Bien avant la création de l’Union africaine, l’idée d’une Afrique unie a traversé les luttes anticoloniales, les mouvements intellectuels et les combats pour les indépendances. Une longue marche historique qui continue de façonner le destin politique du continent.
L’histoire du panafricanisme commence loin du continent africain. À la fin du XIXème siècle et au début du XXème, des intellectuels noirs américains et caribéens développent l’idée d’une solidarité entre les peuples africains et afrodescendants face à l’esclavage, à la colonisation et au racisme.
Des figures comme Henry Sylvester-Williams ou William Edward Burghardt Du Bois, dit W.E.B. Du Bois, organisent les premiers congrès panafricains et posent les bases d’un mouvement réclamant l’émancipation politique de l’Afrique.
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Mais c’est après la Seconde Guerre mondiale que le panafricanisme prend une dimension plus politique. En 1945, le Congrès panafricain de Manchester marque un tournant historique. Plusieurs futurs leaders africains y participent ou s’en inspirent, parmi lesquels Kwame Nkrumah, Jomo Kenyatta ou Hastings Kamuzu Banda. L’idée d’une Afrique libre et unie gagne progressivement les mouvements indépendantistes.
Pères des indépendances et projet d’unité
Au lendemain des indépendances, le panafricanisme devient un véritable projet politique, porté par plusieurs chefs d’État africains. Le Président ghanéen Kwame Nkrumah défend alors l’idée des « États-Unis d’Afrique », convaincu que seule l’unité politique du continent permettra de résister aux influences extérieures et d’assurer le développement africain.
D’autres dirigeants comme Modibo Keita au Mali, Gamal Abdel Nasser en Égypte, Ahmed Sékou Touré en Guinée ou Julius Nyerere en Tanzanie partagent également cette ambition, même si des divergences apparaissent rapidement sur la forme que doit prendre cette unité.
Ces débats aboutissent finalement, le 25 mai 1963 à Addis-Abeba, à la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) par 32 États africains indépendants. L’organisation se donne alors plusieurs missions : soutenir les luttes de libération encore en cours, défendre la souveraineté des jeunes États africains et promouvoir la solidarité continentale.
De l’OUA à l’Union africaine
Durant plusieurs décennies, l’OUA a lutté contre l’apartheid et le colonialisme, tout en étant critiquée pour son inefficacité face aux crises et aux conflits armés. Réformée, elle cède la place à l’Union africaine en 2002, avec des ambitions élargies d’intégration, de sécurité et de poids diplomatique. Depuis, le panafricanisme continue d’évoluer, mais l’idéal d’unité africaine demeure central.
Mohamed Kenouvi




