Mondial 2026 : bilan J7-J8 et enjeux d’octobre

Les éliminatoires africaines de la Coupe du monde 2026 ont franchi un cap décisif avec la tenue des 7e et 8e journées, disputées entre le 3 et le 9 septembre 2025. La 7e journée s’est déroulée du 3 au 6 septembre, suivie de la 8e entre le 7 et le 9 septembre. Ces deux manches ont permis de délivrer les premiers tickets qualificatifs et de resserrer les écarts dans plusieurs groupes, annonçant une fin de campagne haletante.

Le Maroc a été la première équipe africaine à valider sa qualification. Le 5 septembre à Rabat, les Lions de l’Atlas ont battu le Niger 5–0, un succès qui leur a assuré définitivement la première place du groupe E avec 21 points. La Tunisie a suivi le 8 septembre à Malabo en s’imposant 1–0 face à la Guinée équatoriale grâce à une réalisation de Mohamed Ali Ben Romdhane dans le temps additionnel, obtenant ainsi le leadership irréversible du groupe H avec 22 points. Ces deux victoires ont condamné les espoirs du Niger et de la Guinée équatoriale, concurrents directs dans la course à la qualification.

Derrière ces deux qualifiés, plusieurs sélections ont consolidé leur position de leaders. L’Égypte, avec 20 points dans le groupe A, reste en tête devant le Burkina Faso, qui a signé un large succès 6–0 contre Djibouti. Dans le groupe B, le Sénégal occupe la première place avec 18 points, talonné par la République démocratique du Congo à 16. Le groupe C est dominé par l’Afrique du Sud avec 17 points, mais le Bénin reste au contact à 14 points après sa victoire 4–0 contre le Lesotho. Le Nigeria, le Zimbabwe et le Rwanda conservent encore des chances mathématiques.

Le groupe D a été marqué par la victoire du Cap-Vert 1–0 contre le Cameroun lors de la 8e journée, ce qui permet aux Requins Bleus de prendre la tête avec 19 points. Les Lions Indomptables suivent à 15 points, tandis que l’Angola et la Libye, respectivement à 13 et 14 points, restent en course. L’Eswatini et Maurice occupent les dernières places. Dans le groupe F, la Côte d’Ivoire compte 20 points et garde une courte avance sur le Gabon à 19.

L’Algérie est en tête du groupe G avec 19 points, mais l’Ouganda et le Mozambique, à 15 chacun, restent à l’affût. Le Botswana, la Guinée et la Somalie ferment la marche. Dans le groupe I, le Ghana mène avec 19 points, suivi de près par Madagascar et les Comores. Le Mali et la République centrafricaine, bien que plus loin au classement, disposent encore d’une marge théorique pour jouer les trouble-fêtes.

Au terme de la 8e journée, seuls le Maroc et la Tunisie sont mathématiquement qualifiés. L’Égypte, la Côte d’Ivoire et l’Algérie sont bien placées et pourraient sceller leur qualification en octobre. D’autres groupes restent ouverts, notamment le C, le D, le G et le I, où les écarts entre les premières places et leurs poursuivants demeurent serrés.

Les 9e et 10e journées se joueront du 6 au 14 octobre 2025. Elles permettront de départager définitivement les leaders et de déterminer les quatre meilleures deuxièmes équipes. Ces dernières disputeront en novembre un tournoi de barrages de la Confédération africaine de football, dont le vainqueur participera ensuite aux barrages intercontinentaux pour tenter de décrocher une 10e place africaine.

La Coupe du monde 2026 se déroulera du 11 juin au 19 juillet 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Elle réunira pour la première fois 48 équipes au lieu de 32, dont 9 représentants africains directement qualifiés, plus une 10e sélection potentielle via les barrages. Dans ce contexte élargi, la lutte pour l’accès à la compétition reste âpre, chaque point pris ou perdu pouvant décider du destin d’une sélection.

Octobre sera ainsi le mois des grandes décisions. Les chocs Cameroun–Cap-Vert, Côte d’Ivoire–Gabon, Afrique du Sud–Bénin ou Ghana–Madagascar pourraient offrir des finales de groupe avant l’heure et sceller la composition du contingent africain qui participera au premier Mondial organisé sur trois pays et à 48 équipes.

Zapad-2025 : le Mali et le Burkina Faso figurent parmi les pays présents

Le Mali et le Burkina Faso font partie des pays cités dans l’exercice militaire stratégique « Zapad-2025 », lancé le 12 septembre en Russie et au Bélarus. Leur rôle exact n’a pas encore été précisé, mais cette participation intervient dans un contexte de guerre en Ukraine et de rapprochement militaire renforcé avec Moscou.

L’exercice militaire stratégique « Zapad-2025 » s’est ouvert le 12 septembre en Russie et au Bélarus et doit se poursuivre jusqu’au 16 septembre. Prévu tous les quatre ans, il constitue l’une des principales manœuvres conjointes de l’Union Russie-Bélarus. Selon les déclarations officielles, l’objectif affiché est de tester la préparation défensive commune et les capacités d’armes combinées, tout en incluant des scénarios liés à l’emploi simulé d’armes à potentiel nucléaire. Le Kremlin a insisté sur le fait que ces manœuvres ne sont pas dirigées contre des États tiers.

Le Mali et le Burkina Faso figurent parmi les pays mentionnés comme présents, aux côtés d’autres États africains tels que le Congo. La nature exacte de leur participation reste toutefois inconnue à ce stade, aucune précision n’ayant été communiquée par les autorités de Bamako ou de Ouagadougou. Il n’est pas établi si leur rôle consiste à envoyer des troupes, du matériel ou s’il se limite à une présence d’observateurs.

Cette édition de Zapad se déroule dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine, qui mobilise une grande partie des forces russes. Plusieurs médias internationaux estiment que cette situation pourrait avoir un impact sur l’ampleur de l’exercice. Côté ukrainien, les gardes-frontières ont indiqué ne pas avoir observé de formation de groupes de frappe en Biélorussie liés aux manœuvres, tandis que la Pologne a rapporté, deux jours avant l’ouverture, avoir neutralisé des objets ayant violé son espace aérien.

La présence du Mali et du Burkina Faso dans Zapad-2025 s’inscrit dans le prolongement du rapprochement militaire engagé avec la Russie ces derniers mois, dans le cadre de la Confédération des États du Sahel.

Fermeture des écoles catholiques : L’avenir éducatif du Mali en péril

L’année scolaire 2025 – 2026 s’annonce sous haute tension pour plusieurs écoles catholiques. Depuis la relecture en juin 2024 de la convention qui lie l’enseignement catholique et l’État, la scolarisation de plusieurs milliers d’élèves est menacée, ainsi que les emplois de dizaines d’enseignants. Cette situation risque d’accentuer la crise que traverse l’Éducation depuis plus d’une décennie.

« Les écoles catholiques ne vont pas fermer, les activités pédagogiques de quelques établissements seront suspendues pour une année ou deux. Le reste des écoles va ouvrir », assure l’Abbé Edmond Dembélé, Directeur National de l’Enseignement Catholique (DNEC) au Mali. Après une année scolaire marquée par des mouvements récurrents relatifs à des retards de salaires, le secteur de l’enseignement catholique amorce une année scolaire 2025 – 2026 pleine de défis.

L’histoire de l’enseignement catholique est intimement liée à celle de l’évangélisation du pays, avec la création de la première école à Kita en mai 1889. Depuis, l’enseignement catholique a connu une évolution importante et joué un rôle majeur dans le système éducatif national. Aujourd’hui, après 136 ans d’existence, le secteur représente 138 établissements scolaires, 1 416 enseignants et 36 345 élèves et étudiants. L’enseignement catholique, qui revendique des milliers de cadres maliens formés, a connu de multiples soubresauts. De la séparation de l’Église et de l’État à la période des conventions, les relations entre lui et l’administration n’ont pas toujours été au beau fixe.

Au Mali, l’ère des conventions se situe lors de la période postcoloniale et débute en 1968. La première convention, du 2 février 1969 et relue en septembre 2008, détermine les rapports entre la Conférence épiscopale et le personnel enseignant dans les écoles privées catholiques. La deuxième, du 8 août 1972, révisée en 1978, permettait à l’État de prendre en charge 80% de la masse salariale du personnel enseignant. La fin de cette subvention en juin 2024 a plongé les écoles catholiques dans une situation inédite.

Nouvelle donne

L’application rigoureuse du principe de laïcité consacré par la Constitution de juillet 2023 et la situation sécuritaire et économique difficile du pays justifient la mesure de suspension de la subvention de l’État. Ce dernier ne pouvant faire face à d’autres demandes de ce genre, émanant notamment d’associations religieuses musulmanes pour les écoles coraniques. Pour les observateurs, c’est surtout l’argument de la rationalisation des dépenses publiques qui peut justifier cette mesure, car l’enseignement dispensé dans les écoles catholiques l’était au profit de tous les enfants du Mali, sans distinction de religion, et était conforme au programme national.

L’une des conséquences de cette nouvelle donne est le risque de fermeture de certaines écoles et la fin de la possibilité d’être scolarisés pour de nombreux enfants dans les zones rurales, où sont situées plusieurs de ces écoles. Une dizaine d’écoles seront concernées par la suspension des activités pédagogiques dans l’Archidiocèse de Bamako, comprenant Bamako et quelques zones périphériques, trois dans le diocèse de Sikasso, trois dans le diocèse de San et deux à Mopti.

Impacts négatifs

La fermeture éventuelle de plusieurs écoles catholiques pourrait signifier que des milliers d’enfants n’auront plus d’instruction, surtout dans les zones rurales ou enclavées où les écoles catholiques sont souvent les seules structures éducatives disponibles, s’inquiète un enseignant. Ils seront au total 7 000 à être privés de scolarité, selon les estimations de la Direction de l’Enseignement catholique. Si aucune solution de remplacement n’est trouvée, beaucoup d’enfants seront contraints d’abandonner les classes, avec des conséquences à long terme sur leur avenir, poursuit-il. Plus de 1 600 enseignants travaillaient dans ces écoles. Parmi eux, 230 seront sans emploi, toujours selon les prévisions de la Direction de l’Enseignement catholique.

Pour continuer à exister sans la subvention de l’État, les écoles ont consenti une hausse des frais de scolarité, passant du simple à plus du double dans certaines écoles de la capitale. Par exemple, pour le second cycle de l’enseignement fondamental, les frais de scolarité passeront de 120 000 à 250 000 francs CFA. Des frais que beaucoup de familles pauvres ou modestes ne peuvent pas supporter.

Entre transfert dans des écoles publiques ou des écoles privées moins chères, M. Tall, père de deux enfants élèves au collège, s’adapte. « L’augmentation est vraiment importante et je n’ai pas encore fait un choix définitif ». D’autant que les transferts massifs vers les écoles publiques risquent de créer une pléthore dans les effectifs et une baisse de la qualité de l’enseignement à cause des classes surchargées et de manque de matériel, redoutent les spécialistes.

Les écoles catholiques accueillent des élèves de toutes confessions (chrétiens, musulmans, animistes) et sont reconnues pour leur discipline, leur rigueur et leur qualité pédagogique. Même si elles n’avaient pas été épargnées par la baisse des niveaux, ces écoles, qui revendiquent 80% de réussite aux différents examens nationaux, pourront-elles avoir la même « performance », avec la nouvelle situation ? Leur fermeture réduit en tout cas la diversité de l’offre scolaire au Mali. Au-delà, la fermeture de ces écoles pourrait conduire à un déséquilibre régional. Dans certaines régions (Au centre et au sud du Mali notamment), les écoles catholiques complètent ou remplacent l’offre publique. La fin de ce partenariat de 53 ans entre l’État et les écoles catholiques serait en outre un mauvais signal pour d’autres partenaires éducatifs privés. Un partenariat indispensable pour aider l’État à relancer l’éducation mise à mal depuis le début de la crise, avec environ 1 600 écoles fermées.

Alternatives

Le sursis accordé à la mise en œuvre de la mesure de suspension de la subvention de l’État ne semble pas avoir été suffisant pour apporter les solutions durables à l’enseignement catholique. Malgré l’existence d’une Commission de réflexion et de négociation sur l’avenir de l’enseignement catholique, des solutions à long terme ne sont pas attendues avant une année ou deux. En effet, faute d’alternatives, plusieurs écoles devront rester fermées d’ici deux ans, pour permettre à la majorité de continuer à travailler, assurent les responsables de la DNEC.

Désormais, pour compenser la suspension de la subvention de l’État, l’Église envisage deux mesures-phares qui consistent principalement en l’augmentation des frais de scolarité et la révision des contrats avec les enseignants. Dans les zones rurales, les frais de scolarité étaient autour de 25 000 et 30 000 francs CFA pour les premiers cycles et 40 000 à 50 000 francs CFA pour les seconds cycles. Des frais qui correspondent au double en ville et seront désormais augmentés de 30 à 50%.

La deuxième mesure envisagée par la DNEC est la révision des contrats des enseignants. Une décision qui a conduit le Syndicat National des Travailleurs de l’Enseignement Privé Catholique (SYNTEC) à porter plainte contre son employeur pour licenciement abusif. Une décision du tribunal à ce sujet est attendue le 29 septembre 2025.

Combler le vide

L’État devrait aider à trouver une solution progressive face au nouveau défi que constitue l’arrêt de la subvention, suggère un acteur. Reporter ou étaler la fin des subventions sur plusieurs années au lieu d’une suppression immédiate. Ceci permettrait aux écoles concernées de s’adapter progressivement, à travers la recherche de financements et la restructuration de l’enseignement catholique. Parallèlement, les autorités doivent étoffer les capacités d’accueil de l’école publique en construisant de nouvelles classes, surtout dans les zones les plus reculées. Le recrutement et la formation de davantage d’enseignants, pour tenir compte des élèves transférés, ainsi que la fourniture de matériel pédagogique seront nécessaires pour maintenir la qualité de l’enseignement. Parmi les solutions à long terme que pourrait envisager l’État, une subvention indirecte aux familles, à travers la mise en place d’une aide financière ciblée (bourses scolaires), pour les enfants issus des écoles catholiques, afin qu’ils puissent s’inscrire ailleurs sans rupture. Et, enfin, il faut ouvrir le dialogue entre l’État, l’Église, les syndicats d’enseignants et les parents d’élèves afin d’explorer des formes de partenariat alternatives basées sur des objectifs éducatifs partagés (et non religieux).

Réassurance : création d’une société nationale en projet

Le gouvernement a annoncé, à l’issue du Conseil des ministres du mercredi 10 septembre 2025, un projet de création d’une société nationale de réassurance.

 

Le marché des assurances connaît une croissance régulière, avec une diversification progressive des produits et une hausse des primes émises. Mais en l’absence d’un réassureur national, une part importante de ces primes est transférée à l’étranger. Cette situation prive l’économie de ressources financières et limite la contribution du secteur au financement national.

La réassurance, qui consiste à assurer les compagnies d’assurances elles-mêmes, joue un rôle central dans la solidité du système financier. Elle permet de partager les risques les plus lourds — tels que les grands projets industriels, miniers, agricoles ou encore les catastrophes naturelles — que les compagnies locales ne peuvent assumer seules. Aujourd’hui, ce rôle est assuré par des structures étrangères.

Selon les données disponibles, le taux de pénétration de l’assurance au Mali est inférieur à 0,5 % du PIB, alors que la moyenne africaine était estimée à 3,5 % en 2023. Ce décalage souligne la faiblesse du marché et justifie la création d’un instrument national capable de retenir une part des primes et de soutenir la croissance locale.

La future société nationale de réassurance devra contribuer à renforcer la souveraineté financière, conserver davantage de capitaux dans le pays et développer des placements productifs comme les titres publics et le système bancaire. Elle favorisera également la professionnalisation du secteur à travers la création d’emplois spécialisés et le développement de compétences techniques en gestion des risques.

 

Réconciliation nationale : une 4ᵉ édition sous le signe de la culture

La tenue de la 4ᵉ édition de la Semaine nationale de la Réconciliation nationale a été annoncée ce mercredi 10 septembre 2025 à l’issue du Conseil des ministres. Cette édition coïncide avec l’Année de la Culture, lui donnant une portée symbolique particulière en plaçant l’héritage culturel au centre du processus de réconciliation.

Le thème choisi est : « Héritage culturel : facteur de paix et de cohésion sociale dans l’espace AES ». La date précise de l’événement sera communiquée ultérieurement.

Parmi ses objectifs figurent la valorisation du patrimoine sahélien comme levier de cohésion, la célébration de la mémoire collective de la Confédération AES, la mobilisation des femmes et des jeunes autour des valeurs de paix, et le dialogue interculturel pour renforcer l’intégration régionale.

Un programme d’activités variées est prévu : débats autour de la Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation, manifestations artistiques et culturelles, compétitions sportives, campagnes de reboisement et remise du prix annuel pour la promotion de la paix. Autant d’initiatives destinées à inscrire la réconciliation dans la vie quotidienne des citoyens.

AES : Bamako accueillera un forum sur le développement de l’agriculture

La capitale malienne abritera les 18, 19 et 20 septembre prochain, au CICB, un forum sur le développement de l’Agriculture, dans l’espace de la Confédération des États du Sahel. Ce forum servira de cadre d’échanges et de partage d’expériences entre les professionnels du secteur agricole des pays membres de l’AES, en vue d’identifier les actions de synergie dans le domaine Agricole.

 

La capitale malienne servira de cadre à un forum sur le développement agricole, secteur stratégique pour les pays de l’AES. Pour aider à bien préparer la rencontre, une commission d’organisation a été mise en place et comprend des représentants de plusieurs départements ministériels maliens. Elle s’est réunie ce mardi 09 septembre 2025, dans la salle de réunion du ministère de l’Agriculture, sous la co présidence des Secrétaires Généraux des ministères de l’Agriculture et de celui de l’Élevage et de la Pêche.

 

Placé sous le parrainage du Général Assimi GOÏTA, président de la Confédération AES et placé sous la présidence du Premier Ministre, Abdoulaye MAÏGA, ce forum s’inscrit dans la perspective de parvenir à une vison partagée du développement agricole, afin d’accélérer la transformation durable des systèmes agricoles dans l’espace de la confédération. L’agriculture est le pilier clé de l’économie des Etats du sahel. Au Mali, il emploie près de 80 % de la population et contribue à hauteur de 38 % au PIB. Selon le rapport de revue du secteur agricole de la banque mondiale, le Mali possède un potentiel agricole considérable.

 

Environ 44 millions d’hectares sont utilisables pour l’agriculture et l’élevage, dont seulement 7 millions d’hectares (soit 16%) sont cultivés à l’heure actuelle. Cette grande rencontre servira de cadre d’échanges et de partage d’expériences entre les professionnels du secteur agricole des pays membres de l’AES, dans l’optique d’identifier les actions de synergie dans le domaine Agricole dont la mise en œuvre pourrait contribuer à l’atteinte de la souveraineté alimentaire et l’amélioration des conditions de vie des exploitantes et exploitants agricoles de la zone AES. Les échanges de cette première réunion ont porté essentiellement sur la tenue et la réussite du forum.

Joseph Amara DEMBELE

 

 

Ségou : saisie de 178 briques de cannabis par la Douane

La Section Recherches et Interventions (SRI) des Douanes maliennes à Ségou a saisi, le lundi 8 septembre, 178 briques de cannabis soigneusement dissimulées sous des bidons d’huile à bord d’un camion en provenance de Koutiala.

L’opération, menée en pleine journée, a permis de déjouer une tentative de contrebande sophistiquée. Le camouflage sous des bidons d’huile illustre la ruse grandissante des trafiquants qui cherchent à tromper la vigilance des contrôles douaniers.

Cette saisie intervient alors que le Mali est devenu un point clé du trafic régional de drogue. Entre juin 2024 et juin 2025, plus de 127 tonnes de drogues ont été saisies par les forces maliennes, parmi lesquelles une part importante de cannabis, principalement sur les routes stratégiques reliant les régions du sud. Avec plus de 262 interpellations au premier semestre 2025, les opérations de lutte contre le narcotrafic s’intensifient dans tout le pays.

Le trafic de cannabis cible particulièrement la jeunesse malienne, provoquant des problèmes de santé publique et fragilisant le tissu social. Le Directeur Général des Douanes a salué cette opération, rappelant que les services restent vigilants sur tous les fronts — routes, frontières, fleuves — pour protéger l’économie nationale.

Toutefois, la sophistication croissante des réseaux de trafiquants pose un défi majeur aux autorités maliennes, qui doivent renforcer leurs moyens humains et techniques pour faire face à ce fléau. La lutte contre le narcotrafic est également compliquée par l’implication de groupes armés non étatiques, qui tirent profit de l’insécurité pour faciliter leurs activités illégales.

Les autorités maliennes réaffirment leur engagement à combattre ces réseaux, en collaboration avec les partenaires internationaux, afin de préserver la stabilité et la sécurité du pays.

Deux ex-otages policiers reçus par le président de la transition à Koulouba

Le mardi 9 septembre 2025, le président de la transition malienne, le général Assimi Goïta, a reçu en audience une délégation conduite par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Daoud Aly Mohamedine.

Lors de cette rencontre, le ministre a présenté physiquement deux ex-otages policiers récemment libérés : le Sergent-Chef Abdrahamane Dembélé et le Sergent Boubacar Dabo. Ces agents de la Police nationale avaient été enlevés le 6 août 2025 à Bambara Maoudé, sur l’axe Tombouctou-Douentza, et sont restés captifs pendant un peu plus d’un mois.

La libération, réalisée le 8 septembre, est le fruit du professionnalisme des Forces armées et de sécurité maliennes (FAMa) et de la perspicacité des services de renseignement. Les deux ex-otages bénéficient actuellement d’un suivi médical et psychologique avant leur retour auprès de leurs familles.

Le ministre Daoud Aly Mohamedine a rappelé aux ex-otages que « le risque fait partie de la vie militaire », saluant leur courage face à cette épreuve.

Le général Assimi Goïta, lors de l’audience, a lui aussi rendu hommage au courage des policiers. Il a réaffirmé l’engagement ferme de l’État à protéger ses citoyens, tout en assurant la poursuite des efforts pour libérer toutes les personnes encore détenues par les groupes armés.

Besoins humanitaires : seulement 13 % couverts au Mali

Le dernier rapport régional de l’OCHA, daté du 8 septembre 2025, révèle que le financement humanitaire au Mali reste largement en deçà des besoins. Le Plan de réponse humanitaire du pays est évalué à 771,3 millions de dollars pour 2025. À ce jour, 100,8 millions ont été mobilisés à l’intérieur du plan, soit 13 % du total requis. S’y ajoutent 26,6 millions de financements extérieurs, portant l’enveloppe globale à 127,4 millions de dollars.

Le déficit atteint 671 millions de dollars. Cette situation place le Mali parmi les pays les moins financés de la région, en proportion de ses besoins. À titre de comparaison, le Tchad affiche une couverture de 20 % avec 291,7 millions mobilisés sur plus de 1,4 milliard requis, tandis que la République centrafricaine atteint 25 %.
L’analyse s’inscrit dans une vue d’ensemble de huit pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Les besoins régionaux s’élèvent à 7,7 milliards de dollars pour 2025, dont seulement 1,3 milliard a été financé dans le cadre des plans de réponse humanitaire, soit une couverture de 17 %. Plus de 6,4 milliards restent à mobiliser. Les financements extérieurs aux plans représentent 322,8 millions de dollars, soit 19 % du total global.
Pour le Mali, la part des financements hors plan représente 21 % des ressources mobilisées, un niveau similaire à celui du Burkina Faso et supérieur à celui du Nigeria, évalué à 14 %. Malgré ces apports complémentaires, la situation demeure critique au regard des besoins non couverts.
Les principaux bailleurs identifiés sont l’Union européenne, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne, qui concentrent la majorité des financements régionaux. Ces contributions bénéficient surtout aux agences des Nations unies, aux ONG internationales et au Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
La faiblesse du financement au Mali intervient alors que le pays fait face à une aggravation des besoins humanitaires, dans un contexte de déplacements massifs et de vulnérabilités accrues. Le rapport souligne l’écart persistant entre les ressources disponibles et les besoins exprimés, limitant la capacité des acteurs humanitaires à répondre efficacement aux urgences.

Hausse des déplacements : plus de 220 000 réfugiés recensés

Au deuxième trimestre 2025, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a publié une mise à jour opérationnelle qui dresse un tableau chiffré des mouvements de populations et de l’assistance apportée dans le pays. Le rapport, couvrant la période d’avril à juin, révèle une progression marquée des arrivées et met en évidence l’ampleur des besoins.

Entre juin 2024 et juin 2025, le nombre de réfugiés présents au Mali est passé de 96 000 à plus de 220 000. Parmi eux, 138 535 ont été enregistrés par la Commission nationale pour les réfugiés et plus de 89 000 sont encore en attente d’enregistrement, contre 64 315 trois mois plus tôt. Les nouveaux arrivants viennent principalement du Burkina Faso et du Niger, s’installant d’abord dans les régions centrales avant de poursuivre leur route vers le sud, notamment Bamako, Ségou et Sikasso.
Le rapport indique que 402 167 personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, tandis que 194 236 ont pu rentrer chez elles. À l’étranger, 334 123 Maliens sont réfugiés dans des pays d’asile. Dans le même temps, 670 réfugiés maliens ont regagné leur pays depuis le début de l’année. Entre avril et juin, 267 retours volontaires ont été enregistrés, dont 156 depuis la Mauritanie, 77 depuis le Burkina Faso et 34 depuis le Niger.
Les autorités et le HCR signalent une intensification des mouvements mixtes aux frontières. Sur le deuxième trimestre, 7 729 individus ont été recensés, soit une hausse de 61 % par rapport au trimestre précédent. La majorité provient du Burkina Faso, avec 5 996 demandeurs d’asile identifiés. L’absence de documents d’identité est relevée chez 71 % des personnes enregistrées, dont plus de la moitié exposées au risque d’apatridie.
L’assistance a concerné plusieurs volets. En matière d’éducation, 400 élèves de Tombouctou ont reçu des kits scolaires et des équipements ont été fournis à sept écoles de Gao et Haoussa-Foulane. Sur le plan de la santé, trois malades ont été pris en charge à Koro et cinq autres ont été orientés vers Médecins sans frontières. Dix foyers ont reçu des kits pour bébés et dix victimes de violences ont bénéficié de kits de dignité à Douentza. Concernant l’hébergement, 221 abris semi-durables ont été construits à Gao pour 1 105 personnes touchées par des inondations et 100 maisons ont été remises à des familles vulnérables dans la Cité Naata. Des blocs de latrines ont également été installés pour améliorer l’hygiène et la sécurité.
Le soutien matériel s’est traduit par la distribution de couvertures à 3 760 réfugiés et 750 membres de communautés hôtes, ainsi que par la remise de kits de survie à plus de 1 100 réfugiés et 1 476 déplacés internes. Mille cent dix réfugiés ont reçu des moustiquaires pour se protéger du paludisme. Une aide en espèces a été distribuée à 44 foyers réfugiés à Mopti et à 133 ménages hôtes à Tombouctou. Le Conseil norvégien pour les réfugiés a apporté une assistance financière à 3 079 réfugiés dans la région de Koro pour couvrir un mois de besoins alimentaires.
La protection des victimes de violences a constitué un axe prioritaire. Entre avril et juin, plus de 110 survivantes, dont des enfants, ont reçu un appui médical et psychosocial dans les régions de Mopti, Gao, Ménaka, Ansongo et Koro. Le rapport mentionne aussi l’adoption en mai 2025 par le Comité national de Transition d’une loi sur l’apatridie, après un processus mené avec l’appui du HCR.
Le financement reste un défi majeur. Le HCR indique avoir besoin de 85 millions de dollars pour couvrir ses opérations en 2025, mais seulement 22 % de ce montant étaient disponibles au 30 juin.

Kayes : arrestation de suspects par les FAMa et démenti officiel du blocus terroriste

Le mardi 9 septembre 2025, une mission de reconnaissance des Forces Armées Maliennes (FAMa) a conduit à l’arrestation de quatre individus suspects à Lambatara, dans la région de Kayes. Les suspects étaient en possession de plusieurs dizaines de téléphones portables, ce qui a motivé leur interpellation immédiate.

Ils ont été remis aux autorités compétentes et font désormais l’objet d’une enquête visant à déterminer l’origine de ces téléphones et les motivations des personnes arrêtées.

Cette opération s’inscrit dans la continuité de l’engagement des FAMa dans la lutte contre le banditisme et la sécurisation des populations dans la zone de Kayes.

Par ailleurs, la région de Kayes fait face depuis plusieurs jours à des tentatives de blocus annoncées par le groupe terroriste Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Ce groupe a diffusé une vidéo annonçant l’imposition d’un blocus sur les villes de Kayes et Nioro du Sahel, ainsi qu’une interdiction de transport de carburant via plusieurs pays voisins.

Cependant, la Direction des relations publiques des armées (DIRPA) a démenti formellement l’existence d’un tel blocus. Le colonel Souleymane Dembélé, porte-parole de la DIRPA, a qualifié ces informations de propagande visant à semer la psychose et a expliqué que toute incursion ou tentative de blocage des axes routiers par les terroristes est éphémère. Il a détaillé que les Forces armées maliennes procèdent à des opérations de ratissage rapides et efficaces qui permettent de rétablir la libre circulation sur ces tronçons stratégiques.

Les autorités militaires maliennes ont réaffirmé leur détermination à sécuriser la région de Kayes, notamment en neutralisant de nombreux éléments terroristes et en libérant des otages. La situation reste toutefois tendue, avec une menace persistante des groupes armés dans l’ouest du pays.

La CNDH préoccupée par la situation sécuritaire et humanitaire du pays

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) du Mali a publié un communiqué exprimant sa profonde préoccupation face à la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans le pays.

Se référant à la Constitution du 22 juillet 2023, au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et aux Conventions de Genève, la CNDH condamne l’escalade des violences et appelle les autorités maliennes à respecter leurs obligations en matière de protection des droits humains.

La CNDH rappelle les devoirs de l’État concernant l’assistance humanitaire et exhorte à faciliter l’accès sans entraves des secours, notamment en direction des personnes déplacées internes et des réfugiés.

Le communiqué souligne l’urgence d’un dialogue inclusif et constructif entre toutes les parties, afin d’instaurer un climat de paix durable.

La Commission soutient les Forces armées et de sécurité maliennes (FAMa) dans leurs opérations, tout en recommandant une collaboration accrue entre ces forces et la population pour une meilleure efficacité.

Enfin, la CNDH rappelle que la protection des droits de l’homme est une responsabilité partagée et insiste que nul n’est à l’abri de la violation de ses droits.

AfroBasket U16 : le Mali confirme ses ambitions à Kigali

Les sélections U16 du Mali poursuivent leur parcours sans faute à Kigali, où garçons et filles ont validé leur ticket pour les quarts de finale. Leurs deuxièmes sorties, face au Libéria et à la Côte d’Ivoire, ont confirmé leur statut de favoris.

Au Petit Stade de Kigali, la deuxième sortie des Aiglonnets masculins s’est déroulée le 4 septembre 2025 à 16h30 contre le Libéria. Les Maliens se sont imposés 69–57 après avoir dominé les deux premiers quarts, maîtrisé les rebonds et maintenu leur intensité défensive jusqu’au bout. Avec ce succès, ajouté à leur victoire inaugurale face au Maroc (67–54), le Mali est assuré de disputer les quarts de finale et aborde son dernier match de poule avec confiance. Le rendez-vous contre l’Égypte, prévu le 10 septembre à 16h30, décidera de la première place du groupe C et donnera le ton avant les phases à élimination directe.

Chez les filles, la deuxième confrontation a eu lieu le 6 septembre 2025 à 13h30 face à la Côte d’Ivoire. Après un premier quart équilibré (11–11), les Maliennes ont pris l’ascendant grâce à une défense resserrée et une attaque portée par Awa Keita (24 points, 6 rebonds) et Mariya Diawara (19 points). La victoire 65–38 vient s’ajouter à leur entrée réussie contre l’Angola (52–44), confirmant une supériorité technique et physique dans le groupe B. Déjà qualifiées pour les quarts, elles joueront leur dernier match de poule face à la Guinée le 9 septembre à 9h00, avec pour objectif de consolider leur première place.

Les deux sélections incarnent une même dynamique : invaincues, déjà en quarts et concentrées sur la suite d’un tournoi qui a souvent souri au Mali dans les catégories jeunes. À Kigali, l’attente est désormais tournée vers leurs prochaines sorties décisives, où garçons comme filles auront l’occasion d’affirmer encore davantage la place du pays au sommet du basket continental.

Attaques contre des commissariats à Mopti et Bla : victimes et dégâts matériels signalés

Deux attaques armées ont visé des commissariats de police au centre du Mali au début du mois de septembre 2025. Si celle de Mopti a fait deux victimes parmi les gardiens, celle de Bla a causé d’importants dégâts matériels sans pertes en vies humaines.

Dans la nuit du 6 au 7 septembre 2025, le commissariat de Mopti a été pris pour cible par des hommes armés. Des tirs nourris ont été entendus pendant une quinzaine de minutes. Des sources rapportent que deux gardiens se trouvant dans un bâtiment voisin ont été tués. Des dégâts matériels ont également été rapportés, mais leur ampleur exacte reste à confirmer. L’attaque n’a pas été revendiquée et l’identité des assaillants demeure inconnue.
Deux jours plus tôt, dans la nuit du 4 au 5 septembre, un autre commissariat avait été visé à Bla, dans la région de Ségou. Les assaillants ont emporté deux véhicules pick-up, incendié un troisième et détruit la Brigade de recherche. Vingt-cinq motos, dont certaines appartenaient aux policiers, ont été brûlées. Les bureaux ont été vandalisés, interrompant les activités administratives, mais aucune perte humaine n’a été signalée.
Ces deux attaques rapprochées dans le temps illustrent la persistance de l’insécurité dans le centre du pays. Les autorités locales se sont rendues sur les lieux pour constater les dégâts et annoncer un renforcement des dispositifs sécuritaires. Aucun groupe armé n’a, pour l’heure, revendiqué ces assauts et aucune attribution officielle n’a été établie. La katiba Macina, l’une des composantes les plus actives du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), opère largement dans la région, mais son implication n’a pas encore été confirmée.

Deux ans après l’attaque du bateau Tombouctou, l’enquête piétine  

Ce dimanche 7 septembre 2025 marque le deuxième anniversaire de l’attaque contre le bateau Tombouctou de la Compagnie malienne de navigation fluviale. L’embarcation avait été frappée par des roquettes le 7 septembre 2023 sur le fleuve Niger, entre Abokoira et Zorghoi, provoquant un incendie à bord. Le même jour, le camp militaire de Bamba, dans la région de Gao, avait également été visé.

 

Le bilan avait été lourd. Les autorités avaient annoncé 64 morts, dont 49 civils et 15 militaires. D’autres sources avaient fait état d’un nombre bien plus élevé de victimes civiles. L’UNICEF avait confirmé la mort de 24 enfants et indiqué que neuf autres avaient été hospitalisés.

 

Le 8 septembre 2023, le procureur du Pôle judiciaire spécialisé de lutte contre le terrorisme avait annoncé l’ouverture d’une enquête pour identifier et poursuivre les auteurs. Deux ans plus tard, aucune avancée n’a été rendue publique. L’attaque n’a jamais été revendiquée. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, initialement soupçonné, avait nié toute implication, tout comme certains groupes rebelles évoqués parmi les premières pistes.

 

La Compagnie malienne de navigation fluviale n’a pas repris ses activités à plein régime. Ses employés ont dénoncé des arriérés de salaires et l’arrêt du trafic a entraîné de lourdes pertes économiques.

 

Deux ans après les faits, les auteurs de l’attaque n’ont toujours pas été formellement identifiés et les résultats de l’enquête judiciaire n’ont pas été rendus publics.

 

 

Sénégal : Un nouveau gouvernement pour accompagner le redressement économique

Le Sénégal a procédé le 6 septembre 2025 à un remaniement ministériel avec l’entrée de nouveaux visages et le départ de plusieurs responsables. Cette réorganisation répond à la démission d’un ministre, à une évaluation du gouvernement après 18 mois et aux impératifs du plan de redressement économique et social.

Le président Bassirou Diomaye Faye a pris cette décision après une période de stabilité gouvernementale inédite de 18 mois. Le Premier ministre Ousmane Sonko, qui forme ainsi son deuxième gouvernement depuis sa nomination en 2024, a dévoilé une équipe de 25 ministres et 4 secrétaires d’État appelée à mettre en œuvre les priorités politiques, économiques et sociales.

La démission d’Abass Fall, ministre du Travail devenu maire de Dakar, a été l’un des éléments déclencheurs de cette recomposition. Elle s’inscrit aussi dans une logique de bilan sur le fonctionnement de l’équipe en place. Selon le Premier ministre, des ajustements étaient nécessaires pour renforcer la cohésion et améliorer l’efficacité de l’action gouvernementale.

Le contexte économique a également pesé dans cette décision. Le Sénégal vient d’adopter un Plan de redressement économique et social chiffré à 6 000 milliards de francs CFA sur 3 ans. Financé à près de 90 % par des ressources internes, ce programme vise à ramener le déficit budgétaire à 3 % et à stabiliser une dette publique estimée à plus de 110 % du produit intérieur brut. Ce plan constitue la feuille de route principale de l’exécutif pour la période 2025-2028.

Plusieurs changements notables ont marqué ce remaniement. Cheikh Niang, diplomate de carrière qui a représenté le Sénégal auprès des Nations unies à New York et occupé plusieurs postes d’ambassadeur, prend désormais la tête des Affaires étrangères. Sa longue expérience internationale devrait renforcer la voix du pays sur les grandes questions régionales et multilatérales. Mouhamadou Bamba Cissé, avocat au barreau de Dakar depuis plus de vingt ans et lauréat d’un prix des Barreaux francophones d’Afrique, est nommé ministre de l’Intérieur. Proche du Premier ministre, il devra gérer les questions sécuritaires et l’organisation des prochaines échéances électorales. Déthié Fall, ingénieur polytechnicien et ancien député, devient ministre des Infrastructures. Son profil d’expert technique et son parcours d’ancien opposant reconverti au sein de l’exécutif devraient lui permettre de piloter des chantiers structurants pour l’économie nationale.

D’autres changements renforcent cette logique de renouvellement. À la Culture, Amadou Ba, ancien parlementaire, prend le relais de Mountaga Diao, avec la mission de dynamiser un secteur stratégique pour l’identité et le rayonnement du pays. Aux Forces armées, le général Birame Diop, ancien chef d’état-major et spécialiste des opérations de maintien de la paix, succède au général Jean-Baptiste Tine. À la Justice, Yassine Fall, avocate de formation et ancienne députée, remplace Ousmane Diagne avec pour mission de poursuivre les réformes de modernisation du système judiciaire.

Parmi les sortants figurent donc Abass Fall, Ousmane Diagne, Jean-Baptiste Tine et Mountaga Diao, rejoints par d’autres responsables qui n’ont pas été reconduits. Les nouveaux entrants, issus du Parlement, de la société civile ou de la diplomatie, incarnent une volonté d’ouverture et de rééquilibrage.

Ce remaniement, attendu après la présentation du plan de redressement, ouvre une nouvelle étape pour le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye. Les prochains mois permettront d’évaluer la capacité de cette équipe à relever les défis liés au coût de la vie, à l’emploi, à la sécurité et à la souveraineté alimentaire, tout en maintenant la stabilité du pays dans un environnement régional marqué par les tensions politiques et économiques.

CIJ : que peut espérer Bamako face à Alger ?

Le Mali a saisi la Cour internationale de justice le 4 septembre 2025 après la destruction d’un drone militaire près de Tinzaouaten. Cette démarche traduit un recours inédit au droit international dans un différend sensible avec l’Algérie. Mais elle soulève une question centrale : la Cour est-elle compétente pour trancher une telle affaire et que peut réellement espérer Bamako au terme de cette procédure ?

Les autorités maliennes accusent Alger d’un acte d’agression portant atteinte à leur souveraineté et en violation des principes de la Charte des Nations unies, notamment de l’interdiction du recours à la force. La requête s’appuie explicitement sur l’article 2, paragraphe 4, qui prohibe le recours à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance d’un État. Bamako invoque également la résolution 3314 de l’Assemblée générale des Nations unies de 1974, qui définit juridiquement la notion d’agression.
La compétence en question
Mais invoquer la Charte ne suffit pas à établir la compétence de la Cour. Selon l’article 24 de la Charte, c’est au Conseil de sécurité qu’incombe la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales. La Cour internationale de justice, de son côté, joue un rôle strictement juridique et ne peut trancher que les différends pour lesquels les États acceptent sa juridiction, comme le prévoit l’article 36 de son Statut. Elle n’a pas de pouvoir automatique pour connaître des violations alléguées de la Charte, ni de moyens propres pour contraindre les États à exécuter ses arrêts. Or, l’Algérie n’a pas reconnu la juridiction obligatoire de la CIJ. En l’absence de traité applicable liant les deux pays ou d’un accord ad hoc, Alger pourra soulever une exception d’incompétence et empêcher l’examen du fond.
Ce choix procédural s’éclaire à la lumière du précédent de 2022, lorsque le Mali avait saisi le Conseil de sécurité pour dénoncer des « actes d’agression » attribués à la France, l’accusant de violations répétées de son espace aérien et même de soutien aux groupes jihadistes. Cette plainte, transmise dans une lettre officielle au président du Conseil alors dirigé par la Chine, n’avait pas donné de suite, illustrant la dimension éminemment politique de cet organe et les blocages liés aux vetos des membres permanents. C’est sans doute pour éviter une nouvelle impasse que Bamako a choisi de recourir à la CIJ, afin de déplacer le différend sur le terrain juridique et d’obliger Alger à se défendre devant une instance judiciaire mondiale.
Si la Cour accepte d’examiner la requête, la procédure suivra plusieurs étapes. Le Mali présentera ses arguments dans une phase écrite, l’Algérie pourra répondre et soulever des objections, puis des audiences publiques permettront aux juges d’entendre les deux parties. Dans l’intervalle, la Cour pourra ordonner des mesures conservatoires pour prévenir toute aggravation du différend, par exemple en demandant aux deux États de s’abstenir de tout acte de nature à intensifier le conflit. Le jugement final, qui pourrait intervenir dans plusieurs années, aurait une valeur obligatoire en droit international, mais son exécution dépendrait de la volonté des parties, la Cour n’ayant aucun moyen de coercition propre.
Des précédents instructifs
Les précédents confirment que la compétence est le nœud du problème. Dans l’affaire Nicaragua c. États-Unis (1984), la Cour s’était déclarée compétente mais Washington avait refusé d’exécuter le jugement. L’Ukraine a, en revanche, pu obtenir en 2019 que la CIJ examine ses plaintes contre la Russie en invoquant des conventions spécifiques ratifiées par les deux pays, sur le financement du terrorisme et la discrimination raciale. En Afrique, le Burkina Faso et le Mali avaient conjointement saisi la CIJ en 1986 pour un différend frontalier, ce qui avait permis un règlement pacifique. Plus récemment, en 2021, la Somalie et le Kenya ont vu la Cour trancher leur litige maritime. La Gambie a également porté plainte contre le Myanmar en 2019 pour violation de la Convention sur le génocide, démontrant qu’un État africain peut utiliser la CIJ pour défendre une cause au niveau mondial.
Des leviers envisageables
Si Bamako veut néanmoins donner toutes ses chances à cette requête, plusieurs leviers sont envisageables. Le premier est de fonder la compétence de la Cour sur un instrument juridique précis, qu’il s’agisse d’un traité multilatéral ratifié par les deux pays comportant une clause attributive, ou d’un compromis spécial conclu entre les parties, même si ce dernier paraît difficile dans le climat actuel. Le Mali pourrait aussi orienter sa démarche vers des demandes plus réalistes, comme l’obtention de mesures conservatoires visant à prévenir tout nouvel incident, plutôt que d’attendre immédiatement une condamnation au fond. Pour convaincre, il lui faudra présenter des preuves techniques et irréfutables de l’incident, notamment l’immatriculation et la trajectoire du drone, ainsi que le lieu exact où il a été détruit. Enfin, le succès de cette initiative dépendra aussi du soutien diplomatique que Bamako saura mobiliser, en particulier auprès de l’Union africaine, de la CEDEAO et des partenaires internationaux, afin que la portée de sa démarche dépasse le simple symbole.
Dans le cas malien, l’absence de reconnaissance de compétence par l’Algérie reste un obstacle majeur. Mais la portée symbolique et politique de la démarche est indéniable. Elle illustre la volonté de Bamako d’internationaliser son différend avec Alger après l’expérience infructueuse du Conseil de sécurité et de tester la capacité de la justice mondiale à arbitrer un conflit directement né sur le continent africain.

La coproduction de la sécurité au centre d’une conférence-débat

Le 30 août 2025, le Réseau Médias-RSS, en partenariat avec le DCAF, a tenu à l’Hôtel Maeva Palace une conférence-débat consacrée au rôle du citoyen dans la coproduction de la sécurité au Sahel. L’événement a rassemblé 109 participants, dont 37 femmes et 72 hommes, issus d’autorités administratives, de collectivités, de médias, de chefferies traditionnelles, de forces de sécurité, d’organisations de la société civile, de chercheurs et de partenaires internationaux.

Les travaux ont porté sur le thème : « L’État face à la recrudescence de la demande de sécurité par la population : quel rôle pour le citoyen dans la coproduction de la sécurité au Sahel ? ». Ce choix s’inscrit dans un contexte où les défis sécuritaires se multiplient et où l’implication des communautés apparaît comme un levier essentiel pour consolider la stabilité et la gouvernance.
Dans son allocution, la représentante du DCAF, Valérie Petitpierre, a rappelé que la sécurité n’est pas uniquement l’affaire de l’État mais se construit avec l’ensemble des composantes sociales. Elle a insisté sur la place des médias comme relais de confiance et sur les outils pratiques développés pour favoriser la participation citoyenne et l’intégration du genre dans le secteur de la sécurité. Les autorités coutumières et municipales présentes ont, elles aussi, insisté sur la nécessité d’un ancrage local fort pour rapprocher la gouvernance sécuritaire des populations.
La table ronde modérée par Coumba Bah a permis de confronter plusieurs points de vue. Le professeur Bakary Camara a évoqué l’héritage des mécanismes communautaires, en particulier les chasseurs traditionnels et les milices villageoises, tout en rappelant la contribution des femmes aux stratégies collectives. La journaliste Assétou Diarra a attiré l’attention sur la responsabilité des médias dans le traitement de l’information sécuritaire et proposé des cellules de veille citoyenne en lien avec les rédactions. Boubacar Théra, représentant du DCAF, a défendu une approche multidimensionnelle de la sécurité intégrant ses aspects militaire, alimentaire, sanitaire, économique et social.
Les échanges avec les participants ont porté sur la régulation de l’information, la place des citoyens dans la prévention des crises et les mécanismes de responsabilisation face aux dérives médiatiques. La Haute Autorité de la Communication a rappelé son rôle de régulation et encouragé une formation continue des journalistes sur l’éthique et la couverture des conflits.
La rencontre a aussi été marquée par la présentation des nouveaux organes du Réseau Médias-RSS. Massiré Diop succède à Coumba Bah au secrétariat exécutif, tandis que celle-ci prend la présidence du conseil d’administration. Le bureau est également composé d’Aminata Yattara, Bintou Coulibaly, Jiadata Maïga, Youba Doumbia et Hamady Sow. Le conseil d’administration dirigé par Coumba Bah compte plusieurs personnalités reconnues de la presse malienne et de la société civile, parmi lesquelles Bandjougou Danté, président de la Maison de la Presse, Alexis Kalambry, Ramata Diaouré, membre du CNT, Amadou Dagamaïssa, président du RECOTRAD, Aissatou Cissé et Ornella Modéran.
À l’issue des travaux, les participants ont recommandé de renforcer la formation des journalistes sur l’éthique, de mettre en place des espaces de concertation entre citoyens, autorités et médias, et d’intégrer la coproduction de la sécurité dans les politiques nationales. Le Réseau Médias-RSS a réaffirmé son engagement à suivre ces recommandations et à développer, avec le DCAF et d’autres partenaires, des initiatives conjointes pour renforcer une gouvernance sécuritaire inclusive au Sahel.

AfroBasket U16 : le Mali gagne mais reste sous le feu des soupçons

Le Mali a démarré fort son tournoi U16 à Kigali avec deux victoires, chez les filles face à l’Angola et chez les garçons face au Liberia. Derrière ces succès, des contrôles IRM ont toutefois révélé des exclusions qui réduisent l’effectif et alimentent la controverse.

À Kigali, les Maliennes ont assumé leur statut en battant l’Angola 52–44. Le match s’est joué sur la constance défensive et la gestion des moments clés, confirmant la suprématie d’une équipe qui vise un nouveau titre continental. Prochain rendez-vous, un duel attendu contre la Côte d’Ivoire samedi matin, déjà annoncé comme un test majeur pour la suite de la compétition.
Chez les garçons, le Mali a dominé le Liberia 69–57. Les Aiglonnets ont construit leur avance dès la première période grâce à Bakary Ballo, N’Dji Ibourahima Coulibaly et Mohamed Keita, avant de contrôler le rythme jusqu’au bout. Ce succès est d’autant plus remarquable qu’ils n’étaient que sept joueurs sur la feuille de match, une situation rare à ce niveau. Ils restent leaders du groupe C avant d’affronter le Maroc dimanche puis l’Égypte mercredi, deux échéances décisives qui mettront à l’épreuve leur endurance.
Le point sensible de ce tournoi reste les tests IRM imposés en amont. Plusieurs sources concordantes parlent de cinq joueurs maliens et quatre libériens déclarés inéligibles après ces contrôles, réduisant drastiquement les effectifs. Si FIBA n’a pas communiqué officiellement la liste des recalés, ses propres rapports confirment que le Mali s’est présenté diminué.
Ce dispositif médical, déjà utilisé dans d’autres disciplines, vise à contrôler l’âge réel des athlètes par l’examen de la maturation osseuse. Dans ce contexte, la situation malienne illustre la complexité d’un sport où l’éthique, la réglementation et la performance se croisent.
Les victoires inaugurales rappellent la qualité de la formation et la force du collectif, mais la profondeur réduite de l’effectif pourrait peser lourd à mesure que le tournoi avance. Pour l’heure, les Aiglonnets et leurs consœurs maintiennent le cap, entre ambitions sportives et climat de suspicion.

Mondial 2026 : le Mali se relance

Le Mali a dompté les Comores 3–0 jeudi 4 septembre, tandis que le Ghana a été tenu en échec 1–1 par le Tchad à N’Djamena. À trois journées de la fin, les Aigles reviennent à un point de Madagascar et restent dans le sillage du leader ghanéen.

La soirée a basculé au Stade Municipal de Berkane, au Maroc, sur un but de Nene Dorgelès avant l’heure de jeu. Kamory Doumbia a doublé la mise sur penalty puis Lassana Coulibaly a scellé le score, offrant au Mali une victoire nette et un précieux bonus au goal-average. La feuille de match et la chronologie des buts confirment un succès maîtrisé de bout en bout.
Dans le même temps, le Ghana a lâché deux points à N’Djamena. Les Black Stars restent leaders du groupe I, mais ce nul 1–1 redonne de l’oxygène à leurs poursuivants et resserre la hiérarchie avant un mois d’octobre qui s’annonce décisif. Le résumé officiel de la journée parle d’un « égaliseur tardif » du Tchad qui a refroidi les ambitions ghanéennes.
Le classement actualisé situe le Ghana à 16 points, Madagascar à 13 et le Mali à 12, à égalité avec les Comores mais devant au différentiel (+7). Cette situation replace clairement les Aigles dans la course : un souffle derrière Madagascar et à portée de tir du leader si les résultats s’enchaînent.
La suite du calendrier nourrit cet espoir. Lundi 8 septembre à Accra, le Mali se déplace chez le Ghana pour un choc à six points puisque gagner, c’est revenir à une longueur du premier avec l’ascendant psychologique, perdre, c’est voir l’horizon se boucher. La fenêtre d’octobre offrira ensuite deux marches à négocier avec sérieux et efficacité : déplacement au Tchad le 6, puis réception capitale de Madagascar le 13. Ces dates et lieux sont confirmés par les programmations officielles.
Au-delà de l’arithmétique, plusieurs signaux plaident pour la confiance. Le 3–0 face aux Comores valide une montée en régime offensive et une solidité retrouvée, deux ingrédients indispensables pour voyager à Accra puis verrouiller en octobre. L’autre levier est structurel. En effet, dans ce format CAF, les neuf premiers vont au Mondial et les quatre meilleurs deuxièmes disputent un barrage continental pour l’ultime billet intercontinental. Autrement dit, même sans coiffer le Ghana, une deuxième place robuste — points et différence de buts — maintient une route crédible vers 2026.
Tout se jouera désormais sur la capacité à répéter l’intensité et la justesse vues contre les Comores, à convertir les temps forts et surtout à rester lucide dans les moments faibles. Avec un rendez-vous immédiat face au leader, puis un tête-à-tête à Bamako contre Madagascar, le Mali n’a pas seulement encore des chance, il tient son destin à bout de crampons.