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Mobilité étudiante : une présence africaine en hausse dans les universités russes

De l’héritage universitaire soviétique aux nouvelles procédures numériques d’admission, la Russie cherche à renforcer son attractivité auprès des étudiants étrangers,…

De l’héritage universitaire soviétique aux nouvelles procédures numériques d’admission, la Russie cherche à renforcer son attractivité auprès des étudiants étrangers, notamment africains. Cette progression repose sur les bourses, l’offre de formation et les perspectives professionnelles, mais le choix d’un établissement nécessite aussi une évaluation attentive des conditions d’études et de la reconnaissance des diplômes.

La présence des étudiants africains dans les universités russes connaît une progression notable. D’après une étude publiée en 2024 par deux chercheurs de la Higher School of Economics de Moscou, leur nombre est passé de 6 700 au cours de l’année universitaire 2010-2011 à environ 34 400 en 2022-2023. Cette hausse traduit un regain d’intérêt pour une destination universitaire liée de longue date au continent africain.

Cette évolution s’inscrit dans une politique plus large d’accueil des étudiants internationaux. Selon les données communiquées en juin 2026 par le ministère russe de la Science et de l’Enseignement supérieur, quelque 422 000 étudiants étrangers sont actuellement inscrits dans les universités du pays. Les autorités russes ambitionnent de porter cet effectif à 500 000 d’ici à 2030.

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Les motivations des étudiants restent cependant diverses. L’étude menée auprès de ressortissants de 28 pays africains met principalement en avant la qualité de l’enseignement, les conditions de vie, l’accès aux bourses et les perspectives de formation. Les relations historiques entre la Russie et plusieurs pays africains peuvent également influencer certains parcours, sans expliquer à elles seules la progression actuelle.

Un héritage universitaire toujours présent

Les premiers étudiants africains ont commencé à rejoindre les établissements d’enseignement supérieur soviétiques à la fin des années 1950. La création, en 1960, de l’Université de l’Amitié des Peuples, qui porte aujourd’hui de nouveau le nom de Patrice Lumumba, a constitué l’un des principaux symboles de cette coopération.

Les estimations disponibles varient selon qu’elles prennent uniquement en compte les diplômés de l’enseignement supérieur ou l’ensemble des personnes ayant suivi une formation en Union soviétique. Plusieurs travaux évoquent néanmoins des dizaines de milliers d’Africains formés entre le début des années 1960 et la disparition de l’URSS. Les formations concernaient notamment l’industrie, l’agriculture, les transports, la santé, l’enseignement et les sciences.

Les disciplines techniques et scientifiques occupaient alors une place importante. Une partie des cadres, ingénieurs, médecins et universitaires africains formés durant cette période ont ensuite exercé des responsabilités dans leurs pays d’origine. Cette mémoire demeure présente dans les relations universitaires entre la Russie et le continent.

Le discours officiel russe met également en avant une proximité culturelle fondée sur le respect des traditions et de la souveraineté des États. Cette dimension relève toutefois davantage du cadre politique des relations Russie-Afrique. Les études disponibles sur les choix des étudiants font surtout ressortir des considérations liées à l’enseignement, aux conditions d’admission, au financement et à la vie quotidienne.

À Riazan, deux parcours entre découverte et adaptation

Les trajectoires de Baidoo Daniel Annor, originaire du Ghana, et d’Agbéré Mouhamadou Labaran, venu du Togo, illustrent certaines dimensions de cette mobilité étudiante. Tous deux poursuivent leurs études à l’Université d’État de Riazan S. A. Essénine, à environ 200 kilomètres au sud-est de Moscou.

Arrivé en Russie en 2025, Baidoo Daniel Annor étudie à l’Institut des sciences physico-mathématiques et informatiques. Après un premier séjour à Moscou, il dit avoir progressivement trouvé ses repères à Riazan et dans ses environs. Malgré les différences de climat et de mode de vie, l’étudiant affirme s’être adapté à son nouvel environnement. « Riazan est devenue pour moi une ville vraiment familière », confie-t-il.

Agbéré Mouhamadou Labaran suit, pour sa part, une formation à la faculté d’économie, de sociologie et de gestion dans le cadre du quota accordé par le gouvernement russe. La découverte de la neige et du froid a constitué l’un de ses premiers chocs à son arrivée à Moscou. Il envisage néanmoins de poursuivre son parcours à Riazan après ses études et estime que « le diplôme russe est très valorisé dans son pays ».

Ces deux témoignages rendent compte d’expériences personnelles positives, mais ils ne sauraient résumer à eux seuls la diversité des parcours des étudiants africains en Russie. Les conditions d’intégration peuvent varier selon la ville, l’université, la langue d’enseignement, les ressources financières disponibles et l’accompagnement offert par l’établissement.

Quotas et procédures d’admission plus numériques

La politique des quotas constitue l’un des principaux instruments utilisés par la Russie pour attirer les étudiants étrangers. Selon Rossotroudnitchestvo, l’agence fédérale chargée notamment de la coopération humanitaire internationale, plus de 5 000 places financées par l’État avaient été attribuées aux étudiants africains en 2025. L’agence indiquait avoir reçu plus de 40 000 candidatures provenant du continent.

Le Soudan, la Guinée, le Ghana et le Tchad figuraient parmi les pays comptant le plus grand nombre de candidats. Les filières les plus demandées comprenaient notamment la médecine générale, l’économie, le management, l’odontologie, les sciences de l’éducation, l’informatique et les relations internationales. Le nombre élevé de candidatures témoigne d’un intérêt réel, mais il doit être distingué du nombre d’étudiants effectivement admis et inscrits.

La numérisation des procédures vise également à faciliter les démarches. Les candidats résidant hors de Russie peuvent désormais transmettre certains documents universitaires par l’intermédiaire de l’application ruID ou des plateformes propres aux établissements. Les procédures peuvent toutefois varier selon l’université, le programme choisi et le mode de financement.

Les candidats doivent notamment vérifier les exigences linguistiques, les modalités de traduction et de reconnaissance de leurs diplômes antérieurs, les conditions d’obtention du visa ainsi que les frais qui ne sont pas toujours couverts par les quotas. Le financement des études ne signifie pas nécessairement la prise en charge du voyage, de l’hébergement, de l’assurance et de l’ensemble des dépenses quotidiennes.

Un choix à préparer au cas par cas

Les autorités russes souhaitent également développer les stages et les liens entre les universités et les entreprises. Des possibilités existent déjà dans certains établissements, mais elles dépendent des filières, des partenariats disponibles et du niveau de maîtrise de la langue. Il serait donc prématuré de présenter le stage en entreprise comme une garantie accordée à chaque étudiant étranger.

La reconnaissance du diplôme constitue un autre point essentiel. Elle varie selon le pays d’origine, la profession concernée et les accords existants. Avant de s’engager, les candidats doivent se renseigner auprès des autorités compétentes de leur pays, en particulier pour les formations réglementées comme la médecine, la pharmacie, l’ingénierie ou l’enseignement.

L’augmentation du nombre d’étudiants africains confirme que la Russie retrouve progressivement une place dans la mobilité universitaire internationale. Son héritage historique, ses programmes de bourses, la diversité de ses formations et la simplification de certaines démarches constituent des facteurs d’attractivité.

Le choix d’étudier en Russie doit toutefois reposer sur un examen concret de l’établissement, du programme, du coût total du séjour, de la langue d’enseignement et des perspectives offertes après l’obtention du diplôme. Au-delà des discours institutionnels et des expériences individuelles, ce sont ces éléments qui permettent à chaque étudiant de déterminer si cette destination correspond réellement à son projet académique et professionnel.

 

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