Le Mali vit un panaché de crises, des frustrations sociales aggravées par le problème énergétique et des difficultés d’approvisionnement en hydrocarbures, qui continuent d’accentuer la vulnérabilité sociale et de fragiliser la résilience des populations, avec des interpellations sociales croissantes sur la gestion publique.
Les arrangements géopolitiques, notamment le récent retrait de la reconnaissance du Mali à
la RASD, un arrangement en faveur du Maroc, même s’il ne constitue pas une cause directe,
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contribue fortement à fragiliser les relations entre le Mali et l’Algérie. Cette tension, à son tour,
risque de servir ou servirait de passerelle aux groupes extrémistes, qui exploitent toute
fracture interétatique.
Pour revenir aux récents événements tragiques, il est important de reconnaître la résilience
du peuple face à ces épreuves et le soutien réaffirmé du peuple à l’armée malienne.
Mais il est d’autant plus important de tirer les leçons de ces événements tragiques. Comment
prendre en compte les frustrations latentes ou ouvertes des communautés, notamment celles
liées à l’accès à l’énergie, aux services de base et à la justice sociale ? Comment fédérer le
peuple malien autour d’un projet de société commun ? Il s’agit notamment d’aller au-delà
d’une reconquête politique ou symbolique de la région de Kidal, en intégrant les dynamiques
sociales de la région à travers des politiques publiques inclusives. Sans cette inclusion concrète,
la reconquête resterait fragile et les frustrations locales continueraient de nourrir la défiance,
voire l’instabilité.
Les autorités doivent :
- Travailler sur les causes structurelles, en s’attaquant en priorité aux frustrations
concrètes qui nourrissent la défiance entre l’État et les citoyens.
- Engager une réforme plus poussée du secteur de la sécurité.
- Proposer un plan de sortie de la transition qui s’inscrirait dans une continuité
productive, en clarifiant la manière dont les attentes sociales seront prises en charge
pour éviter la reprise des tensions sociales.
- Faire grâce aux détenus politiques et d’opinion, en promouvant une justice
réconciliatrice qui s’accompagne d’un récit inclusif, comme une étape de
reconstruction nationale.
- Constituer un gouvernement d’union au-delà de toutes considérations partisanes, en
l’ancrant dans des priorités de développement et de solidarité pour qu’il ne soit pas
une simple coalition.
Les frustrations et les divisions sociales constituent le plus grand terreau pour les groupes
armés extrémistes et pour toutes les influences extérieures. Tout comme l’unité et la
réunification nationale, bâties sur des politiques publiques inclusives et une véritable prise en compte des dynamiques locales, constituent le plus solide des remparts face aux ingérences
externes et à tout groupe armé extrémiste.




