Deux morts, plusieurs blessés, c’est le bilan d’un accident causé par un camion de livraison hors de contrôle au rond-point de l’ENSUP le 1er septembre. L’accident rappelle une évidence que Bamako repousse depuis trop longtemps : tous les véhicules ne peuvent pas continuer à partager les mêmes voies, aux mêmes heures, avec les mêmes règles.
Certes, les poids lourds sont indispensables à l’approvisionnement de la capitale et aux chantiers. Mais leur utilité n’efface pas les risques. En 2025, l’ANASER a recensé 7 691 accidents, 8 863 blessés et 648 morts au Mali.
Des restrictions existent déjà à Bamako. Les horaires et itinéraires sont encadrés et, depuis mai, les camions-bennes sont interdits de circulation entre 20 heures et 6 heures. Le problème n’est donc plus seulement d’édicter des règles, mais de les rendre cohérentes, applicables et contrôlées.
Il faut définir des plages adaptées, imposer des itinéraires réellement respectés, développer les gares périphériques et les voies de contournement, puis privilégier des véhicules plus légers pour certaines livraisons urbaines. D’ailleurs, l’ANASER prévoit d’ailleurs une étude sur les sections à risque pour les poids lourds à Bamako.
Même exigence pour les camions de vidange. Voir une citerne mal étanche laisser couler des eaux usées dans la circulation ne devrait jamais devenir une scène ordinaire. Étanchéité, contrôle technique, sanctions et sites de dépotage accessibles doivent aller ensemble.
Une capitale ne protège pas ses habitants en leur demandant seulement d’être prudents. Elle doit organiser les risques avant qu’un nouveau trajet banal ne se transforme encore en lieu de deuil.

