La décision prise par la mairie de Kati d’interdire la circulation des grosses cylindrées et des motos aux tuyaux bruyants mérite d’être saluée. Elle répond à une réalité quotidienne que beaucoup de citoyens subissent en silence. Il s’agit du vacarme volontaire de certains engins, souvent modifiés, parfois même de simples motos dites Jakarta, dont les pots sont percés ou trafiqués pour produire un bruit agressif.
Cette mesure ne devrait toutefois pas rester isolée. Bamako et les communes voisines connaissent le même phénomène, avec des passages nocturnes, des accélérations brusques et des nuisances capables de troubler le sommeil, d’effrayer les enfants, de provoquer stress, palpitations, irritabilité ou aggravation de troubles cardiovasculaires chez les personnes fragiles. La sécurité publique demeure une priorité, surtout dans la période actuelle, mais la préservation de la santé et de la tranquillité des populations relève aussi de la responsabilité des autorités.
Le Mali dispose déjà d’un cadre juridique. La loi relative aux pollutions et nuisances, le décret sur la gestion des pollutions sonores et les dispositions du Code pénal interdisant les bruits portant atteinte au repos, à la tranquillité ou à la santé offrent une base suffisante pour agir. Le problème se situe donc moins dans l’absence de textes que dans leur application régulière.
Il faut désormais aller plus loin en contrôlant les pots modifiés, en sanctionnant les récidivistes, en sensibilisant les jeunes conducteurs et en étendant la mesure aux zones les plus exposées, notamment les quartiers, les écoles et les hôpitaux. Le bruit inutile n’est pas une démonstration de liberté. C’est une violence imposée aux autres.

