Washington a retiré le 27 février 2026 trois hauts responsables maliens de la liste des sanctions de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC). Cette décision met fin aux restrictions financières américaines imposées depuis juillet 2023 et intervient dans un moment d’évolution mesurée des relations entre Bamako et Washington.
Le département du Trésor des États-Unis a actualisé sa Specially Designated Nationals List, retirant les noms du général de corps d’armée Sadio Camara, ministre d’État chargé de la Défense et des Anciens Combattants, du général Alou Boi Diarra et du lieutenant-colonel Adama Bagayoko. Leur inscription en juillet 2023 avait été décidée sous l’administration américaine alors en fonction, dans le cadre de l’Executive Order 14024, un décret visant les activités jugées liées à l’expansion de réseaux russes à l’étranger.
À l’époque, Washington avait estimé que ces responsables avaient facilité le déploiement d’instructeurs russes au Mali. Les autorités maliennes avaient contesté cette qualification, affirmant qu’il s’agissait d’une coopération militaire bilatérale assumée et souveraine dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
L’inscription sur la liste SDN entraîne le gel de tout avoir relevant de la juridiction américaine et interdit à toute personne ou entreprise américaine d’effectuer des transactions avec les individus concernés. Même en l’absence d’actifs identifiés aux États-Unis, une telle désignation peut compliquer les opérations financières internationales, notamment lorsque celles-ci transitent par le dollar ou par des banques disposant de correspondants américains.
Levée immédiate
La mise à jour publiée le 27 février entraîne la levée immédiate de ces restrictions dans le cadre du programme concerné. Le Trésor américain ne fournit généralement pas d’explication détaillée lors des retraits de noms, mais la réglementation prévoit une procédure de réexamen permettant à une personne désignée de solliciter sa radiation ou d’apporter des éléments nouveaux à l’appui d’une demande.
Les sanctions ciblées de l’OFAC ne sont pas figées. En Afrique, plusieurs personnalités ont été visées ces dernières années. En République démocratique du Congo, l’homme d’affaires Dan Gertler a été sanctionné dans un dossier lié aux contrats miniers. Au Soudan, d’anciens responsables politiques et militaires ont également fait l’objet de mesures américaines en lien avec la transition politique et les violences internes. Dans certains cas, les sanctions ont été maintenues, dans d’autres elles ont été ajustées ou réévaluées selon l’évolution des dossiers. Hors du continent, des entités industrielles russes ont vu certaines mesures allégées après restructuration et contrôle de leurs engagements, ce qui illustre le caractère administratif et réversible de ces dispositifs.
Depuis 2023, les relations entre le Mali et les États-Unis ont connu une phase de crispation liée aux divergences sur les choix sécuritaires de Bamako. Parallèlement, l’aide humanitaire américaine s’est poursuivie et les canaux diplomatiques sont restés ouverts. Des responsables américains ont effectué des déplacements à Bamako au cours des derniers mois, traduisant le maintien d’un dialogue malgré les désaccords stratégiques.
La radiation des trois responsables maliens ne constitue pas une déclaration politique formelle sur l’orientation future des relations bilatérales. Elle supprime toutefois un obstacle juridique qui pesait sur certaines interactions financières relevant du système américain. Dans un contexte régional marqué par des recompositions sécuritaires et diplomatiques au Sahel, cette décision s’inscrit comme un élément nouveau dans la trajectoire des relations entre Bamako et Washington.

