Cortèges de mariage : Appliquer la règle

La fête ne peut pas tout permettre. Les cortèges de mariage transforment encore trop souvent certaines voies de Bamako et d’autres villes en espaces de conduite désordonnée, entre longues files de véhicules, coups de klaxon, motos qui se faufilent et arrêts improvisés. Le problème est connu et des règles existent.

À Bamako, un communiqué de la Délégation spéciale de la Mairie du District, daté du 29 août 2024, limite les cortèges à six véhicules et prévoit des sanctions contre les contrevenants. À Kati, l’arrêté n°2026/03/MKTI du 4 mai 2026 interdit les cortèges et n’autorise que deux véhicules pour accompagner les mariés. À Kayes, une décision similaire limite également l’accompagnement à deux véhicules.

Ainsi donc, le problème n’est plus l’absence de réglementation. Il réside dans la continuité de son application. Une mesure annoncée avec fermeté, contrôlée pendant quelque temps puis progressivement oubliée finit par perdre toute portée. Les anciennes habitudes reprennent alors rapidement.

Personne ne demande de supprimer les manifestations de joie qui accompagnent un mariage. Mais célébrer une union ne donne pas le droit de bloquer la circulation ni d’adopter des comportements qui exposent les autres usagers des voies publiques.

Les collectivités disposent déjà de moyens de contrôle. Encore faut-il que les sanctions prévues soient réellement appliquées et que familles, chauffeurs et organisateurs sachent que la règle ne disparaît pas après sa publication.

Le Mali n’a pas besoin d’un texte supplémentaire. Il a surtout besoin de faire respecter strictement et durablement ceux qui existent déjà. C’est également ainsi que l’autorité publique gagnera en crédibilité.

Massiré Diop