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Hivernage : les sinistrés ont presque triplé en trois semaines

Treize personnes ont perdu la vie depuis le début de la saison des pluies. Le bilan national atteint désormais 2…

Treize personnes ont perdu la vie depuis le début de la saison des pluies. Le bilan national atteint désormais 2 790 sinistrés et 153 effondrements, alors que le mois de septembre reste exposé aux orages, aux vents violents et aux inondations localisées.

Les intempéries ont fait treize morts et dix-sept blessés au Mali depuis le début de l’hivernage. Le nouveau bilan, arrêté au 2 septembre, recense six épisodes d’inondation, dix accidents liés à la foudre et quatre épisodes de vents violents.
Au total, 355 ménages regroupant 2 790 personnes ont été touchés. Les autorités ont également enregistré 153 effondrements. Cette dernière catégorie peut concerner des habitations ou d’autres bâtiments, mais le communiqué national ne fournit pas de ventilation permettant d’en connaître la nature exacte.
L’évolution est rapide. Au 13 août, le pays comptait six morts, onze blessés, 927 personnes affectées et vingt effondrements. En moins de trois semaines, sept décès supplémentaires ont donc été enregistrés et le nombre de sinistrés a presque triplé.
Cette progression ne signifie pas nécessairement que chaque région connaît une dégradation comparable. Elle montre que la saison des pluies continue de provoquer des dommages humains et matériels alors même que la période la plus surveillée n’est pas terminée.
Un bilan encore trop global
Les chiffres ont été présentés lors d’une réunion du Comité technique interministériel de gestion des crises et catastrophes, organisée au Centre de coordination et de gestion des crises. Ils permettent de mesurer l’ampleur nationale, mais restent insuffisants pour suivre l’aide et cibler la prévention.
Le bilan ne précise pas combien de décès sont dus aux inondations, à la foudre, aux vents ou aux effondrements. Il ne répartit pas davantage les victimes, les ménages et les bâtiments touchés entre les régions, les cercles et les communes.
Cette information géographique est pourtant indispensable. Une inondation lente provoquée par la montée d’un cours d’eau ne demande pas la même réponse qu’une crue soudaine dans un marigot, l’effondrement d’une maison en banco ou un accident lié à la foudre.
Le décompte de six « cas d’inondation » doit également être interprété avec prudence. Un seul épisode peut toucher plusieurs quartiers, villages ou centaines de personnes. Le nombre d’événements ne mesure donc pas, à lui seul, leur étendue.
La publication d’un tableau par localité permettrait de savoir où les maisons ont été détruites, combien de familles ont dû être déplacées et quelle assistance a été remise. Elle faciliterait aussi la vérification des besoins par les communes, les services sociaux et les organisations humanitaires.
Septembre reste exposé
Les prévisions officielles annoncent une activité orageuse faible à modérée sur l’ensemble du territoire pendant le mois de septembre. Ces orages peuvent s’accompagner de pluies intenses, de vents forts et de foudre.
Les niveaux des cours d’eau sont en hausse, même si les débits observés restent globalement normaux à déficitaires. L’absence actuelle de menace fluviale majeure n’écarte pas les inondations localisées. À Bamako notamment, les marigots et collecteurs peuvent réagir rapidement à une forte pluie lorsque les passages sont rétrécis, encombrés ou occupés.
Le risque ne vient pas uniquement de la quantité totale de pluie reçue pendant une saison. Une précipitation très intense concentrée sur quelques heures peut submerger un quartier, même lorsque le cumul mensuel reste proche de la normale.
Les logements fragilisés constituent un autre danger. Après plusieurs semaines d’humidité, les murs en terre peuvent perdre leur résistance. Les ménages vivant dans des maisons fissurées ou proches d’un ouvrage d’écoulement ont besoin d’une évaluation rapide avant la prochaine pluie.
Agir avant la prochaine alerte
La Protection civile annonce avoir placé des unités d’intervention rapide dans ses différents services. Les autorités poursuivent également le curage des caniveaux et des collecteurs, le dégagement des servitudes et la libération des lits naturels des marigots dans le District de Bamako.
Ces actions répondent à l’urgence. Leur efficacité dépendra de la continuité de l’enlèvement des déchets. Un caniveau curé puis de nouveau obstrué quelques jours plus tard retrouve rapidement son niveau de danger.
Le dégagement des passages d’eau doit aussi être accompagné d’une solution pour les ménages installés dans les zones concernées. Une évacuation imposée sans recensement, hébergement temporaire ni protection des biens déplacerait le problème humain sans réduire durablement la vulnérabilité.
Les alertes hydrométéorologiques doivent parvenir aux habitants avant l’orage, dans un langage compréhensible et par plusieurs moyens. L’application SOS Sécurité peut contribuer au signalement, mais une partie de la population ne possède pas de smartphone ou de connexion permanente. Les radios, les autorités locales, les chefs de quartier et les relais communautaires restent essentiels.
Les familles déjà touchées ont besoin de bâches, d’abris, de vivres et de soins. Elles ont aussi besoin de savoir si leur logement peut être réoccupé. Après un effondrement, un simple retour sur place peut exposer les habitants à un second accident.
Le bilan actuel demeure inférieur à celui de l’hivernage exceptionnel de 2024, qui avait entraîné la déclaration de l’état de catastrophe nationale. Cette comparaison ne doit pas banaliser les treize décès de 2026. Elle rappelle plutôt que les dommages peuvent augmenter rapidement lorsque les pluies se répètent.
La prochaine étape consiste à rendre la situation lisible commune par commune. Savoir où les personnes sont mortes, quels bâtiments ont cédé et quelle aide a été livrée permettrait de transformer le bilan national en outil de prévention et de contrôle de l’action publique.
Massiré Diop

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