Enseignement secondaire : Le retour qui divise

Le redéploiement des enseignants détenteurs de licence vers les écoles fondamentales oppose le ministère de l’Éducation nationale aux principaux syndicats. Cette décision contestée ravive les tensions et relance la menace d’un mouvement de grève à quelques semaines des examens.

La mesure continue de diviser les deux parties. Les autorités ont demandé aux concernés de regagner leurs postes initiaux, une orientation que les syndicats jugent prématurée. Les échanges engagés peinent pour l’instant à aboutir.

Entre la Synergie des principaux syndicats de l’éducation et le ministère, l’apaisement reste incertain. Avant le dépôt du préavis, la Synergie avait déjà lancé des consultations et accusé les autorités de rompre le climat de confiance établi avec les syndicats. Rappelons que cette décision concerne des enseignants formés à l’École normale supérieure et affectés dans le secondaire à l’issue de leur formation continue. Leur réaffectation dans le cycle fondamental soulève des interrogations sur leur position et leur évolution professionnelle.

Dans un communiqué daté du 21 avril, la Synergie annonce un préavis de grève du 13 au 15 mai 2026 si certaines revendications formulées lors de son Assemblée générale du 14 avril ne sont pas satisfaites.

Rupture du dialogue

Outre le redéploiement, les syndicats exigent l’application du procès-verbal du 18 mai 2019 sur l’accès aux services centraux des enseignants des collectivités territoriales et celui du 13 décembre 2022 sur la prime spéciale. Ils demandent aussi l’annulation de correspondances du ministère datées du 28 décembre 2023, du 30 octobre 2024 et du 2 avril 2026, liées à la gestion des enseignants détenteurs de licence.

Dans sa lettre du 2 avril 2026, le ministère avait indiqué que plusieurs rencontres avaient eu lieu avec les syndicats autour de la suspension du redéploiement. Ces échanges visaient à lever cette suspension et à trouver des solutions durables à la gestion des enseignants concernés. Les autorités ont invité les intéressés à regagner leurs postes d’origine en attendant une relecture des textes, une démarche contestée par les syndicats, qui estiment qu’elle aurait dû intervenir après cette révision. La lettre ministérielle demandait aussi aux Directeurs d’académie de procéder à l’affectation des enseignants concernés dans un délai de quinze jours, en attendant la relecture des textes.

Les autorités justifient cette orientation par la nécessité de réorganiser les effectifs et d’assurer une meilleure répartition des enseignants selon les besoins du système éducatif.

Les syndicats affirment rester ouverts au dialogue tout en maintenant leur préavis. Ce différend intervient à quelques semaines des examens de fin d’année, une période sensible pour le calendrier scolaire.

Diplômés des Licences de l’ENSUP : Le bras de fer qui secoue l’école malienne

Le différend autour des enseignants détenteurs de la licence professionnelle issue de la formation continue à l’École normale supérieure de Bamako prend une tournure préoccupante et ravive les tensions dans le système éducatif malien. Par une note datée du 2 avril 2026, le ministre de l’Éducation nationale, Amadou Sy Savané, a instruit les Directrices et Directeurs des Académies d’enseignement de procéder, dans un délai de quinze jours, à l’affectation ou à la réaffectation des enseignants concernés dans les écoles relevant des Centres d’animation pédagogique, conformément aux besoins des structures d’origine.

Cette décision s’inscrit dans le prolongement d’une correspondance antérieure du département déjà consacrée à la gestion de ces enseignants et relative à la nécessité de relever le niveau de l’enseignement par un redéploiement de ces diplômés dans les établissements scolaires du fondamental.

De leur côté, les Syndicats de l’Éducation signataires du 15 octobre 2016, dans une lettre datée du 24 février 2026, défendent une lecture inverse. Ils s’appuient sur les textes ayant consacré le passage de l’ENSUP au système LMD et redéfini ses missions, estimant que l’établissement n’a plus vocation à former des enseignants destinés au fondamental.

Ils réclament en conséquence le déploiement des détenteurs de licence dans l’enseignement secondaire, normal, technique et professionnel, en cohérence avec la nature de leur formation.

Ce dossier révèle un conflit de cadrage institutionnel entre l’instruction administrative du ministère et la lecture juridique portée par les organisations syndicales, sur fond de vives inquiétudes.

Enseignement supérieur : les syndicats haussent le ton

En grève depuis le 20 mars dernier, les syndicats d’enseignants de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ont reconduit leur mot d’ordre cette semaine, du 27 au 31 mars 2023. Avec de nouvelles revendications, qui viennent s’ajouter aux précédentes, ils brandissent également la menace d’un prochain arrêt de travail.

De cinq points revendiqués initialement par le Comité exécutif national du SNESUP, la Coordination des syndicats d’enseignants de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique unifie désormais ses actions autour de neuf points.

Au-delà des revendications liées à l’application et à la revalorisation des primes et indices salariaux, à la sécurisation de l’espace universitaire et au paiement des arriérés, les grévistes ajoutent le recrutement massif d’enseignants-chercheurs, mais aussi et surtout l’octroi d’un passeport de service à ceux-ci.

Selon Dr. Alou Diarra, Secrétaire général du Bureau national du SNESUP, cette grève est la suite logique des actions qui sont en cours depuis fin janvier. « Ce sont des revendications légitimes des travailleurs de l’Enseignement supérieur, nous voulons que l’État s’exécute, car c’est l’État qui a signé les conventions en notre faveur. Il doit les respecter », s’offusque-t-il

Mot d’ordre suivi ?   

Dans la mesure où le bicéphalisme à la tête du SNESUP subsiste depuis longtemps, la question  du suivi du mot d’ordre de grève par l’ensemble des enseignants dans les structures concernées se pose. M. Diarra reconnait que les difficultés au sein du SNESUP ont impacté « quelques petites structures, qui ne sont pas avec nous », à l’instar de l’INFSS, qui ne suit pas le mot d’ordre de grève.

Mais, selon lui, il est suivi à 86% par les structures de l’enseignement supérieur. « Si l’ENI, l’ENSUP, la FLSL, l’École de médecine, la FSEG, la FAG sont en grève, il ne reste plus rien de l’Enseignement supérieur », argue le Secrétaire général du Bureau national du SNESUP.

Nos tentatives pour joindre l’autre camp n’ont pas abouti, alors que le Dr. Alou Diarra affirme que la grève dépasse le cadre du SNESUP et que « les trois syndicats de l’Enseignement supérieur sont tous ensemble pour défendre les intérêts matériels et moraux des travailleurs ».

Il annonce que si le gouvernement ne réagit pas, cette grève sera suivie d’une autre, de 120 heures, qui sera sanctionnée par un arrêt de travail pur et simple.