Selon Médecins sans frontières, les familles arrivées de Touara, Souleye et d’autres villages vivent principalement chez des proches. La clinique mobile de l’organisation a reçu 2 131 patients en quinze jours.
Plus de 3 400 personnes déplacées ont rejoint Macina après les violences survenues en septembre dans plusieurs localités de la région de Ségou, selon un bilan publié le 16 octobre par Médecins sans frontières.
MSF cite notamment une attaque à Souleye le 1er septembre et une autre à Touara le 15 septembre. L’identité des auteurs et le bilan humain complet restent à établir. L’organisation indique toutefois avoir fourni à l’hôpital de Macina des kits d’urgence utilisés pour la prise en charge de 25 blessés de l’attaque de Touara.
L’Agence malienne de presse avait également fait état, le 5 octobre, de déplacements provoqués par les attaques contre Kelle, Souleye et Touara. Une rencontre s’était alors tenue entre MSF, les responsables communaux et le service local du développement social afin de recenser les personnes accueillies et leurs besoins.
Des départs organisés dans l’urgence
Une habitante de Touara citée sous un prénom d’emprunt par MSF raconte avoir entendu des tirs entre 16 heures et 20 heures. Elle affirme que les hommes armés sont ensuite entrés dans le village. Les femmes et les enfants ont quitté la localité en pirogue au milieu de la nuit.
Arrivée à Macina avec sa famille, elle a trouvé refuge chez un proche qui héberge une quarantaine de personnes déplacées. Elle dit aussi que sa famille n’a pas pu retourner au village pour enterrer certains de ses proches.
La majorité des nouveaux arrivants vivent chez des familles d’accueil, d’après MSF. Certaines habitations abritent ainsi plusieurs ménages. D’autres personnes dorment dans la rue. Avant ces arrivées, Macina accueillait déjà plus de 5 000 déplacés, selon l’organisation.
Lors de la réunion du 5 octobre, les autorités locales ont recensé des besoins en nourriture, en vêtements, en eau, en produits d’hygiène et en abris. Elles ont aussi évoqué la nécessité d’un accompagnement psychosocial et de tentes pour les écoles confrontées à une augmentation de leurs effectifs.
Plus de 2 100 consultations en quinze jours
MSF déploie depuis la fin du mois de septembre une clinique mobile en appui aux structures du ministère de la Santé. L’organisation estime sa fréquentation à environ 150 patients par jour.
En quinze jours, les équipes médicales ont pris en charge 2 131 personnes, dont 662 femmes et 591 enfants. Hussein Younoussa, responsable des activités d’urgence de MSF, indique que les consultations concernent principalement des infections respiratoires et des cas de paludisme.
Selon lui, les infections respiratoires sont liées aux conditions d’hébergement des déplacés. Plusieurs familles manquent d’abris, de latrines et de points d’eau. Les femmes et les enfants représentent la majorité des patients reçus par la clinique mobile.
MSF prévoyait de maintenir cette équipe mobile pendant trois mois. Le dispositif complète les activités déjà menées par l’organisation au Centre de santé de référence et au Centre de santé communautaire de Macina.
MSF signale également le départ de plusieurs organisations humanitaires de la zone en raison de difficultés de financement. À Macina, l’assistance repose actuellement sur les services publics, les communautés d’accueil, les personnes de bonne volonté et les organisations encore présentes.
Massiré Diop

