Une attaque aérienne a frappé la foire de Dogofry, dans le cercle de Sokolo, le 6 janvier, faisant de nombreux blessés parmi les civils. Les équipes de Médecins Sans Frontières, en collaboration avec les services de santé maliens, ont assuré la prise en charge des victimes.
À Dogofry, commune rurale du cercle de Sokolo, dans la région de Ségou, une attaque aérienne a brutalement interrompu le cours ordinaire de la foire locale, un rendez-vous essentiel pour les populations de la zone. Selon les informations communiquées par Médecins Sans Frontières, cette frappe a touché un espace de rassemblement civil, transformant en quelques instants un lieu de vie et d’échanges en scène de chaos et de détresse.
Très rapidement après les faits, les équipes médicales de MSF, en collaboration avec celles du ministère de la Santé, se sont mobilisées pour faire face à l’afflux de blessés. L’organisation humanitaire indique que « les équipes MSF et du ministère ont pris en charge les blessés », soulignant l’ampleur de l’urgence médicale déclenchée par cette attaque. Vingt-quatre personnes ont été référées vers l’hôpital de Niono, tandis que trente autres ont été soignées au centre de santé communautaire de Dogofry.
Derrière ces chiffres se dessinent des trajectoires de vie brutalement heurtées.
Parmi les personnes prises en charge figuraient des blessés graves, dont une femme enceinte, selon les précisions apportées par MSF. Ces éléments rappellent la vulnérabilité extrême des civils pris au piège d’un conflit qui continue de s’étendre dans le centre du Mali, où marchés, foires et rassemblements communautaires restent exposés aux violences.
La région de Ségou, et plus particulièrement les zones rurales comme Dogofry et Sokolo, demeure marquée par une insécurité persistante. Dans ce contexte, l’intervention rapide des acteurs humanitaires constitue souvent la seule ligne de survie pour des populations éloignées des grandes structures de soins. « Notre priorité est de sauver des vies et d’assurer une prise en charge médicale rapide et adaptée », rappellent régulièrement les équipes de Médecins Sans Frontières, confrontées à des situations d’urgence répétées.
Au-delà de la réponse médicale immédiate, cet événement ravive les inquiétudes relatives à la protection des civils et au respect des espaces à caractère civil dans les zones de conflit. Pour les habitants de Dogofry, la foire représente bien plus qu’un simple marché, elle est un pilier de la vie sociale et économique locale. Sa transformation en lieu de drame laisse une communauté sous le choc, confrontée à la peur, au deuil et à l’incertitude.
Alors que les blessés continuent d’être suivis médicalement, MSF maintient sa présence aux côtés des structures de santé locales, dans un environnement sécuritaire toujours instable. Une présence indispensable dans une région où chaque attaque rappelle la fragilité du quotidien et l’urgence d’une meilleure protection des populations civiles.
Cet événement intervient dans un contexte de dégradation continue de la situation de protection des civils au Mali. Selon les données consolidées du Cluster Protection Mali, 20 578 violations des droits humains ont été documentées au cours du premier semestre 2025, dont 6 591 au premier trimestre et 13 987 au deuxième. Ces violations concernent principalement des atteintes directes contre les civils et leurs biens, dans un contexte où les espaces à caractère civil restent particulièrement exposés aux violences, notamment dans les régions du centre du pays.

