Coupes CAF : le football malien signe un doublé historique

Le Stade Malien de Bamako et le Djoliba AC se sont tous deux qualifiés pour la phase de groupes des compétitions africaines interclubs. Une performance pleine qui offre au pays un taux de réussite de 100 % à ce stade de la saison.

À l’issue des deux tours préliminaires des compétitions africaines interclubs 2025-2026, les clubs maliens ont réalisé un exploit retentissant. Le Stade Malien de Bamako, engagé en Ligue des champions de la CAF, a validé sa qualification historique pour la phase de groupes après sa victoire 2-0 face au FC Nouadhibou de Mauritanie, ce dimanche 26 octobre au Stade du 26-Mars. Ce succès, obtenu après un nul encourageant (1-1) à l’aller, permet aux « Blancs de Bamako » d’accéder pour la première fois de leur histoire à ce niveau de la compétition. Il s’agit également de la seconde présence d’un club malien à ce stade, après le Djoliba AC la saison passée.

En Coupe de la Confédération, le Djoliba AC a lui aussi confirmé sa solidité. Après avoir gagné 1-0 à Ouagadougou à l’aller, les « Rouges » ont récidivé à domicile en s’imposant 2-1 face à l’USAFA du Burkina Faso. Ce deuxième succès consécutif leur ouvre les portes de la phase de groupes et confirme leur statut parmi les équipes les plus régulières du continent.

Avec ces deux qualifications, le Mali réalise un parcours sans faute et conserve son indice continental en progression. Cette performance collective reflète la montée en puissance du football national, portée par une nouvelle génération ambitieuse et mieux préparée pour rivaliser sur la scène africaine. Les supporters espèrent désormais voir leurs clubs briller dans les phases de groupes et prolonger cet élan victorieux.

 

Éveil Mali lance les « Ateliers Citoyens II » : La jeunesse et les femmes, vecteurs de bonne gouvernance

Le lancement officiel de la Phase II du projet « Les Ateliers Citoyens » d’Éveil Mali, sous la direction de son Coordinateur national Hamma Cissé, s’est déroulé à Bamako le 25 octobre 2025. Ce projet, financé par le Fonds d’Appui aux Moteurs du Changement (FAMOC) du royaume du Danemark, vise à renforcer la participation citoyenne et le leadership des jeunes et des femmes maliennes dans la gestion des affaires publiques.

​L’événement a rassemblé de nombreuses personnalités, soulignant l’importance nationale du projet. On notait la présence de membres éminents du Conseil National de Transition (CNT), dont Amadou Diallo, ainsi que des guides religieux influents tels que Iba Haïdara, Bandjougou Doumbia, et Mohamed Cheick Oumar Coulibaly. Le représentant de la mairie de la Commune V de Bamako, le représentant du FAMOC, le Président du Conseil National de la Jeunesse du Mali (CNJ-Mali), et le représentant des étudiants maliens au Burkina Faso ont également pris part à la cérémonie.
​Le représentant de la mairie de la Commune V de Bamako a félicité Éveil Mali pour son engagement citoyen et a exhorté les autres organisations à suivre cet exemple pour un Mali plus prospère. Il a également adressé ses remerciements à M. Kaboré, représentant du FAMOC, pour son « engagement constant aux côtés de la jeunesse malienne ».
​« Ateliers Citoyens II » : Une feuille de route pour l’autonomisation
​Éveil Mali est une organisation citoyenne et patriotique, apolitique et inclusive, dont la mission centrale est de contribuer à la promotion de la bonne gouvernance et de la participation citoyenne des jeunes et des femmes.
​Le Coordinateur national, Hamma Cissé, a présenté la Phase II, un projet de douze (12) mois, dont les objectifs spécifiques visent à renforcer le leadership des jeunes et des femmes, contribuer à l’appropriation par les populations des grandes réformes de la transition et de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, et consolider leur connaissance et leur respect des institutions et symboles de l’État.
​Le projet ciblera plus de 102 000 bénéficiaires finaux dans plusieurs zones, notamment l’ensemble du district de Bamako, et les communes de Niono (région de Ségou) et de Goundam (région de Tombouctou) pour les activités physiques.
​Le FAMOC : Un soutien structuré aux moteurs du changement
​M. Kaboré du FAMOC a rappelé que le Fonds, financé par le royaume du Danemark, a pour vocation de favoriser l’émergence d’une société malienne plus résiliente et respectueuse des droits humains par des actions focalisées sur la citoyenneté active, la lutte contre l’extrémisme violent et les droits humains.
​Le processus de sélection a été rigoureux, avec 89 projets retenus sur 124 candidatures soumises, dont celui d’Éveil Mali. Le FAMOC propose différents niveaux de subvention pour ses bénéficiaires : les Organisations à grande capacité peuvent obtenir un financement allant de 25 à 125 millions de FCFA pour des projets d’une durée de deux ans ; les Projets d’une année peuvent bénéficier d’un financement allant jusqu’à 80 millions de FCFA ; et les individus et structures informelles peuvent obtenir une subvention allant jusqu’à 20 millions de FCFA pour un projet d’un an.
​Pour finir, Hamma Cissé a lancé un appel vibrant à la responsabilité collective, insistant sur le fait que « Chacun compte » et que « il n’y a pas de petit effort » dans l’édification de la nation. Il a également réitéré la confiance et le soutien total d’Éveil Mali aux Forces Armées Maliennes (FAMA) pour leur rôle crucial.

AFG Bank Mali prépare le lancement du LCCP pour soutenir les entreprises locales

AFG Bank Mali procédera ce lundi 27 octobre 2025, à partir de 9h00, à l’hôtel Radisson Collection, au lancement officiel du Local Content Champion Program (LCCP), sous la présidence du Ministre des Mines, le Professeur Keïta.

Cette initiative ambitieuse vise à renforcer la compétitivité des entreprises maliennes du secteur minier et à faire émerger de véritables champions nationaux grâce à un accompagnement financier structuré.

Plusieurs activités marqueront cette journée, notamment un panel sur “Financement et compétitivité locale : bâtir des champions du contenu local” et des rencontres B2B entre acteurs du secteur, institutions financières et entreprises locales.

À travers ce programme, AFG Bank Mali entend confirmer son rôle de catalyseur du développement économique, en mettant le financement au service du conteu local.

Niger : enlèvement d’un pilote humanitaire à Niamey et libération de l’ancien préfet d’un département du nord-est

Dans la nuit du 21 au 22 octobre 2025, un ressortissant américain, pilote de l’ONG Serving In Mission (SIM) présent au Niger depuis 2010, a été enlevé à Niamey. Le lendemain, le 22 octobre, le commandant Amadou Torda, ancien préfet du département de Bilma, ainsi que quatre de ses compagnons (deux gendarmes, deux soldats de la Garde nationale) ont été libérés après plus d’un an de captivité.

Le pilote américain, âgé de 48 ans selon plusieurs sources, a été retiré de son domicile situé dans le quartier Château 1, un secteur sécurisé près de l’hôtel Bravia et du palais présidentiel. Trois hommes armés non identifiés l’ont emmené. Le Département d’État des États-Unis a indiqué que l’ambassade américaine à Niamey travaille avec les autorités nigériennes pour obtenir sa libération. Aucune revendication n’a encore été faite, et les forces de sécurité nigériennes ont engagé des recherches dès le mercredi 22 octobre. Il s’agit, selon les médias, du premier enlèvement d’un ressortissant étranger à Niamey depuis 2011.
Le pilote enlevé exerçait des missions de transport aérien d’urgence humanitaire pour SIM International, organisation active dans plusieurs pays du Sahel. SIM confirme sa présence au Niger, en soulignant les défis sécuritaires grandissants dans la région.

La seconde situation concerne la libération du commandant Amadou Torda et de ses quatre compagnons qui avaient été enlevés le 21 juin 2024 alors qu’ils revenaient vers Bilma, dans la région d’Agadez. L’enlèvement avait été attribué à un groupe armé non identifié. Des documents de l’époque mentionnaient la mort d’un membre de la délégation et la mise en œuvre d’une vaste opération de recherche par les forces de défense et de sécurité nigériennes. Leur libération, intervenue le 22 octobre 2025 après plus de 16 mois de détention, marque un soulagement dans la communauté locale mais s’inscrit dans un contexte d’insécurité récurrente dans cette zone du nord-est du pays.

Ces deux affaires reflètent la persistance des risques sécuritaires au Niger où les enlèvements – tant de ressortissants étrangers que de représentants de l’État – interviennent dans un contexte de dégradation de la sécurité, en particulier dans les régions du Sahel et du nord-est. L’enlèvement à Niamey d’un humanitaire opérant dans un quartier hautement sécurisé illustre notamment l’extension des menaces urbaines. De son côté, la libération des otages de Bilma souligne la lenteur du processus de réponse, mais aussi la capacité de l’État à conduire des opérations de recherche et de négociation.

L’ONG humanitaire concernée, active depuis des années au Niger, signale que le contexte opérationnel s’est durement complexifié ces dernières années, avec une multiplication d’attaques et d’enlèvements dans les zones rurales et frontalières. Les otages libérés de Bilma étaient détenus dans des conditions qui restaient obscures jusqu’à récemment, et leur retour pose la question de la prise en charge et de la réinsertion de personnels de sécurité confrontés à de tels conflits.

Enfin, la multiplication de ces opérations d’enlèvement met en lumière les défis de l’État nigérien en matière de sécurisation de ses frontières, de protection des humanitaires et de maintien de l’ordre dans des zones de faible densité administrative. Le retour à la normale pour les familles et les organisations concernées va nécessiter une gestion psychologique, matérielle et institutionnelle.

Étienne Fakaba Sissoko : “L’Eco ne sera pas une rupture brutale, mais une recomposition institutionnelle sous contrainte politique

Alors que la mise en circulation de la monnaie unique “Eco” est annoncée pour 2027, les incertitudes économiques et politiques fragilisent toujours le projet. L’économiste Étienne Fakaba Sissoko estime que cette transition ne sera pas une rupture brutale, mais une recomposition institutionnelle sous fortes contraintes régionales.

Où en est selon vous le projet de passage du franc CFA à la monnaie unique “Eco” annoncé pour 2027 ?

Le calendrier de 2027 reste celui inscrit dans la feuille de route officielle de la CEDEAO. Mais il faut reconnaître que cette échéance relève davantage de l’ambition politique que de la réalité économique.
La plupart des pays ne remplissent pas encore durablement les critères de convergence fixés — déficit budgétaire inférieur à 3 % du PIB, inflation maîtrisée, réserves suffisantes pour trois mois d’importations.
La succession de chocs — pandémie, guerre en Ukraine, crise énergétique, insécurité régionale — a repoussé les ajustements nécessaires.

De plus, la recomposition géopolitique actuelle, marquée par la sortie du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO, complexifie l’architecture du projet monétaire commun. Ces pays demeurent membres de l’UEMOA, mais leur arrimage politique à la CEDEAO est désormais suspendu, ce qui fragilise la gouvernance collective.

En réalité, 2027 sera sans doute une étape symbolique, marquant le lancement d’un noyau d’États “prêts” sur le plan macroéconomique et institutionnel, plutôt qu’un basculement simultané de l’ensemble de la région.

Quelles différences majeures distinguent le futur Eco du FCFA actuel, sur le plan technique et institutionnel ?

Il faut distinguer deux trajectoires : la réforme déjà engagée au sein de l’UEMOA et le projet d’Eco plus large porté par la CEDEAO.

La réforme UEMOA, amorcée en 2019, a été importante sur le plan institutionnel :
• suppression du compte d’opérations logé au Trésor français ;
• fin de l’obligation de dépôt de 50 % des réserves de change en France ;
• retrait des représentants français des instances de la BCEAO et de la Commission bancaire.

Cependant, cette réforme n’a pas modifié le cœur du régime monétaire : la parité fixe avec l’euro et la garantie de convertibilité par la France ont été maintenues, désormais sous la forme d’une ligne de crédit.

Le futur Eco de la CEDEAO, en revanche, suppose un changement d’échelle et de philosophie. Il devrait inclure des pays aux structures économiques très différentes — Nigeria, Ghana, Sierra Leone, Cap-Vert — ce qui nécessitera de repenser entièrement la gouvernance, les règles de convergence, et le régime de change.
C’est sur ce terrain institutionnel que se jouera la véritable rupture avec le modèle actuel.

L’arrimage à l’euro reste-t-il une garantie de stabilité ou un frein à la souveraineté monétaire ?

C’est à la fois une source de crédibilité et une contrainte systémique.
L’arrimage à l’euro a permis de préserver la stabilité des prix, de limiter les dérapages monétaires et de maintenir la confiance des investisseurs. En 2024, la BCEAO affichait l’une des inflations les plus faibles du continent et un niveau de réserves satisfaisant : c’est la face vertueuse du système.

Mais cette stabilité a un coût : la perte d’autonomie de décision. La BCEAO ne peut pas ajuster son taux de change pour soutenir ses exportations, ni utiliser pleinement la politique monétaire pour amortir les chocs.
Donc, l’arrimage protège contre l’instabilité, mais il verrouille la capacité d’adaptation.

L’enjeu aujourd’hui n’est pas de rompre brutalement avec le peg, mais de le redéfinir dans un cadre africain maîtrisé : un système plus flexible, appuyé sur un fonds de stabilisation régional, des marchés financiers intégrés et une coordination budgétaire renforcée.

Quelle place occupe aujourd’hui la France dans la gouvernance du système monétaire ouest-africain ?

Formellement, la France n’exerce plus de pouvoir décisionnel dans la gouvernance monétaire de l’UEMOA. Elle ne siège plus dans les conseils de la BCEAO ni dans les comités de politique monétaire.
Son rôle se concentre désormais sur la garantie de convertibilité, assurée par une ligne de crédit, et sur la parité fixe avec l’euro.

Autrement dit, l’influence directe a disparu, mais l’influence structurelle demeure.
Tant que la stabilité de la zone dépendra de l’ancrage à l’euro et du soutien de Paris en cas de crise de liquidité, la relation restera asymétrique.
C’est ce que j’appelle une indépendance encadrée : l’Afrique de l’Ouest a gagné en autonomie institutionnelle, mais pas encore en souveraineté stratégique.

Quels défis spécifiques le Mali devra-t-il affronter dans cette transition, notamment après la création de l’Alliance des États du Sahel (AES) ?

Le Mali se trouve aujourd’hui au carrefour de trois dynamiques contradictoires : son appartenance à l’UEMOA, sa rupture politique avec la CEDEAO et son adhésion à l’Alliance des États du Sahel.
Cette triple appartenance pose un défi de cohérence monétaire.

Techniquement, Bamako reste adossé à la BCEAO, donc au système du franc CFA, mais la sortie de la CEDEAO complique son intégration à la future monnaie Eco.
Politiquement, l’AES évoque la création d’une architecture économique autonome, voire de mécanismes de paiement intra-Sahel, mais sans cadre technique ou institutionnel concret à ce jour.

Le Mali devra donc préserver la stabilité de sa monnaie actuelle tout en préparant sa position stratégique dans les recompositions à venir. Cela suppose de renforcer la discipline budgétaire, la transparence financière et la résilience économique interne, faute de quoi toute ambition de souveraineté monétaire resterait illusoire.

Selon vous, le débat sur le FCFA est-il avant tout économique, politique ou symbolique ?

C’est un débat éminemment total : à la fois économique, politique et symbolique.

Sur le plan économique, il interroge la performance réelle du système : la zone CFA a assuré la stabilité nominale, mais pas la transformation structurelle des économies.
Sur le plan politique, il pose la question du pouvoir : qui décide de la politique monétaire africaine, selon quelles règles et au profit de qui ?
Et sur le plan symbolique, il touche à la mémoire postcoloniale, à la quête de dignité et à la légitimité des institutions héritées.

En vérité, le débat sur le franc CFA est le miroir des contradictions africaines : vouloir la souveraineté sans en assumer les disciplines internes.
Changer de monnaie n’aura de sens que si nous changeons notre rapport à la production, à la dépense publique et à la gouvernance.
Autrement, l’Eco ne serait qu’un rebranding monétaire, sans transformation économique réelle.

Finalement, le passage du franc CFA à l’Eco ne doit pas être vu comme un acte de rupture, mais comme un processus d’ajustement institutionnel vers une souveraineté monétaire effective.
Le véritable enjeu n’est pas de savoir quand l’Eco sera lancé, mais dans quelles conditions il sera viable.
Car sans discipline budgétaire, sans convergence macroéconomique et sans vision partagée du développement, aucune monnaie ne peut être souveraine — fût-elle rebaptisée Eco.

Lutte contre l’extrémisme violent : l’ONG Think Peace lance le projet « PACTE »

L’ONG Think Peace a procédé, le 22 octobre 2025, à l’École de maintien de la paix Alioune Blondin Beye de Bamako, au lancement officiel du Projet d’Action Communautaire pour la Transformation et la lutte contre l’Extrémisme violent (PACTE). Financé par le Fonds canadien d’initiatives locales (FCIL), ce projet sera mise en œuvre pendant 7 mois à Bamako, Ségou et Ménaka.

La cérémonie de lancement présidée par le secrétaire permanent de la Politique nationale de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme, Djoubeirou Oumarou Diallo,  s’est déroulée en présence de nombreuses organisations de la société civile.

Dans son intervention, Abdou Kola Bocoum, coordonnateur national de Think Peace, a rappelé que le projet PACTE s’inscrit dans un contexte marqué par une crise malienne devenue plus complexe, affaiblissant la cohésion sociale et la confiance entre les communautés.

« Le projet PACTE permettra d’intégrer au sein des groupements de femmes et de jeunes, des acteurs et actrices religieux, des mécanismes d’alerte précoce et des actions communautaires comme la sensibilisation, la médiation, le partage d’informations fiables et d’expériences pour prévenir l’extrémisme violent », a-t-il expliqué.

Il a souligné que cette initiative entend transformer les communautés en véritables acteurs de changement, capables de résister aux discours de haine et de promouvoir des alternatives fondées sur la solidarité, l’inclusion et la citoyenneté.

La chargée d’affaires de l’ambassade du Canada, Lee-Anne Hermann, a, quant à elle,  salué l’engagement de Think Peace et la portée du projet. Elle a invité les bénéficiaires à s’approprier cette initiative, avant de réaffirmer le soutien du Canada à la population malienne. « Le Canada continue son accompagnement à la population malienne, en particulier aux femmes et aux jeunes, qui sont les premières victimes de la crise », a-t-elle indiqué.

Pour sa part, le secrétaire permanent de la Politique nationale de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme, Djoubeirou Oumarou Diallo, a souligné la complémentarité du projet PACTE avec la stratégie nationale. Selon lui, l’approche adoptée par Think Peace illustre parfaitement la vision du gouvernement, qui privilégie des actions de proximité, inclusives et participatives.

« En misant sur la mobilisation des acteurs locaux et le renforcement de la résilience communautaire, le projet PACTE contribuera à la mise en œuvre effective de notre stratégie nationale », a-t-il affirmé.

Le projet PACTE repose sur la mobilisation des acteurs locaux autour de mécanismes endogènes de prévention des conflits et de renforcement de la cohésion sociale. À travers des formations, des dialogues communautaires et des actions de proximité, il vise à renforcer la résilience des populations de Bamako, Ségou et Ménaka face aux idéologies extrémistes et à favoriser la participation citoyenne dans la consolidation de la paix.

Son objectif global est d’encourager un dialogue intergénérationnel et intercommunautaire, de promouvoir une gouvernance inclusive et d’installer une culture de paix durable.

Mohamed Kenouvi

AFG Bank Mali lance le LCCP pour soutenir les entreprises locales du secteur minier

AFG Bank Mali a annoncé le lancement du Local Content Champion Program (LCCP), une initiative ambitieuse visant à renforcer la participation des sous-traitants et fournisseurs locaux dans le secteur minier malien.

​Doté d’une enveloppe de 100 milliards de FCFA, le programme vise à identifier, accompagner et valoriser des champions locaux à fort potentiel. Ces entreprises bénéficieront d’un appui structuré combinant financement sur mesure, renforcement des capacités et conseil en investissement. Les financements proposés incluent des mécanismes innovants tels que le leasing, l’affacturage, les garanties et des solutions de capital-risque.

​Le LCCP cible principalement les sous-traitants locaux opérant dans les services, la logistique, la sous-traitance ou la fourniture de biens liés aux opérations minières.

​À travers ce programme, AFG Bank Mali ambitionne de créer 2 000 emplois d’ici 2027 et de faire émerger une trentaine de champions nationaux.

​Le lancement officiel est prévu le 27 octobre 2025 à Bamako. Cette rencontre réunira les acteurs du secteur minier, les institutions publiques et les partenaires techniques.

Loulo-Gounkoto : la mine d’or redémarre après neuf mois d’arrêt

Suspendues depuis janvier 2025, les activités du complexe aurifère Loulo-Gounkoto, dans la région de Kayes, ont officiellement repris à la mi-octobre. Ce redémarrage met fin à plus de neuf mois d’interruption provoquée par un différend fiscal et contractuel entre l’État malien et la société Barrick Gold Corporation, jusque-là opératrice principale du site.

Selon plusieurs sources industrielles, la production a redémarré progressivement sous la supervision d’une administration provisoire malienne nommée en juin. Les premières extractions de minerai ont déjà repris sur la mine de Loulo, tandis que les opérations de traitement sont en phase de montée en puissance. Le complexe, considéré comme le plus important du pays, avait produit près de 723 000 onces d’or en 2024 avant la suspension des activités.

La reprise marque un tournant pour le secteur minier national, dont les recettes avaient connu une forte contraction au premier semestre 2025. Les autorités maliennes, qui entendent renforcer leur contrôle sur les ressources naturelles, affirment vouloir garantir la continuité de la production tout en renégociant les conditions d’exploitation pour mieux préserver les intérêts de l’État.

Barrick Gold, tout en réaffirmant sa volonté de dialogue, n’a pas encore annoncé de retour officiel à la gestion du site. Le complexe Loulo-Gounkoto emploie plusieurs milliers de travailleurs maliens et constitue l’un des piliers des exportations du pays. Sa relance devrait contribuer à stabiliser les revenus aurifères et à soutenir les réserves budgétaires dans un contexte économique tendu.

Hiérarchie militaire : Des changements au sommet pour une nouvelle dynamique

Trois officiers supérieurs prennent désormais la tête de postes stratégiques au sein des Forces armées. Cette réorganisation, décidée en Conseil des ministres, intervient dans un contexte sécuritaire tendu et traduit une volonté d’adaptation du commandement.

Le Conseil des ministres du 22 octobre 2025 a procédé à d’importants changements au sein de la hiérarchie militaire. Trois nouvelles figures ont été nommées à des postes clés de l’appareil de défense nationale. Le Général Élisée Jean Dao devient Chef d’état-major général adjoint des Armées, en remplacement du Général Kéba Sangaré. Le Général Toumani Koné prend la tête de l’Armée de Terre, succédant au Général Harouna Samaké, tandis que le Général Sambou Minkoro Diakité est désormais Directeur de la Sécurité militaire, en lieu et place du Général Nouhoum Ouattara.

Cette recomposition intervient dans un contexte marqué par la recrudescence des attaques armées, notamment contre les convois de ravitaillement et les infrastructures stratégiques. Elle s’inscrit dans une logique de redéploiement opérationnel visant à renforcer la discipline, le renseignement et la coordination sur le terrain. Selon plusieurs sources militaires, les profils choisis reflètent la priorité accordée à l’expérience du combat et à la maîtrise des réalités opérationnelles.

Le Général Élisée Jean Dao, ancien ambassadeur au Gabon et officier reconnu pour son rôle dans la bataille de Konna en 2013, est rappelé pour mettre son expérience au service du commandement central. Le Général Toumani Koné, ancien commandant de région militaire, est réputé pour sa connaissance du terrain et son approche tactique. Quant au Général Sambou Minkoro Diakité, ancien directeur de la Gendarmerie nationale, il hérite d’une direction sensible, celle du renseignement et de la sécurité militaire, pivot de la lutte contre les infiltrations et les défaillances internes.

Cette réorganisation du haut commandement marque une étape importante dans la stratégie de défense nationale. Elle intervient à un moment où l’armée concentre ses efforts sur la sécurisation des grands axes économiques et sur la stabilisation des zones en proie à l’insécurité. En confiant la direction des forces à des officiers de terrain, les autorités entendent renforcer la réactivité et la cohésion au sein des structures militaires, dans un contexte de guerre asymétrique où l’adaptation reste la clé de l’efficacité opérationnelle.

Innovation agricole : MITA 2025 mise sur la durabilité

Bamako accueille la 5ᵉ édition du Marché des Innovations et Technologies Agricoles (MITA), centrée sur la gestion intégrée des sols. La rencontre, présidée par le Premier ministre Abdoulaye Maïga, met l’accent sur la modernisation et la résilience du secteur agricole face aux changements climatiques.

La 5ᵉ édition du Marché des Innovations et Technologies Agricoles (MITA) s’est ouverte lundi 20 octobre 2025 à Bamako. La cérémonie d’inauguration, placée sous la présidence du Premier ministre Abdoulaye Maïga, marque également le lancement de la 2ᵉ édition du Prix d’Innovation Agricole Abdoulaye Touré. L’événement est organisé par le Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricoles (CORAF) autour du thème « Technologies et innovations agricoles pour la gestion intégrée des sols », selon les informations publiées par le CORAF.
Dans son allocution d’ouverture, le chef du gouvernement a rappelé l’importance stratégique du secteur agricole, qui contribue à 40 % du Produit Intérieur Brut, emploie plus de 70 % de la population active et représente la principale source de revenus pour 80 % des populations rurales. L’agriculture génère également près de 30 % des recettes d’exportation. Le Mali dispose, selon les chiffres officiels, de 43,7 millions d’hectares de terres agricoles utilisables dont 4,5 % seulement sont cultivés, et de 2,2 millions d’hectares aménageables exploités à 23,5 %. Le pays compte un cheptel estimé à 14 millions de bovins, 58 millions d’ovins et de caprins, 1,3 million de camelins et 63 millions de volailles, ainsi qu’un potentiel hydrique évalué à 70 milliards de mètres cubes d’eaux de surface et 2 720 milliards de mètres cubes d’eaux souterraines.
Le projet structurant « Farafinna Jiginɛ » — « Nourrir le Mali et la Sous-région » — a également été cité parmi les priorités du gouvernement. Inscrit dans la Stratégie Nationale pour l’Émergence et le Développement Durable (SNEDD) sur la période 2024-2033, il vise à renforcer la sécurité alimentaire nationale et régionale grâce à une production agricole accrue et durable.
Selon le CORAF, le MITA 2025 constitue une plateforme régionale destinée à promouvoir les pratiques écologiques et les innovations agricoles adaptées aux conditions sahéliennes. L’événement réunit durant cinq jours chercheurs, producteurs et entrepreneurs venus notamment du Burkina Faso, du Niger, du Ghana, du Sénégal, de la Sierra Leone, du Tchad et du Togo. Plus de cent technologies sont présentées, parmi lesquelles des biofertilisants, des systèmes de compostage rapide, du biochar et des capteurs intelligents destinés à améliorer la gestion des sols et la productivité agricole.
Le ministre de l’Agriculture, plusieurs membres du gouvernement, des représentants du secteur privé et des organisations paysannes ont pris part à la cérémonie. Les discussions s’articulent autour de panels techniques et de sessions de partenariat visant à renforcer la coopération scientifique et commerciale entre les pays de la sous-région. Selon les organisateurs, cette édition s’inscrit dans la continuité des efforts régionaux pour promouvoir des innovations capables de répondre aux défis conjoints de la dégradation des terres, de la sécurité alimentaire et du changement climatique en Afrique de l’Ouest.

Soudan : la guerre relance le trafic d’armes et redessine les routes du Sahel

La guerre entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide bouleverse les équilibres sécuritaires régionaux. Un rapport de la Global Initiative, publié le 19 octobre 2025, révèle comment ce conflit a ravivé un vaste commerce d’armes, reliant désormais le Soudan à tout le Sahel.

La guerre au Soudan ne se limite plus à Khartoum ou au Darfour. Depuis plus de deux ans, le fracas des combats entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR) résonne bien au-delà des frontières. Selon un rapport publié le 19 octobre 2025 par la Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC), le conflit a profondément réorganisé le trafic d’armes sur le continent africain.

L’étude décrit deux circuits parallèles d’approvisionnement. Le premier, officiel, repose sur des transferts soutenus par certains États alliés du gouvernement soudanais. Des convois militaires, des avions cargos et la redistribution d’arsenaux existants alimentent directement les forces en présence. Le second réseau, informel, se nourrit des routes anciennes du commerce saharien, animées par des trafiquants, des familles transfrontalières et des groupes criminels. Ces filières, réactivées par la guerre, passent par le Darfour, l’est du Tchad et le sud de la Libye, avant d’atteindre le Niger et parfois le Mali.

Les marchés tchadiens et libyens regorgent aujourd’hui d’armes plus modernes et plus puissantes qu’avant le conflit. Le rapport cite notamment la mitrailleuse DShKM, version modernisée d’un modèle soviétique, vendue jusqu’à 11 400 dollars dans la zone frontalière entre l’Algérie, la Libye et le Niger. Trois villes du Tchad — Tiné, Abéché et Adré — sont devenues des plaques tournantes du commerce illégal. De là, les cargaisons prennent la direction de l’ouest, rejoignant les routes du désert qui traversent le Niger avant d’alimenter les marchés du Sahel.

Pour la Global Initiative, ces flux ne se limitent pas à une logique de contrebande. Ils traduisent la naissance d’une économie de guerre continentale, où acteurs étatiques et réseaux criminels se croisent et se complètent. La guerre du Soudan agit comme un catalyseur, réactivant des circuits anciens et en ouvrant de nouveaux.

Le phénomène inquiète les observateurs régionaux. Les armes issues du conflit soudanais se retrouvent déjà entre les mains de groupes armés opérant au Mali et au Niger, deux pays fragilisés par la multiplication des insurrections et des zones échappant au contrôle de l’État. Cette circulation transfrontalière complexifie la lutte contre le terrorisme et renforce les économies parallèles dans un espace déjà saturé de trafics.

Derrière ces flux invisibles, c’est une autre géographie du pouvoir qui se dessine. Le Soudan devient le point d’origine d’un système où chaque cargaison nourrit un nouvel affrontement. Dans ce vaste marché de la survie et des armes, le Sahel n’est plus une destination finale, mais une extension naturelle d’un conflit devenu continental.

Mali–Sahel, la paix sous écoute : quand les populations reprennent la parole

Un rapport d’Oxfam révèle la réalité vécue par les civils du Mali et du Sahel face à la violence persistante. Derrière les bilans diplomatiques, une parole s’élève pour réclamer une paix adaptée aux réalités locales, plus humaine et plus inclusive.

Les civils du Mali, comme ceux du Sahel en général, vivent au cœur d’une insécurité chronique où les armes dictent souvent la loi. Le rapport Seen but Not Heard, publié par Oxfam en octobre 2025, plonge dans leur quotidien. Il s’appuie sur les témoignages de 1 601 personnes réparties entre le Mali, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud, dont 765 femmes et 836 hommes. L’enquête, menée entre juillet 2024 et mars 2025, restitue leurs expériences face aux acteurs censés les protéger.

Au Mali, les récits recueillis montrent à quel point la population reste prise entre plusieurs forces. Toutes jouent un rôle, mais la confiance qu’on leur accorde varie d’un village à l’autre. Beaucoup de Maliens disent avoir perdu foi dans un système qui promet la paix sans la livrer.

L’exemple de la MINUSMA, déployée de 2013 à 2023, illustre cette ambivalence. Dans le nord, notamment à Gao, plusieurs habitants reconnaissent que la mission a contribué à stabiliser certaines zones et à créer de l’emploi. Plus au centre, dans les régions de Mopti et de Ségou, la perception est tout autre : les habitants se disent déçus d’une présence jugée distante et trop bureaucratique. Certains estiment que les casques bleus n’ont pas su écouter les besoins des populations ni s’adapter à leurs priorités.

Depuis son départ, les Maliens oscillent entre fierté et inquiétude. Fierté, parce que la fin de la mission est perçue par une partie de l’opinion comme un acte de souveraineté retrouvée. Inquiétude, parce que l’État reste fragile et que la protection des civils repose souvent sur des initiatives locales. Dans plusieurs localités, Oxfam a observé la montée de comités de veille, de groupes de médiation et de collectifs de femmes qui préviennent les tensions ou réparent les liens entre communautés. Ces structures, parfois soutenues par des ONG, s’imposent comme des relais essentiels de la cohésion sociale.

Le rapport situe ce phénomène dans un contexte régional plus large. À travers tout le Sahel, la confiance envers les forces internationales s’est érodée. Les missions onusiennes, tout en ayant contribué à contenir la violence, ont fini par se heurter aux attentes de populations qui veulent désormais construire leur propre sécurité. Dans le même temps, les États revendiquent un contrôle total de leurs territoires, préférant miser sur des partenariats bilatéraux ou sur des forces régionales.

Oxfam conclut que le modèle actuel du maintien de la paix est à bout de souffle. Les populations ne rejettent pas l’idée d’une présence internationale, mais elles réclament d’être entendues. Pour beaucoup de Maliens, la paix ne viendra pas d’un mandat ni d’une base militaire, mais d’une écoute plus attentive et d’un soutien réel aux initiatives communautaires.

Au-delà des institutions, ce sont donc les habitants du Sahel qui, malgré la fatigue et les blessures, réinventent la paix à leur manière — avec les moyens du bord, et la volonté farouche de continuer à vivre.

UFOA A U17 : le Sénégal reprend la couronne

Les jeunes Lionceaux du Sénégal ont battu le Mali en finale du tournoi de la zone Ouest A U17, renouant avec le titre. Cette victoire confirme leur domination régionale.

La grande finale du tournoi U17 de la zone Ouest A (UFOA A), disputée samedi 18 octobre 2025 à Bamako, a opposé le Mali, pays hôte, à son voisin sénégalais. Le Sénégal est reparti vainqueur sur le score de 2-0. L’affiche, attendue depuis la phase de groupes, a tenu toutes ses promesses sur le plan de l’engagement et de l’intensité. Le Mali avait su éliminer la Guinée en demi-finale, ce qui lui avait ouvert la voie vers cette finale.
Le Sénégal, quant à lui, avait assuré sa présence en finale et obtenu son ticket pour la phase finale de la CAN U17.
Dès l’entame, les Sénégalais ont affiché une volonté ferme d’imposer leur rythme, et ils ont pris l’avantage avant la pause. En seconde période, gardant un bloc compact et profitant d’espaces dans la défense malienne, ils ont su creuser l’écart. Le public malien, venu nombreux, a senti filer l’occasion d’un sacre à domicile. Cette victoire marque un retour au sommet pour le Sénégal dans cette catégorie, qui avait déjà pris le trophée l’an dernier. L’édition 2024 avait vu, en effet, le Sénégal s’imposer face au Mali après prolongation et tirs au but.
Pour le Mali, cette finale perdue reste un coup d’arrêt après une compétition solide. Le fait d’accueillir l’évènement et de se hisser jusqu’à la finale laisse entrevoir un potentiel qu’il faudra traduire en victoire prochaine. Le Sénégal, de son côté, confirme que son travail de formation produit déjà des résultats tangibles à l’échelle régionale.

Coupes CAF : Stade Malien accroche le nul en Mauritanie, Djoliba s’impose à Ouagadougou

Le week-end du 18–19 octobre 2025 a souri aux représentants maliens sur la scène africaine, avec un nul obtenu par le Stade Malien chez le FC Nouadhibou et une victoire de Djoliba AC sur la pelouse de l’USFA. Les deux confrontations ne sont qu’à mi-parcours et ouvrent la voie à des retours brûlants à Bamako pour la qualification en phase de groupes.

En Ligue des champions CAF, le Stade Malien a ramené un résultat de parité de son déplacement à Nouadhibou, en Mauritanie. La première manche s’est jouée le dimanche 19 octobre 2025 en nocturne et s’est terminée sur le score de 1–1, un résultat qui laisse l’issue totalement ouverte avant le match retour à Bamako. La CAF a fixé la fenêtre des deuxièmes manches du deuxième tour préliminaire entre le 24 et le 26 octobre 2025 ; la programmation indique un retour Stade Malien – FC Nouadhibou au stade du 26 Mars le dimanche 26 octobre 2025. Le vainqueur de cette double confrontation accédera à la phase de groupes de la Ligue des champions.

En Coupe de la Confédération, Djoliba AC a pris une option en s’imposant 1–0 à Ouagadougou face à l’US Forces Armées le dimanche 19 octobre 2025. Comme pour la C1, la CAF encadre les retours du deuxième tour préliminaire du 24 au 26 octobre ; la feuille de route prévoit un Djoliba AC – USFA au stade Mamadou-Konaté le vendredi 24 octobre 2025. Là encore, l’enjeu est limpide : la qualification offrira une place en phase de groupes de la compétition.

Concours de reportage humanitaire : la Croix-Rouge malienne récompense les lauréats de la première édition  

La Croix-Rouge malienne a distingué le 16 octobre 2025 les lauréats de la première édition du Concours de reportage humanitaire, organisé à l’occasion du soixantième anniversaire de l’institution. La cérémonie s’est tenue au siège de la Croix-Rouge à Bamako, sous le haut parrainage du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’administration.

Ce concours avait pour objectif de promouvoir un journalisme engagé au service de l’humanité. Il portait sur des thématiques essentielles telles que la réponse aux urgences humanitaires, la santé communautaire et les premiers secours, le volontariat, l’engagement des communautés et l’adaptation aux effets du changement climatique.

À travers cette initiative, la Croix-Rouge malienne souhaite mettre en lumière les réalités du terrain, donner la parole à ceux que l’on entend peu et valoriser le rôle déterminant des médias dans la construction d’une société plus solidaire.

Quatre journalistes se sont distingués dans leurs domaines respectifs : Jessica Dembélé de *L’Essor* pour la presse écrite, Imirana Maïga de *Studio Tamani* pour la radio, Cheick Oumar Mariko de *Joliba TV* pour la télévision et Amadou Kodio d’*Afrikinfos* pour la presse en ligne. Chacun a reçu en récompense un ordinateur portable et un trophée symbolisant son engagement.

« Ce prix, au-delà de la distinction, est une véritable source de motivation, a confié Imirana Maïga, porte-parole des lauréats. Il nous encourage à continuer à produire des contenus de qualité capables de sensibiliser les populations et d’interpeller les décideurs sur les grands défis humanitaires et environnementaux de notre pays ».

La présidente de la Croix-Rouge malienne, Assitan Traoré, a félicité les lauréats pour leur travail et leur engagement. Selon elle, leurs productions rendent compte avec fidélité des réalités vécues sur le terrain et contribuent à renforcer la conscience collective.

« Vos récits sont des ponts entre les réalités du terrain et la conscience collective. Vous êtes, à votre manière, des humanitaires de l’information », a-t-elle souligné.

Le chef de cabinet du ministère de la Communication, Mohamed Ag Albachar, a pour sa part salué l’engagement de la Croix-Rouge malienne en faveur d’une information plus responsable et plus proche des citoyens. Il a rappelé que son département attache une attention particulière à toute initiative visant à élever la qualité de l’information et à encourager une parole libre, professionnelle et porteuse de sens, avant de féliciter les lauréats et les membres du jury.

Mohamed Kenouvi

Projets sanitaires : l’Union européenne appuie la préparation du Mali face aux urgences

Le ministère de la Santé et du Développement social, la Délégation de l’Union européenne au Mali et l’Organisation mondiale de la Santé ont lancé, ce mercredi, une nouvelle initiative destinée à renforcer les capacités nationales de préparation et de réponse aux urgences sanitaires.

Ce projet, financé par la Direction générale de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire de l’Union européenne (DG ECHO), s’inscrit dans le cadre du programme SURGE de renforcement de la résilience des systèmes de santé. Il prévoit la création d’une Équipe médicale d’urgence nationale (EMU) capable d’intervenir dans un délai maximal de 72 heures en cas de catastrophe ou d’épidémie.

La Chargée d’affaires de l’Union européenne au Mali, Bettina Muscheidt, a rappelé que cette initiative illustre une priorité humanitaire de l’UE : « accompagner nos partenaires dans la transition entre réponse d’urgence et préparation, afin d’anticiper les crises ». Elle a souligné que ce projet intervient dans un contexte marqué par des défis persistants — insécurité, déplacements de population, épidémies et effets du changement climatique — et qu’il contribuera à une réponse nationale rapide, efficace et coordonnée au bénéfice des populations les plus vulnérables.

La ministre de la Santé et du Développement social, le médecin colonel-major Assa Badiallo Touré, a salué l’appui constant de l’Union européenne et de l’OMS dans le renforcement du système sanitaire malien. Elle a indiqué que cette initiative permettra de mieux structurer les interventions d’urgence, d’assurer la disponibilité des ressources médicales essentielles et de consolider la coordination entre les acteurs de santé publique.

Le projet EMU – Équipes médicales d’urgence couvrira l’ensemble des régions sanitaires du Mali, ainsi que les points d’entrée frontaliers. Sa mise en œuvre, prévue de juin 2025 à juin 2027, vise à renforcer la formation, l’équipement et la préparation opérationnelle des équipes nationales et régionales.

La Mauritanie, le Mali et plusieurs autres pays de la région bénéficient de ce programme dans le cadre d’une approche sous-régionale soutenue par l’Union européenne et l’Organisation mondiale de la Santé.

Mali – Madagascar : les Aigles plient l’affaire, cap sur la CAN 2025

Victoire nette 4–1 à Bamako pour conclure les éliminatoires. Un test décisif avant la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc.

Le Mali a dominé Madagascar 4–1, dimanche 12 octobre 2025 au Stade du 26-Mars à Bamako. Le tableau des buteurs malien affichair Lassine Sinayoko (doublé), Néné Dorgelès et Gaoussou Diarra dans les arrêts de jeu, après que J. N’Zi ait réduit l’écart pour Madagascar à la 90ᵉ minute.

Malgré cette victoire, le Mali était éliminé avant la dernière journée. Madagascar totalisait 19 points contre 15 pour les Aigles. Le Ghana, pour sa part, s’est imposé 1–0 face aux Comores et a validé sa qualification pour le Mondial 2026, verrouillant ainsi l’enjeu du haut du groupe.

Le technicien belge Tom Saintfiet, en poste depuis 2024, a utilisé cette rencontre comme un banc d’essai pour ajuster ses choix tactiques à quelques semaines de la CAN 2025. Il a pu tester des associations offensives, faire des rotations et observer la capacité de son collectif à maîtriser les temps faibles.

Pour Madagascar, la défaite brise partiellement les espoirs. Les Bareas comptent désormais sur les résultats d’autres groupes. Leur avenir dépend du classement des meilleurs deuxièmes et d’un mini-tournoi qualificatif qui n’est pas encore défini.

Le Mali tourne désormais ses regards vers la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc. Cette dernière rencontre, jouée dans un climat de répétition, aura permis d’éprouver des pistes tactiques et de renforcer la cohésion collective en vue d’un objectif à savoir décrocher enfin un premier titre continental.

France : Sébastien Lecornu reconduit mais déjà fragilisé malgré ses gestes d’ouverture

Le nouveau gouvernement peine à trouver sa stabilité malgré les appels au dialogue. Les gestes d’apaisement du Premier ministre ne suffisent pas à dissiper les menaces politiques qui planent sur Matignon.

Sébastien Lecornu a été reconduit à la tête du gouvernement le 10 octobre 2025, moins d’un mois après la chute de son premier cabinet. Le président de la République lui a renouvelé sa confiance dans un contexte de forte tension parlementaire. Le chef du gouvernement a tenté de composer une équipe plus large, intégrant des personnalités venues du centre droit et du centre gauche, tout en conservant la ligne politique de la majorité présidentielle. Cette ouverture, présentée comme une main tendue, visait à consolider une coalition plus stable et à ramener une forme de sérénité institutionnelle.

Malgré ces ajustements, le climat demeure incertain. Le gouvernement ne dispose toujours pas d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale et reste dépendant de soutiens ponctuels. Les discussions engagées avec les différentes formations politiques n’ont pas permis d’aboutir à un accord durable. Les principaux partis d’opposition, notamment la France insoumise et le Rassemblement national, ont réaffirmé leur refus catégorique de toute collaboration. Du côté du Parti socialiste, le dialogue engagé avec Matignon n’a pas débouché sur un compromis. Le PS a maintenu la possibilité d’une motion de censure si ses demandes sur les salaires, la fiscalité et la protection sociale ne trouvaient pas d’écho.

Dans ce contexte, la fragilité du nouvel exécutif reste manifeste. Chaque vote important, à commencer par celui du budget 2026, pourrait devenir une épreuve décisive. Les appels de Sébastien Lecornu à la responsabilité collective n’ont pour l’heure pas inversé la dynamique. L’Assemblée demeure fragmentée, partagée entre des blocs politiques irréconciliables. Les Républicains se montrent divisés, certains élus refusant tout rapprochement tandis que d’autres privilégient une abstention de prudence. Le parti Horizons, dirigé par Édouard Philippe, participe au gouvernement mais conserve une attitude critique, demandant davantage de concertation et de visibilité dans les arbitrages.

La composition du nouveau cabinet illustre cette volonté d’équilibre. Autour de Sébastien Lecornu figurent des ministres issus de Renaissance, du MoDem et d’Horizons, mais aucun représentant des forces d’opposition. Laurent Nuñez conserve l’Intérieur, Roland Lescure reprend l’Économie et Catherine Vautrin s’installe aux Armées. Jean-Noël Barrot, proche d’Édouard Philippe, hérite des Affaires étrangères tandis que Monique Barbut prend la Transition écologique. Cette configuration traduit une ouverture limitée, davantage centrée sur la consolidation du socle présidentiel que sur un véritable élargissement politique.

Les signes d’apaisement envoyés par le Premier ministre n’ont pas suffi à désamorcer les tensions. L’abandon de certaines mesures contestées et les engagements symboliques autour du dialogue social n’ont pas convaincu une opposition qui reste vigilante. Le climat parlementaire demeure tendu, et la possibilité d’une censure n’est pas écartée. Le gouvernement, reconduit à peine installé, évolue dans un équilibre précaire entre concessions mesurées et nécessité de gouverner.

 

Sous la lumière d’un second mandat à haut risque, Sébastien Lecornu tente de préserver l’autorité de l’exécutif tout en évitant une nouvelle crise politique. Le temps dira si ces gestes d’ouverture suffiront à stabiliser un pouvoir en quête de souffle dans un paysage politique plus fragmenté que jamais.

Mali/États-Unis : Bamako réplique à la caution de visa imposée par Washington

Dans un communiqué en date du 11 octobre, le gouvernement malien a dénoncé la nouvelle mesure américaine exigeant une caution de plusieurs milliers de dollars pour les demandeurs maliens de visas B-1 et B-2. Le Mali annonce en réponse l’instauration d’un régime similaire pour les citoyens américains, au nom de la réciprocité diplomatique.

 

Bamako, 12 octobre 2025 — Les relations entre Bamako et Washington traversent une zone de turbulence depuis l’annonce par les autorités américaines d’un programme pilote imposant une caution aux ressortissants maliens sollicitant un visa d’affaires ou de tourisme. Selon la réglementation publiée au Federal Register le 8 octobre, cette caution remboursable, d’un montant variable de 5 000, 10 000 ou 15 000 dollars, sera exigée à compter du 23 octobre dans les consulats américains.

 

Le ministère malien des Affaires étrangères a aussitôt réagi, jugeant la décision américaine « unilatérale » et « contraire aux dispositions de l’accord bilatéral sur les visas de longue durée à entrées multiples », en vigueur depuis 2005. Dans son communiqué, Bamako affirme avoir « pris acte » de la mesure, tout en annonçant « l’instauration d’un programme de visa identique », appliquant aux citoyens américains les mêmes conditions financières et administratives.

 

Du côté américain, le Département d’État justifie cette réforme par la nécessité de lutter contre les dépassements de séjour et de renforcer la conformité des visas temporaires. La mesure s’accompagne d’un nouveau droit baptisé Visa Integrity Fee (VIF), d’un montant de 250 dollars, instauré depuis le 1ᵉʳ octobre 2025 pour la majorité des visas non-immigrants. Le droit de demande standard reste fixé à 185 dollars et la durée de validité à 60 mois à entrées multiples pour les demandeurs maliens.

 

Les titulaires de ces visas devront désormais entrer et sortir des États-Unis exclusivement par les aéroports de Boston (BOS), New York (JFK) ou Washington Dulles (IAD), selon les directives publiées sur Travel.State.Gov.

 

À Bamako, les autorités estiment que cette nouvelle procédure complique inutilement les démarches pour les voyageurs maliens. Le ministère rappelle que le pays « a toujours collaboré avec les États-Unis d’Amérique dans la lutte contre l’immigration irrégulière, dans le respect du droit et de la dignité humaine ». En soulignant sa volonté de maintenir « des relations de coopération fructueuses fondées sur le dialogue et le respect mutuel », le gouvernement malien affirme cependant son attachement au principe de souveraineté et d’équilibre dans ses relations extérieures.

 

Au-delà de l’aspect consulaire, cette controverse illustre la nouvelle dynamique diplomatique engagée par Bamako, qui défend une approche plus affirmée face à ses partenaires traditionnels. Dans un contexte international marqué par le durcissement des politiques migratoires occidentales, la réciprocité décidée par le Mali se veut un signal politique fort : celui d’un État qui entend faire respecter ses accords et traiter d’égal à égal avec ses interlocuteurs.

 

Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a encore été publiée par le Département d’État américain ou l’ambassade des États-Unis à Bamako. Mais dans les milieux diplomatiques, l’affaire est suivie de près, tant ses implications dépassent la seule question des visas. Elle met à l’épreuve la solidité d’une coopération ancienne, fondée sur la sécurité, le développement et la mobilité, et ouvre un nouveau chapitre dans la relation entre les deux capitales.

Mort de Boubacar Demougui : un coup dur pour l’État islamique au Sahel  

Le 8 octobre 2025, les Forces armées de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont réalisé une frappe aérienne décisive à Inarabane, une localité située au sud-ouest de Ménaka, visant l’État islamique au Sahel (EIS). Cette opération a permis de neutraliser plusieurs responsables de premier plan du groupe, parmi lesquels Boubacar Demougui, chef redouté de la branche locale de l’EIS et principal acteur de la terreur au nord du Mali.

Dans la matinée du 8 octobre, les forces de l’AES ont mené une frappe stratégique, en se basant sur des renseignements fiables et confirmés. Des drones ont ciblé une réunion de commandement de l’EIS dans la zone d’Inarabane. Cette intervention a permis d’éliminer plusieurs responsables de l’organisation, dont Boubacar Demougui, adjoint direct de l’émir Issa Barrey et un acteur central du dispositif militaire du groupe dans la région.
Boubacar Demougui, originaire du nord de Ménaka, dirigeait depuis plusieurs années les opérations sur un large secteur s’étendant de Tidermène à Ikadewan, en passant par Tedjererte. Il était responsable de la gestion logistique des unités combattantes et de la coordination des ressources du groupe. Sa réputation de violence s’est particulièrement renforcée après qu’il ait exécuté, en 2022, Sidi Barka, le président de la société civile de Ménaka, un crime qui avait profondément affecté la population locale.
L’opération a également permis de neutraliser plusieurs de ses lieutenants, dont Ismaël Ould Habib Ould Choghib et Ahmed Ould Alwane Ould Choghib. Ces derniers, également actifs dans la région de Ménaka, étaient impliqués dans de nombreuses exactions contre les civils et dans des enlèvements d’otages, incluant une ressortissante suisse et une autrichienne, capturées entre Agadez et Ménaka. Selon les renseignements, ces individus participaient à une réunion de coordination au moment de l’attaque.
Boubacar Demougui, connu pour sa mobilité et son expertise tactique, était l’un des stratèges les plus redoutés de l’EIS dans la région du Sahel. Il avait pris part à plusieurs attaques majeures, notamment l’embuscade de Tongo Tongo au Niger en 2017, l’attaque du camp d’Indelimane en 2019 et l’assaut sur Labbezanga en 2023. Sa mort est considérée comme un succès militaire majeur par les forces de l’AES, affaiblissant la structure de commandement de l’EIS dans le nord du Mali, déjà fragilisée par les actions militaires récentes menées à Ménaka et à Gao.
Au-delà de son impact militaire, cet événement a une portée symbolique importante dans la lutte psychologique contre les groupes armés. Dans une région marquée par la terreur, l’élimination de l’un des responsables les plus cruels de la violence pourrait bien marquer un tournant. Cependant, les autorités demeurent prudentes. Bien que cette victoire porte un coup sévère à l’appareil de l’EIS, la menace reste présente, les réseaux de soutien restant opérationnels et susceptibles de se réorganiser rapidement.