Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, a animé le 11 mai 2026 à la Maison de la presse un point de presse consacré au contexte sécuritaire postérieur aux attaques terroristes coordonnées du 25 avril. Face aux professionnels des médias, les échanges ont porté sur les enjeux informationnels liés à la crise sécuritaire et sur le rôle attendu de la presse dans cette période jugée sensible.
Devant une salle composée de journalistes, de responsables de médias publics et privés, de syndicats et d’organisations professionnelles, ainsi que d’acteurs de la communication, le ministre était accompagné du président de la Maison de la presse, Bandiougou Danté, ainsi que du président de la Haute autorité de la communication (HAC), Gaoussou Coulibaly.
Dans son intervention, Alhamdou Ag Ilyène a présenté les attaques du 25 avril comme un épisode d’une stratégie plus large de déstabilisation visant le Mali et les États de la Confédération AES.
« La vie d’une nation n’est pas un fleuve tranquille. Chaque pays a ses moments de bonheur, ses moments difficiles et parfois des moments pénibles », a-t-il déclaré, évoquant « des agressions terroristes et politiques portées par une guerre médiatique particulièrement nuisible ».
Le ministre a également rappelé que les événements du 25 avril, qui ont coûté la vie à plusieurs personnes, dont le général d’armée Sadio Camara, ne sauraient être analysés de manière isolée.
Selon lui, ces attaques s’inscrivent dans une série de « pressions », de « tentatives de déstabilisation » et de « campagnes de manipulation » auxquelles les pays de l’AES font face depuis leur engagement en faveur de la souveraineté et de la refondation de leur gouvernance.
Le chef du département de la Communication a insisté sur la nécessité, pour les médias maliens, de mesurer pleinement leur responsabilité dans le contexte actuel. À ses yeux, les défis sécuritaires sont désormais indissociables des enjeux informationnels, dans un environnement marqué par la circulation rapide des contenus numériques et des récits de désinformation.
Une presse appelée à renforcer la vigilance
Tout en saluant « le professionnalisme, le patriotisme et le sens élevé de responsabilité » des hommes et femmes de médias, le ministre a exhorté la presse à contribuer à la préservation de la cohésion nationale.
« Face aux campagnes de désinformation, aux manipulations et aux tentatives de déstabilisation, il est plus que jamais nécessaire de préserver notre espace médiatique responsable, apaisé et engagé dans la défense des intérêts supérieurs de la Nation », a-t-il affirmé.
Le gouvernement, a-t-il assuré, entend maintenir un dialogue « permanent, constructif et responsable » avec les organisations représentatives du secteur. Il s’est également dit disposé à renforcer la concertation avec les associations et syndicats de presse afin de préserver la liberté d’informer dans le respect de l’éthique et de la déontologie, tout en accompagnant les efforts de stabilisation et de souveraineté du Mali.
Dans le même élan, Alhamdou Ag Ilyène a invité les acteurs de la communication à éviter « les amalgames, les discours de division et les informations non vérifiées », appelant à davantage de vigilance face aux manipulations informationnelles.
À la suite du ministre, plusieurs responsables de faîtières de la presse ont réaffirmé leur disponibilité à accompagner les autorités dans la lutte contre la guerre informationnelle visant le Mali, tout en appelant le gouvernement à plus de soutien en faveur de la presse nationale.
Salif Sanogo, coordinateur de Tafouk TV, la télévision de l’AES, a plaidé pour une meilleure coordination entre les médias maliens et ceux de l’AES afin de contrer les fausses informations. « Pour pouvoir combattre les fausses informations, il faut se mettre ensemble. On est trop dispersés », a-t-il estimé.
De son côté, Gaoussou Coulibaly a appelé les journalistes au patriotisme et à l’unité face aux discours de division.
« Avant d’être des hommes de médias, nous sommes d’abord tous maliens », a-t-il rappelé, soulignant la nécessité de préserver le tissu social et la stabilité du pays.
Mohamed Kenouvi




