Mali-Mètre 2026 : le sentiment d’amélioration recule, l’espoir demeure

Plus d’une personne interrogée sur deux estime que la situation générale du pays s’est améliorée au cours des douze derniers mois. Cette perception recule toutefois de 14,2 points en un an, tandis que les attentes restent fortes en matière de sécurité, d’emploi et de services essentiels.

La Friedrich-Ebert-Stiftung (FES) Mali a rendu publics, mercredi 19 août à l’Azalaï Hôtel Salam de Bamako, les résultats de la 17ᵉ édition de son sondage d’opinion politique « Mali-Mètre ». L’enquête offre une analyse approfondie des perceptions citoyennes sur la situation sécuritaire, l’économie, la gouvernance, la justice et la coopération internationale.
Mali-Mètre est un instrument d’analyse et de sondage d’opinion sociopolitique. Mis en place par la FES depuis 2012, il mesure régulièrement les perceptions des citoyens concernant la politique, l’économie, la sécurité et la vie sociale. Il vise à recueillir les opinions et les attentes de la population afin d’aider les dirigeants, les élus et la société civile à mieux orienter les actions publiques.
L’édition 2026 a connu plusieurs innovations, notamment la mise en place d’un comité scientifique composé d’experts en science politique, en sociologie, en enquêtes quantitatives et en conseil en politiques publiques. Selon Abdourhamane Dicko, directeur de Programmes à la FES Mali, ce comité a contribué à la révision de la méthodologie et du questionnaire.
Les résultats présentés reposent sur les réponses de 2 220 personnes âgées de 18 ans ou plus, interrogées du 10 au 24 avril 2026 dans le district de Bamako et dix capitales régionales : Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Kidal, Taoudenni et Ménaka. L’échantillonnage a été réalisé selon la méthode des quotas, en tenant compte du sexe, de l’âge et du niveau d’instruction.
Ces données reflètent les perceptions des populations vivant dans les villes couvertes. Le rapport précise qu’elles sont représentatives de ces capitales régionales et du district de Bamako, et non de l’ensemble du territoire national ou de toutes les populations des régions concernées.
Une amélioration moins ressentie
Le rapport fait apparaître un contraste dans l’opinion. Si la confiance envers les autorités de la Transition et les forces de défense et de sécurité reste élevée, l’appréciation positive de la situation générale du pays connaît un recul.
Selon les résultats, 54,5 % des personnes interrogées estiment que la situation s’est améliorée au cours des douze derniers mois, contre 68,7 % en 2025. Le recul atteint ainsi 14,2 points en un an. Pour 22,5 %, la situation est restée stable, tandis que 22,4 % jugent qu’elle s’est détériorée.
Parmi les personnes qui constatent une amélioration, 40,7 % l’expliquent principalement par la baisse de l’insécurité. La diminution des actes terroristes est citée par 11,4 %, devant le retour d’un sentiment de paix et de quiétude, à 6,2 %, et la présence des militaires et des patrouilles, à 5,6 %.
Le volet sécuritaire recueille un niveau élevé de satisfaction. Près de trois quarts des personnes interrogées, soit 74,6 %, estiment que l’insécurité a diminué dans leur région au cours des trois mois précédant l’enquête. Les forces de défense et de sécurité bénéficient également de 94,2 % de satisfaction, dont 63,1 % de personnes très satisfaites.
Les préoccupations restent cependant fortes dans le domaine économique. Parmi les personnes estimant que la situation générale s’est détériorée, 21,6 % citent la cherté de la vie, 16,7 % les délestages, 14,8 % la crise du carburant et 10,1 % la dégradation des conditions de vie.
La crise du carburant a particulièrement pesé sur le quotidien. Parmi ses conséquences, la hausse du coût de la vie est citée par 77,6 % des femmes et 72,3 % des hommes. Le ralentissement de l’économie est également relevé par 59,5 % des femmes et 67 % des hommes.
L’accès à l’électricité constitue un autre point de forte insatisfaction. Au total, 66 % des personnes interrogées s’en déclarent insatisfaites, contre 28,9 % qui expriment leur satisfaction. Le taux d’insatisfaction atteint notamment 87,8 % à Bamako, 90,8 % à Mopti, 97,8 % à Tombouctou et 97,7 % à Gao.
Interrogées sur les principaux défis du pays, les personnes sondées placent l’insécurité en tête avec 39,6 %. Elle est suivie du terrorisme à 37,3 %, de la crise du carburant à 36,7 %, du chômage des jeunes à 36 % et des délestages à 34,9 %. Parmi les actions immédiates attendues du gouvernement figurent la lutte contre l’insécurité, la création d’emplois, la gestion des délestages et le développement de l’agriculture.
Des soutiens élevés, des attentes persistantes
Le soutien à la Transition demeure élevé. Au total, 88,5 % des personnes interrogées se disent satisfaites de sa gestion, malgré un recul de 2,2 points par rapport à 2025. Le gouvernement recueille, pour sa part, 78,8 % de satisfaction.
Invitées à choisir, entre le président de la Transition, le gouvernement et le Conseil national de Transition, l’acteur auquel elles accordent le plus leur confiance, 72,1 % des personnes interrogées désignent le président Assimi Goïta. Ce résultat était de 86 % en 2024, soit une baisse de 13,9 points en deux ans.
Sur le plan de la coopération internationale, 62 % des personnes interrogées déclarent avoir beaucoup confiance en la Russie pour aider le Mali à retrouver son intégrité territoriale. Une autre proportion de 24,3 % affirme lui faire un peu confiance. Le niveau cumulé atteint ainsi 86,3 %.
L’Alliance des États du Sahel bénéficie également d’un soutien marqué. La création de la Confédération recueille 84,3 % de satisfaction. Par ailleurs, 59,8 % des personnes interrogées citent l’AES comme la principale institution avec laquelle le Mali devrait entretenir un bon partenariat, devant l’Union africaine, les BRICS et l’UEMOA.
Les résultats révèlent aussi un recul de la perception d’un niveau élevé de corruption. La proportion des personnes qui jugent la corruption élevée est passée de 81,5 % en 2022 à 36,8 % en 2026. Cette évolution traduit un changement de perception et non une mesure directe de l’ampleur réelle du phénomène.
La justice demeure, en revanche, un sujet de préoccupation. Le niveau de confiance s’établit à 46,7 %, contre 75,1 % en 2025, soit une chute de 28,4 points. Parmi les personnes qui expriment un manque de confiance, 76,8 % évoquent la corruption au sein de la justice. La longueur et le coût des procédures, ainsi que leur méconnaissance par une partie de la population, ressortent également dans plusieurs villes couvertes par l’enquête.
Malgré les difficultés économiques et sociales exprimées, l’espoir reste solidement ancré. Au total, 77,7 % des personnes interrogées pensent que la situation du pays s’améliorera au cours des six prochains mois. Elles sont également 79,3 % à estimer que leurs enfants auront un meilleur niveau de vie.
Le retour de la paix et de la sécurité constitue leur premier souhait pour l’avenir, avec 78,9 %. Viennent ensuite l’emploi pour les jeunes, cité par 43,4 %, la relance de l’économie à 39,1 % et de bonnes récoltes accompagnées d’une meilleure sécurité alimentaire à 36,9 %.
L’enquête comporte néanmoins des limites relevées par ses auteurs. Elle couvre uniquement le milieu urbain et ne prend pas en compte les zones rurales ni toutes les nouvelles régions administratives. Ses résultats constituent une photographie de l’opinion au moment de la collecte et peuvent évoluer rapidement en fonction du contexte.
Les opérations de terrain se sont achevées le 24 avril 2026, soit juste avant les attaques complexes survenues le 25 avril dans plusieurs localités du pays. Les effets de ces événements sur les perceptions de la population ne sont donc pas pris en compte dans cette 17ᵉ édition.
Joseph Amara Dembélé

Attaques du 25 avril : la Croix-Rouge malienne soutient 270 ménages à Kati

Deux mois après les attaques terroristes du 25 avril 2026, qui ont durement frappé plusieurs localités du Mali, la Croix-Rouge malienne a remis, jeudi 25 juin, à Kati, une assistance financière d’urgence à 270 ménages affectés. Une action destinée à accompagner les familles dans leur relèvement, tout en leur laissant la liberté de répondre à leurs besoins les plus urgents.

Le soulagement se lisait sur les visages des bénéficiaires réunis à la préfecture de Kati. Au total, 270 ménages affectés par les événements du 25 avril 2026 y ont reçu une assistance financière d’urgence de la Croix-Rouge malienne, à raison de 125 000 FCFA par foyer. Remise en espèces, cette aide permettra aux familles de répondre aux besoins qu’elles jugent prioritaires, qu’il s’agisse de se reloger, de réparer leur habitation, de financer des soins ou de couvrir d’autres dépenses urgentes.
Présidée par le 2e adjoint au préfet du cercle de Kati, Arouna Berthé, la cérémonie s’est déroulée en présence de la présidente nationale de la Croix-Rouge malienne, Assitan Coulibaly, du directeur général de l’organisation, Nouhoum Maïga, du directeur national du Développement social, représentant le ministre de la Santé et du Développement social, ainsi que des partenaires humanitaires et des autorités locales.
Une assistance fondée sur les besoins des familles
Prenant la parole, le directeur général de la Croix-Rouge malienne, Nouhoum Maïga, a rappelé que cette intervention s’inscrit pleinement dans la mission humanitaire de l’institution, fondée sur les principes de neutralité, d’humanité et d’impartialité.
Il a expliqué que les équipes de la Croix-Rouge se sont rapidement rendues à Kati après les attaques afin d’évaluer les besoins des populations, avant de mobiliser, avec l’appui de partenaires comme les Croix-Rouges de Belgique et du Danemark, les ressources nécessaires pour venir en aide aux familles. À l’issue du recensement, plus de 300 ménages avaient été identifiés, mais les financements réunis ont permis de soutenir 270 foyers, soit près de 2 680 personnes.
Il a aussi précisé que cette opération est conduite simultanément dans d’autres régions touchées par les événements, notamment à Gao, Mopti, Kayes et Sikasso.
La présidente nationale de la Croix-Rouge malienne, Assitan Coulibaly, a souligné que cette assistance constitue avant tout un témoignage de solidarité envers des familles durement éprouvées. Selon elle, le choix d’une aide financière en espèces permet aux bénéficiaires de décider eux-mêmes des priorités de leur ménage et de préserver leur dignité.
Elle a également salué le courage des populations de Kati ainsi que l’engagement des autorités administratives, des leaders communautaires, des partenaires et des volontaires qui ont contribué à la réussite de cette opération.
Représentant le ministre de la Santé et du Développement social, le directeur national du Développement social, Ibrahim Abba, a, pour sa part, salué l’engagement constant de la Croix-Rouge malienne aux côtés des populations en situation de crise. Au-delà du montant remis, a-t-il indiqué, cette assistance traduit la solidarité des autorités et de leurs partenaires envers les familles affectées.
Un message partagé par le 2e adjoint au préfet du cercle de Kati, Arouna Berthé, qui a salué le rôle de premier plan joué par la Croix-Rouge malienne auprès des communautés vulnérables et exprimé l’espoir que cet appui contribuera à alléger les difficultés des ménages bénéficiaires.
Mohamed Kenouvi

Deux et trois roues : l’immatriculation spéciale démarre ce lundi

Le Mali lance ce lundi 15 juin une opération spéciale d’immatriculation des engins motorisés à deux et trois roues non encore identifiés par une plaque.

L’opération concerne les motos, tricycles et autres engins motorisés circulant sans immatriculation sur la voie publique. Elle est conduite sur l’ensemble du territoire national par la Direction générale des Transports, ses services régionaux et subrégionaux, ainsi que les centres dédiés.
Selon le ministère des Transports et des Infrastructures, cette campagne vise à amener les propriétaires concernés à se conformer à la réglementation en vigueur. Les usagers sont donc invités à faire identifier leurs engins afin de permettre une meilleure traçabilité du parc roulant.
L’immatriculation des engins à deux et trois roues n’est pas nouvelle dans le principe. En 2021 déjà, une opération spéciale avait été annoncée autour des permis, cartes grises et plaques d’immatriculation des vélomoteurs, motocyclettes et tricycles. La campagne qui démarre ce lundi apparaît donc comme une nouvelle étape dans la volonté des autorités de mieux encadrer un parc très répandu, mais encore largement marqué par l’informel.
Cette mesure intervient dans un contexte où les deux et trois roues occupent une place centrale dans la mobilité quotidienne. À Bamako comme dans les régions, ils servent au transport des personnes, des marchandises, aux activités commerciales et à de nombreux petits métiers. Mais leur circulation massive, souvent sans plaques, complique aussi le travail d’identification en cas d’accident, d’infraction ou d’enquête sécuritaire.
L’enjeu dépasse donc la simple régularisation administrative. Dans le contexte sécuritaire actuel, les autorités cherchent également à mieux contrôler les moyens de déplacement susceptibles d’être utilisés par des groupes armés. Les attaques coordonnées du 25 avril 2026 ont rappelé l’importance de la mobilité dans les modes opératoires des assaillants, notamment à travers l’usage de motos et de pick-up dans plusieurs zones ciblées.
Cette opération spéciale s’ajoute à d’autres décisions récentes touchant les motocyclettes, notamment les restrictions visant les engins de forte cylindrée. Elle traduit la volonté des pouvoirs publics de renforcer l’identification des véhicules légers, particulièrement difficiles à suivre lorsqu’ils circulent sans documents ni plaques.
Pour les propriétaires, la démarche devrait permettre de mettre leurs engins en règle et de limiter les risques de sanctions lors des contrôles. Les autorités appellent au civisme et à la compréhension des usagers afin de faciliter le bon déroulement de la campagne.
Reste maintenant le défi de la mise en œuvre. L’opération devra être suffisamment accessible pour éviter les longues files, les retards et les incompréhensions dans les centres d’immatriculation. Dans un pays où les deux et trois roues sont devenus indispensables au quotidien de milliers de familles, l’efficacité de la mesure dépendra aussi de sa capacité à concilier impératif sécuritaire, sécurité routière et réalités économiques des usagers.

Nuisances sonores à moto : Kati montre la voie

La décision prise par la mairie de Kati d’interdire la circulation des grosses cylindrées et des motos aux tuyaux bruyants mérite d’être saluée. Elle répond à une réalité quotidienne que beaucoup de citoyens subissent en silence. Il s’agit du vacarme volontaire de certains engins, souvent modifiés, parfois même de simples motos dites Jakarta, dont les pots sont percés ou trafiqués pour produire un bruit agressif.

Cette mesure ne devrait toutefois pas rester isolée. Bamako et les communes voisines connaissent le même phénomène, avec des passages nocturnes, des accélérations brusques et des nuisances capables de troubler le sommeil, d’effrayer les enfants, de provoquer stress, palpitations, irritabilité ou aggravation de troubles cardiovasculaires chez les personnes fragiles. La sécurité publique demeure une priorité, surtout dans la période actuelle, mais la préservation de la santé et de la tranquillité des populations relève aussi de la responsabilité des autorités.

Le Mali dispose déjà d’un cadre juridique. La loi relative aux pollutions et nuisances, le décret sur la gestion des pollutions sonores et les dispositions du Code pénal interdisant les bruits portant atteinte au repos, à la tranquillité ou à la santé offrent une base suffisante pour agir. Le problème se situe donc moins dans l’absence de textes que dans leur application régulière.

Il faut désormais aller plus loin en contrôlant les pots modifiés, en sanctionnant les récidivistes, en sensibilisant les jeunes conducteurs et en étendant la mesure aux zones les plus exposées, notamment les quartiers, les écoles et les hôpitaux. Le bruit inutile n’est pas une démonstration de liberté. C’est une violence imposée aux autres.

 

Djibrilla Maïga : « des opérations sont en cours pour sécuriser les axes routiers »

Dans cet entretien, le Commandant Djibrilla Maïga, Chef d’Escadron et sous-directeur des Relations publiques de la DIRPA, revient sur les attaques coordonnées du 25 avril 2026, sur la situation sécuritaire sur le terrain, le redéploiement des FAMa à Kidal et les menaces pesant sur les axes routiers. Propos recueillis par Mohamed Kenouvi

Que visaient les groupes terroristes lors des attaques du 25 avril 2026 ?
Ce funeste projet, savamment orchestré, visait à attenter à la vie de nos autorités. Les terroristes avaient mobilisé plusieurs véhicules kamikazes. Un premier véhicule était destiné au domicile du ministre d’État, ministre de la Défense et des Anciens combattants, le général d’armée Sadio Camara, tandis qu’un second visait la résidence du Chef de l’État et Chef suprême des armées, le général d’armée Assimi Goïta. Grâce à la promptitude et à la réactivité de nos éléments, une riposte vigoureuse a permis de contenir la menace et de neutraliser le véhicule.
Quelle est la situation qui prévaut aujourd’hui sur le terrain ?
La menace demeure présente, avec des tentatives de réorganisation des groupes terroristes. Cependant, la vigilance de nos militaires sur le terrain, les surveillances aériennes menées par les drones et l’aviation, ainsi que les frappes effectuées, contribuent à désorganiser leurs manœuvres. Nous pouvons également noter les reconnaissances offensives menées par les troupes au sol. Toutes ces actions traduisent une maîtrise de la situation.
Qu’en est-il de Kidal ?
Concernant la région de Kidal, nous sommes en train de réarticuler notre dispositif à travers le repositionnement de certaines unités, conformément au principe de concentration des forces. Il s’agit d’une véritable stratégie de guerre. Face à plus de 10 000 combattants terroristes mobilisés de l’intérieur comme de l’extérieur, nous devons adapter nos méthodes afin de préserver la vie de nos hommes et de préparer la reconquête. Nos éléments sont notamment positionnés à Anéfis et Aguelhok en vue d’une réorganisation et d’une occupation sereine du territoire national. À Labbezanga, le rétablissement du dispositif est effectif.
Le JNIM a annoncé un blocus sur Bamako. Que fait l’armée face à cette menace ?
L’ennemi, désorienté, tente de perturber les axes routiers autour de Bamako à travers des modes d’action complexes, assortis d’infiltrations. Cependant, grâce à l’engagement et à la détermination de nos hommes, les axes Ouelessebougou–Bougouni et Ségou–Bamako restent praticables. Toutefois, les routes de Kayes et de Kita constituent aujourd’hui les principaux axes d’efforts des terroristes. Des opérations sont actuellement en cours pour les sécuriser. Les FAMa restent déterminées à assurer l’approvisionnement du pays en carburant, même au prix de leur sang.

Attaques du 25 avril : militaires et figures politiques cités

Le parquet militaire de Bamako a annoncé, le 1er mai, l’ouverture d’une enquête après les attaques du 25 avril contre plusieurs positions des Forces armées et de sécurité. Le communiqué évoque des militaires actifs, radiés ou retraités, ainsi que l’opposant Oumar Mariko, dans les éléments examinés par les enquêteurs.

Le parquet militaire de Bamako a ouvert une enquête à la suite des attaques terroristes survenues le 25 avril 2026 au Mali. Selon le communiqué du procureur de la République près le Tribunal militaire de Bamako, ces attaques ont visé plusieurs positions des Forces armées et de sécurité, notamment à Bamako et Kati, ainsi que le domicile du ministre de la Défense et des Anciens combattants.
Dans son communiqué, le parquet indique que les investigations menées ont permis, à ce stade, d’établir « un faisceau d’éléments solides » relatifs à la complicité présumée de certains militaires, de militaires radiés ou en instance de radiation. Il évoque notamment leur participation à « la planification, à la coordination et à l’exécution » des attaques, avec l’implication alléguée de certaines personnalités politiques, dont le docteur Oumar Mariko.
Oumar Mariko, médecin, ancien député et président du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance, vit en exil depuis plusieurs années. Son nom était récemment revenu dans l’actualité après la diffusion d’une vidéo dans laquelle il apparaissait aux côtés de personnes présentées comme des militaires maliens détenus par le JNIM, groupe affilié à Al-Qaïda. Dans cet enregistrement, il affirmait avoir rencontré 17 otages et être entré en contact avec le groupe armé dans le cadre d’une démarche visant la libération de certains d’entre eux.
Selon les éléments diffusés autour de cette affaire, des contacts auraient été engagés pour obtenir la libération de quatre personnes. Cette initiative, présentée par l’ancien responsable politique comme une démarche personnelle, avait relancé le débat sur les canaux de contact non officiels avec les groupes armés.
Le communiqué du parquet militaire ne qualifie pas cette démarche de médiation. Il l’inscrit dans le cadre d’une enquête judiciaire ouverte après les attaques du 25 avril et précise que les investigations portent sur les responsabilités présumées dans la préparation et l’exécution des opérations.
Le document cite également Alassane Diallo, dit Abedi, présenté comme un militaire radié et mort au cours des combats ayant visé Kati.
Le parquet affirme aussi avoir identifié plusieurs « présumés coauteurs et complices ». Il cite le sergent Diakaridia Sodio, l’adjudant Moussa Diane et l’adjudant-chef Mamadou Keïta, tous présentés comme militaires en activité, ainsi que Soïba Diarra, présenté comme militaire à la retraite. Selon le communiqué, les premières interpellations ont été effectuées et les autres auteurs, coauteurs et complices présumés sont « activement recherchés ».
Les attaques du 25 avril ont touché plusieurs localités et points stratégiques du pays, dont Bamako, Kati, Sévaré, Konna, Gao et Kidal. Elles ont été revendiquées par le JNIM avec le FLA. À Kati, le ministre de la Défense, le Général Sadio Camara, a été tué lors d’une attaque contre son domicile.
Le procureur de la République près le Tribunal militaire de Bamako assure que l’enquête en cours et les procédures à venir seront conduites dans « le strict respect de la réglementation en vigueur ». Il indique que les évolutions du dossier seront progressivement portées à la connaissance de l’opinion publique.