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Jeunesse AES : le volontariat cherche son terrain

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont institutionnalisé leur coopération autour de la jeunesse et du volontariat. Après…

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont institutionnalisé leur coopération autour de la jeunesse et du volontariat. Après le premier forum de Ouagadougou, la réussite dépendra moins des rencontres annuelles que de missions concrètes, protégées et reconnues dans les trois pays.

Les ministres chargés de la Jeunesse du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont signé, le 29 août à Ouagadougou, un mémorandum d’entente instituant un cadre commun autour du Forum confédéral de la Jeunesse et du Volontariat.
Annick Lydie Djouma Pikbougoum/Zingué Ouattara, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba et Sidi Mohamed Almahmoud ont engagé leurs pays à coopérer dans les domaines de la citoyenneté, du volontariat, de l’entrepreneuriat, du sport, des loisirs et des activités socio-éducatives.
Le forum doit se tenir chaque année à tour de rôle dans les trois États. Un comité confédéral réunissant les administrations chargées de la jeunesse et du volontariat devra superviser les activités, arrêter les orientations et suivre leur mise en œuvre.
Cette architecture donne une continuité à une rencontre qui aurait pu rester ponctuelle. Elle ne constitue pas encore un programme opérationnel de volontariat. Aucun budget commun, nombre annuel de missions, quota national ou calendrier de déploiement n’apparaît dans les informations rendues publiques après la signature.
Des participants aux volontaires
La première édition du forum s’est déroulée du 28 au 30 août à Ouagadougou. Environ 1 000 jeunes étaient attendus à l’ouverture, tandis que 300 délégués devaient participer aux trois journées de travaux. Une représentation togolaise a également été associée aux échanges.
Les discussions ont porté sur l’engagement citoyen, l’entrepreneuriat, la formation, l’emploi, le leadership, l’innovation et le développement local. Les organisateurs ont aussi mis en avant le partage d’expériences d’anciens volontaires et la valorisation des initiatives portées par les jeunes.
Ces activités favorisent les rencontres, mais leur effet demeure difficile à mesurer si elles ne débouchent pas sur des missions accessibles hors du cercle des participants au forum. Sensibiliser un jeune au volontariat ne signifie pas lui proposer une affectation, une formation ou une perspective professionnelle.
Un véritable dispositif confédéral pourrait mobiliser des volontaires dans l’alphabétisation, la prévention sanitaire, la restauration des terres, l’appui numérique aux communes, les campagnes agricoles ou l’assistance aux populations touchées par les catastrophes. Ces domaines correspondent à des besoins communs aux trois pays. Ils restent, à ce stade, des possibilités à construire plutôt que des missions officiellement annoncées.
Un statut commun
La mobilité entre les trois États exigera des règles précises. Un jeune Malien affecté au Niger ou au Burkina Faso devra connaître la durée de sa mission, son indemnité, ses conditions de logement, sa couverture sanitaire et la procédure applicable en cas d’accident.
Le volontariat ne doit pas devenir une manière de faire occuper durablement des emplois sans salaire. La mission doit être limitée, encadrée, formatrice et distincte d’un poste permanent. Elle doit aussi donner lieu à un certificat reconnu par les administrations, les entreprises et les établissements de formation des trois pays.
La protection sociale constitue un point central. Les missions peuvent conduire les volontaires dans des zones rurales éloignées, des chantiers environnementaux ou des contextes humanitaires difficiles. Une assurance contre les accidents, un accès aux soins, des moyens de transport sûrs et un protocole d’évacuation sont indispensables.
La sélection devra être ouverte et vérifiable. Des appels publics, des critères identiques et la publication des résultats réduiraient le risque de transformer les missions en récompenses politiques ou en avantages réservés aux organisations les plus proches des administrations.
Les jeunes ruraux, les femmes, les personnes déplacées et celles vivant avec un handicap doivent pouvoir participer. Une candidature exclusivement numérique, des déplacements coûteux pour déposer un dossier ou des formations concentrées dans les capitales écarteraient une grande partie du public visé.
Mesurer les résultats
Le forum annuel peut rester utile s’il devient le lieu où les trois gouvernements rendent compte de l’année écoulée. Le nombre de candidatures, de volontaires retenus, de missions terminées et de collectivités bénéficiaires devrait être publié avant chaque nouvelle édition.
Le suivi doit également porter sur l’après-volontariat. Une expérience n’améliore l’employabilité que si les compétences acquises sont identifiées et reconnues. Il faudra donc mesurer combien d’anciens volontaires trouvent un emploi, créent une activité ou poursuivent une formation dans les mois suivant leur mission.
La Confédération cherche à rapprocher ses administrations, ses politiques et ses populations. La jeunesse offre un terrain concret pour cette intégration. Un volontaire qui travaille dans une commune d’un pays voisin construit davantage de liens qu’une succession de discours sur l’unité sahélienne.
Le mémorandum du 29 août ouvre cette possibilité. Sa prochaine étape doit être un programme chiffré, financé et accessible. Sans missions réelles, le forum restera une rencontre annuelle. Avec un statut commun et des résultats publiés, le volontariat peut devenir l’une des premières expériences directement vécues de la coopération confédérale.
Massiré Diop

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