Rapports du Médiateur : le foncier en tête des plaintes

Les rapports 2023 et 2024 du Médiateur de la République, remis le 22 août au Président de la Transition, mettent en évidence une forte hausse du recours des citoyens à l’institution. Plus de 6 000 usagers ont été accueillis en 2023 contre près de 12 000 en 2024, soit un doublement en une année.

 

La gestion foncière ressort comme la principale source de plaintes, occupant une place prédominante dans les réclamations. Les rapports signalent également les retards persistants dans l’exécution des décisions de justice, les lenteurs administratives, ainsi que des insuffisances dans la protection sociale, notamment à travers l’INPS. Des conflits de chefferie continuent aussi d’alimenter les saisines.

 

Un autre point d’alerte concerne l’orpaillage artisanal. Le Médiateur évoque des conflits locaux, des pollutions importantes et la dégradation d’écosystèmes, appelant à une régulation adaptée de cette activité.

 

Parmi les recommandations formulées figurent le respect strict des procédures foncières, l’accélération des démarches administratives, une meilleure gestion des litiges de chefferie, le renforcement du recouvrement des cotisations sociales et la poursuite de la digitalisation de l’administration, amorcée avec la mise en place d’une plateforme destinée aux consulats et ambassades.

 

En recevant ces rapports, le Président de la Transition a salué le rôle du Médiateur comme « recours pour le citoyen et conseil pour l’administration ». Il a insisté sur la nécessité de transformer ces constats en réformes concrètes, en particulier dans le domaine foncier et la gouvernance publique, tout en mettant en avant l’importance des femmes et des Maliens de l’extérieur dans le renforcement de la cohésion nationale.

 

Commune I : sursis à la dissolution des partis, renvoi vers la Cour suprême  

Le Tribunal de grande instance de la Commune I du district de Bamako a ordonné, ce lundi 25 août 2025, le sursis à exécution du décret ayant dissous les partis politiques. Le tribunal a, dans le même mouvement, orienté le dossier vers la Cour suprême.

 

Le tribunal a ainsi décidé un sursis à statuer sur la dissolution des partis, dans l’attente de l’examen définitif de l’exception d’inconstitutionnalité soulevée, et a ordonné la transmission du dossier à la Cour constitutionnelle via la Cour suprême, conformément à l’article 153 de la Constitution du 22 juillet 2023.

 

Cette procédure fait suite à deux actes pris le 13 mai 2025 : la loi n° 2025-005 abrogeant la Charte des partis politiques (loi n° 05-047 du 18 août 2005) et le Statut de l’opposition (loi n° 2015-007 du 4 mars 2015), promulguée et publiée au Journal officiel à cette date, puis le décret de dissolution de l’ensemble des partis et organisations à caractère politique décidé le même jour à l’issue d’un conseil des ministres extraordinaire et annoncé à la télévision nationale.

 

Saisie par les partis dissous, la justice avait tenu une première audience le 7 juillet 2025 au TGI de la Commune I, marquée par l’absence de représentation de l’État, avant de renvoyer le dossier aux 28 et 29 juillet pour débats contradictoires et confrontation des pièces avec le Contentieux de l’État ; l’audience de la Commune I avait ensuite été reportée au 4 août, tandis que la Commune VI renvoyait l’affaire devant sa chambre de jugement.

 

Joint par nos soins ce 25 août, Me Mamadou Camara, conseil des partis requérants, confirme : « C’est exact. Le Tribunal de grande instance a fait droit à notre requête ». Interrogé sur la suite, Me Camara précise : « Le dossier sera renvoyé à la Cour suprême, à charge pour elle d’en saisir la Cour constitutionnelle, seule juridiction compétente pour connaître de la constitutionnalité d’une loi ».

 

Pour le Collectif des avocats, cette décision constitue une opportunité historique pour la Cour constitutionnelle de réaffirmer son rôle de gardienne des libertés et de dire si un pouvoir peut, par simple décret, suspendre les droits politiques essentiels garantis par la Loi fondamentale.

 

La Cour suprême est désormais saisie de l’affaire, à la suite du sursis prononcé, et devra se prononcer sur la légalité de la dissolution, les partis étant entre-temps rétablis dans leurs droits.

 

D’autres procédures restent pendantes : le dossier ouvert devant le Tribunal de grande instance de la Commune VI doit revenir le 24 septembre 2025, tandis que les décisions d’incompétence rendues par les Tribunaux des Communes 3, 4 et 5 ont été déférées devant la Cour d’appel de Bamako. Par ailleurs, la Section administrative de la Cour suprême a été saisie, mais attend toujours le mémoire en défense du gouvernement.

 

Un autre volet du dossier concerne une plainte déposée par les avocats contre deux membres du Conseil national de Transition, Biton Mamari Coulibaly et Moulaye Keïta, devant le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Selon Me Mountaga Tall, l’absence d’avancée dans cette procédure traduit une « inertie incompréhensible », poussant le collectif à engager une citation directe afin de contraindre les mis en cause à comparaître.

 

Journalisme : un métier menacé par la précarité

Les conditions de travail des professionnels des médias au Mali se détériorent dans la plupart des organes de presse. C’est le constat fait par l’Union des journalistes reporters du Mali (UJRM), qui a dévoilé les résultats d’une enquête sur les conditions de travail des journalistes, rendue publique le 20 août 2025. L’absence de contrat de travail, le non-paiement régulier des salaires et l’inexistence de couverture sociale figurent parmi les difficultés qui entravent la qualité de l’information et vont à l’encontre de certains cadres juridiques.

Menée du 1er mars au 15 juillet 2025 à Bamako et dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Koutiala, cette enquête de 29 pages met en lumière les conditions de travail pénibles et alerte sur la protection des droits des journalistes et l’amélioration de leur environnement de travail.
Parmi les 300 journalistes exerçant dans divers médias (presse écrite, radio, télévision et presse en ligne), 50 % affirment avoir un salaire fixe, tandis que 50 % travaillent sans rémunération stable.
Sur l’ensemble des personnes interrogées, 53,5 % déclarent recevoir un salaire inférieur ou égal au salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), tandis que 46,5 % bénéficient d’un salaire supérieur à ce seuil. Ce taux révèle que la majorité des journalistes ne bénéficie pas d’une rémunération garantissant une sécurité financière. En ce qui concerne l’existence d’un contrat formel liant le journaliste à son organe, le constat n’est guère meilleur. Les données de l’enquête soulignent que 61 % des journalistes interrogés travaillent sur la base d’un contrat verbal (oral) et 23 % sans aucun contrat formel, tandis que seuls 4,5 % des journalistes indiquent qu’ils bénéficient d’un contrat écrit ou mixte.
Absence de couverture sociale
Malgré les défis énormes liés à l’exercice de leur métier, les journalistes font face à une absence de protection sociale, comme l’assurance maladie, les pensions de retraite ou d’autres prestations sociales liées aux emplois formels.
Selon le même rapport, 74,5 % des répondants indiquent ne pas bénéficier d’une couverture sociale, tandis que 25,5 % en bénéficient. Parmi les bénéficiaires, 83 % ne sont pas à jour des cotisations sociales dues par l’employeur et seulement 17,5 % déclarent être en règle. Une situation contraire à la loi n° 99-041 du 12 août 1999 portant Code de prévoyance sociale, modifiée par la loi n° 03-036 du 30 décembre 2003 et la loi n° 06-008 du 23 janvier 2006.
Les crises socio-politiques que vit le pays n’épargnent pas la profession de journaliste. Ces derniers exercent difficilement et parfois sous pression, avec souvent de l’autocensure.
Jusqu’à 39 % des journalistes déclarent ne pas être libres, contre 61,5 %. Ce résultat indique que, bien qu’une majorité de journalistes semble jouir d’une certaine liberté, un nombre important de professionnels rencontre des restrictions dans leur travail, pouvant être liées à des pressions externes ou à des limitations institutionnelles.
Métier en quête de professionnalisme
Le manque d’équipements adéquats affecte également la productivité, la qualité du travail et la compétitivité des journalistes. Or, en dépit de la modernisation des équipements, certains organes restent dépourvus.
Plus de 53 % des journalistes interrogés ne disposent pas des outils nécessaires pour accomplir leur travail efficacement, tandis que 47,5 % des répondants ont accès à ces outils. Le journalisme se professionnalise au Mali malgré les défis. Cette augmentation du nombre de professionnels donne au paysage médiatique malien un nouvel élan pour faire face aux défis. Sur 200 journalistes, 155, soit 77,5 %, affirment posséder un diplôme ou une formation équivalente en journalisme. En revanche, 23 % des répondants (46 personnes) exercent sans avoir de diplôme formel dans le domaine.
Joseph Amara DEMBELE

Bamako accueille la 12ᵉ Conférence ministérielle de l’OFPA

La capitale malienne a abrité ce samedi 23 août 2025 l’ouverture de la 12ᵉ Conférence de l’Observatoire des Fonctions publiques africaines (OFPA). La cérémonie, présidée par le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, a réuni les ministres et experts de 26 États membres, en présence du ministre malien du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Dr Fassoum Coulibaly et du secrétaire exécutif de l’OFPA.

Dans son allocution, le chef du gouvernement a rappelé l’importance de l’OFPA comme levier stratégique pour améliorer la gouvernance publique et renforcer l’efficacité administrative sur le continent. Il a exhorté les participants à formuler des propositions concrètes et innovantes afin de doter l’Afrique de services publics modernes, transparents et adaptés aux besoins des citoyens.

Le ministre malien du Travail a, pour sa part, insisté sur l’engagement du Mali en faveur d’une administration performante et inclusive, citant la Constitution du 22 juillet 2023 qui consacre le droit à un service public de qualité. Il a également souligné les efforts de digitalisation entrepris dans les procédures administratives et la nécessité de mutualiser les bonnes pratiques au sein de l’OFPA.

Cette conférence se déroule dans un contexte marqué par de fortes attentes citoyennes, la nécessité de mieux former les agents publics et les difficultés persistantes de financement des administrations. Plusieurs thématiques sont à l’ordre du jour, dont la transformation numérique, la transparence, la mobilité des fonctionnaires et la mise en place de centres de formation régionaux.

Créée en 1991 à Cotonou, l’OFPA regroupe aujourd’hui 26 pays africains. Son objectif est de promouvoir une fonction publique au service de la démocratie, de l’État de droit et du développement. La rencontre de Bamako vise ainsi à donner une nouvelle impulsion à l’organisation après plusieurs années de léthargie, marquées notamment par le non-paiement des cotisations de certains membres et l’irrégularité des sessions statutaires.

En accueillant cette 12ᵉ Conférence, le Mali entend non seulement jouer un rôle moteur dans la relance de l’OFPA, mais aussi inscrire la réforme de la fonction publique dans la dynamique de refondation de l’État amorcée depuis 2020.

AfroBasket 2025: Le Mali en finale pour la première fois de son histoire

À Luanda, le Mali a créé la surprise en écartant le Sénégal 88 à 80 en demi-finale de l’AfroBasket 2025. Mahamane Coulibaly, auteur de 23 points, a été désigné meilleur joueur, tandis qu’Oumar Ballo et Siriman Kanouté ont également brillé. Les Aigles ont pris leur revanche sur leurs voisins après la défaite concédée en phase de groupes et se sont offert une qualification historique.

Les statistiques traduisent la maîtrise de l’équipe malienne avec 51 % de réussite aux tirs et 36 % à trois points, contre 46 % et 25 % pour les Lions. Le parcours n’a pas été simple, entre une phase de groupes en demi-teinte et une victoire arrachée face à la Guinée en huitième. Le quart de finale contre la Côte d’Ivoire a marqué un tournant, notamment grâce à la performance XXL d’Aliou Diarra, crédité de 35 points et 16 rebonds.

Le Mali n’avait plus accédé aux demi-finales depuis 1999 et n’avait plus décroché de médaille depuis le bronze de 1972. En s’assurant déjà une place sur le podium, les Aigles écrivent donc une nouvelle page de leur histoire, plus de cinquante ans après leur unique récompense continentale.

Leur adversaire est désormais connu. L’Angola, pays hôte, s’est imposé d’un souffle face au Cameroun 74 à 73, porté par le soutien brûlant de son public. La finale de dimanche opposera donc le Mali et l’Angola dans un duel qui promet d’être électrique, entre la révélation d’un outsider historique et l’expérience d’un géant du basket africain.

Moyen-Orient : l’ONU confirme l’état de famine à Gaza

L’Integrated Food Security Phase Classification (IPC), organisme de référence soutenu par les Nations unies, a officiellement déclaré le 22 août 2025 l’existence d’un état de famine dans la bande de Gaza. C’est la première fois qu’une telle situation est constatée dans cette région du Moyen-Orient depuis le début du conflit armé.

Le rapport de l’IPC souligne que la ville de Gaza et ses environs immédiats sont les zones les plus gravement touchées. Environ 514 000 personnes y sont déjà en situation de famine, soit près d’un quart de la population totale de l’enclave. Selon les projections, le nombre de personnes concernées pourrait atteindre 641 000 d’ici à la fin septembre si l’aide humanitaire n’est pas acheminée rapidement et de manière massive.

L’analyse fait état d’un effondrement quasi complet des mécanismes d’approvisionnement alimentaire, consécutif à la destruction des infrastructures, aux restrictions imposées aux flux humanitaires et à l’intensification des hostilités. Les hôpitaux, privés d’électricité et de carburant, ne sont plus en mesure de fonctionner normalement, tandis que les usines de dessalement ont cessé de produire de l’eau potable. Cette combinaison de facteurs place la population civile dans une situation d’extrême vulnérabilité.

La reconnaissance officielle de la famine a entraîné de nombreuses réactions institutionnelles. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a insisté sur le caractère évitable de cette crise et a appelé à l’ouverture immédiate de corridors sûrs pour l’acheminement de l’aide. L’Union européenne et plusieurs gouvernements ont exprimé leur préoccupation et demandé que les convois humanitaires puissent accéder sans entrave à la population.

Les organisations internationales et les ONG présentes dans la région, telles qu’Oxfam et Islamic Relief, ont confirmé la gravité des constats de l’IPC. Elles estiment que l’ensemble de la population de Gaza, soit plus de deux millions d’habitants, se trouve déjà en situation d’insécurité alimentaire grave, dont près d’un million en urgence et plusieurs centaines de milliers en famine.

La déclaration de l’IPC s’accompagne d’un appel pressant à une mobilisation accrue de la communauté internationale. Des mesures rapides sont jugées indispensables pour prévenir une aggravation de la catastrophe dans les semaines à venir et limiter un bilan humain déjà alarmant.

Japon : Clôture de la TICAD 9 à Yokohama

La neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9) s’est achevée le vendredi 22 août 2025 à Yokohama. Trois jours de travaux ont réuni les chefs d’État et de gouvernement africains, les autorités japonaises ainsi que les partenaires institutionnels et privés autour du thème « Igniting Joint Innovation with Africa ».

La conférence a abouti à l’adoption de la Déclaration de Yokohama, qui fixe les grandes priorités de coopération entre le Japon et l’Afrique. Le document met l’accent sur la promotion des échanges commerciaux, le soutien à l’intégration régionale, la transformation numérique responsable, le développement d’infrastructures durables, le renforcement de la sécurité alimentaire, la santé publique et l’appui aux initiatives en faveur de la paix et de la stabilité.

Sur le plan financier, le Japon et la Banque africaine de développement ont annoncé un cadre de financement de 5,5 milliards de dollars dans le cadre de la sixième phase de l’initiative d’Assistance renforcée au secteur privé. Le gouvernement japonais a également prévu de mobiliser 1,5 milliard de dollars en investissements à impact, destinés à soutenir la transition énergétique et les projets de développement durable. La JICA s’est en outre engagée à hauteur de 40 millions de dollars dans un fonds de soutien aux chaînes d’approvisionnement, et divers financements cumulés depuis 2023 représentent 114,4 millions de dollars répartis dans 39 pays africains.

La clôture des travaux a été marquée par la réaffirmation d’une volonté partagée de renforcer le partenariat stratégique entre le Japon et l’Afrique, à travers des engagements conjoints visant à stimuler l’innovation, la croissance et la stabilité sur le continent.

 

Inhumation du Colonel Issa Ongoïba à Bamako

Le Colonel Issa Ongoïba est décédé le mercredi 20 août 2025 à l’âge de 91 ans. Sa dépouille a été mise en terre le jeudi 21 août à 14 heures à son domicile du quartier Hippodrome, en Commune II du district de Bamako.

 

Natif de Yangassadiou, dans le cercle de Mondoro, région de Douentza, il a occupé plusieurs hautes fonctions dans l’administration et le gouvernement. Il a été chef d’arrondissement de Boureissa, gouverneur de la région de Gao, ministre de la Justice, ministre de l’Agriculture et ministre de l’Administration territoriale.

Du 25 novembre 1968 au 8 avril 1980, il a dirigé l’Office du Niger. Durant cette période, de grands travaux d’extension des superficies rizicoles et de canne à sucre ont été réalisés, avec notamment la mise en service de l’usine de Siribala en 1977. Il est également à l’origine de la réalisation du canal Costes-Ongoïba, long de 19 kilomètres, destiné à l’irrigation de 64 000 hectares du Kala supérieur, ce qui a permis une réduction significative des charges de pompage.

Après son passage au gouvernement, il a présidé la Chambre des anciens combattants et victimes de guerre pendant vingt-cinq ans et a exercé les fonctions de chef de son village natal.

Le Colonel Issa Ongoïba a reçu plusieurs distinctions honorifiques en reconnaissance de ses services à l’État. Sa disparition met fin à un parcours marqué par plusieurs décennies d’engagement administratif et institutionnel.

Le Premier ministre burkinabè achève une visite de quatre jours à Bamako

Le Premier ministre du Burkina Faso, Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo, a quitté Bamako ce vendredi matin au terme d’un séjour de quatre jours au Mali.

Son départ de l’aéroport international Modibo Keïta-Sénou a été marqué par la présence de son homologue malien, le général de division Abdoulaye Maïga, de plusieurs membres du gouvernement et de représentants de la communauté burkinabè vivant au Mali.

Arrivé le 18 août, M. Ouédraogo a effectué cette visite en qualité d’invité d’honneur de la célébration du deuxième anniversaire de la Brigade citoyenne, organisée par le ministère malien de la Jeunesse et des Sports. L’initiative, lancée en 2023, mobilise des jeunes autour de l’instruction civique, de la solidarité et de la discipline collective. Les cérémonies commémoratives ont réuni des délégations venues de plusieurs régions du Mali.
Durant son séjour, le Premier ministre burkinabè a eu une séance de travail avec son homologue malien. Il a également été reçu par le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, pour un entretien centré sur la coopération bilatérale et les projets communs de la Confédération des États du Sahel.
La délégation burkinabè, composée de membres du gouvernement et de conseillers techniques, a également pris part à des rencontres avec leurs homologues maliens autour de questions de sécurité, de jeunesse et de développement.

Emmanuel Bakary Daou distingué à l’exposition « Yèrèya Sira »

Emmanuel Bakary Daou, responsable de la photographie au Journal du Mali et figure de la scène photographique malienne, a remporté le deuxième prix de l’exposition « Yèrèya Sira », organisée le 19 août 2025 à Bamako par la Maison africaine de la photographie (MAP), à l’occasion de la Journée mondiale de la photographie.

Âgé de 65 ans, né en 1960 à San au Mali, Emmanuel Bakary Daou est diplômé de l’Institut National des Arts de Bamako. Il a débuté sa carrière dans les années 1980 en combinant photographie et caricature avant de s’imposer comme photographe ambulant dès 1985. Il a par la suite collaboré avec plusieurs médias, notamment Planète Jeune, Femme Actuelle et Jeune Afrique.
Sur le plan international, son œuvre Le temps Ebola (2014), une série évoquant une épidémie fictive à Bamako, a reçu le Tierney‑Bamako Award lors de la 10ᵉ Biennale Africaine de la Photographie en 2015. Cette série se trouve aujourd’hui dans les collections du Block Museum of Art (Northwestern University), où elle est mise en lumière pour son expression visuelle forte et sa pertinence historique.
Au cours de sa longue carrière, il s’est distingué par plusieurs distinctions, dont un prix Seydou Keïta en 1998, décerné par le ministère de la Culture dans la catégorie portrait, ainsi qu’un prix média et tiers‑monde à Fribourg (Suisse) pour un reportage sur les Touaregs en 2001.
La remise du deuxième prix de l’exposition « Yèrèya Sira » s’accompagne d’une dotation de 200 000 francs CFA, ainsi que d’une prise en charge de 50 000 francs CFA pour frais de participation. Le premier prix est allé à Fatoumata Dembélé (300 000 F CFA) et le troisième à Acadou Karm Diallo (100 000 F CFA).

Les humanitaires en danger : 42 attaques recensées au Mali en 2025

La Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée le 19 août, s’est tenue cette année au Mali dans un climat de violence et de restrictions sans précédent. Selon OCHA, 42 attaques contre des travailleurs humanitaires ont été recensées dans le pays entre janvier et fin juillet 2025, faisant du Mali l’un des contextes les plus hostiles pour l’action humanitaire. On deplore aussi 5 enlèvements dans la même période. 

Juillet a marqué un pic avec 81 incidents d’entraves à l’accès, contre 50 en juillet 2024, soit une hausse de 62 %. Ces entraves regroupent des interdictions de mouvement, des restrictions imposées par des acteurs armés, des menaces sécuritaires, des attaques directes et aussi des enlèvements, qui continuent d’exposer particulièrement le personnel national présent en première ligne. En juin, 76 incidents avaient été enregistrés, plus du double par rapport à l’année précédente. Entre janvier et mars, 246 contraintes d’accès avaient déjà été documentées, dont 92 pour le seul mois de mars, contre 62 à la même période en 2024. La hausse s’est amorcée dès janvier, avec 26 incidents, au-dessus du niveau de décembre 2024. La concentration la plus forte reste dans les régions du centre et du nord où l’insécurité demeure.

Cette dégradation survient alors que les besoins restent considérables. En 2025, 6,4 millions de Maliens ont besoin d’une assistance humanitaire. Le pays abrite 402 167 déplacés internes et environ 140 404 réfugiés, dont près de 70 % originaires du Burkina Faso, tandis que 318 000 Maliens ont trouvé refuge à l’étranger. Entre juin et août 2025, 819 000 personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, dont 34 000 en situation d’urgence.

Le financement ne suit pas l’ampleur de ces besoins. Au 20 août 2025, seuls 94,7 millions USD avaient été mobilisés sur un total requis de 771,3 millions USD, soit une couverture de 12,3 %. Ce déficit de plus de 670 millions USD met en péril la continuité des interventions alors que les attaques et entraves se multiplient.

Réunis à Bamako du 7 au 9 août pour le premier Forum humanitaire de l’Alliance des États du Sahel, les ministres chargés de l’action humanitaire ont décidé de mettre en place un cadre de concertation régional afin de mieux coordonner les réponses et d’intégrer les liens entre climat, sécurité, paix et développement. Ils ont souligné la nécessité d’anticiper les crises, de renforcer la redevabilité envers les communautés bénéficiaires et de promouvoir des solutions durables pour les déplacés et les réfugiés. Une volonté affirmée de diversifier les sources de financement, notamment à travers le secteur privé et les diasporas, accompagne cette démarche, tout en réaffirmant la souveraineté des États de l’AES dans la conduite de leurs priorités humanitaires.

À l’échelle régionale, la tendance est tout aussi alarmante. Au 1er août 2025, près de 19 000 personnes avaient perdu la vie en Afrique de l’Ouest et du Centre, contre 32 000 pour toute l’année 2024. Les besoins humanitaires concernent 57 millions de personnes, pour des plans visant à en assister 34,5 millions. Seuls 1,2 milliard USD, soit 16 % des 7,8 milliards USD recherchés, avaient été financés à cette date.

La commémoration du 19 août rappelle l’attentat de 2003 contre le siège de l’ONU à Bagdad, qui avait coûté la vie à 22 personnes dont Sergio Vieira de Mello, alors Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Irak. Vingt-deux ans plus tard, l’hommage rendu aux humanitaires prend au Mali une résonance particulière. Alors que les attaques s’accumulent et que les financements manquent, la protection des équipes et la garantie d’un accès sûr aux populations vulnérables apparaissent plus urgentes que jamais.

 

Afrobasket 2025 : le Mali s’offre le ticket de la demi-finale

Les Aigles se sont envolés pour la demi-finale de la 31ème édition de la compétition du championnat d’Afrique de basket-ball masculin Angola 2025, ce mercredi 20 Août. Au terme d’un match à suspens et à l’issue de la prolongation, l’équipe malienne s’impose contre les Eléphants de la côte d’ivoire, premier du groupe A, avec un score de 102 à 96.

 

La rencontre très attendue entre les deux équipes a tenu toutes ses promesses.  Après les doutes suscités par ses débuts dans la compétition, les Aigles avaient l’opportunité de se hisser à ce niveau, après leur dernière demi-finale en août 1999, perdue face à l’Angola 77-69. Privés de podium depuis leur médaille de bronze obtenue en 1972 à Dakar, les hommes du coach Elhadj Dicko reviennent avec l’espoir dans la compétition de l’Afrobasket après cette victoire bien méritée face à un adversaire de taille. Grâce à une équipe solide et bien constituée, les Aigles s’imposent dès le premier quart temps et terminent par le score de 28 à 27. Un léger retard qui sera vite remonté par la Côte d’Ivoire. Elle assure le spectacle avec des tirs à trois points et avec des tentatives infructueuses, les hommes d’Elhadj Dicko iront en mi-temps avec le score de 42 à 54 en faveur des Ivoiriens.

Loin de sombrer, les Aigles reprennent la pression et l’avantage, 71 à 69.  Le dernier quart temp est explosif, les deux équipes se rendent coup pour coup et les Aigles arrachent l’égalité en toute fin de match, envoyant les deux équipes en prolongation, 90-90. Le score final est en faveur des Aigles, 102 à 96, et ravive l’espoir d’un retour du Mali sur la scène continentale.

Après 6 confrontations de 2015 à 2025, cette victoire permet aux Aigles de compter le même nombre de match perdu face aux Eléphants et met les deux équipes à égalité, 3 victoires chacune.

 

Joseph Amara DEMBELE

Assemblée citoyenne : gouvernance et refondation au cœur des échanges

L’Observatoire de la Gouvernance et de la Sécurité Humaine (OCGS) a organisé mardi une Assemblée citoyenne à Maeva Palace, réunissant près de soixante participants autour du thème de la gouvernance et de la place des valeurs nationales dans la refondation.

En ouvrant les débats, Baba Dakono, secrétaire exécutif de l’OCGS et modérateur de la rencontre, a rappelé que cette initiative prolongeait les « conversations citoyennes » tenues régulièrement par l’Observatoire. Selon lui, l’Assemblée devait offrir un espace collectif pour réfléchir au Mali de demain, avec un regard sur le passé et le présent.
Trois communications ont introduit les discussions. Dr Abdoul Sogodogo, vice-doyen de la Faculté des Sciences Administratives et Politiques, a défini la gouvernance comme la conduite des affaires publiques fondée sur des normes partagées, insistant sur la nécessité d’une participation plus inclusive. Mamadou Ben Chérif Diabaté, médiateur social et spécialiste de la communication traditionnelle, a souligné l’importance des institutions culturelles et religieuses et regretté le manque de synergie entre elles. Amadou Diadié Sangho, enseignant et consultant, a pour sa part insisté sur le rôle central des langues nationales dans la gouvernance, estimant que l’usage exclusif du français marginalisait une grande partie de la population.
Les débats ont ensuite abordé des thèmes sensibles comme la tension entre légalité et légitimité, à travers le rôle respectif des autorités administratives et des chefs traditionnels ; la nécessité de revisiter les valeurs endogènes, de la Charte de Kurukanfuga au principe du sinangouya, en passant par les codes d’honneur et d’intégrité ; et le défi de la multiculturalité, présenté comme une richesse mais aussi un facteur de complexité pour la refondation.
Des références ont également été faites aux Assises Nationales de la Refondation et à leurs 517 recommandations, citées comme une avancée dans l’expression populaire et la gouvernance participative. Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de rendre ces acquis plus visibles et de renforcer leur appropriation par les citoyens.
Clôturée en début d’après-midi, l’Assemblée citoyenne a été annoncée comme un espace appelé à se renouveler. L’OCGS a indiqué que les analyses issues de ces échanges alimenteront des notes de réflexion destinées aux décideurs nationaux et internationaux.

Japon – Afrique : 9ème TICAD pour co-créer des solutions innovantes

Les autorités japonaises et l’Union africaine tiendront du 20 au 22 août 2025 à Yokohama la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9). L’événement, placé sous le thème « Co-créer des solutions innovantes avec l’Afrique », s’inscrit dans une feuille de route commune pour renforcer les partenariats économiques, sociaux et technologiques.

Cette édition mettra l’accent sur des approches conjointes pour répondre aux défis contemporains du continent africain, en tenant compte des évolutions globales. Les discussions seront organisées autour de trois grands axes. Le premier, consacré à la société, abordera le développement des jeunes, la formation, l’inclusion des femmes, la transformation digitale, y compris l’intelligence artificielle et les technologies spatiales, ainsi que la promotion d’une gouvernance inclusive et responsable. Le second, dédié à la paix et à la stabilité, traitera de la prévention des conflits, de la réconciliation nationale par des initiatives africaines et du renforcement de la sécurité communautaire. Le troisième, centré sur l’économie, portera sur la transformation économique, l’appui à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), la promotion des startups, les investissements, la transition énergétique et l’intégration régionale.

Par ailleurs, des thèmes transversaux viendront compléter ces priorités, tels que l’autonomisation des femmes et des jeunes, la connectivité, les partenariats public-privé et une gouvernance mondiale inclusive fondée sur le droit international. Plusieurs événements thématiques, séminaires, expositions et conférences réuniront organisations internationales, entreprises privées et représentants de la société civile.

Le Japon, à travers le TICAD, affirme sa volonté de contribuer à la croissance africaine. Cependant, ses investissements restent modestes par rapport à d’autres partenaires. En 2023, le Japon a investi 2,5 milliards de dollars en Afrique, un chiffre en croissance mais inférieur à celui de la Chine (3,96 milliards de dollars), des États-Unis (7,79 milliards de dollars) et de la Turquie, dont les investissements directs étrangers en Afrique s’élevaient à 10 milliards de dollars cette année-là. En outre, les échanges commerciaux entre la Turquie et l’Afrique ont atteint 37 milliards de dollars en 2023, renforçant son rôle croissant sur le continent. En comparaison, les investissements russes en Afrique ont atteint environ 3,3 milliards de dollars.

L’objectif affiché de cette 9ème édition est de créer un environnement propice à des partenariats mutuellement bénéfiques, tout en soutenant les priorités de l’Agenda 2063 de l’UA et les ODD (Objectifs de développement durable). La jeunesse, la technologie, l’environnement et la bonne gouvernance sont placés au centre des stratégies, avec l’ambition d’aboutir à des engagements concrets.

Ménaka : exécution de Sidi Barka, président de la société civile, enlevé en mai

Le président de la société civile de Ménaka, Sidi Barka, a été exécuté après son enlèvement survenu le 19 mai 2025 en pleine ville, ont confirmé plusieurs sources locales. Conseiller pédagogique au Centre d’Animation Pédagogique et figure reconnue de l’Union nationale des travailleurs du Mali, il avait été emmené par des hommes armés alors qu’il regagnait son domicile après la prière du soir.

Son exécution a été attribuée aux combattants de l’État islamique dans le Grand Sahara, groupe qui contrôle depuis plusieurs années de vastes zones autour de Ménaka. Depuis 2022, l’organisation est responsable de massacres et de déplacements massifs de civils dans la région. Les méthodes d’exécution rapportées dans ce cas, incluant des mises en scène avec les tenues oranges caractéristiques de Daesh, rappellent celles déjà utilisées par le groupe dans d’autres contextes.

Aux côtés de Sidi Barka, plusieurs autres otages ont perdu la vie. Parmi eux figurent Ahmadou Ag Mahamad, berger touareg, deux citoyens arabes, un musicien et d’autres habitants de la région. Certaines victimes ont été forcées de creuser leurs tombes avant d’être abattues, d’autres ont été exécutées sommairement. Les images circulant sur les réseaux et les témoignages recueillis dans la ville confirment la brutalité des faits.

Ces exécutions interviennent dans un climat marqué par l’emprise croissante de l’État islamique dans le Grand Sahara sur la zone de Ménaka, où les populations civiles demeurent exposées aux violences récurrentes, aux enlèvements et aux représailles.

Biennale artistique et culturelle 2025 : la répétition avant l’heure

Le compte à rebours des activités de la biennale artistique et culturelle, a été lancé au Centre International de  Conférence de Bamako (CICB), ce  19 août 2025.C’est la  cité des 333 saints qui accueillera du 18 au 28 décembre, l’édition 2025. Musique,  défilé de mode, visite de stands décorés à la couleur tombouctienne, ont rythmé la cérémonie.  

La biennale artistique et culturelle, édition 2025 qui se tiendra à Tombouctou se prépare activement. L’évènement majeur qui doit clôturer la célébration de l’année de la culture promet d’être un moment « unique », propice au rassemblement et à l’unité nationale, espère le ministre de la culture.

Le choix de Tombouctou est une volonté affichée des autorités pour incarner la refondation culturelle du Mali. La rencontre qui a regroupé plusieurs ministres, autorités administratives et ressortissants de la ville a été l’occasion de passer en revue les potentialités culturelles et artistiques de la cité historique, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Avant-goût

La projection du film documentaire sur l’historique de la fondation, à l’occupation française de la ville millénaire, a permis de découvrir davantage la ville et ses valeurs dont l’hospitalité, la gastronomie ou encore le style vestimentaire.

La prestation des jeunes griots avec les sonorités locales de la région, ainsi qu’un défilé proposant les différents styles vestimentaires de la région dont les treize cercles ont été présentés, ont donné un avant-goût du spectacle.

Sans occulter les défis sécuritaires et logistiques qui demeurent pour l’organisation, les autorités ont sollicité la mobilisation de toutes les couches sociales pour la réussite de l’évènement.

Depuis sa création en 1970, la biennale artistique et culturelle est une tribune de démonstration des talents des artistes locaux, de compétition, d’intégration, d’échange, et d’expression des diversités artistiques et culturelles du Mali. Son objectif est de contribuer à la paix, l’unité nationale et le vivre ensemble, tout en renforçant le dialogue intercommunautaire.

Ali Sankaré

 

Coton : Bamako accueille un forum d’investissement

Du 23 au 25 Octobre 2025, la capitale malienne abritera au centre International de Conférence de Bamako ( CICB), la grande rencontre des investisseurs nationaux et internationaux. Elle a pour objectif de relancer la filière coton, cœur battant de l’économie rurale et premier produit agricole exporté au Mali.

Face aux multiples problèmes qu’endurent les producteurs de cette filière dans les zones rurales, ce forum s’inscrit dans une optique de valorisation de l’économie et de l’industrie cotonnières tout en facilitant les échanges et la collaboration entre les différents producteurs et acteurs industriels. Ce dialogue qui augure une nouvelle ère pour cette filière au Mali, symbole de la richesse agricole, permettra d’améliorer la productivité et la rentabilité des producteurs et actionnaires, favorisera la création des emplois locaux notamment dans les communautés rurales. Au cours de cette rencontre qui enregistrera la présence de producteurs aguerris, un partage d’expérience sur les enjeux et solutions, les impacts environnementaux de la production, se fera afin de minimiser les dangers écologiques de la culture du coton. Ce cadre d’échange ouvrira aussi non seulement les portes à de nouveaux partenariats innovants, mais sera le lieu de comprendre et d’expérimenter de nouvelles méthodes de rendement qui faciliteront une accélération à de nouveaux marchés et à la croissance.

Joseph Amara DEMBELE

CICR : le programme d’appui à l’élevage fait son bilan

Le ministère de l’Élevage et de la Pêche, en collaboration avec le CICR, organise du 19 au 20 août 2025 un atelier de planification de la campagne de vaccination 2025/2026. Durant deux jours, les acteurs partageront les résultats de la campagne 2024/2025, avant d’évoquer les difficultés et les perspectives pour un secteur plus résilient.

Le CICR met en œuvre depuis 2011 un programme d’appui à l’élevage qui intervient dans la campagne de vaccination annuelle contre certaines maladies prioritaires, dont la Peste des petits ruminants (PPR), la Péripneumonie contagieuse bovine (PPCB) et le charbon bactéridien. Le CICR soutient également la mise en œuvre d’actions comme la formation et le recyclage des auxiliaires d’élevage, la réalisation d’infrastructures pastorales et l’insémination artificielle.

Depuis 2019/2020, le programme a entrepris une transition vers la prise en charge des coûts de la prestation par les éleveurs dans le cadre de la vaccination des bovins contre la PPCB. Cet objectif a été atteint lors de la campagne 2022/2023.

Pour la campagne 2024/2025, le programme visait la vaccination de plus de 3 millions de petits ruminants. Les résultats ont atteint plus de 2 millions de sujets vaccinés, soit un taux de réussite de 99 %. Ce bilan inclut également l’assistance directe à plus de 90 000 ménages pasteurs et agropasteurs.

Perspectives

Pour la campagne 2025/2026, le ministère de l’Élevage offrira 3 millions de doses contre la PPR. Un engagement salutaire qui permettra au CICR d’allouer à d’autres activités le fonds prévu pour les vaccins, tel que le renforcement du marquage des animaux faisant partie du plan national de lutte contre la maladie. Le CICR contribuera aussi à renforcer la chaîne du froid pour favoriser la conservation des vaccins.

Pour remédier aux difficultés d’accès dans les zones d’intervention, des agents communautaires de santé animale, également formés avec la contribution du CICR, participent aux côtés des services vétérinaires et des détenteurs de mandats sanitaires pour assurer le suivi de la santé des animaux. L’autre contrainte reste l’acceptation du marquage, pourtant nécessaire pour l’efficacité de la vaccination. La campagne de vaccination 2024/2025 vise 3 millions de têtes de petits ruminants pour contribuer à l’éradication de la peste des petits ruminants à l’horizon 2030.

La Cour suprême ordonne le mandat de dépôt de Choguel Maïga

Après huit jours de garde à vue au Pôle économique et financier, l’ancien Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a été présenté ce mardi devant la Chambre d’instruction de la Cour suprême. La juridiction a confirmé les charges d’atteinte aux biens publics retenues par le procureur général et décidé de son placement sous mandat de dépôt.

L’enquête, ouverte à la suite d’un rapport du Bureau du Vérificateur général, met en cause la gestion de plusieurs structures publiques placées sous la responsabilité de Choguel Maïga lorsqu’il dirigeait la Primature. Le document pointe des irrégularités financières à l’Agence de gestion du fonds d’accès universel et à l’Autorité malienne de régulation des télécommunications et des postes, avec des dépenses jugées injustifiées et des contrats conclus en dehors des procédures légales.
La procédure judiciaire a connu plusieurs étapes depuis le début du mois. Le 1er août, l’ancien chef du gouvernement avait répondu à une première convocation des enquêteurs. Dix jours plus tard, une nouvelle audition l’avait conduit à une garde à vue prolongée jusqu’au 19 août, aux côtés de son ancien directeur de cabinet, le professeur Issiaka Ahmadou Singaré, et de trois anciens responsables financiers de la Primature. Si tous ont été inculpés, seul Choguel Maïga a été placé en détention, le professeur Singaré, âgé de 80 ans, bénéficiant d’une liberté provisoire.
Dans une déclaration transmise par son avocat, Maître Cheick Oumar Konaré, l’ancien Premier ministre a affirmé qu’il affrontait cette décision avec sérénité, considérant qu’un homme politique doit s’attendre à toutes les épreuves, « y compris la prison et la mort ».
Chef de file du Mouvement du 5 Juin – Rassemblement des forces patriotiques, Choguel Maïga avait été nommé Premier ministre en juin 2021 par les autorités de transition. Il a dirigé le gouvernement pendant trois ans avant d’être remercié en novembre 2024, à la suite de divergences avec les dirigeants militaires. Le sort judiciaire de l’ancien Premier ministre dépendra des prochaines étapes de l’instruction, dont le calendrier reste encore à déterminer.

Burkina Faso : la coordinatrice de l’ONU déclarée persona non grata

Le gouvernement burkinabè a annoncé, ce lundi 18 août, l’expulsion de la coordinatrice résidente du Système des Nations Unies, Carol Flore-Smereczniak, déclarée persona non grata sur le territoire national. La décision a été rendue publique par le porte-parole du gouvernement, Gilbert Ouédraogo, à la télévision nationale.

Les autorités reprochent à la responsable onusienne d’avoir coprésidé l’élaboration d’un rapport intitulé « Les enfants et le conflit armé au Burkina Faso », jugé mensonger et dépourvu de fondements objectifs. Selon le communiqué officiel, le document cite indistinctement groupes armés et forces nationales. Il avance également des accusations de violations contre des enfants sans annexer d’éléments vérifiables, tels que des enquêtes ou décisions judiciaires.
Le rapport, produit par une équipe spéciale des Nations Unies sur le Burkina Faso, traite de la situation politique, militaire et sécuritaire du pays et recense des atteintes graves contre les enfants conformément à la résolution 1612 du Conseil de sécurité adoptée en 2005. Il mentionne notamment des cas de recrutement forcé, d’attaques contre des écoles et de restrictions à l’aide humanitaire.
Le gouvernement affirme n’avoir pas été associé au processus d’élaboration du rapport, estimant que cette exclusion a conduit à une lecture biaisée de la situation. Dans son communiqué, il accuse certaines agences onusiennes d’user de formulations équivoques qui, selon lui, risquent de minimiser la violence exercée par les groupes armés et de jeter le discrédit sur les forces de défense et de sécurité burkinabè.
À Ouagadougou, l’exécutif explique que cette mesure vise à préserver la coopération avec les Nations Unies, tout en jugeant que Mme Flore-Smereczniak n’est plus une interlocutrice crédible. Les Nations Unies n’a pas encore réagi officiellement.