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DDR-I : Après l’incorporation, le temps du brassage
Engagées le 20 novembre 2025, les opérations de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Intégration (DDR-I) se poursuivent avec l’incorporation d’ex-combattants dans les Forces armées maliennes (FAMa). Une fois la formation achevée, une autre phase commence, consistant à faire de recrues venues de groupes différents des soldats soumis aux mêmes règles et au même commandement.
Passer du statut de combattant d’un mouvement armé à celui de soldat d’une armée régulière ne se résume pas à changer d’uniforme. Après la démobilisation, la sélection, la formation et le serment, l’intégration se joue surtout au quotidien dans les unités.
Selon le ministère de la Réconciliation, 1 760 ex-combattants ont été démobilisés en 2025 et 1 617 intégrés dans les FAMa. Le programme comporte aussi une réinsertion socio-économique.
Le 4 août 2026, 648 recrues ont achevé leur formation à Mopti et Tombouctou. À Soufouroulaye, les 254 sortants comprenaient 87 anciens de Dan Na Ambassagou, 30 chasseurs donsos et 137 ex-combattants issus de mouvements peuls. À Tombouctou, 394 autres recrues ont été présentées au drapeau. Le 2 septembre, 37 anciens combattants originaires de Kidal ont prêté serment à Anéfis.
Un apport de terrain
Cet apport humain peut renforcer une armée engagée sur plusieurs fronts. Certains connaissent bien les terrains où ils ont évolué pendant longtemps .
Pour l’analyste sécuritaire Amadou Haidara, une partie de ces recrues possède déjà « une expérience du terrain, du combat et des environnements difficiles ». La connaissance des axes, pistes secondaires, reliefs et communautés peut améliorer le renseignement de proximité.
Cette expérience doit toutefois s’inscrire dans la doctrine, la discipline et la chaîne de commandement des FAMa.
Les nouvelles recrues viennent de mouvements et de trajectoires parfois opposés. Certaines ont appartenu à des formations qui se sont affrontées. Cette diversité peut devenir un atout, mais elle suppose de rompre avec les anciennes appartenances opérationnelles.
« Dans une armée nationale, il ne peut y avoir qu’une seule chaîne de commandement et une seule loyauté institutionnelle », insiste M. Haidara. Selon lui, six mois de formation peuvent transmettre les fondamentaux et créer un premier brassage sans effacer plusieurs années d’appartenance à un groupe armé.
La cohésion se construira par l’entraînement commun, la vie en caserne, les missions partagées et l’application des mêmes règles. Des unités mixtes peuvent limiter la reconstitution de blocs issus des anciennes structures.
Le brassage au cœur
La question de l’équité est sensible. Grades, rémunérations, avancement, sanctions et obligations doivent répondre à des règles lisibles afin d’éviter les frustrations chez les nouveaux intégrés et les militaires déjà en service.
L’actualité rappelle aussi que l’intégration ne concerne pas seulement les individus. Le 28 août, l’état-major a demandé aux militaires en situation irrégulière opérant dans des groupes armés se disant proches de l’État de regagner leurs unités avant le 6 septembre. Le 8 septembre, des images diffusées et confirmées par le GATIA ont montré une importante mobilisation de ses combattants près de Gao. Le mouvement a réaffirmé sa loyauté aux institutions maliennes. Cette démarche ne signifie pas un rejet du DDR-I, mais pose la question de l’avenir de structures conservant une capacité propre de mobilisation.
Pour Seydou Sidibé, analyste politique, le DDR-I se trouve à un « moment charnière ». Il distingue l’incorporation administrative de l’intégration réelle, mesurée dans la durée par la discipline, la rupture avec les anciennes chaînes de loyauté et la stabilité dans les unités.
La réussite du processus passera aussi par une place durable offerte aux anciens combattants. « Un DDR réussit lorsqu’un ex-combattant considère qu’il a davantage à perdre en retournant dans la clandestinité ou dans un groupe armé qu’en restant dans le cadre institutionnel qui lui a été proposé », estime M. Sidibé.
Pour les bénéficiaires destinés à la réinsertion socio-économique, il plaide pour des formations adaptées aux réalités locales, accompagnées de financements, de débouchés et d’un suivi dans la durée.
Les prochaines années permettront d’observer la stabilité des recrues, la discipline, les affectations, l’évolution professionnelle et les éventuelles défections. Ces indicateurs diront si l’incorporation a produit une nouvelle appartenance institutionnelle.
Le DDR-I ne se résumera pas au nombre de combattants désarmés ou de soldats formés. Sa portée se verra dans la capacité de l’armée et des dispositifs civils de réinsertion à retenir durablement ceux qui ont quitté les groupes armés.
Mohamed Kenouvi
DDR-I : 37 ex-combattants rejoignent les rangs des FAMa
37 ex-combattants, principalement originaires de la région de Kidal, ont officiellement intégré les Forces armées maliennes, le 2 septembre 2026 à Anefif, dans le cadre du processus de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Intégration (DDR-I)
Après six mois de formation militaire, les 37 nouvelles recrues ont achevé leur parcours d’intégration au camp d’Anefif. Lors de la cérémonie de sortie, elles ont prêté serment devant le commandement de la 7ème Région militaire, s’engageant à servir et défendre la Patrie.
La formation a été dispensée au Centre d’instruction mixte de Kidal et a notamment porté sur la tactique, le règlement du service des armées, l’instruction du soldat ainsi que l’éducation physique et sportive.
Elle a également permis aux recrues d’acquérir les fondamentaux du métier des armes et de renforcer l’esprit de camaraderie.
S’exprimant au nom de ses camarades, le soldat de 2ème classe Mohamed Ag Alassane a réaffirmé l’engagement des nouveaux incorporés à servir sous le drapeau national.
Un processus d’intégration qui se poursuit
Cette incorporation s’inscrit dans le processus du DDR-I, piloté par le ministère de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale. Le dispositif prévoit notamment l’intégration d’ex-combattants dans les Forces de défense et de sécurité ainsi que la réinsertion socio-économique d’autres bénéficiaires.
Lors du lancement d’une nouvelle phase du processus en février 2025, les autorités avaient fixé l’objectif d’intégration de 2 000 ex-combattants dans les forces armées et la réinsertion socio-économique de 1 000 autres.
Le bilan présenté par le ministère de la Réconciliation en juin 2026 faisait état de 1 617 ex-combattants intégrés dans les FAMa et de 1 760 démobilisés au cours de l’année 2025.
Le processus s’est poursuivi cette année dans plusieurs régions. Le 4 août 2026, 648 ex-combattants avaient rejoint les FAMa à l’issue de leur formation. À Tombouctou, 394 recrues originaires des régions de Tombouctou et de Taoudéni avaient prêté serment, tandis qu’à Soufouroulaye, 254 autres, principalement originaires de Ségou, Mopti et Bandiagara, avaient également achevé leur formation.
La sortie de la promotion d’Anefif prolonge ainsi ces opérations d’intégration. Pour les 37 anciens combattants concernés à Kidal, elle marque désormais le passage du statut de bénéficiaires du DDR-I à celui de militaires appelés à servir au sein des Forces armées maliennes.
Mohamed Kenouvi
Anéfis : la victoire est militaire, la guerre est ailleurs
Le 4 juillet 2026, à l’aube, une coalition du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda, et du Front de libération de l’Azawad attaque simultanément Anéfis, Gao, Aguelhok, Sévaré et Kéniéroba. Les assaillants s’emparent de la ville d’Anéfis dans la journée. Mais le camp militaire, tenu par les Forces armées maliennes et le contingent russe d’Africa Corps, refuse de céder. Encerclé, bombardé, pilonné par des drones, il tient.
Tout ce qui suit découle de ce refus, et il faut le dire sans réserve : c’est une victoire. Mais une victoire ne dispense pas de comprendre la guerre qu’elle vient d’interrompre. Et cette guerre ne se joue déjà plus là où nous la regardons.
LA BATAILLE S’EST DÉCIDÉE SUR LA ROUTE
Reprenons la séquence, telle qu’elle est établie par les correspondants de RFI sur place, par l’AFP et par les communiqués successifs de l’État-major général des armées.
Une fois le siège installé, l’adversaire n’a pas cherché à emporter le camp de vive force. Il a reporté son effort sur l’axe venant de Gao, c’est-à-dire sur ce qui pouvait sauver la garnison. Un premier convoi de renfort est engagé le 5 juillet : il est stoppé dans la zone de Tabrichat. Un second part dans la nuit du 7 au 8 juillet, subit une attaque de grande intensité vers Tabankort le 9, et parvient à Anéfis dans la nuit du 9 au 10. Entre-temps, le 8, les soldats maliens sortent du camp et reprennent pied dans la ville, où ils se filment, drapeau à la main.
La ville a changé de mains deux fois en moins d’une semaine. Ce n’est donc pas elle qui a décidé de l’issue. Ce qui a décidé, c’est le convoi : sa capacité à passer, et l’entêtement de l’adversaire à l’en empêcher. La bataille d’Anéfis s’est jouée sur les cent kilomètres de piste qui séparent Anéfis de Gao.
Un fait mérite d’être relevé ici, parce qu’il ruine un récit. Ce convoi ne comptait pas seulement des soldats maliens et le contingent russe : des combattants touaregs du GATIA et du MSA y participaient. Des hommes du Nord se sont battus pour que le Nord reste malien. Cette guerre n’oppose pas Bamako aux Touaregs, et ceux qui le prétendent, à Kidal comme dans certaines rédactions étrangères, le savent parfaitement.
CE QUE NOTRE ÉTAT-MAJOR A DÉSIGNÉ
L’adversaire a donc fait de la route sa cible. Le plus remarquable est que notre état-major, de son côté, désigne le même centre de gravité.
Invité du journal télévisé de l’ORTM, le chef d’état-major général des armées, le général de division Elysée Jean Dao, a présenté l’opération comme poursuivant deux objectifs : ravitailler les unités déployées à Anéfis, et détruire les principaux moyens de combat des groupes armés. Il a inscrit la bataille dans une stratégie de réduction des capacités adverses, appelée à se poursuivre sur l’ensemble du territoire.
Ravitailler et détruire des moyens : ni l’un ni l’autre ne se mesure en kilomètres carrés. L’objet de cette guerre n’est pas le sol, c’est le matériel et son acheminement. Les assaillants frappent nos convois pour asphyxier nos garnisons ; nos forces détruisent leurs véhicules pour user leur capacité de manœuvre. Des deux bouts du champ de bataille, un même constat : ce n’est pas le terrain qui décide, c’est la logistique.
On m’opposera Kidal, et l’objection mérite d’être traitée. Depuis avril 2026, l’adversaire tient la ville : il prend donc du territoire, et il le garde. Mais qu’en a-t-il fait ? Rien, sinon une base d’où partir vers autre chose. Il ne l’administre pas, il n’y élève pas d’État, il n’y produit rien. Une ville, entre ses mains, ne vaut pas comme territoire : elle vaut comme point d’appui pour couper des axes, et la preuve en est qu’il a marché sur Anéfis, c’est-à-dire sur le verrou de la route qui monte vers Kidal. Le territoire est son moyen ; le flux est sa fin.
Reste à savoir de quoi le flux, lui, est le moyen. Car couper une route n’est pas davantage une fin en soi. C’est ici que la stratégie de l’adversaire apparaît dans son entier, et elle n’est pas militaire.
LE MONOPOLE DE L’ORDINAIRE
En septembre 2025, le JNIM interdit les importations de carburant vers le Mali et s’attaque systématiquement aux camions-citernes venant du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Des centaines de citernes sont incendiées. Dans un pays enclavé qui importe par la route la quasi-totalité de son carburant, l’effet est immédiat : files de trois jours devant les stations de Bamako, coupures d’électricité, moissons compromises, pénuries alimentaires. Et le 26 octobre, le ministre de l’Éducation nationale, Amadou Sy Savané, annonce à la télévision la suspension des cours dans toutes les écoles et universités du pays, du 27 octobre au 9 novembre : faute de carburant, les enseignants ne peuvent plus se déplacer.
Il faut mesurer ce qui s’est produit ce jour-là. Le JNIM a fermé toutes les écoles du Mali sans entrer dans une seule salle de classe, sans tenir un seul quartier de Bamako, en brûlant des camions sur les routes de Dakar et d’Abidjan. Or fermer les écoles d’un pays n’est pas un acte terroriste : c’est un acte souverain, une prérogative d’État. Ce jour-là, deux autorités décidaient si les enfants maliens iraient en classe.
Voilà la guerre qui nous est faite, et elle n’est ni une guerre de conquête ni même une guerre des routes. Les routes ne sont qu’un moyen. L’adversaire ne cherche pas à prendre le Mali : il cherche à priver l’État malien du monopole de l’ordinaire. Il n’attaque pas la souveraineté par le drapeau, il l’attaque par le quotidien. Le plein d’essence. Le camion qui livre. L’instituteur qui rejoint son poste. L’enfant qui va à l’école.
Le calcul est limpide, et il n’a rien de militaire. Un État qui ne garantit plus le banal perd d’abord la confiance, puis la patience de son peuple. Ce que vise l’adversaire, c’est l’exaspération : la file d’attente, la rentrée annulée, le prix du mil qui monte. Il ne peut pas gagner une bataille rangée, Anéfis vient de le lui rappeler. Alors il travaille à rendre le pays ingouvernable assez longtemps pour que la lassitude fasse ce que ses armes ne peuvent pas faire : une instabilité durable, ou une rupture politique.
D’où la formule qui décrit le plus exactement notre situation : un État dont chaque acte banal exige une opération militaire a déjà perdu une part de sa souveraineté, même s’il tient toutes ses villes. Car la souveraineté réelle n’est pas une couleur sur une carte : c’est la capacité de rendre la vie ordinaire à nouveau ordinaire.
LA QUESTION QUI DÉCIDERA DE LA SUITE
Si tel est l’objectif adverse, alors la question de l’après-Anéfis se pose en deux temps.
Le premier est militaire, et il tient à la reconstitution. Une coalition qui aligne des blindés, des pièces d’artillerie, des drones et des centaines de véhicules ne fabrique rien de tout cela : elle le reçoit. Il existe donc, en amont de chaque véhicule détruit à Anéfis, une chaîne de financements, de sanctuaires, de corridors et de marchés d’armes. Détruire le stock est nécessaire ; tarir la source est ce qui rend la destruction décisive. Une stratégie d’usure sans stratégie d’interdiction de la reconstitution revient à vider une baignoire dont le robinet reste ouvert.
Le second n’est pas militaire, et c’est le plus important : à quelle vitesse l’État reprend-il le monopole de l’ordinaire ? Cela se mesure, et cela ne figure dans aucun communiqué. Le prix, le délai et l’escorte nécessaires pour qu’un camion aille de Gao à Anéfis, ou d’Abidjan à Bamako. Le nombre d’écoles ouvertes, non pas décrétées ouvertes, mais où les maîtres arrivent et où les enfants viennent. Le nombre de marchés hebdomadaires qui se tiennent. Voilà les chiffres qui disent la souveraineté telle qu’elle se vit. Ce sont eux qu’il faudrait publier.
CE QUE NOUS DEVONS À CEUX QUI ONT TENU
Il faut, pour finir, revenir à ceux par qui tout cela tient. Plusieurs jours durant, des hommes ont défendu un camp encerclé, sous les drones et l’artillerie, face à un adversaire supérieur en nombre, sans savoir si le secours arriverait. D’autres ont pris la route pour eux, en connaissant les mines, les embuscades et les véhicules piégés qui les attendaient. Certains ne sont pas revenus. Le pays leur doit davantage qu’une image partagée : il leur doit la mémoire de leurs noms, le soin de leurs blessés, la dignité de leurs familles. Le courage d’Anéfis n’est pas un slogan. Il a un prix, et il a été payé.
Mais ce sacrifice appelle une contrepartie, et cette contrepartie n’est pas militaire. Le soldat escorte le carburant ; il ne peut pas faire que le carburant n’ait plus besoin d’escorte. Il tient la route ; il ne peut pas la construire. Il reprend une localité ; il ne peut pas y rouvrir l’école, y installer un juge, y ramener un dispensaire. Il détruit les véhicules de l’ennemi ; il ne peut pas tarir les circuits qui les remplaceront.
Voilà la part qui n’est pas la leur. Elle a des noms précis : l’État civil, qui doit revenir là où le drapeau tient ; les travaux publics et le budget, qui font les routes et les rendent praticables ; la diplomatie, qui négocie nos corridors d’importation avec nos voisins et qui doit assécher l’armement de l’ennemi à la source ; l’école, enfin, qui décide de ce que le Mali sera dans vingt ans.
L’objectif national n’est donc ni une carte ni un communiqué. Il porte un nom que nul n’ose écrire parce qu’il paraît trop humble : la reconquête de la normalité.
Nos soldats ont fait leur part, et bien au-delà. Il reste à savoir si le reste du Mali fera la sienne.
Oumar Sidibé est docteur en relations internationales et auteur de plusieurs travaux sur le Sahel, la sécurité et la gouvernance.
N’golo Diarra : « Aucune portion du territoire ne doit être laissée à l’ennemi »
Depuis le 4 juillet 2026, Anéfis est au cœur d’une nouvelle séquence sécuritaire dans le nord du Mali, après des attaques menées par des groupes armés contre les positions de l’armée. En réponse, les Forces armées maliennes ont lancé des contre-offensives pour reprendre l’initiative et consolider le contrôle de cette localité stratégique. Pour Dr N’golo Diarra, enseignant-chercheur et spécialiste des relations internationales, de la diplomatie et de la géopolitique des conflits armés, cette situation traduit surtout la volonté de l’État malien de réaffirmer sa souveraineté sur l’ensemble du territoire national.
Quelle lecture faites-vous de la situation sécuritaire en cours à Anéfis, dans un contexte où le Mali reste confronté à la pression des groupes armés ?
Il faut rappeler que le Mali revient de très loin dans cette lutte contre le terrorisme. À un moment donné, le pays avait perdu le contrôle d’une très grande partie de son territoire. Aujourd’hui, avec la réorganisation et la montée en puissance des forces armées, l’État est parvenu à reprendre l’initiative sur plusieurs fronts. Mais tous les observateurs s’accordent à dire que le pays reste confronté au harcèlement des groupes terroristes et de leurs soutiens.
Que traduit, selon vous, la contre-offensive engagée par l’armée malienne face à ces attaques ?
Cette contre-offensive montre la détermination de l’armée à assumer ses missions essentielles : défendre l’intégrité du territoire, protéger les personnes et sécuriser leurs biens. La paix totale ne peut pas encore être proclamée sur toute l’étendue du territoire national, mais l’armée envoie un message clair : le reste du pays appartient à l’État malien et aucune portion du territoire ne doit être laissée à l’ennemi.
Pourquoi Anéfis occupe-t-elle une place aussi stratégique dans le rapport de force entre l’État malien et les groupes armés?
Au-delà de sa position géographique, cette localité représente un enjeu politique et militaire. Les mouvements indépendantistes et leurs soutiens cherchent à s’appuyer sur certaines zones pour maintenir une capacité de pression sur l’État malien. C’est dans cette logique qu’ils invoquent souvent le droit des peuples à l’autodétermination.
Comment comprenez-vous cette référence au droit à l’autodétermination ?
C’est un argument que ces mouvements utilisent pour tenter de légitimer leurs revendications. Mais, dans les faits, pour revendiquer un territoire, il faut d’abord chercher à en contrôler une partie. C’est précisément ce que ces groupes essaient de faire. En face, l’État malien agit pour déjouer ce plan, réaffirmer sa souveraineté et ramener l’ensemble du territoire dans le giron national.





