Dans cet entretien, le Commandant Djibrilla Maïga, Chef d’Escadron et sous-directeur des Relations publiques de la DIRPA, revient sur les attaques coordonnées du 25 avril 2026, sur la situation sécuritaire sur le terrain, le redéploiement des FAMa à Kidal et les menaces pesant sur les axes routiers. Propos recueillis par Mohamed Kenouvi
Que visaient les groupes terroristes lors des attaques du 25 avril 2026 ?
Ce funeste projet, savamment orchestré, visait à attenter à la vie de nos autorités. Les terroristes avaient mobilisé plusieurs véhicules kamikazes. Un premier véhicule était destiné au domicile du ministre d’État, ministre de la Défense et des Anciens combattants, le général d’armée Sadio Camara, tandis qu’un second visait la résidence du Chef de l’État et Chef suprême des armées, le général d’armée Assimi Goïta. Grâce à la promptitude et à la réactivité de nos éléments, une riposte vigoureuse a permis de contenir la menace et de neutraliser le véhicule.
Quelle est la situation qui prévaut aujourd’hui sur le terrain ?
La menace demeure présente, avec des tentatives de réorganisation des groupes terroristes. Cependant, la vigilance de nos militaires sur le terrain, les surveillances aériennes menées par les drones et l’aviation, ainsi que les frappes effectuées, contribuent à désorganiser leurs manœuvres. Nous pouvons également noter les reconnaissances offensives menées par les troupes au sol. Toutes ces actions traduisent une maîtrise de la situation.
Qu’en est-il de Kidal ?
Concernant la région de Kidal, nous sommes en train de réarticuler notre dispositif à travers le repositionnement de certaines unités, conformément au principe de concentration des forces. Il s’agit d’une véritable stratégie de guerre. Face à plus de 10 000 combattants terroristes mobilisés de l’intérieur comme de l’extérieur, nous devons adapter nos méthodes afin de préserver la vie de nos hommes et de préparer la reconquête. Nos éléments sont notamment positionnés à Anéfis et Aguelhok en vue d’une réorganisation et d’une occupation sereine du territoire national. À Labbezanga, le rétablissement du dispositif est effectif.
Le JNIM a annoncé un blocus sur Bamako. Que fait l’armée face à cette menace ?
L’ennemi, désorienté, tente de perturber les axes routiers autour de Bamako à travers des modes d’action complexes, assortis d’infiltrations. Cependant, grâce à l’engagement et à la détermination de nos hommes, les axes Ouelessebougou–Bougouni et Ségou–Bamako restent praticables. Toutefois, les routes de Kayes et de Kita constituent aujourd’hui les principaux axes d’efforts des terroristes. Des opérations sont actuellement en cours pour les sécuriser. Les FAMa restent déterminées à assurer l’approvisionnement du pays en carburant, même au prix de leur sang.


