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Foudre en hivernage : les gestes qui mettent des vies en danger

Plusieurs cas de foudre causant des victimes et des dégâts colossaux ont été enregistrés depuis le début de cet hivernage…

Plusieurs cas de foudre causant des victimes et des dégâts colossaux ont été enregistrés depuis le début de cet hivernage par le service de Prévision météorologique de Mali Météo. Avec une intensité électrique phénoménale, un coup de foudre est estimé à 30 000 ampères (A) en moyenne, de quoi être mortel. Au Mali, face à des gestes quotidiens qui augmentent le risque de foudroiement, plusieurs spécialistes tirent la sonnette d’alarme.

Le Mali a enregistré au total 10 cas de foudre pendant la saison des pluies (hivernage) en 2025, selon les données officielles publiées par le Centre de Coordination et de Gestion des Crises (CECOGEC). Pour cette année, plusieurs cas ont déjà été signalés.
La foudre est une décharge électrique géante et naturelle qui se produit pendant un orage. Selon l’analyse scientifique, elle prend naissance dans le nuage, où les morceaux de glace se frottent intensément entre eux et créent de l’électricité, à la manière d’une pile géante. Le nuage se charge électriquement et projette une immense étincelle vers le sol.
Les spécialistes en la matière soulignent que le terme « foudre » désigne uniquement l’éclair qui touche le sol, ce qui ne représente en réalité que 10 % des décharges électriques totales d’un orage, la grande majorité, restant confinée à l’intérieur des nuages.
« En cette saison humide, des orages accompagnés de vents violents, d’éclairs et, parfois, de cas de foudre sont fréquemment observés. Nous avons déjà enregistré plusieurs victimes ainsi que des effondrements d’habitations. J’invite la population à prendre toutes les précautions nécessaires pour se prémunir contre la foudre, qui demeure un phénomène météorologique particulièrement dangereux durant cette période hivernale », a lancé le Chef du Bureau de Prévision météorologique, Bakary MANGANE, lors de la réunion hebdomadaire du CECOGEC, tenue le mercredi 8 juillet dernier.
En dépit de ce bilan mensuel alarmant et de la peur constante du danger, la population reste majoritairement sous-informée face aux risques d’exposition.
 Selon Seydou Coulibaly, spécialiste en secours, les facteurs primaires du foudroiement découlent directement de la position ou de l’emplacement de la victime : les étendues d’eau ; l’abri sous les grands arbres ; les grandes élévations dénuées de paratonnerre. « Ces situations exposent les victimes à des risques élevés de foudroiement », précise le quinquagénaire . Il ajoute d’autres facteurs liés à la conductivité électrique, tels que la proximité d’un ouvrage métallique, les branchements électriques des poteaux et les lignes téléphoniques fixes ou internet. « Le non-respect des consignes liées au travail dans certaines localités à forte probabilité de foudroiement constitue également un facteur aggravant », renchérit-il.
Ces éléments susmentionnés n’engendrent pas la foudre, mais augmentent considérablement le risque de foudroiement car ils facilitent la propagation du courant électrique. Concernant le mythe du téléphone portable largement répandu, il n’existe à ce jour aucune preuve scientifique confirmant l’hypothèse d’une quelconque attirance. Le téléphone portable n’attire pas la foudre ; c’est l’exposition de la personne dans un environnement à risque qui favorise le foudroiement, soutiennent les scientifiques.
Phénomène dévastateur
La foudre est à l’origine de plusieurs incendies d’immeubles, d’installations de transport d’électricité, d’usines et d’habitations. Le 8 juillet 2026, de fortes intempéries accompagnées de foudre ont causé d’importants dommages sur le réseau de transport d’énergie de la société Énergie du Mali (EDM-SA). Cela a entraîné de graves perturbations dans la fourniture d’électricité à travers plusieurs localités du pays, notamment à Bamako.
La foudre peut  aussi causer des pertes en vie humaine . Dans la majeure partie des cas, les victimes meurent par électrocution. Les plus chanceuses sont celles qui s’en sortent avec des brûlures graves sur une large surface du corps.
Cela prouve que l’on peut tout à fait survivre à un foudroiement en raison de sa brièveté. Une hypothèse validée par le National Severe Storms Laboratory (NSSL), un laboratoire de recherche dépendant de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) aux États-Unis. Selon ce laboratoire, un coup de foudre est extrêmement bref : la décharge principale ne dure en moyenne qu’environ 20 à 50 microsecondes (millionièmes de seconde).
C’est cette brièveté qui explique pourquoi certains arbres ou édifices survivent à un impact direct, et pourquoi des êtres humains peuvent parfois réchapper à un foudroiement (le courant glissant rapidement sur la peau mouillée par effet de contournement, appelé flashover), même si les séquelles physiques et neurologiques graves restent fréquentes.
Secours et protections
Les consignes de protection contre la foudre devraient être connues de tous. Interrogé sur la question, M. Seydou Coulibaly préconise de toujours se mettre à l’abri en évitant les facteurs de risque mentionnés plus haut. Il met également en garde contre les déplacements sous la pluie. Du côté de Mali-Météo, Bakary MANGANE appelle au renforcement des habitations fragiles et recommande d’éviter de s’abriter sous les arbres pendant les orages, tout en respectant scrupuleusement les consignes de sécurité afin de préserver des vies humaines.
Le premier geste de secours après un accident de foudre est la protection personnelle, qui consiste à faire une analyse succincte du lieu du sinistre afin d’éviter tout risque de suraccident, estime M. Coulibaly. Selon le spécialiste, les gestes de réanimation sont strictement réservés aux personnes ayant une parfaite maîtrise des techniques de secourisme.
« Lors de la prise en charge de la victime, les gestes approximatifs sont prohibés. Seule la parfaite maîtrise des techniques permet de redonner vie à une victime en arrêt des trois fonctions vitales (respiratoire, nerveuse et circulatoire) », dit-il.
En l’absence de maîtrise des gestes de premiers secours, il faut rapidement évacuer la victime vers le centre de santé le plus proche, puisque l’arrêt cardiaque est le principal risque immédiat chez la victime, en plus des brûlures. Toutefois, les secours ou le premier témoin, s’il est titulaire d’un certificat de secourisme, peut procéder à un massage cardiaque externe (MCE) ou à une réanimation cardiopulmonaire (RCP) dès lors que l’arrêt du cœur est constaté,  conclut le spécialiste.
Joseph Amara Dembélé

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