Tempête de poussière : le Mali sous un ciel chargé jusqu’à la fin de la semaine

Une vaste brume de poussière venue du Sahara recouvre progressivement le Mali depuis le 31 mars et devrait se maintenir jusqu’à vendredi. La baisse de visibilité, la dégradation de l’air et les perturbations du trafic aérien figurent parmi les premières conséquences observées.

Depuis mardi, un voile de poussière s’est installé sur une grande partie du territoire malien. D’abord signalé dans les régions de Taoudéni, Kidal, Tombouctou et Gao, le phénomène gagne progressivement les autres zones du pays, avec par endroits une visibilité tombant sous le seuil d’un kilomètre. Selon l’Agence nationale de la météorologie, cette situation devrait durer jusqu’à la fin de la semaine.

Les premiers effets se ressentent déjà dans les transports. La compagnie Sky Mali a annoncé le réaménagement de plusieurs vols à destination de Mopti, Gao et Tombouctou. Certains appareils ont été reportés, d’autres annulés, la compagnie invoquant des conditions météo défavorables à la sécurité des opérations aériennes.

Sur le terrain, le phénomène s’explique par l’arrivée de vents secs venus du Sahara. En cette fin de saison sèche, les sols désertiques et sahéliens, très exposés et peu humides, libèrent facilement de fines particules sous l’effet de rafales parfois soutenues. Ces poussières sont ensuite transportées sur de longues distances et finissent par envelopper une grande partie du pays.

Ce type d’épisode est bien connu dans l’espace sahélien. Il est généralement lié aux flux de nord-est qui traversent les zones désertiques avant de descendre vers le centre et le sud du Mali. À cette période de l’année, la combinaison entre chaleur, sécheresse des sols et circulation des vents favorise ce genre de situation.

Les conséquences dépassent la seule question de la visibilité. L’air devient plus lourd, avec une concentration importante de particules fines susceptibles de gêner la respiration. Les enfants, les personnes âgées ainsi que les personnes souffrant de maladies respiratoires sont les plus exposés.

Les autorités recommandent le port du masque ou, à défaut, d’un foulard couvrant le nez et la bouche, tout en appelant à limiter les déplacements non indispensables. La prudence est également recommandée sur les routes, notamment sur les axes interurbains où la visibilité peut se dégrader brusquement.

Cet épisode rappelle la forte exposition du Mali aux aléas climatiques liés à sa position géographique entre Sahara et Sahel. Chaque année, à cette période, les vents désertiques peuvent transformer rapidement le ciel en un épais écran de poussière, avec des répercussions directes sur les transports, la santé et les activités quotidiennes.

Si les prévisions actuelles se confirment, le retour à des conditions plus favorables n’est pas attendu avant la fin de la semaine.

 

Période de fraîcheur et d’harmattan : Prévenir les maladies respiratoires

Avec l’installation de la fraîcheur depuis le mois de novembre, plusieurs maladies respiratoires typiques de la saison réapparaissent. Connaître ces affections courantes et adopter de bons gestes sont essentiels pour réduire les risques durant cette période.

Chaque année, la période de froid au Mali s’accompagne d’une série de maladies courantes touchant aussi bien les enfants que les adultes. Les pathologies les plus fréquentes sont les infections respiratoires, comme la grippe, la toux sèche, la bronchite, la rhinite, les angines et les crises d’asthme.

Depuis quelques semaines, plusieurs centres de santé à travers le pays signalent déjà une augmentation des cas de ces maladies, favorisées par la fraîcheur et la poussière, qui irritent les voies respiratoires et fragilisent les défenses naturelles.

Selon le Dr Abdoul Karim Traoré, médecin généraliste, ces maladies s’expliquent en partie par les variations de température. « Les matinées sont très fraîches, les journées un peu plus chaudes, puis les nuits redescendent en température. Ce choc thermique perturbe l’organisme et expose à des irritations des voies respiratoires et à des infections saisonnières », explique-t-il.

Il rappelle également que la poussière, souvent plus présente en cette saison, accentue les symptômes chez les asthmatiques et les personnes allergiques. « Le froid rétrécit les bronches et la poussière les irrite davantage. Cette combinaison provoque beaucoup de toux et de difficultés respiratoires chez les personnes sensibles », ajoute-t-il.

Adopter les bons gestes

Pour traverser cette période sans trop de désagréments, le Dr Traoré recommande plusieurs mesures simples et accessibles. La première consiste à bien se protéger du froid. « Il faut couvrir la poitrine, le cou et la tête, surtout le matin et le soir. Pour les enfants, un pull léger ou un bonnet peut faire une réelle différence », souligne-t-il.

Il insiste également sur l’importance d’aérer les pièces en journée, même si l’air est frais, afin de renouveler l’air intérieur souvent chargé de poussière et de microbes. Il rappelle aussi la nécessité de boire suffisamment d’eau, car l’air sec peut déshydrater et irriter la gorge.

Le médecin met par ailleurs en garde contre l’automédication. « Les sirops, antibiotiques ou anti-inflammatoires pris sans avis médical peuvent masquer les symptômes ou entraîner des complications », prévient-il. En cas de fièvre persistante, de toux prolongée ou de difficultés respiratoires, il conseille de consulter rapidement un professionnel de santé.

Enfin, le Dr Traoré recommande d’adopter de bonnes pratiques d’hygiène, notamment le lavage fréquent des mains au savon, un réflexe essentiel pour limiter la transmission des virus saisonniers.

Mohamed Kenouvi