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Canicule : L’angle mort de l’eau en sachets

Sous la chaleur qui écrase Bamako et les grandes villes du pays, la question de l’eau dépasse la simple soif.…

Sous la chaleur qui écrase Bamako et les grandes villes du pays, la question de l’eau dépasse la simple soif. Elle devient un sujet de santé publique. À chaque hausse du thermomètre, l’eau en sachets s’impose comme le réflexe le plus accessible, vendue 25, 50 ou 100 francs CFA selon sa fraîcheur. Mais cette commodité a un revers que l’on ne peut plus ignorer.

Le vrai problème n’est pas seulement ce que contient le sachet. C’est aussi ce qu’il subit. Exposés à l’air libre, aux vents, à la chaleur et au soleil, entassés devant les boutiques ou dans les véhicules de livraison, les sachets perdent leur prétendue innocuité. Des études ont montré que le stockage et l’exposition prolongée à la chaleur peuvent altérer la qualité de l’eau, favoriser la prolifération microbienne et entraîner la migration de composés issus du plastique.

Le phénomène dépasse largement le cadre local. Au Nigeria, des milliards de sachets d’eau sont consommés chaque année, faisant de cette pratique un enjeu majeur de santé et de gestion des déchets. Au Sénégal, des mesures ont été prises pour limiter les plastiques à usage unique, tandis que d’autres pays renforcent progressivement les contrôles sanitaires sur ces productions souvent informelles.

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Face à la canicule, il ne suffit pas d’aménager les horaires scolaires. Il devient nécessaire d’encadrer la production des sachets d’eau, de surveiller leurs conditions de stockage et d’informer les consommateurs. Certes, l’eau en sachets répond à un besoin réel, mais sa banalisation ne doit pas masquer ses risques. Ainsi, sous le soleil, le danger ne vient pas seulement du manque d’eau, mais parfois de celle que l’on boit sans y penser.

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