Rencontres de Bamako : Les photographes appelés à « refabuler » les récits africains

La 15ème édition des Rencontres de Bamako ouvre son appel à candidatures jusqu’au 20 juin 2026. Autour du thème « Refabulation(s)…

La 15ème édition des Rencontres de Bamako ouvre son appel à candidatures jusqu’au 20 juin 2026. Autour du thème « Refabulation(s) », la Biennale invite les artistes à repenser la place de l’image dans les récits africains.

À Bamako, la photographie se prépare à reprendre sa fonction première : regarder, témoigner, questionner. Prévue du 26 novembre 2026 au 26 janvier 2027, la 15ème édition des Rencontres de Bamako, Biennale africaine de la photographie, attend les propositions de photographes, vidéastes, performeurs et artistes visuels d’Afrique, de la diaspora et des communautés afro-descendantes. L’appel, ouvert jusqu’au 20 juin, dépasse le simple dépôt de dossier. Il engage les créateurs à interroger la manière dont les images racontent les sociétés, les mémoires et les transformations du continent.

Cette orientation a été au centre de la rencontre d’échanges organisée mardi 2 juin à la Maison africaine de la photographie. Réunis autour du thème « Refabulation(s) », artistes et acteurs culturels ont discuté d’un mot qui porte une exigence forte. Refabuler ne veut pas dire embellir le réel, ni inventer pour s’en éloigner. Il s’agit plutôt de reprendre des récits parfois confisqués, de déplacer les regards hérités et de faire surgir d’autres manières de dire l’Afrique.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



Sous la modération d’Elhadj Amadou Diop, les interventions du Dr Salia Malé, de Sonia Guillotin Keïta et d’Abdou Ouologuem ont donné à cette réflexion une portée à la fois artistique et humaine. Le Dr Salia Malé a replacé la Biennale dans son rôle de rendez-vous culturel majeur, capable de faire de Bamako un espace de circulation des idées et des formes. Abdou Ouologuem a insisté sur la nécessité pour les artistes de libérer l’imaginaire africain des cadres imposés. Sonia Guillotin Keïta a défendu la fabulation comme une force de création, capable de transformer les blessures, les héritages et les rêves en écritures visuelles nouvelles.

À travers cet appel, les Rencontres de Bamako ne cherchent donc pas seulement des œuvres techniquement abouties. Elles attendent des regards habités, des démarches sincères, des propositions capables de relier l’intime au collectif. Pour Bamako, cette Biennale confirme sa place de carrefour où les artistes africains viennent montrer leurs œuvres, échanger leurs regards et reprendre, par l’image, des récits trop longtemps racontés par d’autres. Ainsi, chaque candidature devient une prise de parole, mais aussi une manière de participer à une mémoire visuelle commune.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP