Mines : le Mali veut former ses propres cadres

Les textes créant l’École des Mines et du Pétrole et l’Agence pour la recherche et le développement des ressources minérales ouvrent deux chantiers. Le Mali veut former ses spécialistes et connaître son sous-sol pour tirer davantage de valeur de ses ressources.

La création de l’École répond, selon le Gouvernement, au manque de personnel qualifié et à la faible couverture de certaines spécialités par les établissements existants. Les projets de texte adoptés en Conseil des ministres le 30 septembre prévoient des formations initiales et continues dans les domaines minier et pétrolier.
Le même jour, le Gouvernement a adopté les textes instituant l’Agence pour la recherche et le développement des ressources minérales. Elle remplace le Programme pour le développement des ressources minérales, créé par la loi du 11 octobre 1990 pour exécuter les travaux de la Direction nationale de la Géologie et des Mines.
Érigée en établissement public à caractère scientifique et technologique, l’Agence doit conduire des activités de recherche, de production, de sécurisation, de valorisation et de diffusion des connaissances relatives aux ressources géologiques, minières, pétrolières et gazières. Ces données peuvent faciliter l’évaluation des projets et renforcer la capacité de négociation de l’État.
Renforcer les acquis
Le poids économique justifie cet investissement. Selon le rapport ITIE 2024, les industries extractives représentaient 9,5 % du PIB, 40,9 % des recettes fiscales et 78,8 % des exportations. Sur 1 023 milliards de FCFA de revenus extractifs déclarés, 978,29 milliards ont été encaissés par le Trésor. En mars 2026, plus de 18,4 milliards issus du Fonds minier de développement local ont aussi été répartis entre les 819 communes.
Former localement peut réduire le recours à l’expertise étrangère, soutenir l’emploi qualifié et permettre aux entreprises maliennes d’occuper davantage de segments de la chaîne de valeur. Pour Moussa Bagayoko, ingénieur géologue, cette école est « indispensable » dans un pays qui figure parmi les principaux producteurs d’or en Afrique.
Celui-ci cite la prospection, l’évaluation des ressources, le contrôle des opérations et la législation minière parmi les besoins. Il insiste surtout sur la formation de techniciens et de praticiens, certaines compétences étant encore recherchées dans des pays voisins comme le Ghana. Les textes disponibles ne précisent toutefois ni la date d’ouverture de l’École, ni sa capacité d’accueil, son budget ou ses partenariats avec les sociétés minières. Ces précisions permettront d’estimer ses effets sur l’emploi et le contenu local.