Le Mali abrite, les 14 et 15 mai 2026, les 4èmes Journées des Sciences de l’Information et de la Communication, consacrées aux médias et langues nationales. Cette édition mettra en débat la place des langues locales dans l’accès à l’information, la communication publique et l’appropriation des politiques de développement.
Les travaux porteront sur le thème « Médias et langues nationales : quels enjeux pour les sociétés africaines contemporaines ? ». Annoncée en Conseil des ministres, la rencontre vise à renforcer les échanges scientifiques entre universitaires, chercheurs, experts maliens et étrangers autour de l’information, de la communication et de l’usage des langues nationales comme médium de développement.
Au Mali, le sujet renvoie à une réalité institutionnelle et sociale. La Constitution de 2023 a reconnu les langues nationales comme langues officielles, tandis que le français demeure langue de travail. En ville comme en zone rurale, les échanges quotidiens et les débats communautaires se font largement en bambara, peul, songhaï, arabe, tamasheq, soninké, dogon ou sénoufo, etc.
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Dans ce paysage, les radios communautaires restent des relais essentiels. Elles diffusent des informations sur la santé, l’agriculture, l’éducation, les marchés, la cohésion sociale et les campagnes publiques dans des langues comprises par les populations. Leur rôle ne se limite pas à traduire. Elles les adaptent aux réalités locales, aux références culturelles et aux préoccupations immédiates des auditeurs.
Studio Tamani illustre cette dynamique à l’échelle nationale. Lancé en 2013, le programme diffuse en français, bambara, peulh, tamasheq et sonrhaï. En 2025, la Fondation Hirondelle lui attribue 3,8 millions d’auditeurs hebdomadaires, avec des contenus relayés par des radios et télévisions partenaires à travers le pays.
Farm Radio International offre un autre exemple au Mali. L’organisation travaille avec 134 partenaires de diffusion et produit des contenus en plusieurs langues locales, notamment sur l’agriculture, le climat, les marchés et la participation des femmes.
L’expérience tanzanienne constitue un repère utile. Le kiswahili, largement compris dans le pays, a permis à des programmes radiophoniques agricoles, civiques et de gouvernance de toucher des publics étendus. Farm Radio International indique travailler avec 86 partenaires de diffusion en Tanzanie, avec une audience estimée à 2,6 millions de personnes.
Pour le Mali, les Journées des 14 et 15 mai ouvrent une réflexion pratique. Il s’agit d’examiner comment les sciences de l’information peuvent accompagner la production de contenus fiables, accessibles et adaptés aux langues parlées par les citoyens, à partir des expériences nationales et des modèles africains déjà éprouvés.




