Naparé Magnini Diarra, Coordinatrice de FAWE Mali. Elle nous explique les mécanismes de détection des filles menacées de mariages d’enfants et les solutions pour assurer leur maintien scolaire en cas de mariage. Propos recueillis par Massiré Diop.
Quels signes permettent de repérer une élève menacée ?
Les absences répétées, une baisse de fréquentation ou de niveau, l’annonce d’un mariage, un départ ou une pression familiale peuvent alerter les enseignants, la direction, les mères d’élèves et les personnes de confiance. Des mécanismes de protection existent, mais chaque école ne dispose pas d’un protocole fonctionnel.
Comment l’établissement peut-il intervenir ?
Il faut écouter la fille sans jugement, évaluer les risques, préserver sa confidentialité et établir un plan de sécurité et de maintien à l’école. L’établissement ne doit ni affronter seul la famille ni promettre un secret absolu. Il doit pouvoir s’appuyer sur une personne formée et un circuit écrit vers les services sociaux, sanitaires et de protection.
Comment favoriser le retour à l’école des filles mariées ou devenues mères ?
L’accueil doit se faire sans stigmatisation, avec des cours de rattrapage ou des passerelles, un accompagnement psychosocial et sanitaire et, pour les jeunes mères, des solutions de garde. Entre 2022 et 2024, le projet Break Free de FAWE Mali a permis à 50 filles, dont des filles mariées ou devenues mères, de retourner à l’école.

