Chantiers à risque : L’exemple ivoirien du contrôle renforcé

En Côte d’Ivoire, les effondrements d’immeubles n’ont pas disparu. Mais les autorités ont choisi de répondre par davantage de contrôles,…

En Côte d’Ivoire, les effondrements d’immeubles n’ont pas disparu. Mais les autorités ont choisi de répondre par davantage de contrôles, des démolitions et une responsabilité mieux encadrée.

La Côte d’Ivoire n’offre pas un modèle parfait. Des immeubles s’y sont encore effondrés ces dernières années. Mais son expérience donne un point de comparaison utile aux pays de la sous-région confrontés aux mêmes risques. Face aux constructions anarchiques, Abidjan a durci le ton. Le contrôle des chantiers n’est plus présenté seulement comme une étape administrative liée au permis de construire, mais comme une présence technique avant, pendant et après les travaux.

Le Code ivoirien de la Construction et de l’habitat donne un rôle précis au contrôleur des constructions. Il intervient sur les plans d’exécution, l’implantation, les fouilles, les dosages du béton, les coffrages, les ferraillages, la qualité des matériaux et le respect des normes. Le texte prévoit aussi qu’il peut faire arrêter le chantier lorsque le maître d’ouvrage refuse de respecter les prescriptions destinées à garantir la stabilité du bâtiment.

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Indépendance

Cette fonction est pensée comme une mission indépendante. Le contrôleur ne doit pas être en même temps concepteur, exécutant ou expert du même ouvrage. Cette séparation vise à éviter qu’un acteur chargé de vérifier les travaux ne se retrouve aussi impliqué dans leur conception ou leur réalisation.

La réponse ivoirienne s’est aussi traduite sur le terrain. En août 2022, les autorités ont lancé une Plateforme collaborative de contrôle des constructions associant plusieurs structures publiques. L’objectif était de rendre les contrôleurs plus mobiles, plus nombreux et plus réactifs. Dix-neuf véhicules 4×4 avaient alors été mis à leur disposition. Les chiffres donnés en 2022 par le ministre ivoirien de la Construction, Bruno Koné, montrent un changement d’échelle. Les visites de contrôle sont passées de 2 760 en 2020 à 9 867 en 2021, avec 6 500 contrôles déjà réalisés mi-2022. Les démolitions ont aussi augmenté, avec 51 immeubles démolis en 2021 contre 2 en 2020, puis 42 mi-2022, pour non-respect des règles.

L’objectif affiché est de réduire les effondrements en intervenant sur les anciens immeubles présentant des risques. Cette orientation donne une place centrale à la prévention, avant l’urgence et le contentieux.

L’expérience ivoirienne ne règle pas tout. Elle montre toutefois qu’une politique de prévention suppose des textes appliqués, des contrôleurs présents sur les chantiers, des sanctions visibles et une chaîne des responsabilités lisible.

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