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Soudan : Une guerre qui s’enlise

Entré dans sa troisième année, le conflit soudanais se poursuit sans basculement militaire décisif et continue de produire des effets…

Entré dans sa troisième année, le conflit soudanais se poursuit sans basculement militaire décisif et continue de produire des effets à grande échelle. Malgré une mobilisation internationale récente, la situation humanitaire reste critique et largement sous-financée.

Déclenchée en avril 2023, la guerre continue d’opposer l’armée du Général Abdel Fattah al-Burhan aux Forces de soutien rapide dirigées par Mohamed Hamdan Dagalo. Les combats se poursuivent notamment au Darfour et dans la capitale, Khartoum, où les infrastructures civiles, les structures de santé et les réseaux essentiels sont fortement dégradés. Pour l’heure, aucune des deux parties n’a réussi à prendre un avantage décisif.

Les données disponibles illustrent l’ampleur de la crise. Plus de 34 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire. Environ 14 millions ont été déplacées depuis le début du conflit, dont près de 9 millions à l’intérieur du pays et plus de 4,4 millions au-delà de ses frontières. Ces réfugiés sont accueillis principalement par le Tchad, l’Égypte, le Soudan du Sud et l’Éthiopie, où les capacités d’accueil restent sous pression.

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On se souvient que le 15 avril 2026, à l’occasion du troisième anniversaire du conflit, la troisième Conférence internationale sur le Soudan, organisée à Berlin par plusieurs partenaires, dont l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, les États-Unis, l’Union européenne et l’Union africaine, a permis d’annoncer environ 1,5 milliard d’euros pour l’aide humanitaire. Les deux parties au conflit n’étaient pas présentes, tandis que des acteurs civils soudanais ont pris part aux échanges. Les montants mobilisés restent inférieurs aux besoins estimés pour 2026. Plusieurs agences humanitaires signalent que les besoins pour l’année 2026 ne sont couverts qu’en partie, notamment dans les secteurs de l’alimentation et de la prise en charge sanitaire.

Sur le terrain, l’acheminement de l’aide est limité par l’insécurité et les contraintes d’accès. Dans le même temps, la poursuite des affrontements s’inscrit dans un environnement marqué par des soutiens extérieurs aux deux camps. Des flux d’armes et d’équipements sont régulièrement évoqués par des organisations spécialisées, sans évaluation consolidée rendue publique. Ces éléments contribuent à maintenir les capacités militaires et à prolonger les combats.

La crise dépasse désormais les frontières soudanaises. Les déplacements de population, les besoins humanitaires et la durée du conflit pèsent sur l’ensemble de la région. Les initiatives diplomatiques engagées jusqu’à présent n’ont pas permis d’aboutir à un accord entre les parties, tandis que la situation sur le terrain continue d’évoluer sans amélioration notable.

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