Mondial de basketball : le Mali renverse l’Espagne et change sa trajectoire

Les Maliennes ont battu l’Espagne 82-73, samedi 5 septembre à Berlin. Deux jours après une courte défaite contre le Japon, ce deuxième succès de leur histoire en Coupe du monde les replace dans la course avant d’affronter l’Allemagne.

Le Mali a remporté l’une des premières grandes surprises de la Coupe du monde féminine de basketball. Opposées à l’Espagne, samedi à la Max-Schmeling-Halle de Berlin, les Maliennes se sont imposées 82 à 73 au terme d’un match dont elles ont pris le contrôle après la pause.
Le résultat constitue seulement la deuxième victoire du Mali dans l’histoire de la compétition. La première remontait à 2010 contre le Sénégal, après prolongation. Le succès de samedi est donc le premier obtenu par la sélection malienne contre une équipe européenne en phase finale mondiale.
Cette victoire intervient deux jours après la défaite concédée face au Japon, 102 à 97. Elle maintient le Mali dans la compétition avant son dernier match de groupe contre l’Allemagne, pays organisateur, programmé ce lundi à Berlin.
Dix minutes qui ont changé le match
Le Mali a terminé le premier quart-temps avec une légère avance, 19-17, avant de connaître davantage de difficultés dans le deuxième. Plus efficaces, les Espagnoles ont rejoint les vestiaires avec deux points d’avance, 34-32.
La rencontre a basculé dans le troisième quart-temps. Les Maliennes y ont inscrit 31 points contre 19 pour l’Espagne. Alors qu’elles étaient menées 45-44, elles ont produit une série de 16 points contre 4 qui leur a permis de creuser un écart durable.
Sika Koné a joué un rôle central dans cette accélération. L’intérieure malienne a inscrit deux paniers à trois points pendant la séquence, avant d’en ajouter un autre au début de la dernière période. Elle a terminé la rencontre avec 19 points et 10 rebonds.
Djeneba N’Diaye a également marqué 19 points. Rokia Doumbia a distribué neuf passes décisives, contribuant à faire circuler le ballon et à répartir la production offensive. Cette diversité a empêché la défense espagnole de concentrer toute son attention sur une seule joueuse.
L’adresse extérieure a fait une différence importante. Le Mali a réussi 40,9 % de ses tirs à trois points, contre seulement 18,2 % pour l’Espagne. Les Espagnoles n’ont inscrit que quatre paniers sur leurs vingt-deux tentatives derrière la ligne.
Les Maliennes ont aussi maintenu leur efficacité près du cercle, avec 55,3 % de réussite à deux points. Elles ont été moins précises aux lancers francs, mais l’écart constitué dans la seconde moitié du match leur a permis de conserver une avance d’au moins neuf points pendant les dernières minutes.
Une victoire, pas encore une qualification
Le succès replace le Mali dans une position favorable, sans régler définitivement la question de la qualification. Le format de la Coupe du monde répartit les seize équipes en quatre groupes de quatre. La première de chaque groupe accède directement aux quarts de finale. Les équipes classées deuxième et troisième doivent passer par un match éliminatoire supplémentaire. La quatrième est éliminée.
La rencontre contre l’Allemagne revêt donc une importance immédiate. Une deuxième victoire garantirait aux Maliennes une place dans la suite de la compétition. Une défaite obligerait à examiner le résultat de l’autre match du groupe et les critères de classement utilisés pour départager les équipes.
L’Allemagne évoluera devant son public. Elle dispose également d’un avantage physique au rebond, secteur dans lequel ses joueuses ont obtenu une moyenne supérieure à celle du Mali au cours de leurs deux premières rencontres.
Les statistiques maliennes montrent toutefois une capacité offensive réelle. Après deux journées, l’équipe a inscrit en moyenne 89,5 points et délivré 25 passes décisives par match. Ces chiffres ont été alimentés par la rencontre très ouverte face au Japon, puis confirmés par une prestation plus maîtrisée contre l’Espagne.
La sélection devra néanmoins mieux protéger son ballon et éviter les périodes de relâchement. Face au Japon, ses 97 points n’avaient pas suffi en raison des 102 encaissés. Contre l’Espagne, la défense du troisième quart-temps a permis de transformer l’efficacité offensive en victoire.
Une performance de référence
Le classement mondial ou le statut historique des adversaires ne garantissent pas le résultat d’un match. L’Espagne possède une expérience internationale bien supérieure et figurait parmi les équipes les plus attendues du tournoi. Le Mali l’a pourtant dominée pendant la séquence décisive, sans dépendre d’une action isolée ou d’un effondrement total de son adversaire.
La victoire donne aussi une autre lecture à la défaite contre le Japon. Les Maliennes avaient montré leur capacité à marquer, mais laissé échapper une rencontre serrée. Deux jours plus tard, elles ont su conserver leur avance sous la pression d’une équipe expérimentée.
Le bilan historique du Mali en Coupe du monde reste modeste, avec deux victoires en douze rencontres. Le résultat de Berlin ne suffit donc pas à effacer l’écart accumulé avec les grandes nations. Il prouve cependant que cette équipe peut battre un adversaire de premier rang lorsqu’elle maintient son intensité défensive et partage la responsabilité offensive.
Le match contre l’Allemagne dira jusqu’où cette progression peut conduire le Mali dans le tournoi. La victoire sur l’Espagne a déjà sa place dans l’histoire du basketball malien. Elle prendra une portée sportive encore plus forte si l’équipe l’utilise pour franchir, pour la première fois, le premier tour d’une Coupe du monde.
Massiré Diop