Les assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement se tiennent du 25 au 29 mai 2026. Dans un monde plus que jamais fragmenté, l’Afrique doit chercher les ressources pour financer son propre développement.
À Tinkélé, au Congo-Brazzaville, plus de 3 000 délégués venus des 81 pays membres de la BAD se penchent sur les leviers capables de réduire le déficit de financement du développement africain. Le thème retenu, « Mobiliser les ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté », traduit une urgence centrale pour le continent.
Les besoins augmentent alors que les marges budgétaires restent étroites. L’Afrique doit financer l’énergie, la sécurité alimentaire, l’adaptation au changement climatique, les infrastructures et l’emploi d’une population en forte croissance. Le déficit annuel de financement est estimé à 400 milliards de dollars, dans un contexte de tensions sur les chaînes d’approvisionnement, de hausse des risques et de recul de certains appuis extérieurs.
Nouveau virage
Ces assemblées sont les premières depuis l’arrivée de Sidi Ould Tah à la présidence de la BAD, en septembre 2025. Le neuvième Président de l’institution défend une nouvelle architecture financière africaine pour le développement, destinée à mieux mobiliser les ressources du continent et à accroître l’effet de levier des financements disponibles. Son ambition est que « chaque dollar soit multiplié par dix ».
La reconstitution du Fonds africain de développement, FAD-17, en décembre 2025, avec une mobilisation annoncée à 11 milliards de dollars, constitue un signal important. Ce guichet concessionnel de la BAD soutient les pays africains à faible revenu ou fragiles par des dons et des prêts à des conditions préférentielles.
Potentiel à exploiter
L’enjeu est de transformer les ressources africaines en capacités de financement rapides, accessibles et moins coûteuses. Le continent dispose d’atouts considérables. Le fleuve Congo, long d’environ 4 700 kilomètres, porte un potentiel hydroélectrique estimé à 150 000 MW, soit près de 37% du potentiel africain. À cela s’ajoutent les minerais stratégiques liés à la transition énergétique, près de 60% des meilleures ressources solaires mondiales et le marché unique de 1,4 milliard de personnes ouvert par la Zlecaf.
Mais ces atouts ne produiront leurs effets que si les infrastructures, l’énergie, la transformation locale et l’intégration commerciale progressent. Les assemblées de Tinkélé devront préciser comment passer du potentiel au financement, puis aux projets capables de soutenir l’industrialisation, l’emploi et la souveraineté économique africaine.
Chiffres
Déficit de financement annuel : 400 milliards de dollars
Marché unique Zlecaf : 1,4 milliard de personnes
Ressources solaires mondiales : 60%

