soutenir l’activité des établissements.
L’effet recherché ne se limite pas aux nuitées. Chaque déplacement génère des dépenses de restauration, de transport, d’artisanat et de services. En 2023, les entreprises touristiques ont créé 1 768 emplois directs, dont 943 dans la restauration, 386 dans l’hébergement et 371 dans les agences de voyages, selon la Direction nationale du tourisme et de l’hôtellerie.
Le secteur reste toutefois confronté aux difficultés de financement et d’investissement. Pour les professionnels, le tourisme interne ne remplacera pas rapidement les recettes autrefois apportées par les visiteurs étrangers. Mais une clientèle nationale plus régulière peut aider les entreprises à maintenir leurs services, préserver des emplois et faire circuler davantage de revenus dans les territoires sur la durée.

